Histoire
Les accords secrets entre Guisan et la France
Par Patrick Vallélian - Mis en ligne le 16.06.2010 à 17:54
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RÉVÉLATIONS. Les contacts entre les armées suisse et française au début de la Seconde Guerre mondiale n’étaient pas des conversations d’état-major. Mais bien une alliance.
Trois mètres d’archives qui pourraient bien nous obliger à réécrire nos manuels d’histoire suisse. Trois mètres de documents diplomatiques et militaires, de plans, de statistiques, de cartes, de notes confidentielles de l’armée française, de rapports d’agents de renseignement bleu-blanc-rouge sur l’état de la Confédération que L’Hebdo a consultés au Château de Vincennes, au sein du Service historique de la Défense française/Département de l’armée de terre (SHD-DAT). Et que nous apprennent ces pièces qui avaient disparu de la circulation depuis la guerre? Que la neutralité suisse était un mythe et que le général Guisan était prêt à mettre sous tutelle française ses troupes en cas d’agression allemande.
Deux «bombes» découvertes par l’historien Alain-Jacques Tornare. «Ces documents vont probablement modifier la perception d’un moment crucial de notre histoire nationale», souligne ce spécialiste des relations militaires entre la Suisse et la France à L’Hebdo, qui l’a accompagné dans l’antre du SHDDAT. Un endroit inaccessible généralement pour le commun des mortels.
Fonds impressionnant. «Le fonds est impressionnant et en grande partie inédit, même si certains documents sont déjà apparus ici ou là», se réjouit Alain-Jacques Tornare. «Jusqu’à aujourd’hui, nous n’avions jamais pu lire ces dossiers sur les plans de coopération entre les armées française et suisse au début de la Seconde Guerre mondiale, de septembre 1939 à l’armistice du 22 juin 1940.» Au moment où les troupes hexagonales, qui passaient pour les plus puissantes de leur temps, s’effondraient sous les coups de boutoir des chars nazis. Les troupes hitlériennes avaient attaqué le 10 mai à un endroit où personne, ou presque, ne les attendait: les Ardennes, un massif forestier réputé infranchissable pour des tanks. On connaît la suite. En un mois, les Alliés franco-britanniques perdent pied. Les fronts sont enfoncés par la force mécanique allemande. La bataille de France est perdue, même si les soldats de 39-40 ne déméritèrent pas, contrairement à ce qu’on affirme.
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