"Les Afriques", un succès genevois
Par XAVIER PELLEGRINI - Mis en ligne le 17.03.2010 à 14:45
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PRESSE. Edité à Genève, l’hebdomadaire de la finance africaine cartonne. Il vient d’augmenter son capital et vise une version anglophone d’abord sur l’internet.
Les Afriques, vous connaissez? Probablement pas, même si ce titre est né et est édité à Genève. Sa distribution en Suisse et dans le reste de l’Europe reste confidentielle. Mais cet hebdomadaire consacré à la finance africaine vise essentiellement et tout naturellement un lectorat africain, avec un accent sur les pays du Maghreb.
Et sur ce continent, l’aventure est une vraie success story, qui tranche avec la morosité générale dans le monde de la presse. Deux ans et demi après son lancement, l’hebdo créé par Dominique Flaux – qui fut responsable du service marketing du défunt Journal de Genève – affiche un tirage de 17 000 exemplaires et s’approche de l’équilibre financier. Pour une publication aussi spécialisée, diffusée dans des pays dont le secteur financier est embryonnaire, c’est plus que remarquable.
Version anglaise. Quant à la version électronique (lesafriques. com), elle affiche 2 millions de pages vues chaque mois et génère un quart des recettes publicitaires du titre. Mais l’éditeur ne veut pas en rester là. Grâce à une augmentation du capital à 2,5 millions de francs, le nouvel actionnaire majoritaire marocain Abderrazzak Sitail ambitionne, avec Dominique Flaux, de lancer une version anglophone, dans un premier temps sous forme électronique. Cibles privilégiées: le Nigeria et l’Afrique du Sud.
«Il n’y avait pas en Afrique un journal spécialisé couvrant l’ensemble du continent, dit Dominique Flaux. C’est incroyable pour une région qui génère plus de business que la Russie et qui connaît depuis une dizaine d’années une croissance moyenne dépassant les 5%. Nous avons bénéficié de ce manque d’intérêt pour l’Afrique des grands éditeurs, comme d’ailleurs des investisseurs occidentaux dans d’autres secteurs. Malgré son potentiel, l’Afrique reste ostracisée.»
Dominique Flaux, tiers-mondiste depuis longtemps, en a pris conscience à Genève lors d’un forum sur la finance africaine où ce vide éditorial a été évoqué. Rencontres, échanges de cartes de visite, business plan, montage financier: l’affaire a été rondement menée. Mais la pêche n’a pas été miraculeuse: le capital d’amorçage ne s’est élevé qu’à 200 000 francs.
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