Suites Hebdo
Les courts sanglots de «Douch», tortionnaire du régime Khmer
Son pardon a porté ses fruits. «Douch», bourreau du régime khmer rouge, a échappé à la perpétuité. Jugé pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, Kaing Guek Eav, 67 ans, s’est vu condamner à 35 ans de prison par le tribunal spécial parrainé par les Nations Unies. Sept mois de procès «inédit», «controversé» même, mais un procès qui devait permettre au Cambodge «d’écrire enfin les pages sombres de son passé», comme L’Hebdo l’écrivait depuis Phnom Penh en novembre dernier. Huit mois plus tard, la sentence est tombée. L’ancien professeur au ton tantôt obséquieux tantôt cassant devra payer pour ses actes. A savoir la torture et l’exécution de 16 000 hommes, femmes et enfants à Tuol Sleng. Un ancien lycée au cœur de Phnom Penh rebaptisé S-21 où règne toujours, 30 ans après les faits, l’effroi: celui des visiteurs. A la lecture du verdict, «Douch» n’a pas bronché. L’émotion et les sanglots ne sont venus qu’ensuite. Lorsque «le simple serviteur» de Pol Pot, comme il se définit, a réalisé que sa peine était réduite à 19 ans de prison. Les familles des victimes et les rares survivants ont dit regretter ce verdict. Ils ignoraient encore que «Douch» allait oser faire appel de cette décision.
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