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2014, le grand retour des États-Unis

Mis en ligne le 03.01.2014 à 18:02

Guy Sorman

En 2013, l'économie américaine a digéré la crise financière de 2008, qu'elle avait elle-même suscitée, effacé ses pertes, renoué avec la croissance et recréé des emplois stables pour toutes les catégories de la population active.

En 2014, les États-Unis devraient logiquement s'imposer de nouveau comme le moteur mondial de la croissance, du commerce et de l'innovation. Le Fonds monétaire international comme tous les instituts de prévision économique envisagent une progression de la PIB américaine de l'ordre de 4,3%, en dollars courants, soit 2,5% environ, inflation déduite : la suprématie américaine, vacillante après 2008, est ainsi restaurée. De manière symbolique, l'écart avec la Chine qui se réduisait depuis cinq ans, va se creuser de nouveau, au bénéfice des États-Unis. L'économie américaine pèsera cette année qui vient environ 16 000 milliards de dollars, contre 9 000 milliards de dollars pour la Chine.

L'avance américaine qui était de l'ordre de 7 200 milliards en 2013 devrait passer à 7 600 milliards : la Chine devrait donc perdre du terrain, contrairement aux préjugés répandus parce que la croissance américaine accélère tandis que la croissance chinoise, à prix constant, ralentit. Nul besoin d'être mathématicien pour comprendre que la croissance chinoise doit être, durablement, deux fois supérieure à la croissance américaine, pour que l'écart entre les deux pays se réduise : l'économie est une science injuste puisqu'elle confère aux vieilles nations qui ont décollé les premières, un avantage de longue durée.

En tête de revenu par habitant parmi les grands pays - si on met de côté les exceptions comme le Luxembourg et le Quatar (mais aussi la Suisse) - un Américain moyen en 2014 disposera d'un revenu de l'ordre de 54 000 $ contre 6 000 $ pour un Chinois. Et si l'on fait abstraction des 1% de super riches américains, au sommet et des immigrants récents en bas de l'échelle, les Américains pour la plupart appartiennent à la classe moyenne : le revenu moyen par habitant correspond donc à la réalité vécue, ce qui n'est pas le cas de pays très inégalitaires comme la Chine ou le Quatar.

Prenant acte de ce retour des États-Unis, un journal français plutôt anti américain, Le Monde, titrait récemment avec une pointe de regret : "La santé insolente de l'économie américaine". Insolente? Le Monde ne nous dit pas ce qu’il entend par là. Ni à quoi tient cette santé ? À notre avis, elle est plus génétique que thérapeutique : elle s'explique par la civilisation des États-Unis, beaucoup plus que par la politique économique du gouvernement Fédéral et de la Banque centrale. Au mieux, cette politique n'aura pas nui : elle n'a pas brisé l'élan créateur - ce que l'économiste Edmund Phelps appelle le dynamisme - des entrepreneurs américains et, peut-être, a-t-elle favorisé ce dynamisme par des crédits abondants et une fiscalité qui est restée modérée. L'absence de contrainte extérieure sur le dollar, au rebours de celle qui pèse sur la zone euro, a certainement contribué à la reprise mais il convient de ne pas inverser les causes : c'est parce que l'économie américaine est dominante et le dollar une valeur relativement sûre, qu'il est une monnaie de réserve et pas l'inverse.

Toutes ces circonstances périphériques, le dollar, le budget, les taux d'intérêt n'auraient été d'aucun effet sur la croissance si celle-ci n'était pas inscrite dans l'ADN des États-Unis. C'est parce que chaque Américain ou presque, se rêve en John Rockfeller, en Steve Jobs ou en Thomas Edison que, statistiquement, émergent sans cesse les Rockfeller, les Steve Jobs et les Edison de demain. Et statistiquement plus nombreux encore seront les échecs, tout à fait admissibles dans la société américaine. Enfin, le chiffre le plus significatif de l'économie mondiale, de son état réel et de son futur, est certainement celui des brevets déposés aux États-Unis, en Europe et au Japon (brevets dits triadiques) : 80 000 par an en moyenne pour les États-Unis, 70 000 pour le Japon et à peu près autant pour l'Union européenne. Loin derrière, suit la Corée du Sud ; la Chine, la Russie et l'Inde étant à peine visibles.

Si l'on n'est pas américain, peut-on apprendre des États-Unis? On ne saurait évidemment pas recopier une civilisation mais on en retiendra que la stabilité des institutions légales, financières, économiques est plus décisive que toutes les manipulations budgétaires, monétaires, réglementaires de court terme. Devra-t-on se réjouir ou craindre ce regain "impérial" des États-Unis ? Quitte à être "dominé" par un Empire, mieux vaut l'être par une puissance libérale.


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BA 10 avril 2013 :

Innovation : la nouvelle carte du monde des dépots de brevets.

Si les pays de l’OCDE dominent encore l’activité brevets, certaines économies émergentes, la Chine en tête, alimentent la concurrence dans des secteurs toujours plus nombreux.

La Chine a déposé plus de brevets que les Etats-Unis en 2011.

Etats-Unis : 503 582 brevets déposés en 2011.

Chine : 526 412 brevets déposés en 2011.

Le poids croissant de l'Asie.

Les bases statistiques et leur interprétation varient d’un organisme à l’autre, mais la tendance est nette : les pays émergents investissent de plus en plus dans la propriété industrielle. Symbole : la Chine est, selon l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, devenue en 2011 le pays déposant le plus de brevets au monde.

Prenant un angle européen, notamment afin d’évaluer leur réalité économique sur notre continent, l’Office européen des brevets (OEB) propose, lui, plutôt un décryptage où les Etats-Unis et le Japon restent leaders. Mais où, de fait, la Chine monte inexorablement en puissance : elle est passée devant la France et se rapproche de l’Allemagne. Plus globalement, l’OEB souligne aussi que c’est bien l’Asie (emmenée par le trio Japon-Chine-Corée du Sud) qui porte la croissance du nombre de brevets déposés en Europe.

Chine : l’investissement dans la R&D fait exploser les dépôts de brevets.

Les tendances observées dans l’activité brevets sont le reflet fidèle de la transition qu’opère, partout dans le monde, l’activité industrielle. Ainsi se confirme l’élargissement d’un véritable boulevard en direction de l’Asie. Le Japon et la Corée du Sud ont depuis longtemps déjà fait de l’innovation l’une des clés de leur compétitivité. Mais c’est surtout en Chine que l’on relève la plus forte augmentation du nombre de demandes de brevets. Selon l’Office européen des brevets (OEB) et l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), plus de 520.000 requêtes ont été déposées dans l’empire du Milieu l’an passé (+ 41 % ). Celles-ci émanent aussi bien de déposants locaux que d’étrangers, ces deux catégories enregistrant, ces quinze dernières années, une multiplication par huit du nombre de demandes formulées.

Cette accélération confirme, une fois de plus, la fulgurante intégration du « continent » chinois dans le paysage industriel mondial. Avec des conséquences qui paraissaient inimaginables voilà encore quelques années : les Etats-Unis se trouvent ainsi, pour la première fois, relégués à la deuxième place.

« La Chine n’est plus seulement l’usine du monde, elle devient innovatrice », insiste Carlo Pandolfi, directeur en charge de la Chine et du Brésil à l’OEB. Cette ascension spectaculaire se révèle la plus importante dans les domaines des nanotechnologies (+ 220 % ), mais également dans l’ingénierie électrique (+ 33 % ).

Dans le Top 10 des entreprises les plus innovantes figurent plusieurs organisations chinoises, tels les géants des télécommunications Huawei et ZTE (qui ont chacun suscité près de 2.000 demandes de brevets l’an dernier). Autant de chiffres qui illustrent les retombées de la politique de R&D (aussi bien en recherche appliquée qu’en recherche fondamentale) menée par Pékin. Après le made in China, place au « Invented in China ».

http://business.lesechos.fr/directions-generales/international/innovation-la-nouvelle-carte-du-monde-des-depots-de-brevets-6156.php
03.01.2014 - 18:37
D.J Dépôt des brevets en 2011 à l'organisation mondial de la propriété intellectuelle ( OMPI )

http://fr.wikipedia.org/wiki/Brevet

USA 48'596

Japon 38'888

Chine 16'404.

Maintenant il faut faire la différence entre déposer des brevets et voir les brevets validés. La Chine pour l'instant n'innove pas des masse en science et technique. Elle ne produit que rarement des prix Nobel scientifiques alors que les USA sont majoritaires dans les lauréats chaque année et cela depuis le début des Nobel scientifiques. Année 2013 comprise.

Il n'y a pas d'équivalent de la silicon Valley en Chine. Il n'y a pas d'équivalent d'un Microsoft ou Apple chinois chinois. L'innovation dans les tablettes numériques, PC et ordinateur sont essentiellement américaines japonaises ou sud coréenne. Chaque nouveauté dans ce domaine sont soit créé par Apple ou Samsung.
03.01.2014 - 21:15
D.J Là on parle carrément d'innovation toujours selon OMPI. Premier pays le plus innovant dans le dernier classement serait la Suisse devant la Suède et les pays bas. Les USA sont 4ème et la Chine 35 ème

http://www.24heures.ch/economie/La-Suisse-championne-de-l-innovation-mondiale/story/27673664

Décidemment ont ne sait pas top s'y retrouver avec tout ces classements que l'on trouve à gauche à droite.

D.J
03.01.2014 - 21:32
Guy Sorman Brevets: toute comparaison ne vaut que par des séries et critères homogènes. L'usage est donc pour mesurer l'innovation, de prendre en compte les brevets triadiques , US, Europe, Japon et pas les dépôts de brevets nationaux. Le classement est invariable depuis dix ans: US, Europe - avec une prépondérance allemande-, Japon, loin derrière Corée du sud qui émerge , loin , loin , Russie , Chine, Brésil, Inde. Ce classement est quantitatif: il mélange le fil à couper le beurre avec la fusion thermonucléaire mais reste un bon indicateur, surtout dans la durée.
Il faut souhaiter que des innovations émergent d'ailleurs que du monde occidental puisque toute innovation profite d'emblée à toute l'humanité. Dans une économie mondialisée , le cadre national devient une référence de moins en moins valide.
Guy Sorman
04.01.2014 - 11:36
Guy Sorman Brevets: toute comparaison ne vaut que par des séries et critères homogènes. L'usage est donc pour mesurer l'innovation, de prendre en compte les brevets triadiques , US, Europe, Japon et pas les dépôts de brevets nationaux. Le classement est invariable depuis dix ans: US, Europe - avec une prépondérance allemande-, Japon, loin derrière Corée du sud qui émerge , loin , loin , Russie , Chine, Brésil, Inde. Ce classement est quantitatif: il mélange le fil à couper le beurre avec la fusion thermonucléaire mais reste un bon indicateur, surtout dans la durée.
Il faut souhaiter que des innovations émergent d'ailleurs que du monde occidental puisque toute innovation profite d'emblée à toute l'humanité. Dans une économie mondialisée , le cadre national devient une référence de moins en moins valide.
Guy Sorman
04.01.2014 - 11:36
BA Quel est le pourcentage de la population des Etats-Unis qui travaille ?

Avril 2000 :
64,7 % de la population des Etats-Unis travaillent.

A partir d'avril 2000, le chiffre baisse, baisse, baisse.

A partir d'avril 2000, c'est la descente aux enfers.

Cette descente aux enfers s'arrête en décembre 2009, avec 58,3 % de la population qui travaille.

Depuis décembre 2009, ce chiffre ne bouge pas.

Depuis décembre 2009, les Etats-Unis sont incapables de créer de nouveaux emplois.

Décembre 2013 :
58,6 % de la population des Etats-Unis travaillent.

Source :

http://data.bls.gov/timeseries/LNS12300000
10.01.2014 - 16:01

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