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Comment réaliser la transition énergétique

Mis en ligne le 10.05.2015 à 08:59

© DR



Charles Weinmann

Le débat sur l’énergie et les ressources non renouvelables bat son plein. Faisabilité, rentabilité, acceptabilité des énergies renouvelables, éoliennes, panneaux photovoltaïques, sont à l’ordre du jour.

Comment assurer la transition énergétique qui devra fatalement avoir lieu, de gré ou de force ? Les travaux de recherche, le développement de nouvelles technologies, les projets-pilotes et de démonstration apportent de nombreuses solutions qui peuvent être efficaces et économiquement rentables. Pourquoi ne se développent-elles pas plus rapidement ? Où sont les résistances et les obstacles ? On peut certes mentionner les besoins financiers, mais on peut aussi dire qu’après avoir motivé une minorité précoce d’enthousiastes, une grande majorité tardive préfère voir et attendre. Faut-il davantage de lois, de règlements contraignants ? Faut-il des subsides, des taxes, un impôt sur l’énergie, une autre fiscalité ?

Voilà des questions que se posent de nombreuses personnes sensibilisées par ces problèmes. On le sait maintenant, il ne s’agit plus de questions techniques, mais de questions de volonté et d’état d’esprit, de questions de psychologie et de sociologie. L'expérience a montré que les lois et les règlements ne suffisent pas. Des subsides contribuent certes à encourager l'exécution de mesures d'amélioration, mais ils sont coûteux et ne suffisent pas non plus. Des idées et des produits nouveaux sont souvent combattus par des grandes sociétés qui y voient une menace pour leur production et leur chiffre d’affaire.

L'Université de Lausanne, en partenariat avec Romande Energie et l'Etat de Vaud a lancé une plateforme appelée Volteface, où il s'agit justement d'apporter des réponses sur les aspects sociétaux de la transition énergétique. Nous vivons dans une société qui bénéficie d'une énergie abondante et bon marché, ce qui n'incite pas à utiliser l'énergie et les ressources non renouvelables de la planète de manière économe et efficiente. Cette plateforme a lancé un appel à projets de recherches sur les aspects sociétaux de la transition attendue, destinés à toutes les facultés de l'UNIL. La démarche met le doigt exactement là où il faut. Les résultats de cet appel à projets n'est pas encore connu, mais on peut espérer qu’ils vont contribuer à faire découvrir des mécanismes d'incitation efficaces pour encourager des comportements plus judicieux.

Permettons-nous quelques réflexions à ce sujet. Tout le monde s’accorde à dire que l’énergie est trop bon marché et que cela n’incite pas à l’économie. Introduire une taxe est tentant, mais il faudrait qu’elle soit très élevée pour obtenir un effet incitatif suffisant. On parle de plusieurs dizaines de centimes par kWh d’électricité de mazout, de gaz ou de plusieurs francs par litre d’essence. Cela fait hurler les défenseurs des entreprises et des ménages à petits budgets. N’y a-t-il pas un moyen d’éviter une taxe linéaire, la même pour tous les budgets, en la rendant progressive. Le kWh serait bon marché pour les petits consommateurs avec des bas revenus et le prix du kWh augmenterait progressivement et rapidement pour les gros consommateurs avec de plus hauts revenus. Bien sûr le bon mécanisme doit être trouvé et ajusté. Mais c’est possible de le faire. Il s’agit d’évaluer la consommation spécifique, c’est-à-dire la consommation par personne, par m2 ou par kg produit avec des valeurs de référence. En-dessous de ces valeurs, le coût du kWh serait diminué par rapport à la moyenne, au-dessus ce serait le contraire. La valeur moyenne du coût du kWh serait à ajuster de manière que les fournisseurs d’électricité conserveraient une marge bénéficiaire raisonnable.

La tarification progressive a été introduite dans plus de 50 régions du monde, parmi lesquels figurent le Japon, l’Italie et la Californie. Les analyses des résultats montrent par exemple qu’en Californie, près de 30 ans après l’introduction de cette tarification, la consommation moyenne d’électricité des ménages de cet Etat serait presque deux fois inférieure à celle des autres ménages américains. Pourquoi n’est-ce pas connu ? Cela vaut la peine de faire une recherche sur les résultats obtenus ailleurs et sur les obstacles encore à surmonter.


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hubert.giot en fait, pas besoin de taxer massivement les énergies fossiles pour favoriser les énergies vertes, il suffit de prélever une taxe suffisante pour continuer de développer les technologies renouvelables de manière à ce qu'elles deviennent rentables en quelques années. Il faut rappeler que les énergies solaire, éolienne ou géothermique sont inépuisables et donc leur prix ne dépend que de la technologie qui diminue avec le temps comme toutes les autres technologies électroniques.
Les courbes de prix des énergies vertes diminuent, tandis que celles des énergies fossiles augmentent. Elles vont se croiser d'ici quelques années (10-15 ans) et les investisseurs vont finir par se décourager de placer de l'argent dans les fossiles.
Pour la Suisse, qui ne dispose pas de ressources naturelles, c'est une chance à saisir au lieu de se plaindre de la cherté du solaire , qui soit dit en passant permettrait d'être autonome en énergie en ajoutant des éoliennes et le géothermique.
Pour ceux qui rêve d'une Suisse indépendante, le choix est tout trouvé .
10.05.2015 - 14:11

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