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Les nouveaux Suisses qui gagnent

Mis en ligne le 08.07.2004 à 00:00

L'Hebdo; 2004-07-08

Les nouveaux Suisses qui gagnent

Trio doré Federer fait le doublé à Wimbledon. Cancellara brille au Tour de France. Vonlanthen est le plus jeune buteur de l'Euro.

Mental d'acier Les nouveaux champions helvètes ont des ambitions et les affichent. Ils «viennent pour gagner».

Avenir riant? La Suisse organisera le prochain Eurofoot en 2008. Sera-t-elle

aussi brillante que le Portugal?

Un dossier réalisé par Christian Rappaz et Jocelyn Rochat

La Grèce, championne d'Europe de football, n'est pas la seule triomphatrice du week-end dernier. Les Suisses auraient également de bonnes raisons de klaxonner dans les rues, eux qui ont vu l'un des leurs entrer dans la légende du tennis à Wimble-don (Federer), un autre porter le maillot jaune du Tour de France (Cancellara) et un troisième rentrer de l'Eurofoot portugais avec le titre de plus jeune buteur de l'histoire du tournoi (Vonlanthen).

Ce triplé spectaculaire est d'autant plus réjouissant que les vainqueurs du week-end tranchent agréablement avec l'image traditionnelle du sportif helvète. Pour commencer, les «nouveaux Suisses qui gagnent» sont ouvertement ambitieux. «Je suis venu pour gagner», disait Roger Federer avant de défendre son titre à Wimbledon, et d'y parvenir avec éclat. Si l'on n'en attendait pas moins du No 1du tennis mondial, le second «Je suis venu pour gagner» est plus ébouriffant, puisqu'il a été lancé par un quasi-inconnu de 23 ans, venu disputer son premier Tour de France et qui visait le prologue. De la forfanterie? Non, de l'ambition assumée. Fabian Cancellara a tenu parole et il a enfilé le premier maillot jaune 2004.

Deuxième sujet d'étonnement, dans ce pays qui a une opinion assez dépressive de lui-même, les «nouveaux Suisses qui gagnent» sont plus ouvertement patriotes que la moyenne. Roger Federer tient toujours compte du critère national au moment de fixer ses objectifs. Gagner un tournoi dans son propre pays, obtenir une médaille aux prochains Jeux olympiques et remporter la Coupe Davis pour la Suisse, pour son public, font partie des priorités affichées du champion bâlois. Ce qui explique notamment qu'il joue à Gstaad deux jours après l'épilogue épuisant de Wimbledon.

Johan Vonlanthen a lui aussi fait un geste patriotique d'importance, quelques jours avant de s'illustrer à l'Euro où il a impressionné Zidane, au point d'échanger son maillot avec lui à la fin du match Suisse-France. Il a dû choisir entre son pays natal, la Colombie, et son pays d'adoption, la Suisse. Au bénéfice de la double nationalité, le jeune homme pouvait en effet évoluer dans les sélections nationales des deux pays. Il a finalement opté pour le pays qui l'a formé, pour la plus grande joie de ceux qui l'ont vu marquer un but à Fabien Barthez.

Moindre des paradoxes, ce sont les doubles-nationaux qui font vibrer cette corde patriotique. Vonlanthen, on l'a vu, mais encore Fabian Cancellara (de père italien et de mère suisse) et Roger Federer (Bâlois du côté paternel et Sud-Africain du côté maternel). Des exemples parmi d'autres de ce nouveau sport suisse métissé de talents plurinationaux et polyglottes, qui font rayonner l'image du pays à l'étranger.

A propos de rayonnement, il serait temps de se souvenir que la Suisse organise avec l'Autriche le prochain Eurofoot, celui de 2008. L'occasion de se montrer aussi accueillants et sympathiques que les Portugais de 2004. Et celle de se glisser, peut-être, dans la peau des vainqueurs. Car, comme le montrent les «nouveaux Suisses qui gagnent» et les footballeurs grecs, la victoire est parfois à la portée de celui qui en a le plus envie. Si petit soit-il. | JR

roger federer Cette fois-ci, il est entré dans la légende en compagnie des plus grands.

Johan Vonlanthen Emotif, impulsif, un mélange détonant, du diamant brut, qui a choisi la Suisse comme patrie sportive.

fabian cancellara «C'est un futur vainqueur de la Grande Boucle», dit de lui Eddy Merckx.

Roger Federer, celui qui est entré de plain-pied dans la légende du tennis

Il y avait du Björn Borg dans ce Roger Federer qui tombe à genoux sur le gazon usé du All England, au terme de sa finale si incertaine face à Andy Roddick. Même attitude dans la victoire et même génie dans le jeu. «C'était le geste à Borg, c'est vrai, reconnaît Pierre Paganini, le préparateur physique du champion suisse. Mais aujourd'hui, c'est Rodg' qui est comme ça. Il est lui, avec sa façon d'être et de réagir. Et vous verrez que, s'il continue à jouer à ce niveau, c'est à lui que l'on comparera bientôt les nouveaux champions qui arrivent sur le circuit.»

En attendant cette reconnaissance prévisible pour l'ensemble de son oeuvre, contentons-nous de réaliser que Roger Federer est entré avec fracas dans la légende du tennis, grâce à sa deuxième victoire consécutive dans le temple anglais du tennis. Puisqu'il faut désormais comparer les résultats du N°1 suisse avec ceux des plus grands: en gagnant les trois premières finales de tournoi du Grand Chelem qu'il a disputées, Roger Federer a rejoint le trio galactique formé par Björn Borg, Jimmy Connors et Stefan Edberg.

En remportant deux étapes du Grand Chelem dans la même année (l'Australie et Wimbledon en 2004), le Bâlois a réussi un exploit que plus personne n'avait réalisé depuis André Agassi en 1999. En conservant son titre à Wimbledon, Roger Federer s'est inscrit dans un autre club prestigieux, rassemblant les inoubliables Rod Laver, John Newcombe, Björn Borg, John McEnroe, Boris Becker et Pete Sampras.

Enfin, en gagnant 24 matches successifs sur gazon (une série en cours qui inclut les tournois de Halle en 2003 et 2004, suivis de ceux de Wimbledon en 2003 et 2004), Roger Federer a pris l'ascendant sur Connors (22), McEnroe et Sampras (23), dans la course au titre de roi de l'herbe. En attendant de rattraper Borg et ses 41 succès de rang. Pourtant, s'il fallait ne retenir qu'une seule chose de cette quinzaine anglaise de Roger Federer, ce ne serait pas ces statistiques flatteuses. Mais plutôt la manière par laquelle le Bâlois s'est imposé. Alors que l'édition 2003 de Wimbledon avait consacré «le Mozart du tennis» (dixit Pierre Paganini) ou «le magicien» (selon Goran Ivanisevic, vainqueur de Wimbledon 2001), l'édition 2004 «a révélé à tous l'autre visage de Roger Federer, le moins connu, celui du combattant souvent caché derrière l'artiste» (Philippe Bouin, L'Equipe).

Cette fois, «Rodgeur» a véritablement souffert avant de s'imposer. Souvent bousculé et confronté à des problèmes très différents durant la quinzaine, il a toujours su trouver la clé. Grâce à son retour de service, en huitièmes de finale face à Karlovic, la machine croate à servir des aces. Par la qualité de son jeu de fond de court, en quarts de finale, face à la référence Lleyton Hewitt (vainqueur de Wimbledon en 2002). Et, avec ses tripes et sa tête, durant la finale face un Andy Roddick qui l'a poussé dans ses derniers retranchements.

«Cette année, c'est l'homme qui a gagné, plus que le joueur, souligne Pierre Paganini. Ce qui prouve que Roger est devenu un très grand champion. Quand tout va bien, il s'exprime naturellement. Et quand il est mis sous pression, il sait utiliser sa matière grise pour chercher des solutions, et il les trouve. Ce qui est très rare. Cette année à Wimbledon, il a montré qu'il était un talent mature, susceptible de se gérer lui-même et de s'adapter. Etre capable de prendre des décisions sur un court, de changer de plan de jeu, ce n'est pas seulement une question de tennis. C'est de l'éducation et de la maturité.»

Dernier élément, peut-être le plus important quand on entre dans la légende d'un sport, Roger Federer a enfin trouvé un adversaire à sa démesure. Prévenu qu'à vaincre sans péril, on triomphe souvent sans gloire (la preuve par Michael Schumacher), le Bâlois peut dormir tranquille. Il repart de Wimbledon avec cet alter presque ego qui va transformer leurs grands matches en affrontements de légende. Avec Andy Roddick de l'autre côté du filet, Federer nous donne désormais des rendez-vous aussi excitants et imprévisibles que l'étaient les Agassi-Ivanisevic, Sampras-Agassi, Becker-Edberg, sans parler de la trilogie Borg-McEnroe-Connors. C'est dire si l'on a hâte d'y retourner. | JR

2004 Le Bâlois remporte son deuxième Wimbledon de suite. Il rejoint Borg dans l'histoire.

1980 Björn Borg régnait en maître sur le gazon anglais. Et tombait à genoux après chaque victoire.

Fabian Cancellara, un avenir en jaune

Entre Fabian Cancellara, premier maillot jaune du Tour de France 2004 et Roger Federer, les similitudes sont frappantes. Il y a l'âge d'abord: 23 ans tous les deux. La trajectoire sportive ensuite. Au début était le football mais faute d'espace et d'attachement aux vertus d'un sport collectif, Roger botta la balle en touche à 12 ans, Fabian à peine quelques mois plus tard.

Il y a les hommes enfin. Plutôt beaux mecs, attachants, sympas, ouverts, accessibles, intelligents et polyglottes (ils parlent couramment l'allemand, le français, l'italien et l'anglais). Reste les sportifs. Le premier flirte régulièrement avec le sommet de son art, est devenu une référence, une valeur étalon dans une discipline qu'il magnifie. Le second n'en est pas encore là mais semble paré pour lui emboîter le pas.

Ça se sent, ça se voit, on le dit aussi. Eddy Merckx, légende vivante du cyclisme, l'a souligné: «Quand, à cet âge, on bat dans un prologue du Tour un Lance Armstrong aussi affûté et déterminé, le doute sur les capacités du bonhomme n'est pas permis. Ce Cancellara est un futur vainqueur de la Grande Boucle», assène le Cannibale, en plein régime minceur (il a perdu 20 kilos en trois mois) et dont il ne viendrait à l'idée de personne de mettre en doute la pertinence du propos.

A l'autre bout du fil, couché sur son lit d'hôtel dans la banlieue de Namur, l'intéressé se déclare touché et flatté par tant de déférence. Il n'en est pas déboussolé pour autant. «Depuis samedi, je vis quelque chose de très spécial. Perché sur mon nuage, je savoure chaque seconde qui s'égrène. J'essaye de gérer au mieux les sollicitations et toute cette effervescence qui m'entoure. Ce n'est pas facile, mais agréable.»

En troquant son statut de talent prometteur contre celui de star internationale, la vie de Fabian Cancellara a changé. Pas lui. «Je baigne dans une douce euphorie, mais je ne crois pas être devenu un autre garçon. Vous me comparez à Federer, c'est beaucoup d'honneur car jusqu'ici, Roger m'a servi d'exemple. C'est un type bien, simple, humain, modeste. Pour moi, il personnifie le talent à l'état pur mais aussi la joie de vivre, l'homme bien dans sa tête et dans son corps. Si je peux lui ressembler tout en restant moi-même, ce sera parfait.»

Dans les mains du sorcier Surtout qu'il ne change pas d'idée. Trop souvent coincé par ses complexes d'infériorité et emberlificoté dans ses paradoxes, le sport helvétique a bien besoin d'un deuxième souffle de modernité. Fabian Cancellara est à cet égard un homme providentiel. Son discours est clair, volontariste, revendiqué et dénué de toute équivoque. Il veut être un champion et le clame. Mais un champion moderne, abordable, ouvert sur le monde et sur les autres. Sûr de lui mais pas arrogant, ambitieux mais pas prétentieux, résolu mais pas parvenu. Le mélange parfait entre la passion débordante héritée de son père sicilien et l'approche sereine, pondérée et minutieuse de sa maman oberlandaise.

«Fabian sait exactement où il veut aller et par quel moyen», confirme Giancarlo Ferretti, le directeur sportif de la formation Fassa Bortolo et, à ce titre, patron du coureur d'Ittingen depuis deux ans. «Bien sûr, il se laisse parfois emporter par son enthousiasme et aveugler par la fougue de sa jeunesse. Mais c'est un gars correct, qui sait reconnaître ses erreurs et revenir très vite à la raison», enchaîne le grand sorcier transalpin, trop rompu à l'exercice du pouvoir et de la gloire pour livrer son protégé en pâture.

«Il est très volontaire et apprend vite. Mais maîtriser les paramètres qui font un champion cycliste exige du temps et du travail. Laissez-le d'abord rallier Paris une première fois et l'on en reparle après», implore Ferretti, comme s'il craignait d'éveiller quelques mauvais démons. «Si sa progression se poursuit normalement, il atteindra peut-être sa pleine maturité d'ici à deux ans», se risque-t-il tout de même.

Une étourdissante lucidité Ça tombe bien. Fabian Cancellara n'est pas pressé. Cette force de la nature (186 cm pour 78 kg) à travers laquelle certains reconnaissent Miguel Indurain, membre du cercle très fermé des quintuples vainqueurs de la Grande Boucle, entend se donner le temps de façonner ses rêves. «L'erreur serait de brûler les étapes. J'ai entendu et lu beaucoup de bonnes choses à mon sujet ces derniers jours. C'est sympa mais cela reste des mots. A moi de leur donner un sens dans les années qui viennent», conclut avec lucidité le double champion du monde juniors du contre-la-montre (1998 et 1999), conscient que, de la coupe aux lèvres, le chemin est parfois bien plus long qu'on ne l'imagine.

Un autre jeune Helvète, Rubens Bertogliati, arrivé comme lui en bolide sur les sentiers de la gloire et à qui on promettait un destin royal, en sait quelque chose. Mais Fabian Cancellara est différent. Il y a quelque chose de Federer chez ce garçon... | CR

Fabian Cancellara «Je participe au Tour de France pour gagner.»

Johan Vonlanthen, le diamant brut

Quand trois techniciens reconnus compétents se rangent derrière pareille unanimité et fleurissent leur discours d'autant de superlatifs, le sujet doit forcément être exceptionnel. Pour Bernard Challandes, coach des M21, Michel Pont, l'adjoint de Köbi Kuhn à la tête de l'équipe A, et Yves Débonnaire, boss des M16, il n'y a pas l'ombre d'un doute: Johan Vonlanthen, le tout frais émoulu plus jeune buteur de l'Euro avec ses 18 ans et 4 mois, émarge à cette catégorie de joueurs d'exception comme le football en produit avec tant (trop) de parcimonie.

Coup de chance: il est Suisse et, après mûre réflexion, a décidé de l'être jusqu'au bout. Y compris pour le football qui lui offrait la possibilité de porter les couleurs de son pays d'origine, la Colombie. Mais Bogota c'est loin, et les incertitudes qui pèsent sur la région peinent à se dissiper. A l'anxiété et à la démence qui étreignent les stades de la Cordillère, Johan a donc préféré la folie douce de l'Europe, et c'est très bien ainsi.

L'affaire était pourtant loin d'être entendue. Il y a à peine cinq ans, Johan, sa soeur et son frère, respectivement cadets de un et deux ans, vivaient encore auprès de leurs grands-parents dans le nord de la Colombie. Ce n'est qu'après le mariage de leur mère, Berena (36 ans), installée dans notre pays depuis 1996, avec un Fribourgeois au nom prédestiné de Roger Vonlanthen, que le jeune prodige a rejoint la Suisse. Et puis, souvenez-vous: en avril dernier, sa mise à l'écart par Bernard Challandes, lors de la double confrontation décisive pour la phase finale de l'Euro M21 face à la Tchéquie, avait failli ruiner le projet. Vexé et révolté par le choix de son coach, Johan avait même décidé de faire une... croix sur la Suisse. Avant de se raviser.

Imprévisible Bernard Challandes ne garde ni douleur ni rancoeur de cet épisode qui avait défrayé la chronique et perturbé son groupe à un moment crucial. «On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre», s'exclame l'entraîneur neuchâtelois. «Johan est un joueur génial avec tout ce que le terme recèle d'imprévisible et d'inattendu. Comme, de surcroît, c'est un garçon émotif et impulsif, le mélange est parfois détonant. Sur et hors du terrain. Nous, les Suisses, devons l'accepter. On ne peut pas exploiter son immense talent et rejeter sans ménagement ses défauts. Pensez-vous que des joueurs comme Rooney ou Christiano Ronaldo ont un parcours lisse, qu'ils sont des joueurs asservis et restant sans réaction devant certaines décisions?» plaide Challandes, qui prêche par l'exemple. En optant pour le dialogue et la compréhension plutôt que la sanction disciplinaire et le rejet, il a en effet contribué de manière prépondérante à convaincre le joueur de revoir sa position. On ne peut que s'en féliciter.

Recruté par le PSV Eindhoven au même âge qu'un certain Ronaldo (16 ans), Johan Vonlanthen est porteur des plus grands espoirs de notre football dans la décennie à venir. En 2008 déjà, aux côtés de Marco Streller et d'Alexander Frei, il pourrait emmener la Suisse vers des sommets encore inexplorés. «A trois conditions», pondère Yves Débonnaire. «Qu'il gère sa gloire naissante avec sang-froid, ne se laisse pas démonter par quelques agents sans scrupules ou un entourage capricieux et qu'il apprenne à accepter la critique et l'opposition. Si sa tête reste bien plantée sur ses épaules dans les années à venir, il connaîtra assurément le glorieux destin qu'on lui promet.»

politiquement incorrect! Difficile d'imaginer le contraire, à vrai dire. Pourvu d'une technique, d'un instinct et d'une vivacité largement supérieurs à la moyenne, le jeune homme nourrit une telle ambition et dégage une telle maturité que rien ne semble pouvoir l'écarter de sa royale trajectoire. «Il ne connaît pas le doute, ne s'embarrasse d'aucune inhibition. C'est en le voyant affronter Thuram et Sylvestre contre la France, sans aucune appréhension, les yeux dans les Bleus en quelque sorte, que j'ai vraiment pris la mesure de son potentiel. Ce qu'il a fait ce soir-là est hallucinant et "politiquement incorrect" de la part d'un joueur suisse», confie avec humour Michel Pont, visiblement sous le charme.

Dommage que l'ultra-conservateur Köbi Kuhn, son chef, ne s'en soit pas rendu compte plus tôt. Même s'il a l'habitude de se voir marchander son temps de jeu, Vonlanthen, qui ne trouve et ne cultive son bonheur qu'à l'intérieur d'un rectangle engazonné, aurait moins souffert. Panachage de la froideur d'un Trézeguet et de la subtile malice d'un Del Piero, c'est là qu'il s'exprime le mieux, compose ses arabesques avec une habileté et une élégance hors du commun.

Diamant à l'état brut, Johan Vonlanthen ne demande qu'à être ciselé. La Suisse tient le ciseau par le manche... | CR

«C'est en le voyant affronter Thuram et Sylvestre contre la France que j'ai pris la mesure de son potentiel. Ce qu'il a fait ce soir-là est hallucinant.»

Michel Pont, entraîneur-adjoint de l'équipe suisse de football.

Johan Vonlanthen Il vivait en Colombie, il y a cinq ans, et a choisi la Suisse après le mariage de sa mère avec un Fribourgeois au nom prédestiné: Roger Vonlanthen.




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