L’un des défis horlogers est, on le sait, de réussir la montre la plus compliquée du monde. A preuve, les deux gardetemps présentés en 2009 par Franck Muller et Jaeger-LeCoultre. Aeternitas Mega 4 pour l’un, Hybris Mecanica à grande sonnerie pour l’autre. Certes, la Calibre 89 de Patek Philippe et ses 33 complications restent «invaincues», mais il s’agit là d’une montre de poche. Or c’est au poignet que se livre aujourd’hui la bataille. Ainsi l’Hybris Mecanica de Jaeger-LeCoultre affiche-t-elle 26 complications pour 1300 composants dont notamment une sonnerie des heures, quarts et minutes sur un carillon Westminster enrichi de deux mesures, un tourbillon volant en titane sur roulement à billes en céramique, un calendrier perpétuel rétrograde ou encore un mécanisme d’heures sautantes. Présentée en 2007, l’Aeternitas Mega 4 de Franck Muller en affichait alors 25; elle vient de passer à 36 pour 1483 composants dont notamment un tourbillon visible côté cadran, des fonctions chronographe monopoussoir à rattrapante, un quantième perpétuel séculaire, une équation du temps ou un double fuseau. Mais attention, ce nombre 36 comprend des complications visibles et non visibles. Que c’est joliment dit... Reste alors à définir ce qu’est une complication, visible ou non. Là aussi, la bataille fait rage. Si certains s’en tiennent à une stricte définition (est complication toute fonction qui affiche autre chose que les heures, minutes et secondes), d’autres préfèrent le terme «mesures du temps» à celui de «fonctions». Quelle que soit celle retenue, seraient donc exclus – à tort on en conviendra – les tourbillons, profondimètres, affichages rétrogrades ou réserves de marche. Voire, pire encore, les nouveaux matériaux. Au-delà de ces querelles, on saluera surtout ici, l’incroyable performance des deux maisons.
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