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David Streitfeld / The New York Times
«Les éditeurs sont terrifiés et ils ne savent pas quoi faire»

Par Luc Debraine - Mis en ligne le 19.10.2011 à 15:29

Amazon.com se lance en force dans l’édition, mettant directement en contact l’auteur et le lecteur, et faisant donc l’impasse sur les métiers traditionnels du livre.

 

Amazon.com a appris à ses lecteurs à se passer des librairies. Désormais, le site de commerce en ligne encouragera les écrivains à faire l’impasse sur les éditeurs. Amazon publiera cet automne 122 livres dans différents domaines, à la fois sur papier et e-book.

Cette étonnante accélération du programme de publication de l’entreprise placera Amazon en compétition directe avec les maisons new-yorkaises qui sont aussi ses principaux fournisseurs.

Le site a créé une collection dirigée par un vétéran du monde de l’édition, Laurence Kirshbaum, qui sortira aussi bien des livres de fiction que de non-fiction. La semaine dernière, la collection a annoncé la parution des mémoires de l’actrice et réalisatrice Penny Marshall. Le contrat porte ici sur 800 000 dollars, selon une personne qui a une connaissance directe de l’accord.

Les maisons d’édition notent qu’Amazon démarche de manière agressive leurs auteurs phare. Et que la société de Seattle avale les services habituellement assurés par les éditeurs, les critiques et les agents littéraires.

Plusieurs importantes maisons d’édition ont refusé de commenter l’actuel développement stratégique d’Amazon. «Les éditeurs sont terrifiés et ne savent pas quoi faire», remarque Dennis Loy Johnson de Melville House, qui a l’habitude de dire ce qu’il pense.

«Tout le monde a peur d’Amazon, relève Richard Curtis, un agent expérimenté qui est aussi éditeur d’e-books. Si vous avez une librairie, Amazon est en concurrence avec vous depuis un certain temps.

Si vous êtes éditeur, vous vous réveillez un jour avec Amazon au pied de votre lit. Et, si vous êtes un agent, Amazon s’apprête à chiper votre gagne-pain, parce qu’il offre aux auteurs la possibilité d’être publiés sans intermédiaire aucun.»

Ici à Seattle, la direction d’Amazon refuse de dire combien d’éditeurs elle emploie, désormais, et combien de contrats elle a d’ores et déjà signés. Mais elle atténue sa force de frappe en soulignant que les maisons d’édition sont trop fascinées par leur propre déclin.

«Ce sont toujours les mêmes histoires de fin du monde, dit Russell Grandinetti, l’un des dirigeants d’Amazon. Vous pourriez régler votre montre sur leur arrivée.»

Il note cependant que le paysage est pour la première fois en train de changer depuis l’invention du livre par Gutenberg, il y a presque six cents ans: «Les seuls acteurs désormais indispensables dans le processus éditorial sont l’écrivain et le lecteur. Les autres acteurs qui se tiennent entre ces deux pôles font à la fois face à des risques et à des occasions.»

Le mois dernier, les éditeurs ont aperçu un futur dans lequel ils ne joueront aucun rôle quand Amazon a dévoilé le Kindle Fire, une tablette destinée aux livres et aux autres médias qui est commercialisée par l’entreprise.

Le patron d’Amazon, Jeffrey P. Bezos, a décrit à plusieurs reprises le Kindle comme un «service total», anticipant le jour où Amazon développera, promouvra et distribuera ses propres produits.

TRADUCTION ET ADAPTATION LUC DEBRAINE





Tags: David Streitfeld, New York Times, amazon.com,

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Réaction de Fafnir
le 26.10.2011 à 09:08
Aux États-Unis d'Amérique Amazon mord dans d'autres domaines que ceux...
 



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