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Cette lumière qui vient du Nord

Mis en ligne le 15.01.2016 à 17:59

Guy Sorman

Les politiciens de profession sont devenus très ennuyeux, ce qui explique l’émergence, dans toutes les démocraties occidentales, de partis rebelles : Ciudadanos en Espagne, Le Front national en France, le Parti du Thé aux Etats-Unis, les Indépendantistes catalans ou écossais… Il faut comprendre les électeurs : ils s’ennuient à subir les mêmes ritournelles, à droite et à gauche. La politique, dès l’instant où elle est devenue un spectacle, exige du nouveau. Mais pas seulement pour des raisons superficielles : les vieux programmes incessamment recyclés n’apportent pas de solution à des situations pénibles, durables, parfois héréditaires, comme le chômage des jeunes non qualifiés ou la dépendance excessive de certaines strates de la population envers les aides publiques. Il en va de même face à l’immigration, où les discours symétriques et opposés de la mondialisation ou du nationalisme ne se traduisent en rien par des effets pratiques : les migrants, en dernière analyse, décident seuls de leurs mouvements.

Ce ne sont pourtant pas les idées qui manquent, conçues et affinées par les économistes et sociologues dans les Universités, les Laboratoires, les Fondations et les études et ouvrages publiés. Mais tout se passe comme si les politiciens ne lisaient rien, ne consultaient aucun expert en dehors de leurs conseillers en marketing et fabricants de slogans usés. Ce qui rend d’autant plus stimulante une innovation fondamentale, que la Finlande s’apprête à expérimenter : le revenu minimum universel, nommé souvent par les économistes Impôt négatif sur le revenu. Le concept est ancien : on l’attribue souvent à Milton Friedman qui l’a défendu avec ardeur et talent dans les années 1980. Mais la proposition était déjà disponible sur le marché des idées, de père inconnu. Dans le projet finnois qui devrait être mis en œuvre cette année, chaque citoyen adulte, quels que soient son revenu et sa situation, recevrait une allocation mensuelle de l’ordre de 800 euros. Chacun serait libre d’utiliser cette somme à sa guise, considérant que tout individu, pauvre ou riche, est responsable de son destin : s’il consacre son allocation mensuelle à acheter de la vodka, c’est son choix et l’Etat ne doit pas s’en mêler. Cette allocation implique, en contrepartie, la suppression de la plupart ou de toutes les aides sociales accordées jusqu’ici par l’Etat, sous condition de revenus et affectées obligatoirement à une destination spécifique, comme l’aide au logement, à la scolarisation des enfants, à l’isolation de votre logement, etc. La suppression des anciennes aides conditionnelles devrait dégager des ressources publiques suffisantes pour financer le revenu garanti universel : ce serait un jeu financier à somme nulle. La bureaucratie qui actuellement gère les aides sociales n’aurait plus raison d’être, elle disparaîtrait. Il ne serait plus nécessaire de solliciter quelque aide que ce soit, de remplir un dossier et au bureaucrate compétent d’examiner ce dossier et de décider d’aider ou non le solliciteur. Le revenu garanti automatique devrait desserrer l’étreinte de la bureaucratie publique sur les citoyens, inversant un siècle de socialisation par le haut. En pratique, chaque citoyen devra remplir une déclaration d’impôts, recevoir automatiquement son allocation mensuelle, quel que soit son revenu, et réintégrer, dans son revenu taxable, le montant de l’allocation. Les plus modestes qui ne payent pas d’impôt sur le revenu conserveraient donc l’intégralité de l’allocation et les autres en restitueraient une partie, ce qui, de fait, introduit une certaine progressivité dans l’allocation.

Le diable se cachant dans les détails, on ne sait pas encore, en Finlande, à quel seuil de revenus, l’allocation universelle pourrait ou non être taxée ; on ne sait pas encore si cette allocation remplacerait toutes les aides sociales existantes ou si certaines seraient maintenues comme, par exemple, des aides aux handicapés.

Fait remarquable, extraordinaire, tous les grands partis finnois approuvent cette initiative : elle n’est ni de gauche ni de droite. À gauche, on peut se rassurer en caractérisant l’aide généralisée de l’Etat à tous comme une forme achevée de socialisme universel. À droite, on peut y voir un recul sans précédent du contrôle de la bureaucratie sur les citoyens, une extension de la liberté du choix, une restitution, sans condition, aux citoyens d’une partie de leurs impôts.

Le gouvernement finnois en attend des effets bénéfiques sur l’emploi et la croissance : un jeune ou moins jeune peu qualifié acceptera plus volontiers un emploi médiocrement rémunéré, sachant que par ailleurs il continuera à percevoir son allocation universelle. Par symétrie, l’employeur hésitera moins à recruter ou licencier, l’allocation universelle jouant le rôle d’amortisseur social. Comme la richesse nationale est fonction du nombre de personnes actives, la Finlande en espère un sursaut de croissance. L’allocation pourra, le cas échéant, régler le flux migratoire selon que le gouvernement décide ou non de l’attribuer seulement aux citoyens et résidents légaux. Au total, ce projet est tellement simple et apolitique que l’on se demande pourquoi il n’a jamais été appliqué, alors même que la procédure est vantée par les économistes depuis cinquante ans. Il faut envisager que la classe politique et bureaucratique craint d’innover et plus encore de perdre une partie de son influence sur la société : l’abandon des aides sociales spécifiques ne permettra plus d’acheter des voix électorales. Si l’expérience finlandaise est convaincante, toute l’Europe suivra, exactement lorsqu’au début des années 1980, le monétarisme américain s’est imposé, jugulant l’inflation, et que les privatisations, inventées en Grande-Bretagne, se sont universalisées. Un jour prochain, on parlera peut-être d’un modèle finlandais, ce qui rendra la politique ordinaire moins ennuyeuse, l’Etat moins pesant, les citoyens plus responsables.

NB : Le projet de votation en Suisse, instaurant un minimum garanti pour tous, est une caricature du projet finnois : le montant élevé inciterait à ne plus travailler du tout et ne pourrait pas être financé, car il n'envisage pas d'élimination des programmes sociaux existants. 


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Unci LE REVENU UNIVERSEL un principe à ne pas réfuter à priori, d’autant qu’aujourd’hui il existe mais d’une manière anarchique sans véritable homogénéité.

Pour en parler il faut un minimum de réaliste consistant à voir la réalité suivante :
Un revenu universel
Un revenu d’actif
Un revenu de chômeur
Un revenu de retraité
Un revenu de malade
Un revenu d’accidenté du travail
Un revenu de pré retraité
Un revenu d’handicapé
Un revenu de gosse (alloc familiale)
Un revenu de congé payé
Ou tout autre revenu perçu par un citoyen
Ne peut provenir que des valeurs accordées à une consommation et payé par le consommateur ou par une avance avant d’être payé par le consommateur, dont le total représente la valeur de notre PIB si nos consommations sont nos productions plus nos importations moins nos exportations et que nos exportations équilibrent nos importations.

Nous nous rendons compte (balance commerciale équilibré) que pour partager nos consommations nationale : nous ne faisons que partager la valeur du PIB en % pour chacun des revenus et nous pouvons alors admettre que le revenus universel s’ajoute à tous les autres.
Actuellement, par la fiscalité, était assuré un revenu universel qui consistait à régler les dépenses publiques, ou, créer des gratuités, et par la progressivité de la fiscalité s’instrumentalise une solidarité aux familles défavorisées. Donc nous ne voulons, par le revenu universel, que modifier le système pour que les % de partage de notre PIB soit différents.

Pourquoi pas, si c’est pour avoir plus de transparence et mettre de l’ordre dans notre anarchie qui provient de notre manque de réalisme qui ne prend pas en considérations que tous ces revenus ne sont qu’un pourcentage de la valeur que nous payons nos CONSOMMATIONS nationales, dont chacun remarquera que ces valeurs ont pour basse les revenus des actifs ( physique, financier, ou intellectuel) qui représente par exemple 40% de la valeur totale de nos consommations nationales : tout les autres représentent alors les solde : 60%.

Soyons pragmatiques : avec les seuls revenus de ces actifs nous sommes capables de connaitre les 100% de nos la valeur de nos CONSOMMATIONS nationales (sommes de milliers biens et services) dans lesquelles sont comptabilisée les importations (si considérées, comme les exportations, en valeur de production : valeur donnée aux actifs). Puis d’affecter un % à chacun des revenus puis une distribution à chacun des ayants droits dans chacun des revenus.
N’avons-nous pas là un système à la fois rigoureux et beaucoup plus simple pour, à la fois, déterminer le prix des choses agréables et utiles à la vie et la redistributions de ces choses agréables et utiles en fonctions de revenus déterminés démocratiquement ?
Dans cette simplicité il faut remarquer que CHAQUE ACTIF ne paye pas les différents revenus des autres catégories mais offre une partie, en %, de leurs productions aux ayants droits à ces revenus. Et cette offre devient un % de leurs temps de productions nous avons là une équité qui consiste à ce chacun des actifs passe un même temps aux profits des autres revenus (% de temps de production). N’avons-nous pas là encore plus de clarté et d’équité.

Autre réalité à traduire avec rigueur : tous les ayants droits à un des revenus ci-dessus, utile à leurs consommation, partage ces consommations suivant trois usages, familial, mutuels ou collectifs, qui ne sont encore que des % de la totalité y des consommations nationales, par exemple 13% pour les usages mutuels, et 32% pour les usages collectifs. N’est il pas alors plus simple de retenir à la source sur chacun des revenus 13% pour ces usages mutuels et 32% pour ces usages collectifs ?

Autre réalité est aussi à considérer : ce revenu universel correspondant à des temps d’inactivité, comme tous les autres hormis le revenu des actifs, il peut, alors, être inclus dans les autres revenus qui correspondent à des conditions de vie où tout le monde, un moment ou l’autre, peut se trouver. Puis si après retrait à la source des participations aux usages mutuels et aux usages collectifs, demeure des familles aisés parce que favorisé par les biens faits de la nature et d’autre familles défavorisées, sans que nous soyons en mesure d’uniformiser les conditions de naissance et d’environnement : il se doit d’exister une solidarité entre familles favorisées et familles handicapés, où la participation peut être progressives par rapport aux revenus et l’allocation dégressive en fonction des revenus.

CONCLUSION : Vous voyez qu’il y a au moins une solution pour clarifier et rendre notre économie rationnelle, la comprendre avec facilité et n’avoir pour seul principe de base LE REVENU DES ACTIFS physiques, financiers ou intellectuels qui élaborent nos productions nationales (tout en vérifiant que ce soit des revenus pour les uns et les autres équitables) puis à la démocratie de décider des % de partages de nos consommations nationales : nos productions moins nos exportations plus nos importations en valeur de production (revenus des actifs) que nous allons majoré pour assurer le partage en % suivant les différentes catégorie de revenus que nous décidons, pour par exemple donner 40% aux actifs et 60% à toutes les catégorie d’inactifs qui financeront, les uns comme les autres nos 13% d’usages mutuels nos 32% usages collectifs puis enfin les familles favorisées pratiqueront une solidarité envers les familles handicapés.
Avec seulement pour base : LE REVENUS DES ACTIFS en 8 lignes nous avons évoqué le principe de l’économie rationnelle de notre vie sociétale communautaire dans notre nation. Qui fait mieux ?

Après 8 lignes résumant le principe de l’économie rationnelle de la vie sociétale d’une communauté nationale : ne reste qu’a la démocratie nationale de décider de son modèle social, par des % à attribuer, sans que cela n’impacte la compétitivité puisque les échanges internationaux se font sur la seule valeur du revenus des actifs et non ce revenu majoré pour donner des revenus aux inactifs de la nation qui ont été, sont momentanément pas, ou seront plus tard, producteurs.
De cette façons nous évacuons tous problèmes, de compétitivité, d’optimisation fiscale, délocalisation et comprenons que la base de nos valeurs étant le coût moyen du temps d’activité qui va se partager en pourcentage ce qui rend possible de modifier cette valeur sans que les % n’est d’influence sur la consommation de chacun des ayants droits à un des revenu cité ci-dessus.
On peut même accepter des différences de coût moyen entre nations si c’est pour qu’une nation favorisée apporte une aide à une nation émergeante.

Unci TOÏ-YEN
16.01.2016 - 11:45
D.J @ Guy,

" le revenu minimum universel, nommé souvent par les économistes Impôt négatif sur le revenu. Le concept est ancien : on l’attribue souvent à Milton Friedman qui l’a défendu avec ardeur et talent dans les années 1980. "

Il y a pas très longtemps sur le site de Contrepoint un commentateur m'a expliqué que beaucoup de personnes y compris chez les libéraux confondent souvent le revenu minimum universelle avec l'impôt négatif. Il m'expliquait que Milton Friedman défendait l'impôt négatif qui est une aide ciblé uniquement sur les pauvres ce qui n'aurait rien à voir avec le revenu minimum universelle. Un peu septique de ma part au début de notre discussion il m 'a montré les passages d'un ouvrage de Militon Freidman où ce dernier explique que l'impôt négatif est uniquement une aide ciblé sur les pauvres. Je ne peut pas vous renvoyer au billet en question car je ne me rappel plus lequel c'était. Probablement que votre article sera publié sur Contrepoint en espérant que le commentateur reviennent avec ses mêmes arguments.

Qu'en pensez-vous?

D.J
16.01.2016 - 15:08
BA Partout en Europe, les partis politiques extrêmes explosent leurs records.

Exemple : en Finlande, la droite nationaliste, populiste, eurosceptique, s'appelle "Les Vrais Finlandais".

Aujourd'hui, Juha Sipilä dirige la Finlande à la tête d'une coalition de trois partis :

1- le Parti du centre, centriste (49 députés sur un total de 200)
2- les Vrais Finlandais, droite nationaliste, populiste, eurosceptique (38 députés sur un total de 200)
3- le Parti de la coalition nationale, conservateur, libéral (37 députés sur un total de 200)

Les Vrais Finlandais aussi appelé Parti des Finlandais (Perussuomalaiset en finnois, abrégé PS, Sannfinländarna en suédois, True Finns ou The Finns Party en anglais) est un parti politique finlandais populiste eurosceptique.

12 août 2011 :

La droite nationaliste finlandaise en tête des sondages malgré la tuerie en Norvège.

Les Vrais Finlandais, parti populiste de droite nationaliste, n'ont pas été affectés par le récent massacre commis en Norvège par un extrémiste de droite, selon un sondage, publié vendredi 12 août 2011, qui continue à les placer en tête.
Formation d'opposition, dont certains membres sont clairement d'extrême droite et ont des opinions proches de celles d'Anders Behring Breivik, l'auteur des attaques du 22 juillet en Norvège, les Vrais Finlandais ont recueilli 22 % des intentions de vote.
D'après ce sondage, réalisé entre le 5 juillet et le 10 août pour le compte de la radio-télévision publique, les conservateurs du premier ministre, Jyrki Katainen, sont arrivés en deuxième position avec 21,4 %.
Les Vrais Finlandais, qui s'étaient hissés au troisième rang aux législatives du 17 avril, avec 19 % des voix, sont en léger recul (un point) par rapport à un sondage réalisé en juin par le même institut, Taloustutkimus.
Seul le Parti social-démocrate, parti frère du Parti travailliste norvégien (au pouvoir) visé par Behring Breivik, a bénéficié de l'émotion causée par le drame. Il a progressé de 1,7 point, à 19,8 %.
Le troisième grand parti traditionnel finlandais, le Parti centriste, a poursuivi sa chute, avec 13,2 % des intentions de vote, selon le sondage réalisé auprès de 2 910 personnes.
Le 27 juillet, le président des Vrais Finlandais, Timo Soini, avait condamné la double attaque de Norvège, la qualifiant de "crime horrible" et traitant Behring Breivik d'"assassin".
Des personnes composant l'aile plus extrême du parti ont régulièrement exprimé des critiques proches de celles de Behring Breivik concernant l'islam et le multiculturalisme. Leur chef de file, Jussi Halla-Aho, est cité dans le manifeste de quelque 1 500 pages rédigé par l'extrémiste de 32 ans, avant qu'il ne commette la double attaque à Oslo et sur une île proche où s'étaient rassemblés des jeunes travaillistes, tuant soixante-dix-sept personnes

http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/08/12/la-droite-nationaliste-finlandaise-en-tete-des-sondages-malgre-la-tuerie-en-norvege_1559169_3214.html
19.01.2016 - 08:17

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