Sitôt la course à la présidence terminée, les regards se tournent déjà vers 2016 chez les démocrates. Le parti, dominé par son aile libérale, est bien moins divisé que son adversaire républicain. La compétition sera d’autant plus féroce. Tour d’horizon des présidentiables. Hillary Clinton. L’actuelle secrétaire d’Etat, en charge de la politique étrangère, a déjà passé huit ans à la Maison Blanche... comme première dame. En 2008,elle a cherché à y retourner par la grande porte, sans succès. Elle pourrait tenter sa chance à nouveau en 2016. Son expé- rience politique et sa notoriété en font la favorite. «Si elle cherche à obtenir la nomination démocrate, elle l’obtiendra sans trop de peine», estime Geoffrey Skelley, analyste politique à l’Université de Virginie. Elle et son mari Bill Clinton, aujourd’hui considéré comme l’un des meil- leurs présidents que le pays ait connus, sont très influents au sein du parti, composant l’une de ces dynasties politiques dont les démocrates raffolent. Seul bémol, son âge: elle aura 69 ans le jour de l’élection. Joe Biden. Le vice-président a déjà brigué la présidence deux fois et pourrait être tenté par un troisième essai. Il bénéficie de son statut d’insider à la Maison Blanche et de sa longue carrière politique – il est entré au Congrès en 1972. Sa capacité à s’identifier à l’Américain moyen joue également en sa faveur. Mais cela pourrait se retourner contre lui: «J’ai de la peine à imaginer les démocrates choisir un candidat aussi susceptible de faire des gaffes», relève Geoffrey Skelley. Il a ainsi déclaré que le paquet de relance de l’économie à 900 milliards de dollars avait «30% de chances d’échouer même si nous faisons tout juste», ou enjoint le sénateur Chuck Graham à se lever lors d’un rallye, oubliant que ce dernier était en chaise roulante. Il sera lui aussi pénalisé par son âge: il aura 74 ans en 2016. Andrew Cuomo. Le gouverneur de New York fait partie des candidats les plus prometteurs. Très populaire dans son Etat, ce modéré a le potentiel de rallier les forces centristes au sein du parti et de l’électorat urbain. Mais le démocrate de 54 ans devra d’abord tuer le père: il considère Bill Clinton, pour lequel il a servi comme secrétaire en charge du Logement, comme un mentor. Celui-ci risque de ne pas apprécier de le voir griller la politesse à son épouse. «Il va sans doute se tenir en embuscade, en attendant de voir si Hillary Clinton se lance ou pas», juge Mark Longabaugh, un consultant démocrate qui a œuvré pour la campagne Obama en 2008. Les nouveaux visages. Les démocrates pourraient choisir de miser sur un nouveau venu, afin d’injecter du sang neuf dans la campagne, du moins lors des primaires. Parmi les noms qui reviennent le plus souvent figurent le gouverneur du Maryland Martin O’Malley, celui du Massachusetts Deval Patrick, le sénateur de Virginie Mark Warner, celui du Minnesota Amy Klobuchar, le maire de Chicago Rahm Emanuel et celui de Newark Cory Booker. «Martin O’Malley a livré un discours épique lors de la Convention démocrate cet été», note Mark Longabaugh. Les gens de l’Ouest. Le parti devrait s’appuyer sur les nouvelles tendances démographiques au moment de faire son choix pour 2016, pense Robert Speel, un politologue de Penn University: «Les Etats de l’ouest du pays, dont la population hispanique ne cesse d’augmenter, votent toujours plus démocrate. Le choix d’un candidat issu de ces régions, avec des origines latinos ou un léger penchant populiste, permettrait au parti de gagner un nouvel électorat.» Il cite Tom et Mark Udall, deux cousins sénateurs du Nouveau-Mexique et du Colorado. Le maire de Los Angeles Antonio Villaraigosa ou celui de San Antonio Julián Castro. Le ou la progressiste. La base du Parti démocrate, plus à gauche que ses pontes, pourrait réclamer son propre candidat. «Ces activistes grass- roots sont un peu dépités par Barack Obama, jugé trop centriste, indique Mark Longabaugh. Ils pourraient provoquer l’émergence d’un candidat surprise, comme Howard Dean en 2004, qui s’est fait connaître en dénonçant la guerre en Irak.» |









