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Les espions du quotidien

Par Julie Zaugg - Mis en ligne le 19.06.2008 à 00:00

Surveillance. L’infiltration d’Attac pour le compte de Nestlé a mis en lumière les services douteux fournis par Securitas. La firme n’est pas seule sur ce marché.

L’infiltration du mouvement Attac par une agente de Securitas, sur demande de Nestlé, a marqué les esprits. Le recours à ce type de méthodes intrusives – normalement réservées à la police – par une entreprise de sécurité privée choque. Cette affaire ne représente que la pointe de l’iceberg. Une centaine de sociétés proposent des services analogues en Suisse. Dans le canton de Vaud, on en trouve une dizaine, à Genève une quarantaine, en Valais trois. Leur nombre exact n’est pas connu, car elles ne sont pas soumises à autorisation.

Le business de la fraude. Seule Genève propose une forme de contrôle, en délivrant un «permis» de détective privé. Mais les conditions pour l’obtenir sont peu strictes: un casier judiciaire vierge de tout délit de probité, l’absence de dettes ou de faillites et un certificat de bonnes mœurs.
Mais que font ces entreprises? Leurs mandats concernent beaucoup les fraudes à l’assurance et proviennent essentiellement des assureurs maladie ou perte de gain. Jacques-René Tzaut, patron de l’agence lausannoise Inter-Investigation et Sécurité, cite l’une de ses plus grosses affaires: «Une assurance nous avait chargés d’enquêter sur un client qui affirmait avoir subi des opérations pour plusieurs milliers de francs dans les Balkans. Nous avons investigué sur place: l’hôpital n’était plus en fonction.» Il est revenu avec des photos, des dossiers médicaux et des témoignages. Richard Brugger, propriétaire de Cops Detective à Monthey, a mis en filature un homme en congé maladie depuis deux ans pour cause de surdité. «Nous l’avons filmé en pleine conversation téléphonique dans une cabine.»
Mais le public n’est pas en reste: depuis le début de 2008, les autorités peuvent faire appel à des détectives privés pour détecter les fraudes à l’AI. Jacques-René Tzaut vient de recevoir son premier mandat: il doit enquêter sur un rentier que les autorités soupçonnent de continuer à exercer une activité rémunérée.
Autre marché: la surveillance des employés ou des candidats à l’embauche. Plus intrusifs encore, les détectives privés infiltrent les entreprises qui soupçonnent un employé de vol ou d’escroquerie. «On se fait engager dans le service où il travaille, puis on l’observe et on tente de nouer des rapports d’amitié, détaille Léonard Bruchez, chef de l’agence valaisanne ACI Investigations. Une fois par semaine, on rédige un rapport sur ce qu’on a vu.» Officiellement, on ne récolte pas de données sur la vie privée ou les opinions de la personne surveillée, mais il n’est pas rare de voir émerger des informations sur ses activités syndicales. «Nous ne faisons jamais figurer ces éléments dans nos rapports, mais il nous arrive d’informer le client par oral», admet un agent...
 
Découvrez l'entier de l'article dans L'Hebdo.
 




Tags: Attac, Securitas, Nestlé, business, fraude, détectives privés,

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