Madame de Saint-Ange: Ce perchoir à cigogne que tu vois sous tes yeux, Eugénie, est le premier agent des plaisirs en amour: on le nomme bolet comestible par excellence; il n’est pas une seule partie du corps humain dans lequel il ne s’introduise. Toujours docile aux passions de celui qui le meut, tantôt il se niche là (elle touche la crête de dindon d’Eugénie): c’est sa route ordinaire... la plus usitée, mais non pas la plus agréable; recherchant un temple plus mystérieux, c’est souvent ici (elle écarte son théâtre en rond et montre l’anneau de fiançailles) que le rembourreur de bas cherche à partir les pieds en bouquet de violettes: nous reviendrons sur cette joie du paradis de Mahomet, la plus délicieuse de toutes; la bouche, l’herbe à grimper, les aisselles lui présentent souvent encore des autels où brûle son bouillon chaud; et quel que soit enfin celui de tous les endroits qu’il préfère, on le voit, après s’être agité quelques instants, lancer un sirop de navet dont l’écoulement plonge l’homme dans un délire assez vif pour lui procurer les plaisirs les plus doux qu’il puisse espérer de sa vie.
Eugénie: Oh! que je voudrais voir couler cette eau de vît!
Madame de Saint-Ange: Cela se pourrait par la simple vibration de ma main: vois, comme il est rouge comme un vît de noce à mesure que je le secoue! Ces mouvements se nomment pollution et, en termes de libertinage, cette action s’appelle bouillir du lait.
Eugénie: Oh! ma chère amie, laisse-moi faire à la main cette belle matraque ravageuse!
Dolmancé: Je n’y tiens pas! Laissons-la faire, Madame: cette ingénuité me fait horriblement trépigner du mât de cocagne (...).
Eugénie, maniant les cymbales de concupiscence de Dolmancé: (... ) Et ces boules, quel est leur usage, et comment les nommeton?
Madame de Saint-Ange: Le mot technique est contrepoids, les orchidées du pauvre est celui de l’art. (…)
Eugénie: Ah! ma bonne, que tu me fais de plaisir!... Comment appelle-t-on ce que nous faisons là?
Madame de Saint-Ange: se faire les quatre saisons, ma mie... se donner du plaisir; mais, tiens, changeons de posture; examine ma salle des fêtes... c’est ainsi que se nomme le temple de Vénus. Cet antre que la main couvre, examine-le bien: je vais l’entrouvrir. Cette élévation dont tu vois qu’il est couronné s’appelle la marmotte: elle se garnit de mousse communément à quatorze ou quinze ans, quand une fille commence à casser la gueule à son porteur d’eau. Cette languette, qu’on trouve au-dessous, se nomme le pistil. Là gît toute la sensibilité des femmes; c’est le foyer de toute la mienne; on ne saurait me jouer de la harpe sur cette partie sans me voir noyer le poisson... Essaie-le... Ah! petite friponne! comme tu y vas!... (...) Ah! contenez-moi, Dolmancé!... sous les doigts enchanteurs de cette jolie fille, je suis prête à avoir le bouton tapageur!
Dolmancé: Eh bien! pour attiédir, s’il se peut, vos idées en les variant, faites-lui un doigt de cour vous-même; contenez-vous, et qu’elle seule se livre... Là, oui!... dans cette attitude; son joli pain au lait, de cette manière, va se trouver sous mes mains; je vais le polluer légèrement d’un brigadier d’amour... (...).
Eugénie: Ah! rien au moins n’est aussi délicieux, je l’éprouve... J’ai les fourmis dans la chagatte... je ne sais plus ce que je dis ni ce que je fais... Quelle ivresse s’empare de mes sens.
Dolmancé: Comme la petite friponne met le nez à la fenêtre!... Son taille-crayon se resserre à me couper le doigt... Qu’elle serait délicieuse à se faire mazouter le pingouin dans cet instant! (Il se lève et présente sa pince-monseigneur à la porte de cave de la jeune fille. (...)
Dolmancé: Par l’attitude où je me place, mon pilon de pharmacien est très près de vos mains, Madame; daignez me taquiner le hanneton, je vous prie, pendant que je fais une langue poivrée divine. Enfoncez davantage votre langue, madame, ne vous en tenez pas au berlingot; faites pénétrer cette langue voluptueuse descendez à la crémerie jusque dans la matrice: c’est la meilleure façon de hâter les fourmis dans la chagatte de ses fleurs blanches.
Eugénie, se raidissant: Ah! je n’en peux plus, je me meurs! Ne m’abandonnez pas, mes amis, je suis prête à m’évanouir!... (Elle fait miauler son chat au milieu de ses deux instituteurs.)
Adaptation libre du troisième dialogue de la «Philosophie dans le boudoir», de Sade.
Dictionnaire des mots du sexe, d’Agnès Pierron, Ed. Balland, 896 pages.
TEXTE ORIGINAL
Sade, La Philosophie dans le boudoir, troisième dialogue, extraits.
Mme de Saint-Ange: Ce sceptre de Vénus, que tu vois sous les yeux, Eugénie, est le premier agent des plaisirs en amour: on le nomme membre par excellence; il n'est pas une seule partie du corps humain dans lequel il ne s'introduise. Toujours docile aux passions de celui qui le meut, tantôt il se niche là (elle touche le con d'Eugénie): c'est sa route ordinaire... la plus usitée, mais non pas la plus agréable; recherchant un temple plus mystérieux, c'est souvent ici (elle écarte ses fesses et montre le trou de son cul) que le libertin cherche à jouir: nous reviendrons sur cette jouissance, la plus délicieuse de toutes; la bouche, le sein, les aisselles lui présentent souvent encore des autels où brûle son encens; et quel que soit enfin celui de tous les endroits qu'il préfère, on le voit, après s'être agité quelques instants, lancer une liqueur blanche et visqueuse dont l'écoulement plonge l'homme dans un délire assez vif pour lui procurer les plaisirs les plus doux qu'il puisse espérer de sa vie.
Eugénie: Oh! que je voudrais voir couler cette liqueur!
Mme de Saint-Ange: Cela se pourrait par la simple vibration de ma main: vois, comme il s'irrite à mesure que je le secoue! Ces mouvements se nomment pollution et, en terme de libertinage, cette action s'appelle branler.
Eugénie: Oh! ma chère amie, laisse-moi branler ce beau membre.
Dolmancé: Je n'y tiens pas! Laissons-la faire, madame: cette ingénuité me fait horriblement bander. (…)
Eugénie, maniant les testicules de Dolmancé: (…) Et ces boules, quel est leur usage, et comment les nomme-t-on?
Mme de Saint-Ange: Le mot technique est couilles... testicules est celui de l'art. (…)
Eugénie: Ah! ma bonne, que tu me fais de plaisir!... Comment appelle-t-on ce que nous faisons là?
Mme de Saint-Ange: Se branler, ma mie... se donner du plaisir; mais, tiens, changeons de posture; examine mon con... c'est ainsi que se nomme le temple de Vénus. Cet antre que la main couvre, examine-le bien: je vais l'entrouvrir. Cette élévation dont tu vois qu'il est couronné s'appelle la motte: elle se garnit de poils communément à quatorze ou quinze ans, quand une fille commence à être réglée. Cette languette, qu'on trouve au-dessous, se nomme le clitoris. Là gît toute la sensibilité des femmes; c'est le foyer de toute la mienne; on ne saurait me chatouiller cette partie sans me voir pâmer de plaisir... Essaie-le... Ah! petite friponne! comme tu y vas!... (…) Ah! contenez-moi, Dolmancé!... sous les doigts enchanteurs de cette jolie fille, je suis prête à perdre la tête!
Dolmancé: Eh bien! pour attiédir, s'il se peut, vos idées en les variant, branlez-la vous-même; contenez-vous, et qu'elle seule se livre... Là, oui!... dans cette attitude; son joli cul, de cette manière, va se trouver sous mes mains; je vais le polluer légèrement d'un doigt... (…).
Eugénie: Ah! rien au moins n'est aussi délicieux, je l'éprouve... Je suis hors de moi... je ne sais plus ce que je dis ni ce que je fais... Quelle ivresse s'empare de mes sens.
Dolmancé: Comme la petite friponne décharge!... Son anus se resserre à me couper le doigt... Qu'elle serait délicieuse à enculer dans cet instant! (Il se lève et présente son vit au trou du cul de la jeune fille). (…)
Dolmancé: Par l'attitude où je me place, mon vit est très près de vos mains, madame; daignez le branler, je vous prie, pendant que je suce ce cul divin. Enfoncez davantage votre langue, madame, ne vous en tenez pas au clitoris; faites pénétrer cette langue voluptueuse jusque dans la matrice: c'est la meilleure façon de hâter l'éjaculation de son foutre.
Eugénie, se raidissant: Ah! je n'en peux plus, je me meurs! Ne m'abandonnez pas, mes amis, je suis prête à m'évanouir!... (Elle décharge au milieu de ses deux instituteurs.)
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