Les autos couleurs de la crise
L’inquiétude économique générale serait conjurée par des voitures aux robes plus pétantes. Mais ça ne marche pas toujours.
CARROSSERIES. Depuis le début du XXe siècle, sociologues et économistes tentent de trouver des liens entre l’état de l’économie et les stigmates sociaux. Le plus fameux étant la «théorie de l’ourlet», pondue par George Taylor dans les années 20: pour faire court, si l’on peut dire, plus la jupe est longue, plus cela irait mal. La minijupe serait en revanche un signe d’optimisme et de Bourse à la hausse. A en croire les défilés 2009, tout irait donc bien: c’était super court. Mais bon, les créateurs suivent mal les finances publiques européennes. L’autre symptôme, c’est la couleur des voitures. Il s’agirait, un peu comme lorsque les comédies de cinéma cartonnent durant les récessions, de compenser l’époque par la couleur. Et c’est vrai que les constructeurs font ici des efforts remarqués. Pour Vincent Hutter, journaliste spécialisé et responsable pour Ringier du supplément consacré au Salon automobile de Genève, le flashy est en vogue: «Ce n’est pas une déferlante, le noir et le gris restent nettement devant, mais il est exact qu’on voit plus de jaune pétant, de vert pomme ou de couleurs très vives.» Renault a sorti sa Gordini en un bleu chic, la Mégane coupé est canari. Chez Audi, l’Audi TT est livrable en orange. Le blanc fait aussi un retour, chez Alfa ou Mercedes. Volvo ose franchement le cuivré- doré et l’orange. De façon générale, plus de rouge et de bordeaux, ce qui correspond aux tendances de la mode masculine. Cilla Stark, designer des coloris chez Volvo, imagine même un futur boum du rouge, ainsi que du marron, réputé vintage.
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