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Salon de l’auto : voyages indigestes

Mis en ligne le 10.03.2014 à 11:39

Knut Schwander

Alors que je me rendais à la conférence de presse de la semaine du goût (un événement prometteur, offrant la possibilité à 100 classes d’école de passer en cuisine dans des restaurants cotés au GaultMillau, avec Moutier en capitale du goût, et surtout avec Carlo Crisci, le chef du Cerf, à Cossonay, comme parrain), j’écoutais la radio. C’est là que j’ai entendu les déclarations du chef d’une entreprise spécialisée dans le développement des voitures du futur. Un domaine passionnant, même quand on ne s’intéresse pas du tout aux voitures, comme moi.

La voiture du futur sera dinatoire

Ce volubile et passionné chef d’entreprise parlait de voitures autogérées. Des véhicules  qu’il ne faudrait plus conduire – enfin des vraies auto-mobiles ! me suis-je dit - et qui permettraient de s’adonner en route à une multitudes d’activités : faire pivoter les sièges avants pour organiser des séances de travail, jouer aux échecs ou boire un verre, comme dans un compartiment de train, sans se soucier du trajet, des obstacles, du parcage, des daims, chiens et véhicules à contre-sens en ballade sur l’autoroute. Que du bonheur !

Puis, le spécialiste de l’auto futuriste a évoqué les attentes des consommateurs : ainsi, aux Etats-Unis, la principale préoccupation des automobilistes délestés de conduite, serait… manger.

Anti-américanisme culinaire

Avec une touche d’anti-américanisme-culinaire primaire, j’ai donc imaginé comment s’organiseraient les agapes rêvées par ces consommateurs: des voiturettes téléguidées vers le prochain mac-quelquechose, peut-être ? Mieux, des business-cars avec imprimante en 3D mac-truc : on appuie sur le bouton vert pour que se matérialise un cheese&ham, sur le rouge pour le tomato&beef, sur je jaune pour les french fries sans huile (mais habilement parfumées à l’extrait naturel d’huile de friture), et sur le rose pour les donuts gommeux aux cranberries artificiels, mais « organic », bien sûr.

J’étais en plein délire, lorsque j’ai repris le fil de l’émission pour entendre notre homme d’avenir (mais au passé de pilote chevronné) déclarer que « bien sûr », sur les cols de montagne, par exemple, « on pourra toujours conduire soi-même ». Quelle chance ! 

Une sieste en route?

Même moi qui n’ai jamais su percevoir le « plaisir » de tourner un volant, accélérer, puis rétrograder à 35km/h, dans le sillage fumant d’un car postal archi plein de passages nauséeux  en suivant les méandres d’une route alpine, je me suis réjoui. J’ai réalisé que j’étais prêt à renoncer à tout « progrès » et à me farcir le Grimsel derrière un char à bœufs, à condition d’échapper à la malbouffe téléguidée... d’autant plus qu’il ne me restait plus que quelques lacets avant d’arriver à Cossonay, chez Crisci, là où l'avenir de la gastronomie fine s'écrit tous les jours.

Le vrai progrès, côté voiture, ce sera de pouvoir faire une sieste sur le trajet du retour.


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