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Adèle et Marvin. Pour le crétacé, tapez - 70 000 000.
Le 7 septembre 1952, Mickey boit par inadvertance l’élixir mis au point par le professeur Durandus. Ce breuvage a la propriété d’abolir le temps et un choc sur la tête suffit à propulser l’intrépide souriceau dans n’importe quelle période de l’histoire. En page 3 du Journal de Mickey, la série Mickey à travers les siècles a enchanté les petits lecteurs pendant... 1347 semaines! Elle n’a pas épargné le jeune Zep. C’est sa première rencontre avec le voyage temporel: «J’ai trouvé le thème génial. Autant l’histoire enseignée à l’école était rébarbative, autant, axée sur le spectaculaire, elle devenait géniale avec Mickey.»
L’auteur de Titeuf goûte la science-fiction quand elle est relativement simple. «Comme tous les auteurs de fiction, j’apprécie la totale liberté que le genre autorise. Mais ça part souvent dans une complexité incroyable. Si j’adore Blade Runner ou même Total Recall, je souffre parfois en lisant Philip K. Dick». Le thème du voyage temporel le séduit davantage au cinéma, par exemple Retour vers le futur, qu’en littérature. En matière de bande dessinée, il vénère Time is Money, «un monument», mais Valérian n’est pas sa lecture de chevet.
Depuis H.G. Wells et La Machine à explorer le temps, difficile de faire du neuf avec le voyage temporel. Zep s’y risque avec les Chronokids. Parce que son propre dessin le fatigue parfois, il s’est associé à Stan & Vince (Vortex) pour mettre en images ses scénarios: «Quand on leur demande de dessiner le Colisée ou la Grande Muraille de Chine, ils répondent “Ouais et après?” et ils rigolent. Stan & Vince, c’est un peu le studio hollywoodien: ils peuvent tout faire… Quand je travaille sur mes propres bandes, j’écarte tout ce que je n’ai pas envie de dessiner...»
De la bouse dans le continuum. Aux Puces, Marvin, gnafron à nez pointu, et sa sœur Adèle, greluche à dents de lapin, trouvent un téléphone portable permettant de voyager dans le passé. Autrement banal que la bécane à vapeur de H.G. Wells, la DeLorean de Retour vers le futur ou les dispositifs quantiques de Crichton, cet ustensile a séduit Zep par sa simplicité. Il ne fallait pas une machine compliquée nécessitant une culture. Marvin et Adèle «se foutent royalement du passé», ils ont juste envie d’en tirer profit. Les deux galopins tapent la date sur le clavier et départ! A eux les âges farouches, la Rome antique, le sombre Moyen Age ou les fabuleuses années 70!
Comme Zep est aux commandes, le détail scatologique est soigné. Aussi sûr que les générations futures auront des déchets nucléaires à gérer, l’histoire déverse des tombereaux de merde, via tyrannosaure ou Cro-Magnon, sur les tapis de 2008. Quant à Guillaume Tell, il pratique le lancer de bouses de vaches. Zep rigole, évoque le retour du refoulé et plaide la rigueur historique: il voulait confronter l’arbalétrier helvétique à la pierre d’Unspunnen, mais celle-ci est nettement postérieure...
Le moteur des Chronokids, c’est la rigolade. Mais l’humour ne fait pas l’économie d’une documentation précise. «Marvin et Adèle n’ont rien à foutre d’apprendre quoi que ce soit sur les époques qu’ils visitent, mais il faut donner des informations précises pour que le gag fonctionne.» L’auteur ne se gêne pourtant pas de faire cohabiter dinosaures et humains dont quelques 60 millions d’années séparent les règnes. «Dinosaur est casse-pieds; Jurassic Parc génial, explique Zep. C’est plus fort que tout: on veut voir des gens se faire bouffer. Plus on remonte loin dans le passé, plus on est libre. Mais si on met en scène Robespierre six mois après sa mort, ça ne va pas.»
Sans avenir? Il y a deux façons de voyager dans le temps: avec ou sans paradoxe temporel. Marvin et sa frangine peuvent mettre le souk dans le pléistocène, chez Charlemagne ou au festival de Woodstock, ils ne bousillent pas le présent. «Le paradoxe temporel participe d’une autre dynamique, médite Zep. J’essaye d’éviter ce ressort qui démultiplie les histoires.»
Pour le moment l’auteur s’interdit d’envoyer ses deux jeunes héros dans le futur. D’abord par souci didactique: il faut bien enseigner quelques rudiments d’histoires aux lecteurs de Tchô!. Ensuite, Adèle et Marvin «sont quand même des enfants triviaux, peu sensibles aux beautés de la science. Ils n’ont pas réussi à capitaliser leur téléphone. S’ils allaient dans l’avenir, ils ramèneraient plein de trucs pour tricher». Dans le troisième volet, les Chronokids rencontreront entre autres Jésus et Alfred Nobel. Un sursaut éthique les poussera à améliorer le monde – avec de piètres résultats comme on peut s’en douter.
Les Chronokids 2.
De Zep, Stan & Vince.
Glénat, 48 pages.
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Quand la BD voyage dans le temps
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1952
Mickey à travers les siècles. Entre 1952 et 1978, le souriceau a visité à peu près toutes les époques. Et reçu autant de chocs sur le crâne! |
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1954
Arthur le fantôme. Passe-murailles par nature, le petit fantôme traverse aussi les époques. A bord du véhicule multiplace construit par le professeur Mathanstoc, il rallie l’âge de la pierre où il a maille à partir avec une flopée de brontosaures et d’hommes des cavernes. |
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1960
Le piège diabolique. Pour se venger, le machiavélique professeur Miloch amène Mortimer à prendre place à bord du Chronoscaphe. Ce véhicule saboté fait valdinguer son infortuné occupant du jurassique au jour d’après en passant par le Moyen Age. |
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1968
Valérian agent spatio-temporel. La première mission de l’agent de Galaxity (XXVIIIe siècle) se déroule en 1986, après l’explosion d’un dépôt de bombes atomiques. Dès le milieu des années 80, Valérian s’affaire pour que le temps réel soit raccord avec le temps de la fiction. |
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1969
Time is money. Le professeur Stanislas a pour but de gagner de l’argent avec le temps. Il expédie Timoléon à Florence en 1469 pour acheter à bon prix La Joconde. Il se casse aussi la jambe à cause d’une peau de banane coincée dans le temps…. Un chef-d’œuvre absurde écrit par Fred et dessiné par Alexis. |
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1982
Le Zonard des étoiles. Ce gros nul de Kebra chourave un scooter spatio-temporel et met le cap sur le futur. La grande foire aux mutants, par Tramber et Jano. |
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