Bâtiment administratif de l'UEFA, à Nyon. Yves André
Série d'été Architecture
Les beaux habits de l’utile
Grandes machines au programme souvent contraignant, ces bâtiments étendards savent aussi jouer la carte de la séduction.
Salle de sport ou salle de spectacle, palais des expositions ou immeuble administratif, les équipements de nos villes, quand ils sont réussis, assument un double langage. D’une part, ils répondent à un programme utilitaire et fonctionnel précis. De l’autre, ils sont clairement investis d’une mission de représentation. Bâtiment drapeau ou enseigne, ils disent la richesse d’une région, l’investissement d’une commune pour le bien-être de ses habitants, le statut et l’identité d’un maître d’ouvrage prestigieux.
Depuis 1999, l’UEFA a établi son siège à Nyon dans un élégant bâtiment à fleur d’eau conçu par l’architecte français Patrick Berger. Ce sobre et lumineux rectangle ne suffisait plus à ses besoins. Pour le compléter et dialoguer avec lui, le bureau genevois Bassicarella a imaginé, dans un parc de l’autre côté de la route, un édifice rond, vitré, troué en son centre et doté d’avant-toits dont la largeur varie suivant l’orientation et qui font office de pare-soleil. «Nous ne recherchions pas le monumental et en aucun cas ne souhaitions créer une sorte de “contre-siège”, précise l’architecte Andrea Bassi. S’agissant d’un bâtiment purement administratif, notre attention a porté avant tout sur la recherche d’une dynamique, d’une relation cohérente et privilégiée avec l’environnement et sur la nécessité d’offrir aux usagers des espaces de qualité.» A un niveau plus symbolique, il admet aussi qu’un édifice circulaire convient particulièrement bien aux promoteurs du ballon rond.
Sport aussi à Bienne, mais côté pratique. Même si elle choie particulièrement ses brillantes volleyeuses, la Salle omnisports de l’Esplanade se veut ouverte à tous, notamment aux écoles. Situé dans un quartier en pleine mutation tout près du Palais des congrès, le site était contraignant. Le bureau zurichois GXM architectes en a tiré parti pour renforcer l’identité de son bâtiment de métal, de verre et de béton. Limitée sur sa base par l’exiguïté du terrain, la salle s’offre un premier niveau suspendu à la toiture et qui s’avance de huit mètres en porte-à-faux sur la parcelle voisine appartenant aux pompiers. De loin, on remarque aussi le généreux escalier métallique qui conduit les visiteurs au foyer. Les sportifs, eux, accèdent aux locaux par une entrée de plain-pied. A noter encore, clin d’oeil à l’architecture industrielle, une toiture en shed (en dents de scie) qui permet de bénéficier d’une lumière homogène.
Tags: Distinction romande d'architecture 2010, DRA II, équipements,
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