Affaire Kadhafi
Les cruelles leçons d'une crise
SUISSE-LIBYE. Difficultés de doctrine, incapacité à dégager des responsabilités, absence de volonté de réforme et soumission aux intérêts de l’économie: le retour de Max Göldi a surtout éclairé les sempiternels manquements politiques du pays.
«D’abord un grand soulagement»: ce furent les mots de Micheline Calmy-Rey au lendemain du retour de Max Göldi. Faire revenir l’ingénieur d’ABB, souris prise depuis deux ans dans les griffes du chat Ka-dhafi, était devenu une urgence du gouvernement. L’homme avait été retenu en Libye de diverses manières – on dira ça comme ça – allant de la prison à la mise au secret, en passant par l’assignation dans la modeste ambassade suisse de Tripoli. «Je ne me sens responsable d’aucune faute», a-t-il déclaré. Max Göldi a raison: son arrestation de juillet 2008 était un scandale, tout comme celle de son compagnon d’infortune, Rachid Hamdani. Il n’y a, dès lors, guère matière à trop fanfaronner à l’idée d’avoir réussi à faire libérer un innocent des délires d’un dictateur post-terroriste ne respectant rien ni personne depuis plus de quarante ans. Car il aura fallu, pour cela, accepter toutes ses conditions.
La Suisse, dans tout cela? Qu’at-elle appris? Que va-t-elle en faire? Le risque de ne pas répondre à ces questions fait, sans doute, partie du génie helvétique: une façon de continuer comme si de rien n’était. Demeurent cependant des leçons désagréables à méditer.
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Tags: Kadhafi, Libye, Max Göldi,
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