L'Hebdo;
1999-09-23 les gens rubrique animée par Thierry Sartoretti et florence duarte Destins Fustigé.
Spasmes en Grande-Bretagne. On vient d'apprendre que l'écrivain
P.G.Wodehouse,
créateur de l'hilarant Bertie Wooster et de son valet de chambre, le fabuleux Jeeves, a fricoté avec les nazis. Selon le MI5, les services secrets british, l'auteur et sa femme Edith étaient à la solde de l'ambassade d'Allemagne à Paris. Wodehouse, mort en 1975 à l'âge de 93 ans, pourrait être jugé pour trahison.
Décédée. Oum Kalsoum touchait l'âme des Egyptiens, Taheya Carioca faisait palpiter leurs sens. La belle Cairote, née Abla Mohamed Karim, fut la danseuse du ventre la plus fameuse de tout le Proche-Orient. Après s'être trémoussée des années durant le voile autour des reins, cette Liz Taylor du monde arabe (elle fut mariée huit fois) finit ses jours en portant le foulard islamique. Une crise cardiaque l'a emportée à 79 ans.
Distingués. Récompenses pour deux Romands. L'écrivain
Etienne Barilier, 52 ans, et l'homme de théâtre René Zahnd, 41 ans, ont reçu le prix Meylan 1999. Cette distinction honore chaque année impaire un ou plusieurs auteurs ou musicologues d'expression française.
Condamné. Ministre de l'Intérieur du général de Gaulle, grand défenseur de l'ordre moral, Raymond Marcellin
vient d'être condamné par les Prud'hommes de Paris. Pendant huit ans, le brave homme a fait travailler au noir, comme employée de maison, une jeune Péruvienne sans papiers. Avant de la licencier abusivement.
Enamourés. Oui, on les a vus «s'embrasser et se promener en se tenant la main à Beverly Hills». Oui, ils ont remis ça lors du championnat du monde des welters, le week-end dernier à Las Vegas. C'est quasi officiel:
Steffi Graf, 30 ans, et Andre Agassi, 29 ans, les revenants de l'année tennistique 1999, jouent en double dans la vie.
Engagée. Papa, invalide de la guerre du Vietnam, peut être fier d'elle. Fifille, alias Heather Renee French, 24 ans, s'est trouvé un but dans l'existence: toute nouvelle Miss America, elle s'est juré de défendre les anciens combattants sans domicile fixe. F. D.
Raïssa forever
On avait pris l'habitude de ne voir sortir des murs du Kremlin que de tristes mines, mâles patibulaires, gris souris et plombés de matérialisme historique. Et puis surgit Raïssa, petite fleur de Sibérie, qui contribua beaucoup à faire aimer son mari Mikhaïl en Occident. Elle était tout ce qu'on n'attendait pas: belle, cultivée, séduisante, et d'un goût qui l'orientait plus sûrement vers Pierre Cardin que vers les fripes de babouchka. Raïssa Gorbatchova vient de disparaître à l'âge de 67 ans. Nous autres, Suisses, nous nous souviendrons qu'elle a offert le ciment et l'acier nécessaires à la construction du Musée de la Croix-Rouge, à Genève. Ce qui est tout de même un genre de cadeau typiquement soviétique.
M. A.
Un train peut en cacher...
Un train déraille en gare de Thoune. En 1943, Jean Ziegler, futur militant socialiste âgé de sept ans, voit des armes allemandes au milieu des décombres. Cité dans «La Suisse, l'or et les morts», dernier ouvrage du sociologue paru en 1997, un tel accident n'aurait ja-mais existé selon l'ancien con-seiller na-tional Felix Auer auteur de «Ziegler ou l'histoire falsifiée». «Oui mais», explique aujourd'hui l'historien Guido Koller. Des gares bernoises (Münsingen et Kiesen) ont bel et bien vécu des déraillements de trains de charbon allemand en 1941 et à l'époque circulaient des rumeurs sur les transports d'armes par chemin de fer. Conclusion de l'historien: «Un souvenir, ce n'est pas l'histoire.» Et la mémoire du sociologue genevois adapte parfois les vérités historiques au profit des causes politiques.
T. S.
Madame la France
Dans toutes les mairies de France trône le buste de Marianne, incarnation plutôt séduisante des vertus républicaines. Histoire de rallumer les ardeurs des concitoyens (et des concitoyennes?), les édiles commandent régulièrement un nouveau buste aux traits inspirés d'une vedette nationale. En 1969, année érotique, Marianne adoptait la moue de Brigitte Bardot. En 1989, le buste avait le visage de Catherine Deneuve. Pour l'an 2000, les maires hésitent encore. Quelle France veut-on présenter? Familiale ou érotique, traditionnelle ou audacieuse? Les mannequins Laetitia Casta et Estelle Hallyday, la chanteuse Patricia Kaas et les vedettes du petit écran Daniela Lumbroso (journaliste) et Nathalie Simon (véliplanchiste) sont sur les rangs. La nouvelle Marianne sera exposée le 23 novembre prochain au Congrès des maires de France.
T. S.
Retiens-moi, chérie!
A deux semaines des élections nationales autrichiennes, son parti (libéral) bat tous ses records dans le Vorarlberg et donne des sueurs froides au chancelier Viktor Klima. Jörg Haider, lui, joue la sérénité. Et c'est sa femme qui prend tous les analystes politiques à contre-pied. «Mon homme ne sera pas chancelier, affirme Claudia Haider, et je ne l'accompagnerais certainement pas à Vienne.» Notez l'étrange passage du futur au conditionnel, qui laisse le champ libre à toutes les interprétations. L'épouse du turbulent xénophobe sait-elle, pense-t-elle ou désire-t-elle qu'il ne soit pas chancelier? On ne le saura pas. Bien installé dans son poste de gouverneur de la Carinthie, à Klagenfurt, Jörg Haider garde sagement toutes les options ouvertes. Et cultive sa différence. Ce qui ne lui a pas trop mal réussi jusqu'ici. N'avait-il pas obtenu 42% des voix ce printemps dans sa région avec le slogan «Jörg, tout simplement»?
P. H.
MC Flamenco
Grosses pompes et verbe haut, 30 ans et une carrière qui fait de lui un vétéran. On le croise régulièrement dans les rues de Lausanne, on croit le connaître, on se trompe. MCCarlos, Carlos Leal pour l'état civil, brouille les pistes et quitte ses fringues XL de rappeur du groupe Sens Unik. Cet automne, il foule les planches du théâtre. Par deux fois. Dans «La Vénus des lavabos» d'Almodovar, il incarne un ponte du porno et chante (oui, chante) sur une mise en scène de Gianni Schneider dès le 12 octobre. En décembre, il rallie «Tamerlan» monté par François Marin. Mais ce n'est pas tout. Carlos qui jongle actuellement avec les horaires de répétition monte son propre spectacle de... flamenco. L'idée est née au lendemain d'un concert de musique world à l'Octogone de Pully. Galicien, fils d'immigré, Carlos tchatchait déjà dans sa langue maternelle. Le voici qui se frotte d'un peu plus près à son pays d'origine: «Je ne veux ni trahir ni singer le flamenco. Il a d'abord fallu s'apprivoiser, se comprendre et trouver un langage musical commun. Le spectacle comporte un risque», déclare-t-il entre deux séjours en Andalousie où il répète avec le danseur espagnol Fernando Romero, révélation de la biennale flamenca de Séville, et ses musiciens. Exit le rap? Pas tout à fait. Bulerias et autres rythmes flamencos se marient au phrasé hip-hop de Carlos et Sens Unik vient de décrocher un contrat discographique prometteur avec EMI-France.
T. S.
«Mas alla de la aguilas», à Lausanne, Octogone de Pully, sa 25, 20 h 30. Rens. au (021) 721 36 20.
chambres à part
Candidat libéral au Conseil national et arbitre de football au civil, le Vaudois PHILIPPE LEUBA a affirmé urbi et orbi que les enseignants de son canton gagnaient au moins 300 francs de l'heure. Le bide total. Trompé par les faux calculs du département des Finances d'un autre candidat - le radical CHARLES FAVRE - l'homme en noir a dû ravaler son sifflet. Comme on dit dans les vestiaires: on n'est jamais mieux trahi que par ses juges de touche.
Pape de l'écologie officielle, PHILIPPE ROCH fait l'éloge, dans le dernier numéro de la revue de l'Office de l'environnement (BUWAL, en jargon fédéral), du développement durable. En posant cette grave question: «Qui s'en soucie vraiment?» Et de souligner qu'une telle réflexion devrait être menée partout, «à la maison, au travail ou lors de nos achats, de nos déplacements à une grande conférence internationale». Mais non, Green Brother is not watching you.
Extrait de la même revue du BUWAL, cette audacieuse proposition: «Réha- bilitons le gravier autour de chez nous!» Ah, le gravier... non seulement il est «plus convivial que le goudron dans les quartiers d'habitation», mais en plus il représente «une alternative avantageuse aux revêtements en dur et aux coûteuses mesures de modération du trafic». En clair, renvoyez-moi toutes ces bagnoles à l'âge de la pierre.
Faire sa campagne sur Internet, c'est chic. C'est même indispensable si on ne veut pas passer pour une vieille barbe. Mais comment nommer son site personnel lorsqu'on est noyé dans la masse des quelque 3000 candidats aux Chambres? Le radical valaisan BERNARD COMBY a opté pour l'efficace simplicité. En l'occurrence www. valais.ch. Le canton, c'est moi. Et pis c'est tout.
P.-A.Jo
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