L'Hebdo;
2006-11-30 Salaires 2006-2007 Les gagnants et les perdants
Pouvoir d'achat
Les salaires réels augmentent. Enfin. Mais certaines professions ne ramassent que des miettes.
Deux cents salaires au scanner
Autant de points de repère pour vous situer dans le monde du travail.
Fonction publique
En exclusivité, les revenus dans l'administration en Suisse romande, dans le canton de Berne et au Tessin.
Témoignages
Un éboueur content de son salaire. Un professeur d'uni beaucoup moins.
Dix-huit salariés ou indépendants parlent de leur argent.
Dossier réalisé par Philippe Le Bé, Sabine Pirolt, Maurine Boutin Mercier, Christophe Schenk
«Combien gagnez-vous?» Aux Etats-Unis, ne pas poser la question à la personne que l'on rencontre pour la pre- mière fois a quelque chose d'incongru. Mais en Suisse, répondre ouvertement à la question, à visage découvert comme le font les dix-huit personnes que L'Hebdo a rencontrées (voir page 26), cela relève quasiment de l'exploit. A chaque témoignage son histoire, son parcours professionnel, son revenu réellement perçu, fébrilement attendu et secrètement espéré. Au vrai, bien souvent, l'argent que je touche n'a de sens que si je le compare à celui que touche mon voisin. Mais, au-delà des cas individuels, tout un chacun se demande s'il va enfin profiter d'une croissance qui devrait chatouiller les 3% cette année. Selon Stéphane Garelli, professeur à l'IMD et à l'Université de Lausanne, «non seulement l'économie suisse permet une augmentation du pouvoir d'achat mais elle offre un taux d'emploi exceptionnel: 59% de la population est occupée, contre seulement 48% en Allemagne et 45,5% en France».
Plus que jamais en pleine forme économique, la Suisse vit donc sur son petit nuage. Mais, sur le terrain, qui va vraiment recueillir les gouttes de la prospérité? Comme le signale prudemment Pierre Weiss, directeur à la Fédération des entreprises romandes, «ce n'est pas parce qu'elle affiche une hausse de ses bénéfices de 3% qu'une branche ou une entreprise va augmenter les salaires de 3%. Il faut penser aux investissements, aux actionnaires comme aux collaborateurs, voire aux clients». Qui plus est, les prévisions de croissance pour 2007 s'annoncent nettement moins glorieuses. Enfin, le sensible recul de l'inflation en octobre, qui n'a atteint que 0,3% en rythme annuel, n'a pas arrangé les affaires des syndicats. Ce premier mois d'automne est en effet souvent pris comme référence pour l'indexation des salaires dans les conventions collectives de travail.
Accords salariaux exemplaires En cette fin novembre, un bon tiers des négociations salariales ont abouti à un accord. Et déjà, les syndicats citent comme exemple de réussite celui conclu entre Coop et Unia. Ce dernier prévoit une augmentation de la masse salariale de 2,5%, la hausse s'inscrivant à 3% pour les salaires les plus bas. Plus 3,4 % pour le cimentier Holcim, plus 3,1% pour Roche, «l'augmentation des salaires dans l'industrie atteindra globalement 2%», prévoit Nico Lutz, porte-parole du syndicat Unia. Ce chiffre correspond à celui avancé par UBS dans son dernier sondage réalisé fin octobre auprès de 19 secteurs d'activité en Suisse (voir infographie ci-contre). Et comme l'inflation plafonnera, selon toute vraisemblance, à seulement 1%, les salaires réels vont bel et bien augmenter d'au moins 1% en 2007.
Après cinq années de vaches maigres, «si le pouvoir d'achat ne s'améliore pas cette année en Suisse, il y aura un énorme problème», tonne d'une voix sereine Daniel Oesch, secrétaire central de l'Union syndicale suisse. Même si l'on ne voit pas très bien quelle réaction sociale engendrerait cet «énorme problème», l'avertissement du syndicaliste est à la mesure des attentes de l'ensemble des salariés.
Le sondage de la banque UBS, malgré une certaine marge d'erreur, nous montre que quasiment tous les secteurs qui ont le vent en poupe sont en contact direct avec l'économie internationale: les technologies de l'information (hausse salariale nominale estimée à 3%), l'énergie (2,5%), les banques (2,4%), les assurances, la pharmacie et la chimie (2,3%). Les marchés asiatiques, américains, et même ceux du Golfe en très forte explosion, servent de levier à l'économie suisse ouverte sur le monde.
Grain de sable dans cette belle démonstration, l'horlogerie, dont les salaires nominaux (sans tenir compte de l'inflation) ne devraient augmenter que de 1,8% selon l'étude UBS. Un comble pour un secteur qui n'a jamais affiché une santé aussi éclatante, bénéficiant de surcroît de la faiblesse persistante du franc suisse qui rend les exportations meilleur marché! Mais, comme le relève François Matile, secrétaire général de la Convention patronale de l'industrie horlogère, «les négociations dans la branche ne portent que sur le renchérissement estimé à 1,5%». Certaines données, comme l'augmentation de la participation patronale aux frais d'assurance maladie, ne sont pas prises en compte. Si l'on peut s'attendre à une hausse des salaires réels de 0,2%, les différences seront notables selon les entreprises. «Faute d'avoir un salaire minimum dans l'industrie horlogère, il est bien difficile de se faire une idée précise de la situation», regrette le syndicaliste Nico Lutz (Unia).
De manière générale, dans l'ensemble des secteurs, l'octroi de primes (individuelles et/ou collectives) rend l'évaluation des revenus encore plus difficile. La tendance est claire: les entreprises préfèrent s'en tenir à des augmentations de salaires relativement faibles, fondées sur le taux d'inflation, et verser des bonus déterminés en fonction de leurs résultats. Cette pratique déplaît souverainement au monde syndical qui voit ainsi lui échapper, en partie, la maîtrise d'un dossier dont il avait jusqu'ici le contrôle.
Conflit dans le bâtiment Contrairement aux secteurs ouverts sur l'extérieur, ceux qui sont davantage liés au marché indigène offrent des augmentations de salaire sensiblement plus basses. Dans le bâtiment, par exemple, les négociations qui avaient été interrompues ont repris, avant de capoter abruptement lundi 27 novembre. Selon la Société suisse des entrepreneurs (SSE), les patrons étaient prêts à relever leur offre de 80 à 100 francs, dont 70 francs de hausse générale pour les 90 000 employés du secteur. Quant aux syndicats, qui proposaient fin octobre une hausse des salaires de 180 francs par mois pour tous, ils ont refusé de descendre au-dessous de 110 francs. «Dans la construction comme dans les arts et métiers, note Daniel Oesch, de l'Union syndicale suisse, on sent nettement l'influence de l'UDC sur les associations patronales, et notamment sur la SSE.» Le blocage passe d'autant plus mal que les commandes affluent et que le BTP (bâtiment et travaux publics) n'a jamais été aussi florissant depuis 1994.
Le secteur du textile et de l'habillement, qui doit toujours faire face à une vive concurrence étrangère malgré une restructuration de grande ampleur, ne promet pas de hausses salariales supérieures à 1%. Les arts graphiques et les médias n'ont, quant à eux, enregistré aucune amélioration du pouvoir d'achat depuis cinq ans. «Une hausse mensuelle d'au moins 100 francs, c'est possible dans les grandes entreprises de presse et aussi dans les petites», estime Danièle Lenzin, coprésidente du syndicat suisse des médias Comedia. Et celle-ci de constater la multiplication des augmentations individuelles des salaires. Enfin, contrairement au personnel des cantons qui peuvent compter sur une hausse nominale globale de 2,5% de leurs salaires, les cantons romands figurant parmi les moins bien lotis, le personnel de la Confédération devra se contenter d'une augmentation de seulement 1,4%.
échelle des salaires en expansion Les laissés-pour-compte des fruits de la croissance font grise mine quand ils découvrent, par la presse, les salaires dont bénéficient certains managers (lire en page 22). Ainsi, au Credit Suisse, les membres exécutifs du conseil d'administration et de la direction générale ont vu leurs rémunérations grimper de près de 30% en 2005 en regard de l'année précédente, à un peu plus de 32 millions de francs. Même si comparaison n'est pas toujours raison, les employés ne peuvent s'empêcher de comparer cette augmentation avec la leur: 2,4% par personne en 2006, avec un bonus selon la marche des affaires. C'est un fait, l'échelle des salaires a tendance à s'écarter en Suisse. Et malgré une amélioration globale de la situation des plus déshérités, la précarité est loin de s'être estompée (lire l'interview ci-dessous).
Au chapitre des inégalités salariales, celle des hommes et des femmes continue à être significative en Suisse, malgré des progrès lents mais constants, d'année en année. La différence des salaires médians entre femmes et hommes atteignait 24% en 1994. Dix ans plus tard, elle est tombée à 20%. Comme le constate le professeur Yves Flückiger dans une récente étude, ces disparités s'expliquent notamment par des facteurs tels que le niveau d'éducation, le nombre d'années d'expérience ou d'ancienneté accumulées par les femmes et les hommes sur le marché du travail ou au sein de leur entreprise. Mais ces raisons objectives n'excluent hélas pas des pratiques discriminatoires encore bien ancrées dans les moeurs.
Globalement, le pouvoir d'achat en Suisse va augmenter en 2007, malgré de fortes disparités selon les professions et les secteurs d'activité. Mais il serait sans doute encore plus fort si les prix à la consommation n'étaient pas aussi élevés, en regard de ceux affichés dans l'Union européenne. Avec de la viande et du pain respectivement 50 et 25% plus chers en Suisse que chez nos voisins européens, des loyers avec les charges et des frais de santé plus élevés de respectivement 38 et 26%, la Suisse demeure un îlot de cherté. Faut-il le déplorer? Certes, l'existence de certains cartels injustifiés constitue un obstacle majeur et artificiel à toute baisse de prix. Mais il est tout aussi important de ne pas détruire le tissu social helvétique, sous prétexte de faire plaisir aux consommateurs. Faudrait-il, par exemple, se réjouir de consommer certaines tomates espagnoles bon marché, produites dans des conditions environnementales et sociales désastreuses? Et de mettre au pilori tous les produits alimentaires suisses parce qu'ils sont trop chers? Gagner plus, dépenser moins, c'est bien. Mais sans doute pas à n'importe quel prix. |
Professions gagnantes
TECHNOLOGIES DE L'INFORMATION
PHARMACIE et CHIMIE
Les salaires nominaux devraient augmenter de 3% dans les technologies de l'information et de 2,3% dans la pharmacie et la chimie, deux secteurs ouverts sur le monde
Professions perdantes
Bâtiment
Textile
Avec une hausse des salaires prévisible de seulement 1,5 et 1%, les métiers du bâtiment et du textile sont les moins bien servis de la croissance économique.
«Non seulement l'économie suisse permet une augmentation du pouvoir d'achat, mais elle offre un taux d'emploi exceptionnel.»
Stéphane Garelli, professeur à l'IMD
«Si le pouvoir d'achat ne s'améliore pas en Suisse, il y aura un énorme problème.»
Daniel Oesch, secrétaire central de l'Union syndicale suisse
«Le fossé qui sépare les plus riches des plus démunis s'élargit»
Professeur au département d'économie politique de l'Université de Genève, Yves Flückiger dirige l'Observatoire universitaire de l'emploi. Il est l'un des plus fins connaisseurs des questions salariales en Suisse.
Les augmentations de salaire prévues en 2007 seront sensiblement plus importantes dans les secteurs de l'économie liés à l'exportation, comme la chimie et la pharmacie, que dans ceux liés au marché interne, comme la construction. Cette tendance devrait-elle se confirmer?
En 2007, la conjoncture sera sans doute moins porteuse pour les exportations, en raison d'un raffermissement prévisible du franc suisse et d'un tassement de la demande extérieure, notamment aux Etats-Unis. Mais à long terme, il est clair que les gains de productivité des secteurs de l'exportation seront plus élevés que ceux des secteurs indigènes. Dans le commerce de détail, par exemple, où la concurrence et la pression sur les prix sont très fortes, les salariés devront sans doute se contenter d'une simple compensation du renchérissement, voire d'une très faible augmentation des salaires réels.
Comment évoluent les salaires les plus bas?
Aujourd'hui, sont considérés comme très bas les salaires qui ne dépassent pas 3000 francs brut par mois. En 1998, près de 6% des personnes actives dans le secteur privé recevaient un salaire inférieur à une telle somme. Aujourd'hui, elles ne sont plus que 2%. C'est un progrès. Depuis huit ans, de gros efforts ont en effet été réalisés pour améliorer les salaires les plus ténus. Notamment à la suite d'une campagne menée par l'Union syndicale suisse qui a aussi proposé, en vain, l'introduction d'un salaire minimal en Suisse. Il n'empêche que l'on estime à 250 000 le nombre de travailleurs à plein temps, mais dont le revenu est insuffisant pour hisser leur ménage au-dessus du seuil de pauvreté, défini par les normes de la Conférence suisse des institutions d'action sociale. Cela représente près de 7,5% de la population active suisse.
L'échelle des salaires se rétrécit-elle vraiment en Suisse?
Un premier constat: les personnes qui se trouvent juste au-dessus de ces très bas salaires n'ont pas autant profité des efforts consentis en faveur des plus démunis. Quant au fossé qui sépare le 1% des salaires les plus élevés du 1% des salaires les plus bas, il a tendance à s'accroître. |
200 salaires au scanner
L'étude argovienne «Orts und berufsüblische Mindestlöhne» a recueilli des salaires minimaux mensuels bruts en usage en Suisse, établis avec les associations professionnelles et les syndicats. De 1500 francs pour une jeune fille au pair à près de 20 000 francs pour un pilote de ligne. Florilège.
Plus de 14 000 francs (par mois)
Pilote, commandant de long-courrier, dès vingt-quatre ans de service 19 669
Réviseur diplômé dans le domaine de la chimie et pharma 16 283
Chef de mission au service diplomatique de la Confédération 14 626
Cadre supérieur dans l'industrie chimique, universitaire, dès 46 ans 14 521
Programme manager professionnel, conseil hardware, dès 49 ans 14 469
Ingénieur industrie et services, cadre avec plus de cent collaborateurs 14 014
Entre 12 000 et 14 000 francs
Directeur de création dans la publicité 13 899
Médecin-chef en hôpital, dès 50 ans 13 864
Officier de carrière, salaire maximal 13 754
Cadre supérieur, construction de machines, hautes écoles, dès 56 ans 13 476
Directeur régional à la Poste, salaire de base 13 300
Cadre moyen dans la chimie, dès 56 ans 12 650
Architecte paysagiste, universitaire, salaire maximal 12 516
Entre 10 000 et 11 999 francs
Traducteur, salaire maximum 11 964
Contrôleur du ciel, Skyguide, dès treize ans de licence 11 842
Enseignant, classes moyennes (Mittelschule), dès 55 ans 11 835
Employé industrie chimique, secteur vente, hautes écoles, dès 46 ans 11 622
Project manager senior, informatique, dès 40 ans 11 538
Commissaire de la police fédérale, haut de classe 10 757
Cadre supérieur dans la vente, industrie machines, entre 46 et 55 ans 10 769
Spécialiste scientifique aux CFF 10 460
Pilote, capitaine moyen-courrier, dès treize ans de service 10 271
Graphiste, directeur artistique dans la publicité 10 552
Directeur de bibliothèque, moyennes et grandes villes 10 225
Entre 8000 et 9999 francs
Enseignant, école secondaire, dès 59 ans 9949
Secrétaire d'ambassade 9889
Archiviste, universitaire avec tâche directoriale 9879
Dentiste assistant, salaire maximum dès quatre ans de pratique 9870
Cadre dans la construction de machines, entre 31 et 45 ans 9650
Employé de vente, assurances, spécialiste de haut niveau, dès 46 ans 9526
Spécialiste informatique à la Poste, salaire de base 9216
Analyste senior dans les assurances, avec haut niveau, 40 ans 9247
Ingénieur en télécommunication 9231
Pasteur, Eglise évangélique réformée, dès la quinzième année 9101
Technicien réseau dans les banques, formation universitaire 9059
Ingénieur système senior, 35-39 ans 8963
Développeur d'applications seniors, 40-44 ans 8926
Météorologue à la Confédération 8882
Ingénieur en planification du territoire, avec beaucoup d'expérience 8850
Assistant de projet professionnel, en informatique, 35-39 ans 8585
Enseignant dans les écoles cantonales professionnelles, dès 40 ans 8502
Développeur d'applications professionnel, 45-49 ans 8423
Assistant social aux CFF 8361
Employé support client chez Swisscom, sommet de classe 8292
Chef mécanicien diplômé, construction métallique, dès 51 ans 8289
Administrateur réseau senior, 40-44 ans 8235
Instructeur militaire, Instructeur I 8143
Cadre d'entreprise, diplôme HES, industrie métallique, 31-45 ans 8100
Prêtre catholique, dès la seizième année de pratique 8094
Entre 6000 et 7999 francs
Contrôleur-comptable dans la chimie, pharma et biotech 7948
Technicien spécialisé, hautement qualifié, industrie méc., dès 51 ans 7831
Collaborateur hautement qualifié, industrie chocolatière, dès 45 ans 7800
Maître fondeur, fonderie, salaire maximum 7800
Maître de cabine, dès dix-huit ans de salaire 7780
Spécialiste système junior, dans le hardware conseil, dès 45 ans 7731
Contremaître dans la construction, avec beaucoup d'expérience 7650
Spécialiste banque de données professionnel, 30-34 ans 7597
Chef d'équipe dans l'industrie chocolatière, dès 40 ans 7570
Administrateur réseau, télécommunication, 30-34 ans 7521
Assistant de direction dans les banques, 35-39 ans 7483
Architecte et ingénieur, dans l'industrie et les services, Suisse romande 7231
Ingénieur agronome dans le privé, région Berne 6900
Constructeur de machines, apprentissage de quatre ans, dès 51 ans 6849
Secrétaire à la Confédération, sommet de classe (17) 6843
Orthoptiste, dès dix ans de pratique 6825
Correspondant étranger à la DRS 6741
Juriste, service interne 6702
Chef éclairagiste, au Schauspielhaus Zurich 6698
Informaticien, industrie chimique, 31-45 ans 6609
Professeur de conduite 6570
Médecin assistant, dès la première année 6531
Cadre dans l'hôtellerie avec fonction de direction 6515
Conducteur de locomotive Z-140 CFF 6507
Conservateur-restaurateur, avec formation, 35-39 ans 6413
Polymécanicien, construction de pièces métalliques, dès 51 ans 6414
Journaliste, troisième à cinquième année 6328
Travailleur avec formation spéciale, industrie électrique, 31-45 ans 6300
Intendant de vol, dix-septième année de pratique 6240
Employé de banque, secteur crédit avec CFC de commerce, 35 ans 6214
Contrôleur-comptable, dans l'hôtellerie et gastronomie 6203
Chef de salines, industrie du sel, dès 35 ans 6198
Electromécanicien, 41-50 ans 6190
Chef d'atelier, dans le domaine marbre et granit 6035
Entre 5000 et 5999 francs
Décorateur d'intérieur, diplômé fédéral 5980
Collaborateur helpdesk professionnel, trait. des données, 45-49 ans 5939
Opérateur sur grandes machines, construction de machines 5932
Laborantin vernis et couleur, dès la cinquième année 5911
Dessinateur, bureau d'architectes ou d'ing., beaucoup d'expérience 5900
Ingénieur chimiste dans l'agrochimie 5846
Technicien géomètre, dès la première année 5833
Enseignant école primaire, dès 25 ans 5790
Hygiéniste dentaire, dès la huitième année 5743
Représentant de commerce, diplôme fédéral, dès 30 ans 5742
Assistant social 5760
Chef de projet aux CFF, salaire de base 5663
Formateur informatique, 30-34 ans 5632
Infirmière anesthésiste, dès la première année 5671
Technicien HF, dans l'habillement et textile 5598
Contremaître dans la construction des routes 5545
Monteur en machines 5469
Fraiseur dans l'industrie des machines 5469
Conducteur de locomotive CFF, salaire de base 5432
Ramoneur, au moins sept ans de pratique 5430
Cadre avec responsabilité dans l'hôtellerie 5404
Tourneur, industrie des machines 5366
Décorateur d'intérieur avec CFC 5350
Chauffeur, industrie des machines 5344
Sellier, avec diplôme fédéral 5300
Gardien, dans les sociétés de surveillance, dès la onzième année 5232
Emballeur, construction de machines 5187
Fromager responsable 5183
Douanier, salaire de base 5157
Pharmacien, salaire de base 5152
Boulanger diplômé, avec maîtrise 5134
Laborantin dans une fabrique de pâtes, dès 30 ans 5105
Bibliothécaire diplômé, à Genève 5070
Réviseur de citerne, 41-50 ans 5015
Patrouilleur TCS, entré en 1996 5010
Entre 4000 et 4999 francs
Chef des pistes et du sauvetage, dès dix saisons 4987
Ouvrier spécialisé dans le bâtiment, sans CFC 4971
Carreleur, avec diplôme fédéral 4941
Masseur, dès dix ans de pratique 4900
Dessinatrice, industrie des machines 4851
Diagnosticien d'automobiles, dès la deuxième année 4800
Assistante dentaire, dès huit ans de pratique, salaire maximum 4795
Concierge dans un centre de requérants d'asile 4777
Infirmière, dès 40 ans 4771
Menuisier, avec CFC, dès 24 ans 4712
Charpentier, avec CFC 4685
Opticien, avec CFC, entre 26 et 30 ans 4663
Chauffeur de car, dès dix ans de pratique 4611
Garde-forestier 2, avec formation spéciale, salaire moyen 4609
Professeur de fitness, avec diplôme fédéral, salaire maximum 4600
Soudeur avec une spécialisation 4590
Chauffeur de camion, de cinq à neuf ans de pratique 4517
Cordonnier, dès la cinquième année 4510
Employé dans la production d'éléments en béton, gypse et ciment 4500
Décolleteur 4438
Chauffeur de bus postal 4429
Electronicien, réparation d'objets électriques, 25-30 ans 4417
Accordeur de piano, dans les grandes villes, dès cinq ans de pratique 4416
Couvreur, dès la deuxième année 4400
Brasseur, dès la troisième année 4394
Employé de cave, qualifié, production de vins 4386
Caissier de remontées mécaniques, une langue étrangère, 4 ans service 4375
Travailleur qualifié dans l'industrie du bois 4332
Laborantin photo, dès cinq ans d'expérience 4300
Professeur de natation diplômé 4300
Tailleur pour dames, avec diplôme fédéral, dès cinq ans d'expérience 4250
Employé non qualifié dans la fonderie, salaire maximum 4200
Peintre en bâtiment, salaire de base 4229
Tailleur de pierre, plus de deux ans de pratique 4160
Cuisinier, 28-29 ans 4140
Employé qualifié, industrie du bois 4133
Educatrice de la petite enfance, avec trois ans de formation 4072
Monteur en chauffage, dès 22 ans 4050
Opticien avec CFC, 20-25 ans 4027
Aide médicale, dès cinq ans de pratique 4010
Mécanicien auto, dès la deuxième année 4000
Entre 3000 et 3999 francs
Employé dans la transformation des fruits et légumes, première année 3998
Plâtrier, première année après apprentissage 3993
Conducteur de bateau, deuxième pilote fleuve et rivière 3990
Employé dans l'horlogerie, sans formation, dès 22 ans 3980
Isolateur plombier, de 20 à 25 ans 3975
Caissier dans un cinéma 3915
Droguiste diplômé, en ville 3867
Secrétaire d'avocat, jusqu'à 20 ans 3856
Installateur sanitaire, dès deux ans de pratique 3850
Libraire, dès la cinquième année 3850
Technicien dentiste, dès la troisième année 3800
Coiffeur avec CFC pour dames et messieurs 3795
Chauffeur de taxi, dès la deuxième année 3782
Meunier 3790
Employé dans la confection de papiers, cartons 3773
Vendeur à la Coop, avec apprentissage de trois ans 3700
Monteur en stores, dès la deuxième année 3700
Assistante en pharmacie, première année 3670
Magasinier 3640
Boucher, dès la première année 3500
Poseur de revêtements de sol, première année 3500
Carrossier, dès la troisième année de pratique 3500
Employé de la Migros, salaire minimum, dès 20 ans 3400
Employé d'usine I, industrie du poisson 3400
Employé non qualifié dans l'industrie du tabac 3400
Vendeur en charcuterie 3400
Boulanger, première année 3393
Esthéticienne, avec apprentissage de trois ans, dès 23 ans 3300
Disc-jockey, deux ans d'expérience, salaire minimum 3200
Employé dans l'hôtellerie sans formation 3182
Soigneur de chevaux 3000
En dessous de 2999 francs
Vendeuse en boulangerie, sans expérience après six mois 2976
Matelot sur les bateaux du Rhin 2970
Gouvernante 2819
Aide-paysagiste 2801
Travailleur dans la récolte de fruits et légumes 2511
Employé de maison dans l'agriculture 2750
Aide dans une entreprise de cartonnage 2713
Danseuse de cabaret, 20 ans minimum 2200
Avocat stagiaire à Genève, salaire minimum 1800
Jeune fille au pair 1500
Les 20 plus gros revenus des patrons en Suisse Rémunération 2005 en millions de francs du membre le mieux rémunéré du Conseil d'administration occupant une fonction exécutive, par ordre décroissant (tout compris)
30 776 350
Daniel Vasella
Novartis Var. 04/05: 1%
23 975 954
Marcel Ospel
UBS
Var. 04/05: 13%
14 791 230
Franz Humer Roche
Var. 04/05: -8%
14 424 931
Peter Brabeck
Nestlé
Var. 04/05: 5%
12 120 000
Walter B. Kielholz
Credit Suisse Group* Var. 04/05: 1%
9 643 250
Michael Pragnell
Syngenta
Var. 04/05: 22%
8 850 416
Anonyme Kudelski Var. 04/05: 20%
8 690 788
Anonyme Serono Var. 04/05: 30%
8 523 256
Anonyme Richemont
Var. 04/05: 43%
6 561 476
Anonyme
Lindt & Sprüngli Var. 04/05: 20%
5 839 307
Anonyme Synthes
Var. 04/05: -32%
4 918 075
Guerrino de Luca
Logitech
Var. 04/05: 4%
4 688 7003
Alfred N. Schindler Schindler Var. 04/05: 0%
4 361 144
Anonyme
Kühne + Nagel Var. 04/05: 15%
4 163 892
Jean-Pierre Cuoni EFG International* Var. 04/05: non disponible
4 124 040
Anonyme Holcim
Var. 04/05: 54%
3 916 302
Anonyme Ciba Specialty Chemicals
Var. 04/05: -1%
3 741 579
Anonyme
Julius Bär*
Var. 04/05: 60%
3 607 197
Wolfgang Werlé
Hiestand Var. 04/05: non disponible
3 400 000
Anonyme
Pargesa
Var. 04/05: 0%
revenus dans la fonction publique en 2006
Pour la quatrième année consécutive, «L'Hebdo» publie les salaires minimaux et maximaux de la fonction publique en Suisse romande, dans le canton de Berne et du Tessin. En 2006, les salaires dans le secteur public ont augmenté dans tous les cantons romands sauf à Genève. Parmi les moins bien loties, les maîtres(ses) de classe enfantine et les aides-soignants(es) touchent des salaires fort modestes. Quant aux juristes et aux professeurs d'université, ils tiennent le haut du pavé.
Administration publique
Secrétaire Salaire minimal Salaire maximal
Berne 49 958 91 133
Fribourg 49 629 84 258
Genève 60 378 86 765
Jura 52 910 74 858
Neuchâtel 50 472 89 459
Valais 51 128 75 085
Vaud 49 975 89 109
Tessin 62 453 79 130
Juriste
Berne 82 744 145 483
Fribourg 77 300 130 317
Genève 89 727 128 939
Jura 90 295 133 935
Neuchâtel 74 661 129 514
Valais 93 863 140 495
Vaud 72 932 130 625
Tessin 76 058 130 589
Gendarme
Berne 64 431 103 089
Fribourg 65 706 102 064
Genève 75 824 108 906
Jura 69 074 94 209
Neuchâtel 66 015 101 878
Valais 61 910 90 921
Vaud 68 639 97 443
Tessin 62 453 94 855
Chef(fe) de service
Berne 119 445 213 600
Fribourg 90 554 183 572
Genève 116 847 191 602
Jura 103 266 175 221
Neuchâtel 93 913 179 191
Valais 114 711 179 746
Vaud 127 895 184 158
Tessin 109 951 177 985
Remarque: les indemnités pour inconvénient de service ou autres indemnités à caractère salarial (primes) sont incluses dans les rémunérations publiées.
Enseignement
Maître(sse) de classe enfantine
Berne 59 918 94 416
Fribourg 59 028 87 391
Genève 78 627 108 117
Jura 56 421 82 492
Neuchâtel 56 690 84 708
Valais 57 113 82 814
Vaud 56 939 89 109
Tessin 66 844 92 608
Maître(sse) généraliste (primaire)
Berne 69 016 108 752
Fribourg 68 719 101 220
Genève 78 627 108 117
Jura 65 844 99 708
Neuchâtel 68 424 96 441
Valais 68 538 99 380
Vaud 58 889 96 244
Tessin 69 653 94 855
Maître(sse) secondaire (secondaire I)
Berne 81 146 127 867
Fribourg 83 661 121 341
Genève 93 764 128 939
Jura 78 869 124 585
Neuchâtel 94 824 122 842
Valais 83 591 121 207
Vaud 70 922 130 625
Tessin 81 583 113 096
Maître(sse) de gymnase (secondaire II)
Berne 96 308 151 758
Fribourg 94 201 134 978
Genève 93 764 128 939
Jura 89 028 143 600
Neuchâtel 100 691 128 709
Valais 97 348 141 155
Vaud 85 136 146 449
Tessin 91 317 130 589
Professeur(e) ordinaire d'université
Berne 141 147 225 835
Fribourg 143 437 195 998
Genève 145 613 200 228
Jura - -
Neuchâtel 157 051 179 195
Valais - -
Vaud 156 731 186 898
Tessin - -
Remarque: certaines désignations professionnelles varient selon les cantons. Pour permettre la comparaison, elles ont été uniformisées.
Métiers de la santé
Aide-soignant(e)
Berne 47 506 82 172
Fribourg 48 096 70 156
Genève 50 630 72 754
Jura Non disponibles Non disponibles
Neuchâtel En cours de révision En cours de révision
Valais 46 463 68 236
Vaud 47 511 68 401
Tessin 55 312 75 390
Infirmier(ère)
Berne 62 498 103 089
Fribourg 66 109 97 624
Genève 75 241 108 117
Jura Non disponibles Non disponibles
Neuchâtel En cours de révision En cours de révision
Valais 68 126 95 376
Vaud 62 934 92 606
Tessin 60 136 83 620
Physiothérapeute
Berne 63 348 112 971
Fribourg 66 109 97 624
Genève 72 001 103 471
Jura Non disponibles Non disponibles
Neuchâtel En cours de révision En cours de révision
Valais 68 126 95 376
Vaud 62 934 92 606
Tessin - -
Inclus dans la rémunération publiée: Les montants représentent les salaires annuels bruts avant déduction des charges sociales ou autres cotisations. Le 13e salaire est inclus pour tous les cantons qui le versent.
Ne figurent pas dans la rémunération publiée: les gratifications en fonction des années de service, les primes de fidélité, les indemnités horaires ou autres indemnités.
Tendances De plus en plus, les entreprises préfèrent verser des primes collectives ou individuelles, variables selon les années, plutôt que d'augmenter sensiblement les salaires.
«Je ne gagne pas assez, mais j'ai du travail»
«Mon salaire est irrégulier; il dépend des périodes et des projets sur lesquels je suis engagée. Parfois je gagne 2000 francs par mois, parfois 4000 francs. Je touche du bois, car je fais partie de ceux qui travaillent. Le salaire des danseurs a augmenté un peu car la profession s'est solidarisée. Il y a 11 ans, le revenu mensuel brut d'un danseur était de 2500 francs. Au vu de mon expérience professionnelle, de ma formation et de ma maturité, j'ai envie de dire que je ne gagne pas assez. La difficulté, c'est que nous sommes nombreux sur le marché; un danseur est déjà content lorsque l'on fait appel à lui. Et puis il y a l'enthousiasme du nouveau projet. A mon âge, 5000 francs, ce ne serait pas une demande irréaliste. Mais lorsque l'on me propose 4000 francs par mois pour un engagement, j'estime être correctement payée.»
Corinne Rochet 37 ans Danseuse Lausanne (VD)
Revenu annuel brut: de 36 000 à 48 000 francs.
Revenu mensuel brut: 3500 francs
Dans la branche: dès 30 000 francs par an
ÿ non satisfaite
«Je n'ai pas à rougir de mes gains»
«Je suis entré en fonction comme gendarme en janvier 1995. J'estime que mon salaire correspond à mes qualifications et qu'il me permet de subvenir décemment à mes besoins. Mais il ne me permet pas de m'enrichir. Est-ce plus ou moins que mes collègues d'autres cantons? Je ne me suis jamais trop intéressé à ce qu'ils gagnent. Le salaire ne fait pas tout, il faudrait encore prendre en compte d'autres critères comme le prix de l'immobilier, la fiscalité. Ma dernière augmentation remonte à janvier 2006 et se monte à 157 francs. Le métier de policier est pénible: horaires irréguliers qui ne favorisent pas la vie de famille, services de piquet en plus des heures effectives de travail, exposition potentielle à la violence. J'estime donc qu'un policier qui oeuvre dans notre canton n'a pas à rougir de son salaire, au contraire.»
Olivier Clory
35 ans
Inspecteur à la Police de sûreté
Delémont (JU)
Revenu annuel brut: 87 451
Revenu mensuel brut: 6727 francs x 13
Dans la branche: de 62 000 à 91 000 francs par an
/ Satisfait
Mon revenu s'érode»
«Dans la profession, nous ne communiquons pas nos salaires entre collègues. Je pense pourtant faire partie de la moyenne. Je reste satisfait, mais comme pour n'importe quel métier, on constate une érosion du revenu. Les gens ont tendance à penser que les médecins-dentistes touchent des revenus exorbitants. Les factures que reçoivent les clients sont élevées, certes, mais nos frais généraux sont également très importants. Il y a dix ans, le peuple a voté en faveur d'une libre concurrence entre les dentistes. Chaque médecin fixe ainsi à sa guise la valeur de son point. Mais on ne constate pas de grands changements. Les patients restent fidèles à leur dentiste. Ils cherchent non pas à économiser, mais plutôt à se garantir un traitement qui leur convient. En conséquence, les tarifs n'ont pas diminué. Et nos revenus n'ont pas augmenté.»
Antoine Zimmer 61 ans
Médecin-dentiste
Lausanne (VD)
Revenu annuel brut: 220 000 francs
Revenu mensuel brut: 18 333 francs
Dans la branche: estimation difficile
/ Satisfait
«Mon salaire correspond à la moyenne de la branche»
«J'ai commencé à travailler dans la vente à 18 ans, parallèlement à mes études universitaires. Ensuite, j'ai abandonné mes études et j'ai continué dans la vente, chez Waro, puis Coop et enfin, depuis trois mois, chez Ikea, à Aubonne. Mon salaire correspond à la moyenne de la branche. Même si, par rapport à mon dernier emploi chez Coop, je suis mieux payé - mon salaire atteignait alors 3700 francs - pour un poste à moindre responsabilité. Surtout, Ikea paie mon assurance accident et mon assurance perte de gain. Conclusion, si mon salaire brut a augmenté de 50 francs, mon salaire net a augmenté de 154,15 francs. Enfin, d'autres avantages me sont encore offerts par Ikea: un rabais de 15% sur toutes les marchandises, une cafétéria réservée au personnel proposant des tarifs avantageux ou encore un congé paternité payé d'une semaine.»
Aurélien Théraulaz
24 ans
Vendeur
Aubonne (VD)
Revenu annuel brut: 48 750 francs
Revenu mensuel brut: 3750 francs x 13
Dans la branche: de 40 800 à 56 000 francs par an
/ Satisfait
«Certains employés reçoivent une prime, pas la direction»
«A la suite du décès de notre père il y a deux ans, mon frère et moi avons repris son entreprise à Crissier, spécialisée dans la distribution internationale d'outils de bijouterie. Comme je ne me destinais pas à cette profession et n'ai donc pas suivi la formation idoine, je m'estime satisfaite de mon salaire, même s'il est plus bas que ceux en vigueur dans la branche. Il s'agit également d'un choix qui était nécessaire pour assurer la pérennité de l'entreprise et garder son personnel. Pour les mêmes raisons, la direction ne reçoit pas de prime, afin de ménager le cash-flow. Néanmoins, d'autres employés en bénéficient. Nous tenons ainsi à récompenser leur soutien durant ces années de transition. Nous disposons en revanche d'une voiture de fonction pour la direction.»
Valérie Niederoest
27 ans
Cheffe d'une PME
Crissier (VD)
Revenu annuel brut: 78 000 francs
Revenu mensuel brut: 6500 francs
Dans la branche: estimation difficile
/ Satisfait
«Avec mon revenu, ma famille ne vit pas bien»
«J'ai commencé ma vie professionnelle comme carrossier. Après mon CFC, en 1984, je gagnais 2000 francs. A la fin du mois, il ne me restait plus que les yeux pour pleurer. A 33 ans, j'ai décidé de me lancer dans une autre profession. Question salaire, je pense que je me débrouille bien, même si à mon âge, je pourrais être mieux payé. Je reçois encore 100 francs par mois de participation à la caisse maladie et 60 francs supplémentaires pour les enfants. Finalement, ce n'est pas la somme que l'on gagne qui est importante mais le fait de pouvoir bien vivre avec son salaire. Et ce n'est pas le cas de ma famille. Aujourd'hui, avec ma femme et mes deux enfants, il me faudrait beaucoup plus pour vivre décemment. Environ 1000 francs. Cette année, nous sommes partis en vacances grâce à l'aide financière de nos proches.»
Giovanni Mione
43 ans, Horloger qualifié
Le Locle (NE)
Revenu annuel brut: 85 000 francs
Revenu mensuel brut: 6538 francs x 13
Dans la branche: de 49 400 à 67 560 francs par an
ÿ non satisfait
«Je suis notoirement sous-payé»
«Je suis notoirement sous-payé, mais je ne me plains pas. A mon arrivée à l'Institut des hautes études internationales en 1995, j'étais déjà presque au sommet de l'échelle des salaires. Mon revenu ne peut donc plus augmenter. Les professeurs de HEI sont probablement les plus mal payés de Suisse. Etant donné son niveau de formation, un enseignant de l'Institut peut doubler, voire tripler son salaire en allant travailler ailleurs. Mais la rémuné-ration offerte par l'Institut est le prix à payer pour travailler avec indépendance et liberté. D'un point de vue économique, le simple fait qu'il n'y ait pas de pénurie de professeurs implique que l'offre est malgré tout adaptée. L'Institut, qui est en train de se transformer, revoit notamment le revenu de ses collaborateurs à la hausse, dans le but d'attirer des enseignants de renom.»
Charles Wyplosz
59 ans
Professeur d'économie internationale
Genève (GE)
Revenu annuel brut: 156 000 francs
Revenu mensuel brut: 12 000 francs x 13
Dans la branche: de 141 150 à 225 800 francs par an
/ Satisfait
«Les coupes salariales sont inopportunes»
«Comme enseignant licencié en début de carrière, j'estime que mon salaire correspond à mes qualifications. A un bémol près: les coupes salariales en vigueur pour faire face aux difficultés financières de l'Etat de Vaud, diminuent les salaires de 10 à 15 %. Aujourd'hui, l'Etat semble avoir redressé ses finances. J'estime dès lors que ces coupes n'ont plus de raison d'être. En ma qualité de maître spécialisé, je fais partie de la classe salariale la plus élevée. Les enseignants non licenciés, dits maîtres généralistes, sont quant à eux sous-payés. De manière générale, je n'ai absolument pas l'impression d'être surpayé. Au contraire, comme le personnel des secteurs de la santé ou de l'éducation, nous touchons des salaires inférieurs à ceux des autres professions. Le paradoxe, c'est que nous avons la responsabilité d'individus.»
Gilles Pierrehumbert
32 ans
Maître secondaire spécialiste
Cossonay (VD)
Revenu annuel brut: 89 986 francs
Revenu mensuel brut: 6922 francs
Dans la branche: de 70 900 à 130 600 francs par an
/ Satisfait
«Je m'estime normalement payé»
«Comme je suis payé à l'heure, mon salaire peut varier d'un mois à l'autre, selon mon activité. Je suis carreleur depuis 9 ans dans une entreprise du Chablais vaudois, sans compter encore mes trois années d'apprentissage. A ce titre, je m'estime normalement payé et suis satisfait de mon salaire, qui est d'ailleurs plus élevé que dans certaines autres professions similaires. Ma dernière augmentation remonte à cette année. Elle a atteint cinquante centimes (salaire horaire). Selon notre convention collective, je devrais être à nouveau augmenté l'année pro- chaine, de trente à cinquante centimes. Mais je ne sais pas où en sont les discussions, vu que je ne suis pas syndiqué.»
Pedro Pimpao
30 ans
Carreleur
Aigle (VD)
Revenu annuel brut: 70 902 francs
Revenu mensuel brut: 5454 francs x 13 (estimation)
Dans la branche: de 55 315 à 65 455 francs par an
/ Satisfait
«Ma profession n'est pas reconnue»
«Ma profession souffre d'un manque de reconnaissance, ce qui se reflète dans les salaires. Je travaille depuis 15 ans, mais n'ai eu droit qu'à des augmentations de salaire minimes. Et pourtant, comme fonction- naire de la Ville de Lausanne, je compte parmi les privilégiés. Le canton, lui, est à la traîne. Il pagaie pour que les salaires parviennent au niveau de ceux offerts par la Ville. Je fais le pari que si le métier se masculinisait, il gagnerait en reconnais- sance. En conséquence, les salaires augmenteraient. Je revendique une augmentation de salaire par le biais d'Avenir Social (association des travailleurs sociaux). Je ne me bats pas pour une reconnaissance salariale personnelle, mais bien plus pour une reconnaissance du métier dans son ensemble.»
Tamara Airoldi
37 ans
Educatrice de la petite enfance
Bellevaux (VD)
Revenu annuel brut: 71 338 francs
Revenu mensuel brut: 5487 francs x 13
Dans la branche: de 48 000 à 96 000 francs par an
ÿ non satisfaite
«Notre travail est vraiment sous-payé»
«Le travail des infirmières est sous-payé. Notre salaire se situe parmi les plus bas revenus dans le système hospitalier. Le métier d'infirmière est une profession à grandes responsabilités. Une erreur de dosage peut tuer un patient. C'est compter sansla charge administrative qui augmente sans cesse. Pourtant, certaines secrétaires gagnent plus que nous. Un salaire de 6000 francs de base serait, à mon sens, parfaitement justifié. Comme diplômée française, j'ai commencé il y a six ans à 4800. Etre femme et étrangère, qui plus est, garantit un faible salaire. Je ne suis pas satisfaite, mais ce serait pire en France. A côté de notre salaire, l'hôpital nous offre, semble-t-il, des bas de contention une fois par mois ainsi qu'une indemnité de 100 francs par année pour des chaussures. Mais j'avoue de pas les avoir encore testées.»
Bénédicte Lusseau
30 ans
Infirmière orthopédique
Lausanne (VD)
Revenu annuel brut: 69 183 francs
Revenu mensuel brut: 5321 francs x 13
Dans la branche: de 60 100 à 108 100 francs par an
ÿ non satisfaite
«Siffloter au lever, c'est la moitié de mon salaire»
«Je sifflote en me levant, voilà la moitié de mon salaire! Je n'ai jamais pensé exercer un autre métier. Reprendre la ferme familiale était une évidence. Comme pour mon fils Jean-Luc qui m'a rejoint. Notre devise est de prendre le train en marche pour rester compétitifs: nous investissons pour agrandir et moderniser la ferme. Il y a dix ans, par exemple, je me suis lancé dans la production de poulets pour la Migros. Le poulet nous assure aujourd'hui un tiers de notre revenu. C'est le côté industriel de la ferme. De l'autre, il y a les vaches. Leur lait est destiné à la fabrication de fromage (gruyère et vacherin). Mon revenu doit se situer dans la moyenne. Pour arrondir les fins de mois, je collecte le papier et le carton pour ma commune. Mes compétences m'ont permis de m'adapter, de développer mon domaine et d'en vivre correctement.»
Daniel Besson
50 ans
Agriculteur indépendant
Bofflens (VD)
Revenu annuel brut: 44 000 francs
Revenu mensuel brut: 3666 francs
Dans la branche: estimation difficile
/ Satisfait
«Un salaire très intéressant sans véritable formation»
«Lorsque je me suis engagé à travailler comme éboueur pour la Ville de Lausanne, je ne pensais pas rester plus d'une année. Cela fait aujourd'hui 8 ans que je travaille pour la tournée papier-carton. Je suis cuisinier de formation, mais sans CFC. Et pour avoir travaillé en cuisine pendant dix ans, j'apprécie les avantages qu'offre la Ville de Lausanne par rapport au secteur privé. Non seulement le salaire est bien plus important, mais les heures supplémentaires sont payées. Au contraire de la restauration, où toutes les heures supplémentaires sont offertes au patron. Pour un métier qui n'exige que peu de formation, mon salaire est très intéressant. Un ami installateur sanitaire avec CFC gagne la même chose que moi.»
Alain Pedroli 34 ans
Eboueur
Lausanne (VD)
Revenu annuel brut: 67 785 francs
Revenu mensuel brut: 5214 francs x 13
Dans la branche: estimation difficile
/ très satisfait
«De quoi songer à une reconversion dans le privé»
«Eu égard à mes compétences et ma formation, mon salaire de magistrat devrait être plus élevé. J'ai commencé à travailler en 1988; je préside un tribunal surchargé qui peut prononcer des peines allant jusqu'à la perpétuité. C'est une lourde responsabilité et un stress important. Ces dix dernières années, le volume des affaires traitées a augmenté de 25 à 30% par juge, sans que nos conditions de travail s'améliorent. Nous pouvons par ailleurs nous interroger sur les différences de salaire entre première et seconde instances, où trois magistrats réexaminent les dossiers que j'ai traités seul, et dont le salaire est de 25% supérieur au mien! Considéré l'an passé comme le juge pénal le plus chargé et le plus performant du canton, je n'ai pas été primé pour autant, le système ne le prévoyant pas. De quoi songer à une reconversion dans le privé.»
Maurice Paronitti
45 ans
Juge de siège
Bienne (BE)
Revenu annuel brut: 149 500 francs
Revenu mensuel brut: 11 500 francs x 13
Dans la branche: de 100 000 à 600 000 francs par an
ÿ non satisfait
«L'Eglise n'a pas les moyens»
«Les pasteurs du canton de Neuchâtel ont les plus bas salaires dans toute la Suisse. Leur revenu dépend du bon vouloir des paroissiens, car les impôts sont volontaires. Gagner plus? Ce ne serait pas de refus. Mais l'Eglise n'a pas les moyens. Les pasteurs ont une formation universitaire; ce sont des cadres qui gèrent une paroisse. Contrairement à certains pasteurs qui ont une famille à charge, je n'ai pas d'enfant et un mari qui gagne sa vie. J'exerce mon métier depuis 2001. Chaque année, je suis augmentée de 1500 francs jusqu'à un plafond de 7750 francs. Je bénéficie d'un appartement de fonction dont le loyer est modéré. En janvier 2006, nous avons obtenu une augmentation de 2,5%. J'aime mon travail, le pastorat est une vocation. Mais mon salaire traduit aussi la reconnaissance des paroissiens et de la société.»
Bénédicte Gritti Geiser
34 ans
Pasteure
Bôle (NE)
Revenu annuel brut: 83 370 francs
Revenu mensuel brut: 6947 francs
Dans la branche: de 76 000 francs à 160 000 francs par an
· Moyennement satisfaite
«La TSR ne pratique pas de star-système»
« En plus de mon salaire, je reçois un forfait mensuel de 348 fr. 20 pour travail irrégulier, une somme qui peut être convertie en semaines de vacances. Ma dernière adaptation salariale remonte à 2006 et correspond à l'indexation au cours de la vie. Mon salaire est comparable à celui de mes collègues. Il évolue très peu, à moins de prendre d'autres responsabilités hiérarchiques. La TSR ne pratique pas de "star-système"; je trouve cela normal pour une entreprise publique. Si je voulais progresser, je devrais changer de fonction. Récemment, j'ai revendiqué une augmentation car je considère que j'ai développé des compétences particulières à la préparation et la présentation de journaux télévisés depuis plus de deux ans. Je souhaiterais que le travail que j'ai fourni soit reconnu et valorisé. J'attends la réponse...»
Judith Mayencourt
40 ans
Journaliste
Genève (GE)
Revenu annuel brut: 105 132 francs (13e en vacances)
Revenu mensuel brut: 8761 francs
Dans la branche: de 58 550 à 105 000 francs par an
/ Satisfaite
«Je vis dans une région sinistrée»
«Il est vrai qu'après 30 ans de carrière, mon revenu n'est pas très élevé. Mais je vis dans une région sinistrée. Dans le Jura, les employés de l'horlogerie sont sous-payés. Je suis impliqué dans le syndicat, alors forcément, ce n'est pas propice à une ascension dans une entreprise! Mais je ne suis pas le plus mal loti. Il y a beaucoup de femmes qui font un travail très minutieux, presque irremplaçable pour 3500 francs par mois, après dix ans de boîte. Je reçois encore 100 francs de participation à ma caisse maladie et 60 francs d'allocation ménage. Ma dernière augmentation? Elle remonte au début de l'année et s'élève à 57 francs. Mon épouse a dû travailler pour mettre du beurre dans les épinards. Si j'avais la même fonction dans la région de Genève, j'aurais, au minimum, 1000 francs de plus par mois.»
Eric Ruffi
54 ans
Prototypiste
Revenu annuel brut: 63 700 francs
Revenu mensuel brut: 4900 francs x 13
Dans la branche: de 50 700 à 72 800 francs par an
· Moyennement satisfait
«L'argent que je gagne, je le réinvestis»
«J'ai ouvert mon premier salon à 19 ans, juste après avoir obtenu mon CFC. Il faisait 20 m2; j'y avais installé deux fauteuils. Puis j'ai déménagé et agrandi mon salon. Je travaille avec deux apprenties, deux coiffeuses free-lance et une autre à 20%. Nous avons déjà remporté quelques prix internationaux. Vu les heures que je passe au travail, je devrais gagner le double. Souvent, les gens ne voient pas le mauvais côté de l'indépendance. Les charges et les frais sont énormes. Tout l'argent que je gagne, je le réinvestis dans le mobilier, les transformations de mon salon et dans les formations. D'autres coiffeurs plus rationnels gagnent 20 à 30 % de plus que moi. Dernièrement, je me suis lancé dans la création de bijoux. Je viens de sortir mon premier pendentif. Lorsque je le vois, je sens l'adrénaline qui monte. Ça remplace l'argent».
Filippo Rizzo
29 ans
Coiffeur (indépendant)
Bienne (BE)
Revenu annuel brut: de 36 000 à 40 000 francs
Revenu mensuel brut: de 3000 à 3333 francs
Dans la branche: de 40 000 à 50 000 francs par an
/ Satisfait
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