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Les 60 qui font le Valais

Mis en ligne le 02.12.2004 à 00:00

Après Genève, Vaud, Neuchâtel, Jura et Jura bernois, «L'Hebdo» poursuit sa tournée des cantons romands et des personnalités qui les font. Prochaine étape: Fribourg

L'Hebdo; 2004-12-02

Les 60 qui font le Valais

Après Genève, Vaud, Neuchâtel, Jura et Jura bernois, «L'Hebdo» poursuit sa tournée des cantons romands et des personnalités qui les font.

Prochaine étape: Fribourg

En un siècle, le Valais est passé d'un canton rural, essentiellement agricole, à une économie protéiforme. L'industrie, l'énergie hydraulique, le tourisme et les infrastructures se sont développés d'une façon exponentielle durant le XXe siècle. Mais les années 90 ont remis en cause passablement d'acquis. Comment sortir de ce siècle fécond en trouvant de nouvelles pistes pour les décennies à venir? «L'Hebdo» propose de faire le point sur ce canton périphérique, attachant, parfois un peu trop quémandeur, qui compte un grand nombre de personnalités qui font la politique valaisanne et suisse.

Un dossier réalisé par Eric Felley Collaboration: Roland Rossier, Titus Plattner Comment sortir du XXe siècle?

Essai Après avoir passablement souffert durant les années 90, le Valais attend beaucoup des prochaines décennies, notamment grâce à l'ouverture du Lötschberg, qui va désenclaver le canton vers la Suisse alémanique. Par Eric Felley.

Comparaison n'est jamais raison lorsque l'on parle du Valais. S'il y a bien un exercice économico-statistique qui suscite la méfiance, c'est l'expérience mortifiante des classements ou des «rankings» nationaux, dans lesquels le canton occupe bien souvent l'avant-dernière place devant le Jura. La récente étude du Credit Suisse - «Suisse romande, structures et perspectives», publiée à fin octobre - n'a pas échappé à la règle. Avec un revenu par ménage de 31 034 francs, le canton est bien au-dessous de la moyenne romande (38 089 francs) ou suisse (41 135 francs). En tenant compte de cinq facteurs cadres - l'imposition des personnes physiques et morales, la présence de personnel hautement qualifié, le niveau de formation de la population et les axes de communication - le Valais ne décolle guère des dernières places.

Comment quitter la queue des classements? On peut énoncer la question autrement. Valais: comment sortir du XXe siècle? La formule fait sourire beaucoup de nos interlocuteurs. La réponse d'Isa- belle Darbellay, responsable du Bureau de l'égalité de l'Etat, résume l'ironie ambiante: «Il faudrait déjà savoir si l'on est sorti du XIXe siècle...» Bien sûr que oui. Le XIXe siècle, la seconde moitié surtout, a apporté en Valais le train, la liberté de commerce et une banque cantonale. Dans un raccourci historique, le XXe siècle a apporté l'énergie hydroélectrique, l'industrie, puis les infrastructures, les routes, le tourisme et un niveau de vie confortable. Le réseau routier est devenu une obsession cantonale et la voiture une gloire individuelle. Cet effort a été marqué sur le plan communal par la construction de centres scolaires, de stations d'épuration ou de salles polyvalentes. Dans les vallées latérales, les infrastructures en remontées mécaniques deviennent la règle, une nécessité pour construire et vendre appartements et chalets. Ce développement rapide, d'un pays tiré quasiment du Moyen Age, a connu son apogée entre 1960 et 1990. Puis tout a été progressivement remis en cause, en particulier dans deux secteurs: l'agri- culture, où l'on compte aujourd'hui moins de 5000 emplois à plein temps, soit 4% des emplois, et le tourisme, qui peine à trouver un second souffle.

Les Valaisans demeurent donc avec leurs frères jurassiens parmi les cancres de la nation. Cette situation fait bondir Whilhelm Schnyder, chef du Département des finances depuis onze ans, qui n'est pas en manque de parades pour dire qu'en Valais la taxe sur les automobiles est la plus basse de Suisse, que les primes d'assurance maladie sont parmi les moins chères, que les loyers font pâlir d'envie les Lausannois et, enfin, que l'ensoleillement à Sion est presque deux fois supérieur à celui de Neuchâtel, si l'on tient compte des nuisances du brouillard du plateau. Mais bon, malgré la pureté de l'air, le canton n'est pas le poumon économique de la Suisse. C'est une évidence. Il y a en fait deux Valais: celui qui perd et celui qui gagne. Selon comment on voit les choses. Ainsi Le Temps écrivait récemment que le Valais était le seul canton romand qui allait perdre dans la nouvelle péréquation financière. Il n'obtiendrait que 36 millions de francs supplémentaires au lieu des 122 escomptés. Le grand spécialiste des finances fédérales Alfred Rey voit la chose autrement: «Le Valais est assuré de toucher davantage qu'avec le système actuel.» Dans ce domaine le canton est passé maître dans l'art de jouer à «qui perd, gagne».

C'est sans doute cette mentalité qui a motivé récemment l'écart de langage du conseiller fédéral Hans-Rudolf Merz regrettant que les Valaisans soient des «pleurnicheurs». Avant de se rétracter et de présenter des excuses. Il aurait mieux fait de dire: des quémandeurs insatiables. Ces dix dernières années, la moitié des recettes de l'Etat (soit de 800 à 900 millions de francs par exercice) sont venues de la Confédération. Sur ce point aussi, Wilhelm Schnyder dispose d'une étude secrète dans ses tiroirs: si l'on tient compte du prix de toutes les taxes et des impôts indirects, le flux financier est plus favorable à Berne qu'au Valais. Ainsi, le canton considère l'argent de Berne comme un dû. Par exemple, pour l'autoroute A9, où la mobilisation politique est totale pour réclamer la fin des travaux en 2014. Les coupes budgétaires dans les routes nationales? Inadmissibles, intolérables! Les termes ne sont jamais assez forts pour fustiger le mépris des urbains alémaniques, vaguement écologistes de surcroît, pour les régions périphériques.

Le bout du tunnel

La métaphore est facile, mais c'est au bout du tunnel que le Valais sortira du XXe siècle. Parallèlement, se construit, dans les délais promis, le nouveau tunnel du Lötschberg (NLFA) qui devrait être mis en exploitation en décembre 2007. Là, les Valaisans oublient un peu vite cet inestimable cadeau qui leur est fait et la future nouvelle gare de Viège dont le chantier de 90 millions de francs vient de débuter. Le président de la Chambre valaisanne de commerce, Jacques-Roland Coudray, abonde dans ce sens: «Cessons de dire que le Valais est une région périphérique. Ce canton est à environ deux heures de Milan et, avec les NLFA, ce temps sera le même pour gagner le poumon économique qu'est la région zurichoise.» La Chambre valaisanne du commerce, dirigée par l'économiste Thomas Gsponer, voit d'ailleurs dans ce tunnel une ère nouvelle: «L'ouverture du Lötschberg modifiera le cadre économique du Valais aussi fortement que l'avait fait la mise en exploitation de la force hydraulique et l'implantation de l'industrie et de la chimie au début du siècle dernier.»

Il y a à peine cinquante ans, Verbier n'était qu'un alpage où paissaient quelques troupeaux gardés par des bergers locaux. Aujourd'hui le terrain peut valoir jusqu'à 2000 francs le m2. L'apparition et le développement du tourisme a fortement marqué le siècle passé et a sorti le Valais de son isolement. L'évolution a été rapide, trop peut-être, elle s'est emballée entre les années 60 et 80, nourrissant une importante spéculation. Le tourisme a principalement lié son sort à la seule activité du ski, aux remontées mécaniques et à la para- hôtellerie. Le canton a connu des heures de gloire dans les années 70 avec les victoires de Roland Colombin. Les mentalités ont eu beaucoup de peine à faire le deuil de cette période et les deux candidatures pour les JO 2002 et 2006 ont constitué les points culminants de cette nostalgie. Malgré les échecs, il ne s'agit pas d'enterrer les stations d'hiver, même si les difficultés d'enneigement et la méfiance des banques rendent l'exercice de plus en plus difficile.

L'avenir du tourisme valaisan passe alors par l'innovation et la diversification de l'offre. Le Valais découvre qu'il est capable de faire autre chose que du ski ou de la montagne. La Fondation Gianadda a ouvert la voie dans la culture, le Festival Tibor Varga et Festival de Verbier ont suivi dans la musique classique. Le nouveau festival «Caprices» à Montana lance l'idée d'un grand rendez-vous rock en hiver. Le golf, les concours hippiques à Montana, Verbier et Sion et la promotion des combats de reines ou des produits du terroir constituent d'autres alternatives pour séduire les hôtes. La difficulté est de coordonner cette offre pour mieux vendre le Valais à l'extérieur. C'est le défi d'Yvan Aymon, directeur adjoint de Valais tourisme, qui regrette cependant le poids du passé, l'éparpillement des forces, «l'atomisation des investissements publicitaires sur 132 sociétés de développement». Le Valais n'a pas encore trouvé la solution pour se vendre d'une manière homogène. Les vallées latérales sont encore peu perméables à cette idée. Sortir du XXe siècle signifie, ici, sortir du chacun-pour-soi.

Le milieu des vins est sans doute le premier à avoir compris cet enjeu. Les crus valaisans n'ont jamais été autant appréciés dans les concours. Les médailles pleuvent sur les encaveurs valaisans, à commencer par le conseiller national Jean-René Germanier avec son fendant Les Terrasses, ou Michel Boven de Chamoson, qui vient d'être élu Vigneron suisse de l'année. Cependant, le marché s'est profondément modifié et la concurrence est rude. S'il y a encore vingt ans, c'était presque un crime de servir un vin étranger lors d'un repas de fête, aujourd'hui, l'offre des supermarchés fait la part belle aux crus français, espagnols, chiliens, australiens, argentins. Et ce n'est plus faire offense à la production locale que de boire des vins d'ailleurs. La difficulté est qu'à qualité égale, les vins valaisans ont tendance à être plus chers. Et d'une manière générale, sur le plan agricole, le Valais a vu s'effondrer une partie de ce qu'il avait construit. Le secteur, qui a été si florissant jusqu'à la fin des années 80, s'est lentement effondré. Au milieu des années 90, la loi sur le régime foncier, attribuant la terre aux seuls agriculteurs, a fini par mettre tout le monde à terre. Pour éviter la spéculation qui était très forte dans les années 80, la propriété devait être réservée exclusivement aux paysans. Ce fut le cas, mais du coup elle a perdu les deux tiers, voire les trois quarts de sa valeur. Cet épisode a causé d'inestimables pertes patrimoniales dans de nombreuses familles valaisannes.

Si l'on admet que le tourisme apporte bon an mal an un quart du PIB valaisan (estimé à environ 10 milliards de francs), il n'en reste pas moins que c'est l'industrie qui apporte l'essentiel du revenu valaisan. Les sites d'Alcan à Sierre et Chippis et le site industriel de Monthey (Ciba Spécialités Chimiques, CIMO, Syngenta, Huntsman) sont ainsi vitaux pour l'économie valai- sanne. Pour éviter une délocalisation, la politique des rabais fiscaux ou de l'énergie à bon marché se justifie plus que jamais. Selon Thomas Gsponer: «Nous devons tout faire pour maintenir la place industrielle valaisanne. Le Valais ne peut se permettre le luxe de perdre sa grande industrie. La promotion économique n'est pas en mesure d'y implanter de nouvelles places de travail et la grande industrie génère des dizaines, voire des centaines de millions de francs de commandes dans le canton.» Pour simple exemple, en 2003, Alcan Aluminium Valais SA, qui emploie 1500 personnes, a passé pour 240 millions de commandes à 540 entreprises valaisannes. Hélas, la menace sur les emplois pèse régulièrement sur le site et les centres de décision s'éloignent de plus en plus. Dans ce genre de dossier, Sierre n'a plus rien à dire, il faut appeler le siège d'Alcan à Paris. Quand ce n'est pas le Canada.

Aux côtés de l'industrie valaisanne, qui résiste pour l'instant assez bien, d'autres activités se sont mises en place durant ces dix dernières années. Dans les assurances, le Groupe Mutuel a entamé un développement spectaculaire, passant de 383 millions de chiffre d'affaires en 1993 à près de 2 milliards en 2003. Le groupe de Pierre-Marcel Revaz emploie aujourd'hui plus de 600 personnes dans le canton. Dans un autre secteur, les nouvelles technologies connaissent des hauts et des bas. Si le Technopôle de Sierre a un peu de peine à confirmer, une société comme l'IDIAP à Martigny a réussi à créer en une dizaine d'années 80 emplois très qualifiés dans le domaine de l'intelligence artificielle en collaboration avec l'EPFL. Enfin, discrètement il est vrai, un secteur s'est particulièrement développé, celui du «private banking» avec l'implantation de succursales des banques privées genevoises. Pascal Pupet, porte- parole de la banque Ferrier Lullin, en est très satisfait: «Nous sommes là depuis cinq ans et nous visons une clientèle essentiellement privée. Elle se décline en trois secteurs: la clientèle internationale privée qui s'installe en Valais pour des raisons fiscales, le forfait et l'absence de droits successoraux. Une clientèle nationale qui dispose de résidences secondaires et enfin une clientèle locale, car il y a des Valaisans qui ont de l'argent. En cinq ans, nous avons atteint nos objectifs, même mieux puisque nous envisageons de recruter de nouveaux collaborateurs.»

Cela dit, entre une bonne nouvelle et une mauvaise, le Valais a connu une fin de XXe siècle difficile. De 1991 à 2001, l'emploi a diminué de 7,2% dans le canton, ce qui correspond à 9000 postes. Les régies fédérales, en particulier Swisscom et La Poste, ainsi que les grandes banques, ont revu à la baisse leur implantation de proximité dans chaque commune. En chiffres, selon les statistiques du Département de l'économie, le canton est passé de 126 000 personnes occupées à 117 000 (sur 275 000 habitants). Avec environ 13 %, le secteur de la restauration et de l'hôtellerie offre aujourd'hui le plus grand nombre d'emplois. Mais, comme dans la construction, le deuxième au classement, ils sont précaires et peu payés. Lors d'un sondage réalisé l'année dernière par Le Nouvelliste, près d'un tiers des Valaisannes et des Valaisans estimaient que leur salaire était insuffisant pour vivre. Il est vrai que le canton offre peu de perspectives professionnelles en dehors d'une carrière à l'Etat, premier employeur du canton avec environ 10 000 fonctionnaires, si l'on compte le personnel du Réseau Santé Valais. (A cet égard le canton, avec une confortable majorité de droite, démocrate-chrétienne pour l'essentiel, a toujours soutenu une fonction publique, qui lui garantit une assise électorale très appréciable.) La précarité de l'emploi, même pour les cadres, a profondément modifié le tissu social des villages. Après la période faste des trente glorieuses, davantage de Valaisans doivent aujourd'hui quitter le canton pour trouver un travail à leur convenance.

La diaspora

Valais, comment sortir du XXe siècle ? En sortant du Valais ,répondront tout simplement beaucoup de Valaisans exilés. Dans un rapport du mois de juin de l'Observatoire valaisan de l'emploi «sur l'exode des compétences des Valaisannes et des Valaisans», on apprend que deux personnes sur trois qui ont fait des études dans une haute école entreprennent une activité professionnelle hors du canton. Le marché de l'emploi est trop étroit pour les cerveaux valaisans. D'aucuns regrettent cette «fuite» des cerveaux. Mais l'on peut aussi apprécier cette «exportation» de matière grise et le réseau de la diaspora valaisanne qui n'est pas tout à fait inutile aux intérêts du canton. Ainsi faut-il compter sur les éminences exilées comme le patron de la FIFA Sepp Blatter ou le président de la Banque Nationale Suisse (BNS) Jean-Pierre Roth. Mais il faut aussi citer Jacques Pitteloup, coordinateur des renseignements, Eric Fumeaux, chef de l'Office fédéral de la formation professionnelle, et Marc-André Berclaz, directeur de la HES-So. Dans les milieux médiatiques, les Valaisans sont présents partout avec Armin Walpen, directeur général de la SSR, Pascal Crittin, directeur d'Espace 2, Gérard Tschopp, directeur de la RSR, Pascal Décaillet, responsable de l'émission Forum, André Crettenand, chef de l'information à la TSR, Bernard Aymon de Passe-moi les jumelles, Romaine Jean d'Infrarouge, Bernard Rappaz de TSR.ch, Ariane Dayer, rédactrice en chef de Saturne ou encore Guy Mettan, responsable du Club suisse de la presse. Parmi les diplomates, le Valais peut compter sur Raymond Loretan, ambassadeur à New York, Armin Rutz à Buenos Aires et François Barras aux Emirats arabes unis. D'autres personnalités, tels que les sociologues Bernard Crettaz et Ueli Windisch, ou le philosophe Jean Romain, ne sont pas en reste pour commenter l'actualité et faire entendre des points de vue polémiques qui alimentent le débat politique en Suisse romande.

Finalement, le Valais est un peu trop petit pour tous ses ressortissants. Le XXIe siècle verra sans doute une accentuation du phénomène de l'exil, pour des raisons davantage économiques que politiques. En ce sens, les Valaisans reviennent un peu en arrière, comme au XIXe siècle, lorsque beaucoup d'entre eux devaient partir en Argentine, au Brésil ou aux Etats-Unis. Cela fait partie d'un cycle. Comme le disait justement l'économiste Marie-Françoise Perruchoud Massy, les Valaisans sont comme les Irlandais. Non parce qu'ils ont l'estomac et le foie bien accrochés, mais parce qu'ils aiment l'air du large. A condition de rentrer un jour. Ne serait-ce qu'un temps pour mourir en paix. Et avoir une bonne place au cimetière. |

Tourbillon et Valère Entre la vigne et l'industrie, le Valais doit s'inventer un avenir.

tribu politique Christophe Darbellay 33 ans Conseiller national PDC

Avec ses 1 m 93, c'est une tête qui dépasse au propre comme au figuré. Mais il faudra se lever de bonne heure pour la couper. A 33 ans, le jeune conseiller national valaisan est déjà connu comme le loup blanc dans les milieux politiques et au-delà. Issu d'une famille chrétienne-sociale, neveu de Vital Darbellay, il est de tous les coups et de toutes les fêtes, à tel point qu'on se demande s'il n'a pas le don d'ubiquité. Bilingue, bon connaisseur de l'administration fédérale et des médias, il a le défaut de ses qualités: l'impatience.

Léonard Bender 46 ans Président du Parti radical valaisan

En quelques années, Léonard Bender, fils de l'ancien conseiller d'Etat radical Arthur Bender, a développé une énergie extraordinaire pour faire sa place en politique. Pour ce natif de Fully, l'affaire n'était pas facile. Dans un premier temps, les gens de sa commune n'ont pas voulu de lui. Aujourd'hui président du Parti radical valaisan, il a réussi le tour de force de se faire élire à la vice-présidence du parti suisse. Son style, l'engagement de proximité. Son objectif: que le parti radical retrouve son électorat.

Jean-Michel Cina 41 ans (futur) Conseiller d'Etat

Président de la commune de Salquenen à 30 ans, conseiller national à 36 ans, chef du groupe PDC à 39 ans, élu deuxième plus influent parlementaire fédéral l'an dernier, la carrière politique de Jean-Michel Cina est une verticale. Si l'on ne connaissait pas son redoutable talent de tacticien, on aurait du mal à comprendre pourquoi il retourne sur ses terres en se présentant au Conseil d'Etat, en mars 2005. Elu dans un fauteuil, il s'y voit déjà président. Avant un retour sur la scène nationale en tant que conseiller fédéral?

Le chef de file Pascal Couchepin 62 ans Conseiller fédéral

Depuis 1998, l'ancien président de Martigny est assis à son aise dans un fauteuil du Conseil fédéral. C'était écrit dans les étoiles et dans ses gènes: il devait en être obligatoirement ainsi. «Le grand» comme l'appelle ses proches, n'a pourtant jamais fait de carrière politique sur le plan cantonal. Cela ne l'a toutefois pas empêché d'envoyer des piques récurrentes contre les démocrates-chrétiens du Valais central, adversaires historiques de la ville radicale. Il n'a jamais regardé vers Sion, mais tout de suite vers Berne et les conseils d'administration zurichois. Pragmatique, autoritaire, libéral, il défend un radicalisme éclairé, qui laisse une place respectable à l'Etat. Aide-toi et le ciel t'aidera, telle semble être la maxime qui a guidé sa vie et qui devrait guider celle des autres. Mais tout à une fin, après une présidence 2003 passée à voyager brillamment de par le monde, on le sent qui s'ennuie un peu avec les calculs d'épicerie des assurances sociales. Vivement une nouvelle présidence pour finir en beauté. Comme un président soleil.

Peter Bodenmann 52 ans Ancien conseiller d'Etat socialiste

En mars 1997, quelque 51 000 Valaisans avaient plébiscité le socialiste de Brigue Peter Bodenmann, causant une mini-révolution. La porte était ouverte pour un homme de gauche au Gouvernement valaisan. Deux ans plus tard, il devait quitter sa fonction pour éviter un scandale autour de la société hôtelière familiale à Brigue qui avait fait de gros investissements. Mais Peter Bodenmann n'a jamais quitté le débat politique. Récemment il a repris du service lors de l'assemblée des délégués à Naters.

Oskar Freysinger 44 ans Conseiller national UDC

Inconnu encore il y a cinq ans, Oskar Freysinger s'est fait une place en organisant la section UDC en Valais. Ancien démocrate-chrétien de Savièse, enseignant à Sion, il s'est illustré dans ses positions ultra-conservatrices sur l'avortement, l'asile, l'éducation ou les naturalisations. Ses provocations régulières dénotent un opportunisme de tout instant qui plaît à l'UDC zurichoise. Il a réussi à se faire élire en Valais, au détriment des chrétiens-sociaux du Haut-Valais. Certains le verraient au Conseil d'Etat.

Jean-René Fournier 47 ans Conseiller d'Etat PDC

En charge des institutions, il est l'homme le plus marqué à droite du Conseil d'Etat. Dans la constellation démocrate-chrétienne, Jean-René Fournier représente l'homme du Valais central, des valeurs traditionalistes, des chasseurs, des motards et de la sécurité en montagne. On pourrait lui coller l'étiquette «chasse, pêche et tradition». Il a pour lui une bonhomie à toute épreuve et il est sans doute le plus accessible des conseillers d'Etat. C'est «Jean-René» pour tout le monde.

Thomas Burgener 50 ans Conseiller d'Etat PS

Elu en 1999 dans le sillage de Peter Bodenmann, le Viégeois Thomas Burgener mène depuis la réforme hospitalière. Dans ce dossier piégé, il doit lutter contre le régionalisme, le corporatisme et la crainte des patients de voir baisser la qualité des prestations. Il ne passera pas à côté d'une votation populaire. A condition qu'il soit réélu en mars 2005 pour une nouvelle période. Cette fois, il n'aura pas l'appui des radicaux, mais le PDC pourrait le maintenir en place pour terminer ce travail difficile.

tribu des fonctionnaires

Isabelle Darbellay 36 ans Responsable du Bureau de l'égalité

Créé dans les années 90, le Bureau de l'égalité est régulièrement la cible des démocrates-chrétiens les plus conservateurs. D'aucuns voudraient le voir remplacer par un Bureau de la famille ou le supprimer. Isabelle Darbellay Métrailler se dévoue pourtant à la cause, qui, il est vrai, à de la peine à évoluer favorablement pour les femmes. Notamment en politique où le Valais n'a toujours pas eu une Conseillère d'Etat et où seulement 5% des présidents de commune sont des présidentes.

Narcisse Seppey 61 ans Chef du Service de la chasse

Il n'y a pas un sapin, un mélèze, une corniche que Narcisse Seppey ne connaisse pas. En tout cas dans le Val d'Hérens et les environs d'Hérémence. Il a connu d'abord un parcours politique classique, chef de groupe du PDC du Valais central. Tremplin notoire pour devenir chef de service. Depuis plus de vingt ans, il surveille la faune, défend les chasseurs et, comme tout bon fonctionnaire, se mêle de politique, notamment de régler le sort du loup. Hélas, toutes les bonnes choses ont une fin. Il va raccrocher ses jumelles l'année prochaine.

La cheffe de file Françoise Gianadda 56 ans Cheffe du Service de l'Etat civil et des étrangers

Depuis qu'elle a été invitée par Christoph Blocher pour présenter les problème de l'asile, Françoise Gianadda fait figure pour les uns de modèle de fermeté, pour les autres de femme sans coeur. La cheffe du Service valaisan des étrangers, d'origine grecque, est plutôt sévère avec la population requérante et pointilleuse sur la qualité de l'intégration. Pour elle, il s'agit de trier le bon grain de l'ivraie et de ne pas hésiter à renvoyer l'ivraie. Pour cette politicienne, juriste, issue des travées démocrates-chrétiennes du Grand Conseil, il vaut mieux prévenir les problèmes sociaux liés à l'immigration, en particulier des pays musulmans, plutôt que de laisser développer des tensions prévisibles. Dans le contexte actuel, sa politique est finalement bien perçue en Valais, où la problématique des nouvelles migrations est encore assez récente. Elle n'en reste pas moins critiquée par la gauche et par certains milieux proches des Eglises, qui lui reprochent d'avoir une main de fer dans un gant de fer. Qu'importe, elle tient bon et, politiquement, elle empêche l'UDC de s'emparer du sujet sur le plan cantonal.

tribu économique

Jean-Daniel Papilloud 54 ans Directeur de la Banque Cantonale du Valais

C'est un Contheysan qui dirige depuis 12 ans la Banque Cantonale du Valais et qui l'a remise sur les rails de la confiance à la suite de l'affaire Dorsaz. Après un passage à la Société de Banque Suisse et au Crédit Suisse, le banquier prodige est revenu au pays. Jean-Daniel Papilloud est d'une nature calme et sereine et il tient les rennes de la maison sans faire trop de vagues. Cependant, dans le monde bancaire, l'institution reste modeste avec des recettes brutes de 150 millions de francs en 2003.

Hubert Lorenz 38 ans CEO de Mimotec

Cet ingénieur valaisan collectionne les prix depuis la fondation en 1998, en compagnie de Nicolas Fahrni, de leur société, Mimotec: cinq en six ans. Dont le prestigieux Swiss Economic Award. Des récompenses obtenues grâce à l'invention d'un procédé de fabrication de micromoules utilisés en aval dans l'horlogerie. Hubert Lorenz travaille ainsi avec la société de Victor Bruzzo, basée à Sion, spécialisée dans la fabrication de composants de montres. Ces deux entreprises prouvent que le Valais a son mot à dire dans l'horlogerie.

Jean Pralong 60 ans Président des Forces motrices valaisannes

Jean Pralong aurait pu devenir conseiller d'Etat. Mais, venant du Val d'Hérens, il était mal placé au mauvais moment. Ses qualités n'ont pas été perdues pour autant. Cet ingénieur, diplômé de l'EPFZ, s'est vu confier la présidence des Forces motrices valaisannes (140 millions de chiffres d'affaires), qui joue un rôle central dans l'exploitation de l'énergie hydroélectrique. Il siège également chez EOS Holding SA et chez Grande-Dixence SA.

Le chef de file Pierre-Marcel Revaz 51 ans PDG du Groupe Mutuel

Fondé en 1993, le Groupe Mutuel est sans doute la société valaisanne qui a connu la plus forte croissance ces dix dernières années. Basé sur la tradition centenaire des «Société des secours mutuels», il a pris le virage du XXIe siècle dans une approche beaucoup plus commerciale. Aujourd'hui, le groupe emploie environ 1200 collaborateurs et compte 720 000 assurés pour un chiffre d'affaires de 2,1 milliard de francs. Cette fulgurante ascension est due à une équipe bien rôdée dirigée par Pierre-Marcel Revaz, natif de Martigny. Sous sa direction, depuis 1993, les caisses se sont regroupées, les secteurs administratifs ont été réorganisés, et une politique très conquérante a permis au Groupe Mutuel de sortir du Valais, dans les cantons de Genève, Vaud, Fribourg et récemment à Zurich. Aujourd'hui, 270 000 assurés se trouvent dans la partie alémanique du pays et de nouveaux locaux viennent d'être inaugurés à Zurich-Oerlikon. L'appétit insatiable de Pierre-Marcel Revaz et son équipe commence à faire peur aux deux grandes caisses, la Chrétienne sociale et Helsana. Le Groupe Mutuel progresse également avec La Mutuelle valaisanne de prévoyance (avec la BCVs) avec un chiffre d'affaires de 300 millions.

Dominique Perruchoud 51 ans Ingénieur

L'ingénieur Dominique Perruchoud a commencé sa carrière chez Alusuisse, puis chez Swisscom dans les années 80 lors de l'introduction des premiers centraux publiques numériques en Valais. L'innovation, c'est son domaine. Il dirige aujourd'hui le projet CimArk en Valais qui soutient le développement des technologies et offrent un support professionnel pour le démarrage des «nouvelles entreprises innovantes». Il assure par ailleurs le management du projet global The Ark.

Hervé Bourlard 48 ans Directeur de l'IDIap

C'est un Wallon qui dirige aujourd'hui l'IDIAP, une usine à chercheurs dans l'intelligence artificielle située dans la villa Tissières, un superbe bâtiment en plein coeur de Martigny. Objectif du centre: recherche, formation et transfert de technologie, les interfaces cérébrales, le traitement et la reconnaissance du son et de l'image. «Nous voulons devenir le Google du multimédia», résume le Belge. L'IDIAP a été fondé en 1991. Aujourd'hui, 75 personnes s'y affairent. L'IDIAP a été désigné comme l'un des 14 pôles de compétences de la Suisse.

Jean-Noël Rey 55 ans Administrateur

«La rose noire» comme l'appelle certains de ses «amis» socialistes, est bien connu pour ses talents de gestion-naire. La Poste lui en sera éternellement reconnaissante. Aujourd'hui il dirige la concurrence (DPD Suisse) et il siège au Conseil national. Mais ce n'est pas tout: il siège aussi à la BCVs, aux Remontées mécaniques de Crans-Montana, chez Fournier Steiner SA et chez Papival SA. Jean-Noël Rey a le coeur à gauche, mais ses amis à droite.

Daniel Anliker 42 ans Président d'Alcan Aluminium Valais SA

Fleuron historique de l'industrie valaisanne, Alcan Valais Aluminium SA emploie aujourd'hui 1500 personnes pour un chiffre d'affaires en 2003 de quelque 700 millions de francs. La société travaille dans les produits laminés pour l'automobile et les tôles fortes et exporte 90% de sa production. 240 millions sont dépensés dans des commandes en Valais. A sa tête, un Bernois, Daniel Anliker, spécialiste en construction mécanique et gestion d'entreprise, qui est passé dans des établissements comme Suter & Suter, Schindler ou ABB.

Bernard Donzé 64 ans Administrateur

Peu connu du public, Bernard Donzé n'en joue pas moins un rôle important en Valais, où il est administrateur de nombreuses sociétés. A commencer par Rhône Media, la société éditrice du Nouvelliste, où son influence n'est pas mince. Il dirige aussi l'assurance la Zénith Vie. Ex-membre du Réseau Santé Valais, lui et ses proches sont très impliqués dans les activités médicales de service: en particulier la résonnance magnétique et les laboratoires d'analyse, mais aussi dans la pharmacie.

Thomas Gsponer 46 ans Directeur de la chambre valaisanne de commerce

Thomas Gsponer a l'excellente qualité d'être parmi les hommes les plus disponibles du Valais. Le Viégeois aime la lecture, les voyages, la peinture contemporaine. Directeur de la Chambre valaisanne du commerce, il cumule un nombre impressionnant de commissions, de conseils, d'instituts. Economiste, spécialiste du management d'associations, polyglotte, Thomas Gsponer, chrétien social, a un seul problème: il est dans un parti qui est devenu trop petit pour produire un conseiller d'Etat.

tribu touristique

Anne-Monique Beytrison 49 ans Directrice des Bains de Saillon

Après une période de turbulences internes, les Bains de Saillon, créés dans les années 80, se cherchaient une nouvelle tête. C'est une Valaisanne, originaire de Salins, Anne-Monique Beytrison, qu'on est allé chercher dans l'industrie du luxe à Genève, chez Richemont et Piaget notamment. Depuis mai dernier, cette spécialiste de la gestion et de la formation dirige l'équipe de 90 personnes qui gère l'ensemble thermal, pionnier dans le genre dans le Valais romand, avec plus de 1000 entrées par jour.

Yvan Aymon 42 ans Directeur adjoint de Valais tourisme

La fermeture partielle du tunnel de Glion aura au moins eu le mérite de mettre en avant le rôle de Valais Tourisme et de son directeur adjoint Yvan Aymon. Après une formation dans les CFF, un passage chez Provins, il s'est imposé dans les processus visant à assurer la qualité des entreprises touristiques. Avec le projet «Valais Excellence», il décroche en 2001 le premier prix Milestone, prix du tourisme suisse. Son objectif, faire du Valais une destination touristique homogène. Quelque 60 entreprises adhérent à ce projet.

Jean-Marie Fournier 45 ans Administrateur

Chapeau de cow-boy, une vache de la race d'Hérens au bout de la corde, un bon accent du terroir, Jean-Marie Fournier symbolise le Valaisan typique. Il a pris très jeune des responsabilités à Veysonnaz. Mêlant politique, courses de ski et folklore, il s'est rapidement imposé comme un homme avec qui il fallait compter. Grâce à ses appuis, il a rejoint le conseil d'administration de Rhône Media et du Nouvelliste, qu'il préside aujourd'hui. Il participe également aux destinées du PDC dans le conseil du parti cantonal.

Christian Seiler 61 ans Hôtelier et administrateur

Le Mont Cervin Palace, l'Hôtel Nicoletta, le Monte Rosa ou le Schweizerhof, les hôtels Seiler de Zermatt sont les fleurons de l'hôtellerie valaisanne, pour ne pas dire suisse. Christian Seiler et son frère Roberto représentent la quatrième génération dans la branche. Christian est également administrateur du Beau-Rivage Palace à Lausanne et administrateur dans diverses sociétés, dont Gétaz-Romang à Vevey. Bref, c'est un homme qu'on voit partout, mais qui reste finalement assez discret.

Eric Balet 48 ans Directeur de Téléverbier

Eric Balet, originaire de Saint-Léonard, a commencé comme journaliste à la Tribune de Genève en 1981. Dix ans plus tard, il était membre du comité de direction. Puis il est sorti du métier. De retour en Valais, il s'est investi pour développer avec succès la station de Vercorin et le système ValaisSkiCard dont il préside l'Association. L'année dernière, il n'a pas résisté à l'appel de Téléverbier qui se cherchait un nouveau directeur. Le voilà donc à la tête des plus belles remontées mécaniques du canton.

Le chef de file Peter Furger 57 ans Economiste et consultant

Depuis qu'il s'est pris une déculottée en 1997 face au socialiste Peter Bodenmann dans la course au Conseil d'Etat, Peter Furger a définitivement quitté la politique pour s'occuper des stations de ski. Il faut dire que sa candidature malheureuse au gouvernement avait causé la perte du siège des noirs du Haut-Valais et Peter Furger était devenu le maillon faible des PDC conservateurs, l'incarnation vivante de la honte. Mais la «roue tourne», comme il dit. Après s'être fait la main en sauvant ce qui pouvait encore l'être de la débâcle financière de Loèche-les-Bains (346 millions de dettes en 1998), il est devenu le «bon docteur Furger», spécialiste en assainissement des stations touristiques. A Zermatt, deux ans plus tard, il a réussi à faire fusionner les trois sociétés de remontées mécaniques qui se livraient une guerre fratricide depuis vingt ans. Puis les mandats se sont succédé, avec notamment Crans-Montana et une analyse de la situation des remontées mécaniques pour le gouvernement vaudois. Son avantage, c'est qu'il parle à la fois le langage des banques - bardé de son doctorat en économie, il compte de nombreuses relations dans la finance et siège depuis huit ans au conseil d'administration de la BCVs -, tout en sachant composer avec les terribles luttes de clans locales. Etre né à Viège est parfois un avantage.

tribu de la table

Roland Pierroz 62 ans Restaurateur

Avec Roland Pierroz, on boxe dans la catégorie des papes de la gastronomie valaisanne. Le restaurateur règne sur Verbier. Son Rosalp en est le phare, le passage obligé pour tout gourmet qui se respecte. L'endroit est surtout une affaire familiale: Roland aux fourneaux, sa femme Mimi à la gestion et leur fille Valérie qui attend de reprendre le flambeau. C'est aussi une entreprise qui, avec 75 collaborateurs, est un des principaux employeurs de la station. Roland Pierroz préside également depuis près de 20 ans les Relais et Châteaux suisses.

Alphonse Jacquier 53 ans Directeur de la Fédération laitière valaisanne

Alphonse Jacquier est un homme déterminé et il le fait savoir. Saviésan pure souche, il dirige la Fédération laitière valaisanne depuis 1992, où il a diversifié la production dans divers fromages, crèmes et yaourts. Mais la mère de toutes les batailles était à venir. La FLV (dont le président est le conseiller national Maurice Chevrier) est le noyau de la révolte contre les faux fromages à raclette. Pour Alphonse Jacquier, il n'y a de fromages à raclette que valaisan. Et seul l'AOC peut sauver les palais du mauvais goût.

La cheffe de file Marie-Thérèse Chappaz 44 ans Vigneronne et encaveur

Qui aurait parié il y a quelques dizaines d'années que l'égérie de la viti-viniculture valaisanne serait une femme? Celle par qui la qualité et les spécialités s'imposeraient dans les caves les plus exigeantes? Il faut dire que Marie-Thérèse Chappaz est bien née. Petite nièce du conseiller d'Etat Maurice Troillet, l'homme qui a fait le Valais agricole, elle s'est rapidement intéressée au monde de la vigne et du vin. A 17 ans, son père lui offrait une parcelle de Pinot noir. Son destin était tout tracé. Elle a étudié avec brio l'oenologie à Changins, puis a hérité du domaine familial de La Liaudisaz, plus vaste que la place de La Planta à Sion. Son but était de revivifier cet héritage et de réaménager la cave de Fully. Elle a donc commencé petit avec un hectare. Patiente, exigeante, elle en travaille sept aujourd'hui. Ses vins - fendant, dôle, gamay, petite arvine, ermitage ou malvoisie - occupent les premières places des concours et figurent sur toutes les cartes des vins des meilleurs restaurants. Mais ce n'est pas tout. Comme elle le dit volontiers: «Je suis célibataire et j'ai une fille de 12 ans qui s'appelle Pranvera. Elle est merveilleuse et mon métier aussi.» Du coup, son sourire de vigneronne épanouie est le plus connu du canton, si ce n'est de la Suisse.

Louis Morand 76 ans Distillateur

La Williamine Morand est connue de par le monde comme le chien du Grand-Saint-Bernard. Elle réchauffe le coeur et les corps. Louis Morand, Loulou pour les intimes, veille sur elle depuis plus de cinquante ans. L'entreprise s'est développée dans les limonades et les sirops. Elle occupe aujourd'hui une soixantaine d'employés. Sans lui, la poire William aurait depuis longtemps disparu des vergers. Dans les effluves de sa distillerie, il a su pourtant rester sobre comme un chameau.

Fabienne Cottagnoud 42 ans Vigneronne

Avec son mari Marc-Henri, Fabienne Cottagnoud, de Vétroz, représente une nouvelle génération de viticulteurs valaisans. Celle qui se risque de plus en plus dans les spécialités, même si les volumes sont encore modestes. Son Amigne, produite sur un domaine de 3,5 hectares, est connue pour ses arômes de miel, de mandarine ou de noix fraîche, qu'elle cultive dans sa Cave des Tilleuls. Et cette génération rafle tous les prix. Lors du concours Grand prix du vin suisse, les crus valaisans se sont emparés de 80% des distinctions.

Jean-Bernard Rouvinez 53 ans Encaveur

En 1998, les frères Jean-Bernard et Dominique Rouvinez rachètent les Caves Orsat. Ils innovent en réalisant des assemblages inédits qui portent dorénavant le nom de grands vins: Tourmentin, Trémailles, Noble Contrée, Grains Nobles, etc. Ils donnent le «la» de la production en tirant le meilleur des plus beaux domaines du canton. En 2003, ils ont repris une participation dans une vieille cave sierroise, Imesch SA. Le groupe Rouvinez ne s'arrêtera probablement pas là.

Madeleine Gay 50 ans Oenologue chez Provins

C'est le génie de chez Provins. La coopérative valaisanne, qui rassemble environ 5000 sociétaires, ne serait pas ce qu'elle est aujourd'hui sans les bons offices de Madeleine dans les lignes prestigieuses: Domaines, Maître de Chais ou Grand Métral. Elle connaît tout de la vigne à la bouteille, mais elle reste discrète; ses produtions parlent pour elle. Provins lui doit en particulier sa politique d'encépagement en spécialités qui fait sa renommée aujourd'hui. Madeleine a lu l'avenir: c'est la qualité.

tribu sportive

Gaston Barras 75 ans Promoteur et créateur de l'European Master

Il construit son premier immeuble en 1959. A la fin des années 60, il invite des artistes, crée la Maison du Valais à Paris et s'investit dans sa passion: le golf et European Masters qui lui a valu en 2000 le prix du tourisme suisse.

Stéphane Lambiel 19 ans Patineur

Il se décrit comme «passionné, peu raisonnable, impatient, qui aime exagérer, victime de la mode et pas pudique». A 19 ans, le jeune patineur fait preuve d'une belle maturité. Malgré une blessure, on devrait le revoir bientôt.

Gérald Métroz 44 ans Agent de joueurs

La vie de Gérald Métroz a basculé lorsqu'il avait deux ans seulement. Ses deux jambes ont été sectionnées par un train. Ce handicap le dotera d'une volonté à toute épreuve. Aujourd'hui il a une centaine de sportifs sous contrat.

Le chef de file Christian Constantin 47 ans Président du FC Sion et promoteur

En 1997, «Tintin», comme le surnomment ses proches, remontait l'Avenue de la Gare à Sion au milieu d'une foule rouge et blanche en délire. Le FC Sion brillait au firmament du football suisse. Mais c'était aussi le début de la chute et des embrouilles entre les Sédunois et le Martignerain. Christian Constantin s'est remis plus que jamais à travailler dans l'immobilier, notamment à Montreux. L'année dernière, il est revenu aux affaires sportives, avec le feu sacré: projets de stade, achats de joueurs, procédures contre la ligue. Avec son style inimitable.

André Georges 51 ans Guide et alpiniste

Né dans une famille de montagnards (quatrième génération de guides depuis 1862) et fils de menuisier, André Georges a tout naturellement hérité de ces deux virus: grimper les sommets et construire des maisons. Avec force et détermination.

Michel Darioly 41 ans Organisateur de concours hippiques

Lorsqu'il était petit, Michel Darioly est monté sur un cheval pour ne plus jamais en redescendre. D'abord à Martigny, puis à Sion, il a développé des centres équestres qui ont rapidement connu le succès. Les Valaisans aiment presque autant les chevaux que les vaches. Depuis quelques années, Michel Darioly organise des concours de prestige: à Montana en juillet, à Verbier en août et à Sion en septembre. Et il a appris un nouveau métier: le sponsoring.

tribu culturelle

Martin Engstroem 51 ans Directeur du Festival de Verbier

En Valais, personne ne connaissait le musicologue suédois Martin Engstroem lorsqu'il a lancé le Festival de Verbier en 1991. Il amenait avec lui ses relations musicales: Leonard Bernstein, Barbara Hendricks, Jessie Norman, James Levine, etc... Dix ans plus tard, le Festival a trouvé son rythme et accueille chaque année parmi les plus grandes instrumentistes de la planète. Car Martin Engstroem est aujourd'hui directeur artistique et vice-président de Deutsche Grammophon.

Laurence Revey 41 ans Chanteuse

Laurence Revey a su s'imposer dans la chanson romande et francophone avec un culot certain. C'est elle qui le dit: «Alors que les chemins de sa carrière la mènent naturellement vers une reconnaissance s'élargissant, la voilà qui prend les sentiers de traverse et se plonge dans le coeur des Alpes qui l'ont vu naître». Ainsi pratique-t-elle toutes les fusions musicales possibles entre les fanfares, les fifres et tambours, le patois et la techno. En dix ans de carrière, elle a su s'imposer à défaut peut-être d'avoir convaincu.

André Raboud 55 ans Sculpteur

A l'âge de 20 ans, André Raboud commence ses premières sculptures en métal. Il forme avec ses amis le premier groupe d'art non figuratif en Valais. Grand voyageur, de l'Amérique du Sud à l'Inde en passant par la Grèce ou le Japon, André Raboud est un chercheur de signes qui marquent les lieux sacrés. Son ésotérisme est de plus en plus marqué, ses pièces de plus en plus grandes, taillées dans la beauté du granit noir d'Afrique. Il est sans doute le seul artiste valaisan à vivre très confortablement de son art.

Le chef de file Léonard Gianadda 69 ans Académicien

«Je mesure la chance insigne qui m'est donnée de siéger désormais à vos côtés. Alors que rien ne me destinait aux arts, me voici au milieu de ceux qui incarnent la continuité de l'art, en particulier de l'art français.» C'est par ses mots que, le 4 juin 2003, Léonard Gianadda remerciait à Paris ses confrères de l'Académie des Beaux-Arts. C'est sans doute l'honneur le plus émouvant que l'ingénieur de Martigny a pu recevoir jusqu'ici, à côté de tant d'autres titres. Il a fallu la mort accidentelle de son frère Pierre, pour qu'une fondation, qui porte son nom, voie le jour en 1977. Les débuts ont été prudents, puis le succès est venu rapidement avec des expositions consacrées aux peintres de la grande époque: Gauguin, Manet, Camille Claudel, Picasso, Klee, etc.. En 25 ans, plus de 6 millions de personnes ont visité 83 expositions. Celle de Van Gogh en 2000 a attiré à elle seule 450 000 visiteurs. La fondation Pierre Gianadda a investi la ville, non seulement avec les centaines de logements qu'il loue, mais en mettant des sculptures sur les giratoires, faisant de Martigny une exposition permanente. En quelque sorte, Léonard Gianadda a créé une sorte de petite Rome dédiée au rayonnement des arts.

Noëlle Revaz 35 ans écrivain

«Noëlle Revaz recrée un parler paysan», «Coup de poing à la face du beau langage», «Un choc esthétique venu du Valais»... A 33 ans, l'auteure valaisanne, qui a passé son enfance à Vernayaz, a publié son premier roman chez Gallimard, intitulé Rapport aux bêtes. Cette consécration n'est pas vraiment un hasard pour cette licenciée en lettres (latin, français, français médiéval), membre de l'association Pro Litteris et de la Société suisse des auteurs. On attend évidemment la suite.

Pierre-Alain Hug 31 ans Directeur de la BD de Sierre

Consultant pour les grands événements culturels et touristiques, Pierre-Alain Hug s'est retrouvé tout naturellement à la tête de la BD de Sierre pour faire ses preuves sur le terrain. Depuis vingt ans, le Festival international de la bande dessinée est un rendez-vous incontournable de la vie culturelle valaisanne et au-delà. Avec quelque 45 000 visiteurs par édition, la ville du soleil a ajouté un rayon durable à son éclat. Elle propose ainsi la plus grande librairie BD de Suisse. On y vient de France de Belgique ou d'Italie.

Daniel Rausis 45 ans Animateur

Difficile d'échapper à Daniel Rausis en Valais. Né à Orsières, dans une famille très conservatrice, il a fait sa place à la Radio romande. D'une part pour ses connaissances musicales sur Espace 2 et, de l'autre, pour son érudition au service de l'humour dans l'émission Les Dicodeurs. C'est aussi un membre éminent de multiples commissions culturelles, dont le Conseil culturel du canton ou le Conservatoire supérieur de musique Tibor Varga ou encore l'Ecole cantonale d'art du Valais. Bref, ce n'est pas drôle tous les jours.

Geneviève Bonnard 43 ans Architecte

«BW», telle est la marque de fabrique du bureau montheysan Bonnard/Woeffray. Bonnard pour la femme, Woeffray pour l'homme, tous deux professeurs invités à l'EPFL. Parmi les architectes valaisans, le duo chablaisien s'est imposé comme une référence dans l'architecture contemporaine. Des formes simples, des effets baroques, une précision, un style. Depuis dix ans, «BW» squatte les premières places des concours de Viège à Lausanne en passant par Blonay. Une architecture minimaliste qui séduit.

Raphaël Nanchen 26 ans Directeur du Festival Caprices

Fils de l'ancienne conseillère nationale Gabrielle Nanchen et du pédagogue Maurice, Raphaël, du même patronyme, était bien né pour faire quelque chose de remarquable dans la vie. Avec ses amis, il a lancé le nouveau festival Caprices qui doit animer la station de Montana durant l'hiver. Bonne idée qui a eu un succès certain, malgré quelques problèmes financiers. Qu'à cela ne tienne, la deuxième édition est déjà prévue entre le 26 février et le 2 mars prochain avec deux concerts géants sur les pistes de ski.

Alexandre Jollien 29 ans Ecrivain et philosophe

«Consacre sa vie à l'étude de la philo-sophie et à l'écriture». Alexandre Jollien est un phénomène. Né à Sierre, originaire de Savièse, il a passé toute sa scolarité dans des institutions spécialisées pour infirme moteur cérébral. Après un diplôme de commerce, il se spécialise dans la philosophie à Fribourg et Dublin. Inspiré par les penseurs de l'Antiquité, il donne des conférences sur la construction de soi. Ces préceptes sont résumés dans deux ouvrages Eloge de la faiblesse (1999) et Le Métier d'homme (2002).

tribu médiatique

Luzius Theler 56 ans Rédacteur en chef adjoint du Walliser Bote

Ses articles politiques ou économiques sèment régulièrement la tempête dans le Haut-Valais et au-delà. Rédacteur en chef adjoint du Walliser Bote, c'est lui qui, dans les faits, dirige le journal, laissant à Pius Rieder, son supérieur, les joies futiles des relations publiques. On prête par exemple à Luzius Theler la chute du candidat noir au Conseil d'Etat Peter Furger en 1997, au profit de Peter Bodenmann (un proche de Theler). Depuis qu'il écrit en plus dans la NZZ am Sonntag, son influence a encore augmenté.

Joël Cerutti 41 ans Directeur adjoint de Canal 9

Tout en travaillant dans la presse écrite, Joël Cerutti a suivi dès 1984 les balbutiements de la télévision sierroise Canal 9, la première télévision locale valaisanne. Chroniqueur télé, féru de cinéma, de bandes dessinées et de musique, il a collaboré comme scénariste à l'émission Verso de la TSR à la fin des années 90. En 1998, il est devenu rédacteur en chef de Canal 9 et, dès 2004, directeur adjoint aux côtés d'Aline Nicol et Stéphane Wicky. Aujourd'hui, Canal 9 est incontournable dans la grande majo-rité du Valais romand.

Le chef de file Jean Bonnard 55 ans Rédacteur en chef du Nouvelliste

Jean Bonnard, originaire de Saint-Jean dans le Val d'Anniviers, a longtemps été la bête noire de l'establishment valaisan de par sa position de correspondant du Matin, qu'il a tenue presque sans arrêt entre 1977 et 2001. Il a animé la vie politique sur les affaires sensibles, dont l'affaire Dorsaz ou l'affaire Favre contre Favre à la suite du décès d'un vieil homme malade dans une cellule insalubre. A tous les coups, il attaquait dans Le Matin. Le lendemain, Le Nouvelliste prenait la défense des personnes ou des institutions mises en cause. Cela lui a bien réussi et personne n'aurait imaginé qu'un jour, il devienne rédacteur en chef du Nouvelliste. Le grand pardon est passé par là. Il est donc venu à la concurrence, où il est depuis février 2004 un rédacteur en chef apprécié de ses troupes. Evidemment, il a perdu la virulence du passé. Il se retrouve parfois dans la position de celui qui doit donner les bons points aux institutions, selon la tradition du titre. Cela dit, sur le plan économique, il doit aussi mener une lutte difficile contre la poussée de 24 Heures dans le Chablais valaisan et le redécoupage des régions publicitaires. Ni plus ni moins que d'autres titres, Le Nouvelliste n'est pas à l'abri d'un clash publicitaire.

tribu religieuse

Mgr Henri Schwery 72 ans Cardinal

Evêque de Sion en 1977, ce prêtre, dernier d'une famille de dix enfants de Saint-Léonard, s'est consacré à l'enseignement des sciences. En 1991, il a été, comme on dit, «créé cardinal au Consistoire» au titre de l'Eglise des «Protomartiri romani in via Aurelia Antica». C'est-à-dire sur le passage des Alpes. En 1995, il démissionne de son poste d'évêque de Sion, où il est remplacé par Mgr Norbert Brunner. Depuis, il s'est mis en retrait des affaires religieuses valaisannes, mais sa personnalité reste très présente dans le coeur des fidèles.

Mgr Bernard Fellay 46 ans Supérieur de la Fraternité Saint-Pie X à Ecône

Il y a 28 ans, Mgr Lefevre, chef de l'Eglise traditionaliste, s'intallait à Ecône en Valais pour y développer un séminaire visant à former des prêtres dans la tradition de la messe en latin, provoquant un schisme avec le Vatican. Après son décès en 1994, c'est un homme du lieu, Bernard Fellay, consacré évêque en 1988, qui lui succéda. Aujourd'hui, il tente des rapprochements avec Rome: «Nous sommes fermes, mais pas fermés» déclare-t-il aujourd'hui en réclamant «la paix entre les rites liturgiques».

tribu des trublions

Michel Carron 54 ans Citoyen

«En Valais, le Gouvernement, le Parlement et la justice vivent dans une cage dorée, où ses représentants ont été apprivoisés et domestiqués par les oiseleurs de la finance». Depuis l'affaire Dorsaz et les élections de 1997, où il a réuni 14 % de l'électorat valaisan, Michel Carron n'a de cesse de piquer ou de mordre l'establishment valaisan à travers ses multiples candidatures et ses publications. Electron libre, il explique: «Je ne pose pas de bombe. J'utilise simplement la démocratie pour m'exprimer.»

Jean-Marc Landry 40 ans Biologiste

Entre 1998 et 2003, Jean-Marc Landry, biologiste d'origine neuchâteloise, a connu une notoriété grandissante sur le front du loup. La réapparition du canidé sur les alpages, dans les forêts et dans la mire des chasseurs, l'a mis au devant de la scène pour défendre son statut protégé, très contesté en Valais. Il a su toutefois s'adapter, s'intégrer au milieu des éleveurs et proposer des mesures d'accompagnement. Il s'occupe aujourd'hui de son Institut pour la promotion et la recherche sur les animaux de protection.

Allan Tschopp 54 ans Responsable des Raëliens en Suisse

Son long visage émacié, ses longs cheveux, son teint bronzé, Allan Tschopp est certainement l'habitant le plus connu de Miège, près de Sierre. Responsable des Raëliens en Suisse, il vit au coeur même du territoire de l'adver-saire: les catholiques et la papauté. Il accuse le pape de «crime contre l'humanité» pour avoir interdit le préservatif et favoriser la propagation du SIDA. Il soutient la campagne pour l'apostasie, le reniement de la religion catholique. Une plainte a été classée sans suite par la justice.

Le chef de file Soeur Marie-Rose 65 ans Soeur ursuline

Mais pourquoi une religieuse se mêle-t-elle des affaires de l'Etat ? Soeur Marie-Rose a une mission christique sur cette terre: défendre les intérêts des réfugiés face aux manoeuvres pas toujours claires de l'administration. En Valais, cela ne lui vaut pas que des amis. Il n'empêche qu'elle est tenace, qu'elle a l'énergie et la volonté d'améliorer le sort des requérants d'asile. Si cela ne plaît pas toujours au responsable des Affaires sociales, le conseiller d'Etat Thomas Burgener, elle en rendra compte plus Haut. Aînée d'une famille anniviarde de dix enfants, Soeur Marie-Rose Genoud a longtemps enseigné à l'Ecole normale de Sion. Puis, dès 1997, elle s'est intéressée d'un peu plus près au quotidien des requérants d'asile. Elle a pu constater que certains d'entre eux se voyaient ponctionnés de plusieurs milliers de francs sur leurs revenus de travail à titre de frais d'assistance. Aujourd'hui, elle est en passe d'avoir raison et d'obtenir le remboursement de l'argent: «Les requérants travailleurs se sont trouvés pris au piège d'une situation obscure, victimes d'un système qui les a lésés.» Quelques dizaines de milliers de francs devraient être rétrocédés aux familles touchées.

Jean-Charles Kollros 51 ans Conseiller en communication

Installé en Valais depuis une dizaine d'années, il s'est fait connaître comme chef de presse pour diverses organisations. Jean-Charles Kollros, tout droit venu des proches rivages du Léman, s'est imposé comme un connaisseur des médias. Peu à peu, on a compris qu'il travaillait pour l'UDC, notamment Oskar Freysigner, puis pour l'association Pro 4X4, pour la défense des mollosses ou pour les nudistes des Grangettes. Il est aujourd'hui candidat UDC à Chamoson où il revendique «la défense de la Chrétienté».

Ces dix dernières années, la moitié des recettes de l'Etat sont venues de Berne.

Le Valais découvre qu'il est capable de faire autre chose que du ski ou de la montagne.

Il y a encore vingt ans, c'était presque un crime de servir un vin étranger.

Pour éviter une délocalisation, la politique des rabais fiscaux se justifie plus que jamais.

En dix ans, l'emploi a diminué de 7,2% dans le canton, ce qui correspond à 9000 postes.

Carrières



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