ÉCOLOGIE
BON POUR LA TÊTE

ACTUALITÉ

ÉCONOMIE & FINANCE

SOCIÉTÉ

POLITIQUE

ÉCOLOGIE

RÉACTIONS

CULTURE

DOSSIERS

PERSONNALITÉS

ENTREPRISES

MIX & REMIX

GUIDES

FORMATION

INTERVIEWS

BLOGS

TV

IPAD

ENJEU L’avenir de la centrale nucléaire de Mühleberg (BE) se trouve au coeur d’une votation cantonale, le 13 février prochain.
Markus Forte / Ex-Press

HOME > ÉCOLOGIE >  Réduire la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer l'article

Nucléaire
Les cleantechs défient Mühleberg

Par Michel Guillaume - Mis en ligne le 26.01.2011 à 10:51

Avant la votation du 13 février, quelque 50 patrons de l’économie verte estiment qu’il est possible de se passer de la centrale bernoise d’ici à 2020.

La votation du 13 février prochain sur l’avenir de la centrale nucléaire de Mühleberg donne lieu à un détonant duel: celui des patrons de l’économie verte face à ceux d’une économie plus traditionnelle. Impossible d’en prédire l’issue à deux semaines du scrutin cantonal bernois.

«SI BERNE RENONÇAIT À SA PROPRE CENTRALE, CELLE-CI SERAIT CONSTRUITE AILLEURS.» Willy Michel, président d’Ypsomed à Berthoud

Ces détracteurs du nucléaire ne sont plus de doux rêveurs prêchant la décroissance. Ce sont des entrepreneurs qui ont tous créé des emplois, les uns une poignée, d’autres plusieurs centaines: 1500 au total.

Ils dirigent pour la plupart des sociétés en plein essor dans le secteur des énergies renouvelables. A l’enseigne d’«Energie nouvelle Berne», ils sont partis à l’assaut de la centrale nucléaire de Mühleberg, dont ils pensent qu’il est inutile de vouloir la remplacer. A la place, ils ont présenté un projet alternatif, combinant le solaire, l’éolien et les économies d’énergie.

Le plus connu d’entre eux est certainement Christoph von Bergen, le CEO de Sputnik Engineering à Bienne. Agé aujourd’hui de 47 ans, ce pionnier du solaire a fondé son entreprise en 1991. Celle-ci a véritablement décollé lorsque le Gouvernement allemand a fait de la rétribution à prix coûtant (RPC) un instrument clé de sa politique énergétique.

Il fabrique des onduleurs solaires de haute technologie qu’il écoule dans toute l’Europe et prévoit d’occuper plus de 400 personnes à fin 2011.

Christoph von Bergen s’irrite des «nombreux préjugés» qui collent toujours, depuis vingt ans dorénavant, aux énergies renouvelables. «En Suisse, beaucoup de décideurs n’ont pas encore compris ce qui s’est passé dans ce secteur hors de nos frontières», regrette-t-il. Avec ses onduleurs en 2010 uniquement, Sputnik a équipé des installations équivalentes à deux fois la puissance de Mühleberg.

Volonté politique. Le solaire n’est donc plus une utopie, mais bien une réalité… surtout ailleurs en Europe. «Mais il faut une volonté politique et des conditions économiques cadres incitant à investir dans les énergies renouvelables», admet-il. D’autant que le prix de ces énergies est en train de chuter - 40% en deux ans dans le photovoltaïque - une tendance qui se poursuivra à l’avenir.

Face à la fronde des cleantechs, qui devraient offrir de 15 000 à 20 000 emplois dans le canton de Berne d’ici dix ans, l’économie plus traditionnelle n’a pas la partie facile. Vendredi 21 janvier à Berne, une demi-douzaine d’entrepreneurs est elle aussi montée au filet pour défendre l’énergie nucléaire.

Très vite pourtant, il est apparu que l’opposition entre les patrons des cleantechs et ceux d’entreprises bien établies tournerait au dialogue de sourds. Jamais les seconds n’ont répondu sur le fond aux objections des premiers. Ils préfèrent baser leur argumentaire sur la sécurité.

«IL FAUT UNE VOLONTÉ POLITIQUE ET DES CONDITIONS ÉCONOMIQUES CADRES INCITANT À INVESTIR DANS LES ÉNERGIES RENOUVELABLES.» Christoph von Bergen, CEO de Sputnik Engineering

Parier sur Mühleberg, c’est assurer l’approvisionnement énergétique, maintenir quelque 1300 postes de travail à la centrale et bénéficier de 70 millions de recettes fiscales bienvenues au budget cantonal.

Quatre fois le lac de Thoune. C’est un fait que les partisans du nucléaire s’emploient à rappeler sans cesse. En Suisse, l’éolien et le solaire ne participent qu’à raison de 0, 1% de la production électrique aujourd’hui.

Difficile d’imaginer dès lors que les énergies renouvelables puissent prendre le relais de l’atome d’ici à 2020, comme le prétendent les cleantechs.

«Si l’on voulait remplacer Mühleberg par l’énergie éolienne, il faudrait ériger 740 turbines sur une surface représentant quatre fois celle du lac de Thoune. Ce n’est pas sérieux», s’est exclamé Hansruedi Wandfluh, président de l’UDC bernoise et patron d’une PME à Frutigen.

«C’est un non-sens total, renchérit Willy Michel, président du conseil d’administration d’Ypsomed à Berthoud, une biotech spécialisée dans le traitement du diabète. «Si le canton de Berne renonçait à sa propre centrale, celle-ci serait de toute façon construite ailleurs.» Ou alors les prix de l’énergie s’envoleraient, «passant du simple au double».

En économie comme en politique, partisans et adversaires du nucléaire semblent décidément irréconciliables. A l’approche du 13 février, le climat de la campagne s’est singulièrement tendu, chaque camp martelant ses arguments coups de poing.

En distribuant un journal tous ménages, puis en annonçant qu’elles réduisaient leurs ambitions en matière de production de courant vert, les Forces motrices bernoises (FMB) se sont immédiatement fait accuser d’influer sur le scrutin, alors qu’elles avaient promis de se montrer discrètes.

Le gouvernement à majorité rose-verte a vivement réagi, d’abord par son président Philippe Perrenoud, puis par sa ministre de l’Energie Barbara Egger-Jenzer, qui n’a pas mâché ses mots: «Le nucléaire est une technologie dépassée», a-t-elle affirmé.

Agressivité contre-productive. Chez les partisans du «oui» au nucléaire, le conseiller national Jean-Pierre Graber (UDC/BE) ne cache pas que le combat est rude, mais il croit en la victoire.

«C’est impossible de remplacer 40% de notre électricité nucléaire en 15 ans. Les Bernois sont des gens raisonnables et ils sont très attachés à leurs entreprises paraétatiques comme les FMB, qui ont une bonne image», estime-t-il.

Un avis qu’est loin de partager Patrick Gsteiger, député au Grand Conseil de Reconvilier, par ailleurs membre du groupe «Energie nouvelle Berne». Il a distribué de nombreux flyers dans la rue ces derniers weekends. «Le campagne agressive des FMB est contre-productive. Les gens sentent qu’il est temps d’adresser un signal en faveur des énergies renouvelables».




Tags: Mühleberg, centrale nucléaire, votations cantonales,

Partager: Partager sur Facebook Partager sur Delicious Ajouter aux favoris Google Ajouter aux favoris Yahoo! Partager sur Twitter Partager sur Yahoo Buzz Partager sur Myspace   Aller en haut de page Haut de page

Réaction de Jean-Francois Morf
le 09.02.2011 à 20:36
Et quand il n'y a ni vent ni soleil, l'industrie...
 
Réaction de lovsmeralda
le 27.01.2011 à 17:42
Monsieur Graber a raison,tous ces combats tournent au ridicule,les anti-éoliens...
 



Inscrivez-vous à notre newsletter afin de recevoir en primeur le sommaire de la semaine ainsi que nos offres spéciales.


ÉCOLOGIE
La moitié des colonies d'abeilles ont péri cet hiver
Jamais autant d'abeilles ne sont mortes en hiver (archives)  Keystone
Près d'une abeille sur deux a péri l'hiver dernier, une hécatombe d'une ampleur encore jamais vue, selon les spécialistes. Les...
ÉCOLOGIE
Doris Leuthard rencontre les présidents de communes valaisannes
La conseillère fédérale Doris Leuthard saluée par  le conseiller d'Etat Jean-Michel Cina. Keystone
La conseillère fédérale Doris Leuthard a répondu lundi soir à Sierre (VS) aux questions des présidents des communes valaisannes concernant...
ÉCOLOGIE
Le Suisse consomme 4200 litres d'eau par jour dont 82% de l'étranger
Cent soixante-deux litres par jour: c'est la quantité d'eau utilisée par chaque Suisse selon la statistique officielle. En fait, nous...
ÉCOLOGIE
BP annonce un accord de 7,8 milliards avec des plaignants privés
La plateforme Deepwater  Horizon après l'explosion en avril 2010 Keystone
Le géant pétrolier BP a annoncé vendredi être parvenu à un accord partiel à l'amiable de 7,8 milliards avec des...
ÉCOLOGIE
Braconnage d'éléphants: plus de 100 soldats déployés dans un parc
 Eléphants Keystone
Plus de 100 soldats de l'armée camerounaise ont été déployés dans le parc de Bouba Ndjidda (nord) où entre 128...