L'Hebdo;
1999-09-23 Taxe Les citoyens passent à l'Attac
La taxe Tobin a-t-elle un avenir? Péripéties d'une idée née dans une université américaine qui mobilise aujourd'hui les citoyens suisses.
Le Conseil fédéral n'en veut pas: il l'a dit en début de semaine dans sa réponse à un député, «l'introduction d'une taxe Tobin n'est ni économiquement souhaitable, ni techniquement et politiquement réalisable». En substance, une telle imposition des flux de capitaux (lire encadré) se heurterait selon Berne à des contraintes du système financier que les doux rêveurs préféreraient ignorer. Après les avis analogues exprimés au Fonds monétaire international (FMI), à la Banque des règlements internationaux (BRI) ou dans d'autres gouvernements, cette position ne surprend guère. Mais elle prend à rebrousse-poil les militants d'Attac (Association pour une taxe Tobin d'aide aux citoyens) qui ont fait de cette mesure leur cheval de bataille et qui, en Suisse, s'apprêtent à se constituer en mouvement national.
A l'origine de cette taxe se trouve un personnage remonté à la surface de l'actualité alors que nul ne s'y attendait. James Tobin n'en revient pas: les demandes d'interview affluent, les journalistes se bousculent pour aller troubler la studieuse tranquillité de cet économiste octogénaire qui, aux dernières nouvelles, occuperait toujours un bureau encombré de livres à l'université Yale où il a poursuivi sa carrière. Que lui veut-on? Que va-t-on chercher chez ce penseur keynésien, lauréat du Prix Nobel en 1981 et ancien résistant aux «reagonomics», qui a prôné sa vie durant une intervention raisonnée de l'Etat dans la régulation de la macroéconomie?
Curieusement, ce regain d'intérêt est motivé par une idée qui n'est pas de première fraîcheur. Elle remonte à 1972, date à laquelle James Tobin a prononcé, à l'Université de Princeton, la conférence où il défendait son projet de taxe sur les mouvements de capitaux. Qui aurait su prédire le destin de cette idée? Un quart de siècle plus tard, elle est devenue l'affaire d'un combat militant, enrôlant le vieux professeur comme parrain involontaire du mouvement qui en réclame désormais l'application. Ce démocrate bon teint, ancien conseiller économique du président Kennedy, se retrouve ainsi associé à l'offensive d'Attac qui se développe et s'internationalise en recrutant pour l'essentiel à gauche, voire à la gauche de la gauche. Les ruses de l'histoire sont parfois aussi insondables que les voies de la Providence.
Un soutien important
La résurrection de la taxe Tobin a eu lieu sur fond de cataclysmes financiers. Effondrement du peso mexicain en 1994. Typhon sur les bourses d'Asie en 1997. Séisme russe de l'an dernier. C'est dans ce contexte qu'a resurgi l'idée selon laquelle il fallait encourager la stabilité financière en pénalisant les mouvements spéculatifs à court terme. La taxe Tobin a alors reçu le soutien de personnalités diverses, de l'ex-secrétaire général des Nations unies Boutros Boutros-Ghali au linguiste Noam Chomsky. En mars dernier, le Parlement canadien a adopté une motion favorable à une telle mesure. Le gouvernement finlandais vient de l'inscrire à son programme. Et, lors des présidentielles de 1995, le candidat Lionel Jospin en avait déjà fait un de ses thèmes de campagne. Imposer les monstrueux profits réalisés sur les marchés des devises, cela ressemble en effet à une idée de gauche... Mais il a pris soin de l'oublier depuis qu'il s'est mis à gouverner. Il laisse désormais à son ministre des Finances, Dominique Strauss-Kahn, tout loisir de saborder cette proposition jugée plus généreuse que réaliste.
Chassée par la grande porte de Bercy, la taxe Tobin est pourtant revenue par la petite fenêtre du combat militant. En France, chose peu banale, c'est un journal qui est sorti de sa vocation première pour donner l'impulsion au mouvement. Directeur du «Monde diplomatique», Ignacio Ramonet avait ainsi conclu son éditorial de décembre 1997 en souhaitant la création, «à l'échelle planétaire», de l'organisation non gouvernementale Attac: «En liaison avec les syndicats et les associations à finalité culturelle, sociale ou écologique, écrivait-il, elle pourrait agir comme un formidable groupe de pression civique auprès des gouvernements pour les pousser à réclamer, enfin, la mise en oeuvre effective de cet impôt mondial de solidarité.» Apparemment, les lecteurs de ce mensuel situé à gauche de la gauche au pouvoir n'attendaient que ce signal pour passer à l'action.
«Nous avons alors reçu des milliers de lettres, se souvient Dominique Vidal, rédacteur en chef adjoint du «Monde diplomatique». On a senti que quelque chose d'important était en train de se passer. Cette idée correspondait aux attentes de nos lecteurs qui trouvaient pertinente notre critique de la mondialisation, mais qui nous demandaient toujours: et alors, que faire?» Bientôt le mensuel sera rejoint par d'autres journaux comme «Charlie hebdo» ou «Politis», par des syndicats et des associations. Attac International naîtra en juin 1998. Au-delà de la taxe Tobin, l'association entend traduire en actes la reconquête du citoyen sur l'empire financier abandonné aux golden boys et à leurs spéculations baladeuses.
«Le Monde diplomatique» possède aussi de nombreux adeptes en Suisse romande. Parmi eux, Andrea Duffour qui en est «une fervente lectrice» vivant à Fribourg. Elle fait partie de ceux qui, secoués par l'éditorial d'Ignacio Ramonet, se sont empressés d'écrire à Paris. C'est ainsi qu'elle va être mise en relation avec trois étudiants de l'Université de Fribourg ayant participé à une réunion d'Attac au sud de la France. Un groupe se constitue alors sur les rives de la Sarine, et ça prend comme un feu de paille: «En moins de trois mois, nous étions une centaine. C'est un succès qui a dépassé toutes nos espérances.» Andrea Duffour, proche de certains mouvements associatifs mais sans avoir jamais été membre d'aucun parti, y voit le révélateur d'une déception générale devant la politique traditionnelle: «Attac correspond avant tout à un désir de citoyen. Tout le monde sent bien qu'on ne peut pas continuer comme ça: le capital rapporte infiniment plus que le travail alors que seul le travail est taxé. Mais c'est une injustice à laquelle les partis politiques n'apportent aucune réponse.»
Alberto Velasco a beau être député socialiste au Grand Conseil genevois, il partage lui aussi ce diagnostic: «Les gens sont déçus par les partis politiques, mais on constate partout une volonté de faire quelque chose et Attac offre une opportunité concrète de se mobiliser.» Membre de l'Association suisse des amis du «Monde diplomatique», il est à l'origine d'un Mouvement citoyen pour le désarmement des pouvoirs financiers (MCPDF) qui, né à la suite d'une conférence genevoise d'Ignacio Ramonet en décembre 1997, s'est ensuite métamorphosé en groupe Attac. Alberto Velasco souligne le rôle cardinal joué par une haute figure tutélaire de l'extrême gauche romande dans cette évolution: «Charles-André Udry fait partie du comité scientifique d'Attac en France et c'est lui qui a pris contact avec nous. Il a été pour nous un véritable bâtisseur.»
Economiste marxiste, Charles-André Udry va ainsi apporter au mouvement un savoir-faire militant dont les racines plongent dans le trotskysme orthodoxe de la IVe Internationale. Depuis le début de cette année, l'implantation d'Attac en Suisse romande est donc une affaire qui roule. En mai dernier, des groupes se sont aussi constitués en Suisse alémanique et au Tessin. Désormais, la création d'un mouvement national est à l'ordre du jour, et il sera porté sur les fonts baptismaux le 25 septembre à Fribourg.
En s'helvétisant, Attac aura un peu altéré le sens de son sigle: il ne signifie plus Association pour une taxe Tobin, mais Association pour une taxation des transactions financières. De toute évidence, la référence à l'économiste keynésien encombre ce mouvement très marqué à gauche. Charles-André Udry admet concevoir avant tout le débat sur la taxe comme une sorte de levier politique: «Personne ne dit que c'est une recette miracle. On dit simplement que la taxe Tobin est d'abord une proposition symbolique qui force les gens à réfléchir. Le vrai problème d'Attac, c'est de savoir comment se réapproprier la possibilité de faire des choix de société.»
Une résistance citoyenne
En ce sens, la mobilisation autour de la taxe traduit des aspirations politiques émergentes. Assistant de recherche en histoire économique suisse et membre fondateur du groupe Attac de Lausanne, Gian Franco Pordenone en est convaincu: «A chaque réunion, je constate que les gens sont à la recherche de nouvelles manières de s'engager. Ils expriment à la fois un désir militant et un besoin de comprendre ce qui se passe.» Là-dessous se joue peut-être une forme d'alliance inédite entre la société et ses intellectuels, à la manière de ce qu'on a pu observer en France avec l'entrée du sociologue Pierre Bourdieu en politique. Mais la nouveauté d'Attac tient d'abord à l'affirmation d'une résistance citoyenne là où prévalait surtout la résignation. Refus de la soumission aux puissances aveugles et fatales du marché mondial. Refus de laisser le champ libre à l'autorité des experts et à leurs discours hermétiques. Refus de séparer l'existence quotidienne de ce qui se trame au fond des bulles financières. Refus, en définitive, du primat de l'économique sur le politique.
La vraie question est dès lors de savoir si cette volonté citoyenne saura s'émanciper des vieux réflexes hérités. A vue de nez, on peut en douter. Déjà le popiste Joseph Zisyadis fait entendre une voix dissonante: «Nous avons des divergences sur l'avenir d'Attac. A mon sens, il doit être décentralisé alors que ses statuts sont centralisateurs. Ce qui est intéressant, c'est que des choses naissent dans tous les coins de Suisse. Il faut arrêter de vouloir tout contrôler. La force de ce mouvement vient précisément de ce qu'il transcende les partis et les syndicats.» A-t-il tort ou raison? Quoi qu'il en soit, il est à craindre que les nouvelles aspirations citoyennes finissent par se révéler solubles dans les traditions querelleuses qui ont la vie dure à la gauche de la gauche.
Michel Audétat
Taxe Tobin: mode d'emploi
La taxe imaginée en 1972 par James Tobin serait perçue de manière uniforme sur toute transaction de change, payée pour moitié par l'acheteur et pour moitié par le vendeur. A l'époque, le futur Prix Nobel d'économie de 1981 suggérait un taux de 1%. Les propositions actuelles oscillent plutôt entre 0,25% et 10/00. Soit une atteinte bien moindre à la mondialisation financière que le contrôle des capitaux pratiqués par certains pays en période de spéculation intense sur leur devise.
La taxe se veut plus subtile. Elle a pour objectif de pénaliser les transactions spéculatives. Celles qui multiplient les aller-retour sur une monnaie en quelques heures, pour exploiter des différences de change minimes en profitant de l'effet de levier des gros montants engagés.
G. B.
Faut-il mettre un grain de sable dans les rouages?
L'impôt sur les flux financiers suscite la discussion. Ses partisans y voient un outil pour stabiliser les changes. Ses adversaires, un biais inutile sur le marché.
Tobin or not Tobin? Ce titre gag du livre de François Chesnais publié aux Editions L'esprit frappeur pourrait bien devenir la question à la mode ces prochaines semaines en Suisse. Doit-on tenter de juguler la volatilité des changes en taxant les flux financiers? Deux économistes ont accepté d'en débattre pour «L'Hebdo».
Edouard Dommen, ancien économiste à la CNUCED, était notamment conseiller du gouvernement de l'île Maurice lorsqu'il a introduit le contrôle des changes dans les années 60. Il est partisan de la taxe Tobin.
Jean-Pierre Béguelin, docteur en économie de l'Université de Genève, a passé douze ans à la Banque nationale. Il était chef des études de la BNS, avant de devenir chef économiste de la Banque Pictet à Genève. Il n'est pas convaincu des vertus de la taxe.
Quelle serait l'utilité de la taxe Tobin?
Edouard Dommen: Le problème de fond, c'est l'explosion du secteur financier. Il prend un poids démesuré par rapport au secteur productif de l'économie. Et les mouvements intempestifs sur les marchés des changes sont tellement massifs qu'ils sont ingérables pour des petits pays. Les Latino-Américains ont trouvé un nom pour cet argent qui s'investit dans un pays ou sur une devise à très court terme: ils l'appellent le «capital hirondelle».
Il est certes possible aujourd'hui de se protéger des variations de change. Mais cette protection contre le risque a un coût et tout le monde ne peut pas se l'offrir. La taxe Tobin revient à mettre un grain de sable dans les rouages financiers: elle serait prélevée sur toute opération de change.
Son produit représenterait une manne bienvenue pour aider les pays pauvres.
E. D. Je ne partage pas l'avis de ceux qui pensent que ça va rapporter chaque année des dizaines de milliards de dollars. Il s'agit d'introduire un impôt à but dissuasif, pas de faire du fric.
Y a-t-il vraiment déséquilibre entre le secteur financier et le reste des activités économiques?
Jean-Pierre Béguelin: Une telle idée relève d'une illusion sur ce que sont les marchés des changes. Ces derniers sont dans le fond semblables à une vente aux enchères. Mais au lieu d'avoir de nombreuses enchères et une seule transaction payée, la dernière, chaque enchère individuelle donne lieu à un véritable achat suivi d'une vente. Jusqu'au moment où on a l'acheteur final.
Sur les marchés des changes, le fameux chiffre de mille milliards de dollars de transactions journalières n'est donc que la somme des différentes enchères lancées par tous les intermédiaires pour définir le prix. D'où l'impression que les sommes échangées sont disproportionnées par rapport au monde réel.
En quoi la taxe Tobin limiterait-elle la spéculation?
E. D. Toutes les transactions monétaires seraient imposées à un taux minimal: on parle maintenant de un pour mille du montant. Si vous avez décidé de passer vos vacances à l'étranger, ça ne vous dissuadera pas de faire du change. L'acheteur d'une récolte de café ne sera pas non plus pénalisé. Mais un spéculateur qui fait huit aller et retour en une journée entre le dollar et le yen hésitera peut-être plus.
J.-P. B. La taxe Tobin frapperait proportionnellement beaucoup plus les intermédiaires que les gros spéculateurs. Georges Soros, par exemple, n'aurait certainement pas été gêné dans sa spéculation contre la livre. Il aurait payé un petit montant sur une très grosse opération dont il espérait un substantiel bénéfice.
Ces gens qui veulent, bizarrement, introduire du sable dans de l'huile ont-ils pensé qu'il s'agit d'une taxe en cascade, prélevée à tous les stades de l'échange? Elle serait facilement contournée par les grandes multinationales qui échangeraient directement entre leurs filiales des produits, sans avoir besoin de devises.
Et je ne parle même pas des difficultés pour la prélever. Ce n'est pas forcément la bonne solution pour résoudre le problème.
Vous admettez donc qu'il y a problème?
J.-P. B. Ce qui peut déstabiliser une économie ce sont les mouvements massifs de capitaux à court terme. Mais si on observe ce qui s'est passé en Asie, par exemple: à l'origine il y a un taux de change prétendument fixe entre des monnaies nationales et le dollar, et de mauvaises politiques macroéconomiques qui aboutissent à des déséquilibres devant être corrigés. Ensuite, les gens sortent leur argent du pays car ils craignent une dévaluation.
La spéculation sur les marchés financiers est-ce une manière efficace de les faire fonctionner ou les dérègle-t-elle?
J.-P. B. Pour moi la spéculation a une définition claire: il s'agit de jouer sur une différence de prix dans le temps. Ça a toujours existé: dans l'Ancien Régime, l'«accapareur» achetait la récolte quand elle était abondante, la stockait et revendait à bon prix quand le grain manquait. Ce faisant, il jouait un rôle économique de régulation.
E. D. Le service qu'il rendait en stockant le grain devait être rémunéré. Mais Calvin lui-même avait déjà repéré que certains intervenants achetaient massivement du grain pour faire monter les prix! Des spéculateurs qui entraient sur le marché pour le manipuler. Ça existe toujours aujourd'hui.
J.-P. B. Un système concurrentiel est le meilleur remède contre de tels comportements.
La spéculation n'est-elle pas dangereuse si elle s'emballe?
J.-P. B. Aujourd'hui de nombreux instruments financiers ont rendu la spéculation plus sophistiquée, en permettant d'acheter à découvert. Ce n'est pas forcément négatif. Il arrive parfois que la spéculation soit jugée, après coup, trop débridée.
Il y aurait un vrai problème si le spéculateur spéculait sans risque. Autre déstabilisation possible: si des banques prêtent trop, sans le savoir, à des spéculateurs. Cela peut mettre en danger tout le système bancaire. C'est toute la question du contrôle des risques dans les banques.
Attac affirme que la mondialisation financière a contribué à accentuer le transfert de richesse des plus pauvres vers les plus riches, via l'explosion des rendements du capital. Qu'en pensez-vous?
E. D. Le PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement) constate effectivement que les écarts de richesse se sont creusés entre les nations industrialisées et les pays les moins avancés. Le même phénomène s'observe aussi, à l'intérieur de différents pays, entre la tranche la plus aisée de la population et sa partie la plus défavorisée. Mais le PNUD n'affirme pas que c'est à cause des mouvements internationaux de capitaux.
J.-P. B. Nous avons très peu de chiffres sur la répartition de la richesse entre pays. S'il est exact que certaines inégalités ont pu se creuser dans certains cas, il n'est pas sûr que la libéralisation des marchés financiers en soient la cause. Dans de nombreux pays africains, en Indonésie ou en Inde, l'excès d'offre de travail, due à une énorme croissance démographique, a fait baisser le prix de la main-d'oeuvre. Singapour, en revanche, s'est fortement enrichi ces trente dernières années.
Pour en revenir à la taxe Tobin, vous la jugez inutile?
J.-P. B. Je ne suis pas sûr que d'ici à cinq ans on ne voie pas s'établir de grandes zones monétaires dollar, euro et yen. La question de la taxe Tobin sera alors dépassée.
Convaincu?
E. D. La taxe Tobin a l'immense mérite d'avoir provoqué une mobilisation populaire sur un problème de fond: le renforcement des inégalités va bien plus loin que le combat pour l'instauration de la taxe Tobin. C'est un mouvement citoyen de lutte contre une mondialisation de l'économie, y compris culturelle. Du capital qui s'investit dans un pays sans accepter d'en partager la culture peut provoquer des malheurs. Il faut des grains de sable pour empêcher l'arrivée de masses d'argent difficiles à gérer et leur départ rapide.
Propos recueillis par Geneviève Brunet
Edouard Dommen
«Le renforcement des inégalités va bien plus loin que le combat pour l'instauration de la taxe Tobin.»
Jean-pierre bÉguelin
«La taxe Tobin frapperait davantage les intermédiaires que les spéculateurs.»
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