Une bande de parvenus irlandais un peu gauche caviar. Mais aussi la lumière de l’optimisme et de Hollywood comme transplantés sur la côte Est. Un quarteron de frérots viveurs, obsédés par le pouvoir et les femmes. Mais aussi le vent princier d’une dynastie de la jeunesse. Et la mort toujours, venue de façon inéluctable, et vécue comme vertige de la rédemption.
L’aventure de la famille Kennedy est ainsi faite de vies fracassées et de légendes sombres ou dorées. C’est le talent de ce livresomme, Les énigmes Kennedy, de tenter d’en éclairer suffisamment les recoins pour leur trouver une logique.
Laurent Joffrin, à la tête de la rédaction du Nouvel Observateur, a ainsi rassemblé sur ces 1024 pages passionnantes divers extraits de livres et d’enquêtes, dont certains n’avaient jusqu’ici pas été traduits en français.
Dans une préface prenante, Joffrin décrit les ambiguïtés de l’amour des foules, de l’Amérique à l’Europe, envers les héros de la famille Kennedy. De Clinton à Obama, les présidents démocrates continuent d’ailleurs – ou sont contraints? – d’y faire référence.
Mais le livre revient aussi sur le rôle décisif de Joseph, le père. C’est lui qui dressera ses quatre fils à une compétition à mort pour toute conquête, érotique ou politique.
Un premier fils, Joe, meurt à la guerre. Mais c’est l’assassinat du président John Kennedy à Dallas, le 22 novembre 1963, qui demeurera la pierre angulaire de la tragédie familiale. Qui? Pourquoi?
On peut dire aujourd’hui que Dallas fut mère de toutes les théories du complot qui suivirent, que ce soit pour Robert, Martin Luther King, Marilyn Monroe, les raisons de guerroyer au Vietnam, et ce jusqu’aux conspirationnistes du 11 septembre.
Les Kennedy sont ceux qui, au nom du père, voulurent être dieux. Et qui payèrent de leur vie, selon le mot de Joffrin, le désir fou de planter leur «amer drapeau sur le toit du monde».
«Les énigmes Kennedy». Présenté par Laurent Joffrin. Editions Omnibus, 1024 pages.
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