Les afghans dans le piège européen.
Récompensé au World Press Photo 2009, le photographe Jean Revillard a rencon tré des jeunes immigrés afghans à Patras. Issus de la génération internet, ces migrants vivent dans un camp qui ab rite 2000 personnes.
Des «enfants de la mondialisation». C’est ainsi que Jean Revillard qualifie les jeunes Afghans qui vivent à Patras. Agés de... 11 à 25 ans, rarement davantage, ces migrants sont 4000 à vivre dans cette ville grecque. La moitié d’entre eux sont installés dans un camp de bâches. Leur but? Grimper en douce dans un camion et traverser la mer en ferry jusqu’en Italie, pour continuer leur périple en Europe. Entrés sur le continent via la Turquie, ils mettent en moyenne «dix à onze mois» pour atteindre le nord de la France, soit la voie vers l’Angleterre. D’autres visent les pays scandinaves. Si certains d’entre eux fuient les talibans et la guerre, d’autres «veulent simplement se réaliser, réussir leur vie, raconte le photographe. Ces jeunes utilisent MSN et Facebook, possèdent téléphones portables. Ils savent qu’il existe un autre monde et sont en quête de liberté.» Depuis quatre ans, Jean Revillard s’intéresse aux «points chauds» de l’immigration en Europe, ces no man’s land. Ainsi, le Genevois a réalisé un reportage sur les «jungles» du nord de la France, ces concentrations de cabanes habitées par les migrants.
Mais, pour ces Afghans, l’Europe est un piège. Attrapés par la police sur le continent, ils sont renvoyés en Grèce. Comme ils ne peuvent pas s’établir pour travailler, il leur est impossible de rembourser le coût de leur voyage, parfois assuré par les familles. Ce qui rend tout retour au pays impossible.
Jungles. Exposition sur les cabanes des migrants du nord de la France. Galerie Krisal, Carouge. Du 28 février au 29 mars, ma-ve 14 h 30-18 h 30, sa 13 h 30-17 h 30. Jungles. De Jean Revillard. Labor et Fides, 88 p. (à paraître à la fin de mars). Entretien avec Jean Revillard sur www.hebdo.ch
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