Avec une hausse de 11% (8,6% pour les adultes, 14,9% pour les jeunes et 8,4% pour les enfants), Berne figure parmi les cinq cantons dont les primes vont le plus augmenter en 2011, aux côtés de Nidwald, Uri, Obwald et Lucerne. Tous ont en commun un problème de souscouverture de réserves. Berne en avait - 7,5% en 2008, bien en deçà du minimum légal (10 à 20%).
La faute à des primes fixées pendant de nombreuses années trop bas par rapport aux coûts de la santé. Il y a donc aujourd’hui un besoin de rattrapage. Le ministre en charge de la Santé, Philippe Perrenoud, juge que jusqu’à deux tiers de la hausse subie par ses administrés est imputable à cela.
Le processus est douloureux: entre 2005 et 2010, les primes du canton ont crû de 43% (contre 26% en moyenne nationale). Exemple extrême, une caisse bon marché, sans doute sous-dotée en réserves, va contraindre ses assurés de 18 à 25 ans à débourser 39% de plus en 2011! A cela s’ajoute le fait que les primes cantonales sont déjà élevées.
En 2011, un Bernois déboursera 303 fr. 30 par mois, soit bien plus que la moyenne nationale de 270 fr. 40. Pour un adulte, ce sera même 419 francs, et pour un jeune 362 fr. 90. Les communes du Jura bernois s’en sortent un peu mieux, puisqu’un adulte s’acquittera de 409 francs par mois et un jeune de 354 francs.
Philippe Perrenoud s’inquiète de cette «ascension vertigineuse» des primes: «Le canton de Berne est une nouvelle fois touché de plein fouet, l’augmentation moyenne cumulée sur deux ans s’élevant à 20%, alors que nous consentons de gros efforts pour contenir la hausse des coûts de la santé.»
Ceux-ci restent toutefois élevés: chaque assuré a coûté 2847 francs à sa caisse en 2009, contre 2630 au niveau suisse. «L’offre hospitalière demeure trop élevée, surtout dans l’agglomération bernoise, détaille le socialiste. La transformation d’hôpitaux trop petits en structures plus légères, de type centre de santé, doit être poursuivie.» Il cite également comme explication «un taux de personnes âgées de plus de 64 ans de 18,5%, contre une moyenne suisse de 16,6%». Subsides : ce qu'il faut savoir
Nombre de bénéficiaires
En 2009, 276 000 personnes ont bénéficié de subsides dans le canton de Berne, soit environ un quart de la population. Malgré la hausse du coût des primes, les autorités ne s’attendent pas à une augmentation du nombre de subventionnés pour 2011.
Montant alloué
En 2009, le total des aides distribuées a été de 456 millions de francs. L’augmentation de la somme des subsides sera relative à celle des primes. Ce chiffre restera néanmoins inférieur à 500 millions de francs.
Conditions d’octroi
Le revenu déterminant le droit au subside est calculé en fonction du revenu net majoré d’un vingtième de la fortune disponible. Si, en soustrayant 13 000 francs à cette somme, un couple dépasse le seuil de 34 000 francs, il n’a pas droit au subside. Une famille monoparentale doit soustraire 6500 francs et ne doit pas dépasser la même limite. Une personne seule 2200 francs. Chaque enfant à charge permet de soustraire 10 000 francs supplémentaires. A noter que le canton de Berne attribue automatiquement les subsides aux ayants droit.
Renseignements
Service de la réduction des primes et de l’application du régime obligatoire, Forelstrasse 1, 3072 Ostermundigen, Hotline réduction des primes: 0844 800 884, www.be.ch/oassf
La prime moyenne de ces 5 dernières années (en FR)

Les cinq prime les moins chères

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