Les humanités en cinquième ligue?
MATURITÉ PROFESSIONNELLE. Les apprentis seront-ils privés d’histoire ou d’instruction civique, ou des deux? Des professeurs s’irritent, Berne rassure... un peu.
Marcher sur des œufs. L’Office fédéral de la formation professionnelle et de la technologie (OFFT) en fait l’expérience ces jours-ci. En cause, le dossier de la Maturité professionnelle (MP) dont le plan d’études cadres, ou PEC, sera élaboré dès mai prochain. Alors qu’un chef de projet sera nommé sous peu ainsi qu’un groupe de pilotage, des voix s’inquiètent d’une sousreprésentation des enseignants. Et surtout des menaces sur les cours de culture générale.
«La composition de ce groupe de travail est cruciale. Imaginez que, sur les quinze personnes qui le formeront, un seul prof de maturité professionnelle y figure. Si tel est le cas, je serais fâché», peste Patrick Danhieux, président de Maturité professionnelle suisse (MPS), voix des enseignants du domaine. Son autre crainte, une énième dévalorisation des branches de culture générale.
Cette angoisse ne laisse pas de marbre la conseillère nationale Josiane Aubert (PS/VD), membre de la Commission de la science, de l’éducation et de la culture (CSEC). «Selon le choix des combinaisons qui sera fait lors de l’élaboration du PEC, je crains que l’on privilégie un renforcement de la branche spécifique au détriment d’une indispensable part de culture générale», suggère l’ex-présidente de la CSEC.
Chat échaudé. Cette méfiance à l’égard des visées de l’OFFT s’explique par un précédent. En 2008, rappelle le président de MPS, «cet office voulait biffer l’histoire et l’anglais et introduire des cours de maths et de physique en anglais!» Les protestations venues du terrain ont fait reculer l’OFFT.
Un point que reconnaît Serge Imboden, alors en charge du dossier à Berne: «Après les critiques des professeurs, nous avons intégré leurs remarques. Le travail a été très constructif et nous avons modifié certains points pour arriver à l’ordonnance que le Conseil fédéral a acceptée l’été passé.» Une ordonnance qui fixe le cadre, mais pas le contenu de ce qui sera l’objet du PEC. Et ici, jure Serge Imboden, «les cantons qui ne veulent pas modifier fondamentalement la situation peuvent continuer comme aujourd’hui avec très peu d’adaptations.»
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Tags: maturité professionnelle, apprentissage, instruction civique, histoire,
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