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Trois d'un coup !

Mis en ligne le 05.01.2017 à 14:43

Michael Wyler

Lubrique ? Non, pratique ! En ce début d'année, il m'est venu une idée qui pourrait résoudre (partiellement) trois problèmes à la fois: le chômage des jeunes Suisses, les migrants et l'inactivité des seniors.

Contrairement aux réfugiés (personnes exposées à de sérieux préjudices en raison de leur race, de leur religion, de leur nationalité, de leurs opinions politiques ou de leur appartenance dans leur pays d’origine), les migrants sont des personnes qui se déplacent volontairement dans un autre pays pour des raisons essentiellement économiques. Ainsi, si tout réfugié est un migrant, les migrants ne sont pas tous des réfugiés.

Si la Suisse a une tradition d'accueil des réfugiés, il est autrement des migrants, à qui nous souhaitons tout le bien du monde, mais de préférence ailleurs. C'est d'ailleurs le cas de quasi tous nos voisins européens...

Pourquoi donc ne pas faire en sorte que les migrants aient moins envie de migrer ? Il suffirait peut-être de leur offrir les moyens d'une vie décente et d'un revenu suffisant dans leur propre pays ! 1er point à l'ordre du jour: fermons nos frontières aux requérants purement économiques (généralement des hommes, qui acceptent n'importe quel travail pour pouvoir envoyer quelques sous à leurs famille restées au pays). Point 2, proposons chaque année une alternative à quelques milliers d'entre eux. Disons-leur "ne cherchez même pas à venir en Suisse: la porte sera close. Restez chez vous et nous vous aiderons à y vivre décemment".

Comment ? "En vous mettant à disposition, dans votre ville ou village, une jeune personne Suisse, ayant terminé sa formation, mais sans travail et ce, pendant 18 mois. Cette personne, qui sera salariée par la Confédération, bénéficiera du soutien actif d'un mentor (un/e retraité/e), examinera avec vous et son mentor le type de commerce ou de petite entreprise que vous pourriez créer, vous aidera à la réalisation et au suivi et disposera pour ce faire d'un budget pouvant aller jusqu'à CHF 20.000".

"Mouais, c'est n'importe quoi, me direz-vous. Comme si on avait les moyens de ce genre de truc alors que tant de gens vivent dans la précarité en Suisse". C'est juste, mais, la triste situation dans laquelle se trouvent tant de nos compatriotes n'empêchera pas la Confédération et les cantons de dépenser quelque 2,4 milliards de francs en 2017 pour les demandeurs d'asile, réfugiés et migrants. En changeant de paradigme, il devrait être possible de réduire ces dépenses, tout en réduisant le taux de chômage des moins de 24 ans, qui atteint 8,3 % ! De plus, ce projet impliquerait des retraités dont nombre ont des compétences inutilisées et pas grand-chose à faire.

Une folie financière ? Pas vraiment. Imaginons que nous décidions d'offrir cette opportunité à 5.000 personnes par année. Cela permettrait à 5.000 jeunes Suisses de disposer d'un emploi salarié, couplé à une superbe expérience à l'étranger pour 18 mois. Sans compter un mentoring passionnant pour 2.500 retraités (chacun s'occupant de deux projets).

Le coût ? Voyons cela de plus près: 5.000 jeunes gens, payés 3.000 francs par mois pendant 18 mois, cela fait 270 millions de francs. Auxquels on ajoute une allocation de 500 francs par mois pour 2.500 retraités, soit 22,5 millions de plus. Comptons encore deux aller-retour par année pour les jeunes gens et un pour le/la retraité, soit 18 millions de francs. Enfin, la création de 5.000 petites entreprises, même avec le budget maximum de 20.000 francs par entreprise, coûterait 100 millions de francs. Rajoutons 200 fonctionnaires chargés de trier parmi les demandes et d'engager les jeunes gens et seniors intéressés et on arrive à un total de 440 millions de francs sur 18 mois, le prix de trois avions de combat…

Bien sûr, tout cela devrait être affiné. Le coût réel mérite d'être mieux calculé, mais en réalité, il devrait être inférieur, ne serait-ce parce que les jeunes gens engagés ne seraient plus au bénéfice d'allocations chômage et que le budget "réfugiés et migrants" de la Confédération pourrait être réduit. En continuons de rêver, en imaginant par exemple que d'autres pays d'Europe fassent de même…


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markefrem L’inactivité des seniors ? Pas grand-chose à faire ? Mais je rêve, où allez-vous chercher ce problème. Peut-être dans votre cercle ? Pour ce qui me concerne, à 76 ans, mon agenda déborde entre famille, musique, sports, vie associative, randonnées, voyages et j’en passe. Et tous les retraités de mon entourage sont dans la même situation, grâce à une excellente santé. Votre métier de journaliste vous autorise-t-il à écrire n’importe quoi ? 05.01.2017 - 23:22
Michael Wyler cher Markefrem semi anonyme, je suis ravi pour vous. Que votre vie soit bien remplie et heureuse est un bonheur. Vous avez toutefois tort de généraliser et encore plus tort de faire de votre avis une attaque personnelle. Pas tous les seniors ont votre intelligence (ou chance) et il existe de nombreux jeunes retraités pour lesquels ramdonnées, voyages, famille, etc. ne remplissent pas leur journées et quo seraient ravis de contribuer à quelque chose d'utile à la communauté. Et après tout, ne seriez-vous pas disposé à participer à ce genre de projet, peut-être un peu plus "généreux' que de voyager, randonner et se faire plaisir ?
06.01.2017 - 20:10
markefrem Alors d’accord, nous partageons tous les deux à parts égales le même tort de la généralisation. Pardonnez mon « attaque personnelle » comme j’accepte vos excuses pour l’insulte de « pas grand-chose à faire » et « inactivité des seniors ». Pour ce qui est de l’apport à la communauté, après avoir travaillé dur pendant 45 ans, élevé 4 enfants avec la même épouse, bénévolé diversement et payé régulièrement mes (lourds) mpôts, je me sens parfaitement à l’aise avec ma conscience. Cordialement vôtre Marc Jobin. 07.01.2017 - 14:47
gindrat Fabuleux, et vous n'auriez pas besoin d'ajouter les 200 fonctionnaires. Je sais qu'ils sont déjà disponibles à la Division des réfugiés de la Confédération. 07.01.2017 - 17:47
Michael Wyler Cher Gindrat: vous n'allez quand-même pas exiger de tous les employes à la Division des réfugiés à réellement mouiller leur chenise, ou bien ?

Pour Matc Jobin: merci de votre commentaire. Senior moi-même, je me reconnais dans presque tout ce que vous écrivez: enfants élevés et soutenus, travail intensif pendant bien des annés avec une lourde charge fiscale, bénévolat, volontariat et plaisir aux voyages et aux découvertes. Il nous faut toutefois reconnaître que nombre des personnes naguère fort actives meurent dans les 3-5 ans suivant leur retraite et, selon plusieurs "experts" interrogés, la perte d'une identitié sociale forte
("je n'ai plus de rôle à jouer dans la société") en est une des raisons. Il me semble que même si l'on admet que nombre de seniors sont heureux, actifs et bien occupés, on en trouvera bien 2-3.000, même parmi les actifs, pour choisir de devenir mentors de jeunes gens s'attelant à beau projet...
09.01.2017 - 10:23
malalethique Très bonne idée , très belle idée car elle pense et réunit tout le monde dans un but d'aider ; l'échange réel, l'entraide voilà ce qui manque le plus cruellement dans nos sociétés occidentales certainement ramollies par le confort

Peut-être un élu pourrait en faire une proposition concrète ?
09.01.2017 - 13:58
markefrem J'abonde dans le sens de Malalethique : du concret ! déjà tuteur (encore du bénévolat) j'attendrais une proposition réaliste pour éventuellement y souscrire (courageux, mais pas téméraire !) Une enquête sur la situation et le ressenti des seniors en Suisse serait peut-être plus utile que les innombrables sondages dont on nous bassine à longueur de semaine ! 10.01.2017 - 16:06
Michael Wyler merci pour vos commentaires et suggestions. Peut-être que L'Hebdo pourrait se mobiliser et se mouiller pour lancer et suivre le débat, mais je rêve sans doute... le magazine n'est hélàs plus ce qu'il fut :-(
10.01.2017 - 19:41
jmf J’abonde à 100% dans tout ce que dit M. Wyler, même si je sais que son idée restera du domaine de l’utopie.
Il y a près de 20 ans, au retour d’une « mission d’observation », l’ex-président de la Confédération René Felber fit ce commentaire : « Quand on voit ce qu’on peut faire avec 100 francs suisses en Afrique, on se dit qu’on a tout faux dans le domaine de l’aide au développement » (et aux migrants ajouterait-il aujourd’hui). Il avait tout compris, mais il n’était déjà plus en fonction et sa voix s’est perdue dans la brise, comme toute parole d’une personne qui n’a pas l’oreille d’un ministre.

Alors, faute de prévenir, les gens de bonne volonté essayent de guérir les incohérences des décideurs. Partout en Suisse ont fleuri ces deux dernières années des collectifs d’aide à l’intégration des migrants. La majorité de ces bénévoles est composée, je vous le donne en mille… de retraités !
16.01.2017 - 12:03
Michael Wyler merci JMF
16.01.2017 - 16:41

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