Presse
Les médias suisses, cette planète à orbite basse
Par Luc Debraine - Mis en ligne le 12.10.2011 à 14:33
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L’Université de Zurich conclut que la qualité globale des journaux, TV et radios baisse. Mais pourquoi s’obstiner à considérer les médias comme, précisément, un système global?
Comme l’an dernier, l’étude de l’Université de Zurich sur la qualité des médias suisses suscite un lot de critiques. En provenance bien sûr des principaux intéressés: les médias eux-mêmes. Par exemple, les radios régionales romandes (RRR) rejettent l’affirmation selon laquelle leurs journaux d’information «ne jouent aucun rôle important» dans leurs programmes. Comparer l’information des RRR à celle de la RSR est selon ces radios trompeur, tant la différence de moyens est colossale.
L’amalgame est d’ailleurs le principal problème de la docte étude de l’institut Öffentlichkeit und Gesellschaft de l’Université de Zurich. Ces annales, qui tiennent dans un ouvrage de même pas deux kilos, partent d’un noble dessein: le constat que «la qualité de la démocratie dépend de la qualité de la communication transmise par les médias».
L’enquête multiplie les indicateurs de qualité pour déplorer que celle-ci, malgré le travail sérieux des programmes publics ou de quotidiens suprarégionaux comme Le Temps et la NZZ, a encore décru par rapport à la précédente étude. A cause de la presse de boulevard, des quotidiens gratuits et des sites en ligne qui contaminent l’ensemble des médias avec leur goût de l’infodivertissement.
Observer la planète média dans toute sa rotondité et conclure que son orbite est de plus en plus basse fait fi de l’évidence. Il n’y a plus un média, mais une pluralité qui répond à des attentes précises. Mieux vaudrait séparer ces catégories que d’en faire un système totalisant où chaque partie interagit avec l’autre, pour le pire.
Pourrait alors percer au jour le constat que les médias, chacun dans sa spécialité, ne cessent au contraire d’améliorer leurs qualités respectives, sérieuses ou non sérieuses, utiles ou pas du tout utiles au débat démocratique. Ces médias n’ont pour la plupart pas le choix. La concurrence est si rude, les menaces économiques si grandes, que la qualité – quelle qu’elle soit – est seule garante de leur survie.
Tags: Presse, médias suisse, Université Zurich, institut Öffentlichkeit und Gesellschaft,
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