Les puces qui logent sur les chiens sautent plus haut que celles qui squattent les chats. Une amibe est capable de sortir d’un labyrinthe par le plus court chemin. Fascinant, non? Pour arriver à ces résultats, des scientifiques bardés de diplômes ont établi des protocoles plus que subtils. Certains viennent de remporter un prix, l’IG Nobel, qui récompense les recherches scientifiques les plus absurdes. Des récompenses qui posent une question: était-ce bien nécessaire de financer ces études? Pour l’amour des chips. « Est-ce que les sons qui nous parviennent influencent ce que nous mangeons et ce que nous buvons?» A cette question, Charles Spence, professeur à l’Université d’Oxford, et son collègue de Trente, Massimiliano Zampini, ont répondu oui. Dans un local insonorisé, un casque sur les oreilles, leurs cobayes ont dû croquer près de 180 chips devant un micro.
Les chercheurs ont découvert que, lorsque le niveau de son capté, modifié et renvoyé dans le casque était augmenté ou quand les sons à haute fréquence étaient amplifiés, les chips étaient systématiquement considérées meilleures et plus croquantes. Et alors ?
Entièrement financée par le groupe Unilever en utilisant des chips Pringles (une marque de Procter & Gamble), cette recherche n’a, contrairement aux apparences, rien d’absurde. Sa finalité: comprendre pourquoi certains consommateurs préfèrent des aliments croustillants, afin d’élaborer et développer de nouveaux produits.
Charles Spence explique que «notre évaluation de la nourriture ne dépend pas seulement du goût, de l’odeur, de la texture et du son des aliments, mais aussi de l’emballage et même de l’environnement dans lequel ils sont consommés». On s’en doute, les grands groupes alimentaires font un usage fréquent de ces études pas aussi futiles qu’il n’y paraît, puisque celui qui saura faire la chips la plus croquante est aussi celui qui en vendra le plus…
Une histoire de puce. Hormis les lauréats de ces IG Nobel, qui peut bien se soucier de savoir qu’une puce canine passe la barre des 25 cm au saut en hauteur? A première vue, personne. Néanmoins, pour Marie-Christine Cadiergues et son équipe de chercheurs de l’Ecole nationale vétérinaire de Toulouse, l’enjeu est de taille. Le saut est l’une des composantes de base de l’étude comportementale du parasite – il peut apporter des réponses novatrices au problème de la contamination.
«Dans le domaine vétérinaire, celui-ci représente le premier chiffre d’affaires pour les médicaments, soit près de 15 milliards de dollars par an pour les pays occidentaux.» Un montant qui couvre à la fois le développement de traitements et les frais pour les propriétaires d’animaux. Grâce à ces recherches fondamentales, il pourrait fondre. Finalement, ces Nobel ne sont pas si risibles...
Tags: IG Nobel, Nobel, son, accoustique, alimentation,
|