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Editorial
Les enjeux de Montreux

Par Alain Jeannet - Mis en ligne le 13.10.2010 à 15:48

Francophonie, le mot fait bâiller. Alors, pensez: un Sommet de la francophonie, ce doit être le comble de l’ennui. Erreur,
l’événement qui se tient du 22 au 24 octobre, à Montreux, révèle une réalité plus vivante qu’il n’y paraît.

Les politiciens alémaniques méconnaissent les réseaux francophones. Notamment la chaîne TV5 Monde.

Le saviez-vous? Le nombre des francophones dans le monde est en augmentation. Principalement en Afrique.

Pour la Suisse, les enjeux sont multiples. Il ne s’agit pas seulement de prouver qu’elle est un super G. O. (pour gentil
organisateur), mais aussi de corriger et de compléter son image.

Au-delà de la Genève internationale et bancaire, les milliers de participants vont (re)découvrir la Riviera lémanique, des paysages uniques. Surtout, ils visiteront une région à la pointe de la recherche et de la formation. Les maires des villes francophones qui se réuniront à Dorigny, près de Lausanne, ne manqueront pas d’être surpris par la richesse et le dynamisme
du campus. Petit pays, mais grande puissance scientifique.

C’est précisément dans le domaine universitaire que le sommet pourrait laisser les traces les plus concrètes. La Confédération et l’Ecole polytechnique de Lausanne proposeront, notamment, de mettre en réseau les hautes écoles francophones.

Une sorte de contrepoids aux institutions d’orientation anglo-saxonne, très bien connectées entre elles, et qui exercent une prééminence de fait sur la planète académique.

L’occasion aussi de voir à l’oeuvre TV5 Monde, qui touche 215 millions de foyers dans quelque 200 pays. Une chaîne financée par la France, la Belgique, le Canada et la Suisse. «La voix francophone la plus importante dans le monde, résume sa directrice Marie-Christine Saragosse. Et un combat politique au sens le plus noble du terme.» (Lire notre article)

A l’heure où le soft power (quel est le terme en français?) joue un rôle essentiel dans les rapports entre les nations, on ne peut guère se passer de l’arme médiatique. En particulier sur le continent africain, en proie à un nouvel impérialisme chinois.

Du Maroc au Sénégal en passant par le Gabon, un nombre croissant de jeunes gens apprennent désormais avec enthousiasme
le mandarin. Le prélude, après une phase de regain, à un futur déclin du français? Rien n’est encore joué.

Enfin, espérons que les politiciens alémaniques rétifs à l’organisation du sommet à Montreux (trop cher) prennent
conscience de l’importance des réseaux francophones – entre autres celui de TV5, régulièrement menacé de coupes budgétaires.

Il y a là une carte incroyablement méconnue. Dans la crise libyenne, le conseiller fédéral Hans-Rudolf Merz aurait été bien inspiré d’y avoir recours pour faire passer le point de vue suisse en Afrique du Nord face aux manoeuvres machiavéliques de
Kadhafi. Au lieu de bâiller d’ennui. Ou plutôt d’indifférence.





Tags: Sommet de la francophonie,

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Réaction de berleroy
le 14.11.2010 à 11:21
Pour soft power, c'est diplomatie qui me vient immédiatement à...
 



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