ARCHIVES
BON POUR LA TÊTE

ACTUALITÉ

ÉCONOMIE & FINANCE

SOCIÉTÉ

POLITIQUE

ÉCOLOGIE

RÉACTIONS

CULTURE

DOSSIERS

PERSONNALITÉS

ENTREPRISES

MIX & REMIX

GUIDES

FORMATION

INTERVIEWS

BLOGS

TV

IPAD

HOME > ARCHIVES >  Réduire la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer l'article

Les 50 qui font l'horlogerie suisse

Mis en ligne le 31.03.2005 à 00:00

L'horlogerie suisse ne s'est jamais aussi bien portée et bat de nouveaux records à l'exportation. En l'an 2000, elle avait passé le cap symbolique des 10 milliards de francs. Le temps d'une olympiade et voici qu'elle a franchi l'an dernier la barre des 11 milliards de francs, et les premiers mois de l'année 2005 sont euphoriques. Oubliés le SRAS, la crise asiatique et les retombées douloureuses de la guerre en Irak . Qui sont les acteurs de cette réussite insolente et enviée ? «L'Hebdo» passe en revue les têtes de série. Et en profite pour remettre quelques pendules à l'heure.

L'Hebdo; 2005-03-31

Les 50 qui font l'horlogerie suisse

L'horlogerie suisse ne s'est jamais aussi bien portée et bat de nouveaux records à l'exportation. En l'an 2000, elle avait passé le cap symbolique des 10 milliards de francs. Le temps d'une olympiade et voici qu'elle a franchi l'an dernier la barre des 11 milliards de francs, et les premiers mois de l'année 2005 sont euphoriques. Oubliés le SRAS, la crise asiatique et les retombées douloureuses de la guerre en Irak . Qui sont les acteurs de cette réussite insolente et enviée ? «L'Hebdo» passe en revue les têtes de série. Et en profite pour remettre quelques pendules à l'heure.

Un dossier réalisé par Jean-Philippe Arm

avec la collaboration de Vincent Hutter Bernadette Richard Roland Rossier Florence Schmidt

Les faits derrière les clichés

Décalage L'image traditionnelle de l'horloger suisse assis à son établi ne colle plus à la réalité. Le métier a changé, à l'image de la révolution technologique.

A l'affiche, le spectacle annoncé est le même, reconduit d'une saison à l'autre. Cela va de soi, c'est un succès. Naturellement, au fil des ans, les acteurs changent. Mais jouent-ils vraiment les mêmes rôles? Non, même si les mythes ont par définition la vie dure. Le moment est venu de passer quelques clichés à la moulinette.

Au-delà des personnalités, des figures emblématiques, des entrepreneurs et des créateurs en vue, qui fait véritablement l'horlogerie suisse? Les réponses fusent, convergentes, quasi unanimes et accompagnées d'un portait-robot esquissé sans hésitation et qui ressemble à cela: un homme d'âge mûr, plus proche de la retraite que de la sortie de son apprentissage ou de l'une des écoles spécialisées de l'arc horloger. C'est un Combier ou un Neuchâtelois du Haut, qui travaille à son établi face à la fenêtre donnant sur des pâturages mouchetés de sapins, les deux coudes écartés à la hauteur du visage, le «micros» vissé à l'oeil, oeuvrant dans un silence recueilli...

Tout faux! Le portrait de l'horloger suisse aujourd'hui ressemble plutôt à ceci: une jeune femme, de nationalité française, qui traverse tous les matins la frontière pour venir assembler des montres suisses à La Chaux-de-Fonds, au Locle, au Sentier ou à Plan-les-Ouates et qui s'en retourne en fin de journée retrouver sa famille en France voisine. Il suffit d'observer les plaques minéralogiques dans les parkings des usines, pour mesurer ce que serait l'horlogerie suisse sans la main-d'oeuvre frontalière... Ou de suivre une conversation à la pause-café: rien n'indique à l'accent qu'on est en terre vaudoise à la vallée de Joux!

Bon d'accord, il y a toujours eu ces petites mains, féminines de préférence, dans la phase terminale, dans l'assemblage - qui ne demandent pas trop de créativité précisent les machos, dans l'emballage, qu'elles font si bien, dans le réglage, qui exige du doigté, de la légèreté... mais pour les choses sérieuses, le développement de nouveaux calibres, la création de mouvements, c'est bien cet horloger d'âge mûr qu'on retrouve, le menton à la hauteur de son établi....

Erreur encore! C'est un jeune technicien sorti d'une formation en microtechnique, écouteurs de l'iPod branchés dans les oreilles, qui dialogue souris à la main avec son ordinateur et joue à l'écran avec des éléments en 3 D. Les constructeurs, c'est ainsi qu'on appelle aujourd'hui ces créateurs de mécanismes, disposent d'outils informatiques ultraperformants et vivent, avec un évident plaisir, dans un monde virtuel d'images de synthèse, comme d'autres font leur cinéma.

La réalité réservant toujours des surprises, impossible toutefois de faire l'impasse sur l'étape suivante, celle du prototype, avant de lancer des préséries. Pour le mouvement, ce métier-là n'a pas changé, le prototypiste est toujours cet horloger complet capable de tout exécuter, y compris ce qui n'a jamais été réalisé. Pour l'habillage de la montre, les prototypistes ont aussi cette vista, cette créativité exacerbée au bout des doigts.

A ce stade, la nécessité fait loi, pas question de programmer une machine pour quelques unités. Le travail fait main, oui, c'est là qu'on le trouve, mais ce n'est pas celui dont parlent les plaquettes promotionnelles. L'objet qui sort de leurs mains est brut, sans décoration. D'ailleurs, il ne verra peut-être jamais vraiment le jour, sous quelque forme que ce soit. Son rôle est cependant crucial, décisif, car de son comportement, de sa performance, de son esthétique structurelle aussi, dépendra le feu vert donné ou non à la production.

D'autres étapes dans la réalisation d'une montre n'ont pas tellement changé depuis plus d'un siècle, mais elles sont minoritaires et touchent surtout à la décoration, à l'habillage, à l'enveloppe. C'est ainsi que, dans l'univers métallique de la mécanique, apparaît comme vestige d'une autre époque le recours au bois pour le polissage, du buis par exemple, ici une baguette, là un mince disque fendu qui caressera les sillons d'un filetage, tandis que de vieilles machines à guillocher, qu'on croyait irrémédiablement destinées au purgatoire muséographique sinon au rebut, ont repris du service. Source de plus-value, on leur a trouvé soudain de nouvelles vertus et un charme fou. Encore fallait-il que quelqu'un sache s'en servir. Les rares guillocheurs ont pour vocation aujourd'hui de transmettre leur savoir-faire, jouant les arrêts de jeu au moment de prendre leur retraite. Dans le même ordre d'idée, le métier de régleuse avait disparu, passé à la trappe il y a vingt ans; il a fallu le ressusciter, former au plus vite de nouvelles volées pour répondre à une demande cruellement insatisfaite.

Plus généralement, beaucoup de métiers ont déserté les ateliers. Que sont devenus les planteurs d'échappement, où sont passés les faiseurs de secrets? Le poinçonneur des lilas a bien dû se recycler lui aussi. Mais la roue tourne et l'histoire horlogère adore resservir ses plats, avec un clin d'oeil appuyé. La liste des professions de la branche établie en 1990 par la Convention patronale se limitait à 15 métiers, alors qu'on en dénombrait une cinquantaine dans le recensement industriel de La Chaux-de-Fonds au milieu du XIXe siècle. Le fulgurant retour en grâce des pièces mécaniques depuis quinze ans et l'échappée belle vers le haut de la gamme en a réhabilité une bonne poignée, sans parler des métiers d'art, dont on s'arrache les talentueux rescapés au savoir-faire si précieux. Rhabilleur, repasseur, guillocheur... Leurs noms fleuraient bon un passé révolu et se retrouvent d'actualité, comme ces destinations gravées au fronton de l'Hôtel des Postes, à Neuchâtel, qui étaient tellement exotiques et surannées il y a vingt ans: Monténégro, Serbie...

Des couches-culottes à la précision Jadis les patrons des entreprises horlogères étaient issus du sérail. Pas forcément de l'atelier. Historiquement, les plus grandes réussites ont souvent été le fruit d'une collaboration féconde entre un brillant horloger et un excellent vendeur: Patek Philippe, Vacheron Constantin... Procter & Gamble? On plaisante, ou plutôt on anticipe. Aujourd'hui, le géant de la poudre à lessive et de la couche-culotte semble être devenu le passage obligé des candidats au management des grandes marques horlogères. Vendre avec succès des produits que rien ne distingue vraiment de ceux de la concurrence est sans doute la meilleure des écoles de vente et de gestion. Rien à voir cependant avec l'univers des montres dans lequel, au contraire, tout sépare un modèle deux aiguilles à quartz d'un chronographe rattrapante à roue à colonne ou d'une répétition minutes carillon Westminster. Sans doute, et cela tombe sous le sens du profane comme de l'amoureux des belles mécaniques. Mais, à une certaine échelle, la qualité ou la complexité du produit ne suffit pas. A de notables exceptions près, il ne trouvera pas le public si sa promotion est inexistante ou inadéquate. Il y a beaucoup à gagner dans la montre, qui connaît des marges confortables et génère un cash-flow dont rêvent tous les investisseurs. Il y a aussi beaucoup à perdre si la gestion n'est pas à la hauteur et le marketing à côté de la plaque.

Mais que vendent-ils au fait tous ces talentueux bonimenteurs qui pulvérisent régulièrement les records de la troisième industrie suisse à l'exportation? La barre des 10 milliards de francs a été franchie en 2000 et la progression continue. Le léger fléchissement de 2003 a été effacé l'an dernier avec un nouveau jalon à plus de 11 milliards. Cette euphorique croissance en valeur est cependant systématiquement tempérée chez les analystes calvinistes, la bouche serrée en cul-de-poule, par la baisse régulière des volumes, sauf l'an dernier. Nul besoin pourtant de recourir au prisme du verre à moitié plein pour que saute aux yeux l'augmentation du prix moyen, donc de la valeur ajoutée au produit. Or, n'est-ce pas là que le nain suisse doit jouer sa carte? Evidemment. En termes de volumes, les jeux sont faits, ailleurs et par d'autres.

Impossible de régater En l'an 2000, il s'est vendu 1,2 milliard de montres dans le monde, dont 250 millions purement digitales à 1 dollar pièce. Un dollar! Impossible de régater. La part de la Suisse sur ce plan-là est dérisoire: elle a exporté l'an dernier 25 millions de pièces. Mais cela ne l'empêche pas d'occuper toujours le premier rang, à l'échelle mondiale, en termes de valeur. Et pas seulement d'une tête avec une meute de poursuivants à ses trousses, dont elle sentirait le souffle sur sa nuque.

Loin de là: à elle seule, elle réalise plus de la moitié du chiffre d'affaires mondial. Premières des viennent-ensuite, l'Allemagne et la France pèsent, en chiffres d'affaires, respectivement quinze et trente fois moins que la Suisse. Quant aux gros exportateurs que sont le Japon et la plaque tournante de Hong Kong, ils sont très loin derrière en valeur, en dépit de volumes impressionnants. L'explication coule de source. Le prix moyen d'une montre suisse à l'exportation est de 380 francs, il tombe à 100 francs pour le made in Germany, à moins de 30 francs pour une japonaise et ne dépasse pas 8 francs pour une chinoise de Hong Kong.

Quelle leçon en tirer? Il faut évidemment se méfier du prix moyen qui n'est ni celui d'une Swatch ni celui d'une grande complication. Sachant que ses concurrents asiatiques lui ont largement cédé le terrain de la mécanique et que les Européens ont sensiblement les mêmes coûts de production, ne suffirait-il pas aux horlogers suisses de vendre quelques poignées de montres mécaniques compliquées à souhait et parées de mille feux joailliers pour continuer à faire leur miel? La tentation existe, mais oui, pour plusieurs marques désorientées par quelques coups étincelants réussis du côté de Brunei ou des Emirats, tandis qu'elles peinaient sur les marchés traditionnels.

Heureusement, les sauveurs visionnaires de l'horlogerie suisse dans les années 80 n'ont pas choisi cette voie qui reste aussi périlleuse que le filin des funambules. Et celle qu'ils ont empruntée est toujours valable. Ils ont construit une vraie pyramide en revisitant le bas de gamme à coups d'injections plastiques et d'inventivité qui l'ont dynamisé. Ils ont relancé la mécanique de base pour requinquer le milieu de gamme et sont allés taquiner le goujon du côté des complications. Avec des designers de talent et des marqueteurs de choc, ils ont complètement restauré l'image de l'horlogerie suisse. Ils ont investi dans les circuits intégrés pour conserver la maîtrise du quartz et placé leurs billes dans la recherche pour anticiper les développements notamment fondés sur les puces électroniques.

Voilà qui était juste et sain. Et toujours valable. Et toujours payant. S'il fallait en donner un seul exemple récent, ce serait celui de la T-Touch de Tissot, cette pierre lancée avec succès dans le jardin asiatique. Ce coup d'éclat, réalisé là où on ne l'attendait pas, comme la Swatch à l'époque, est d'autant plus important qu'il est le fait de la première marque suisse, par le volume, hormis sa frangine en plastique et, de surcroît, dans le segment difficile du milieu de gamme que l'on dit depuis des années condamné et incompatible avec le Swiss made...

Le sujet qui fâche Aïe, encore un sujet qui fâche. Dans la série des portraits réactualisés des horlogers suisses, aurait-on pu vous faire celui du fabricant de boîtiers helvétiques? Non, ce n'est plus cet entrepreneur jurassien plein aux as - forcément puisque c'est lui qui achetait les métaux précieux - dont les ateliers ouverts sur les pâturages renfermaient des trésors prêts à être livrés aux emboîteurs de La Chaux-de-Fonds ou de Genève. Aujourd'hui, ce fournisseur a les yeux bridés et supervise une plantation de machines et le ballet des petites mains qui produisent en quantités affolantes des boîtes de montres de mieux en mieux faites et contrefaites.

Quel rapport avec le swiss made? Aucun précisément, puisque celui-ci ne concerne pas l'habillage de la montre. C'est un secret de polichinelle et la garantie de discussions orageuses quand le sujet est abordé avec les managers du milieu de gamme. Pour les petites marques sans moyens et contraintes par manque de notoriété de limiter leurs prix, tout le monde admet qu'elles achètent leurs boîtes et leurs bracelets en Asie, comme celles du bas de gamme.

Pour le haut de gamme, la question ne se pose pas, car elles peuvent intégrer sans douleur le surcoût de la fabrication en Suisse. Elles en profitent d'ailleurs pour y réaliser des boîtiers un chouïa plus sophistiqués, nécessitant par exemple trente frappes à l'étampage... Les boîtiers suisses ont encore une longueur d'avance, mais cela a un prix.

En revanche, chez les ténors du milieu de gamme, la question est cruciale et douloureuse. Commentaire entendu à plusieurs reprises cet hiver à propos d'une grande marque genevoise constamment annoncée comme étant à vendre en raison de ses difficultés récurrentes: «Son problème, c'est qu'elle continue à fabriquer ses boîtes et ses bracelets en Suisse, ce qui la conduit à des prix qui ne sont pas concurrentiels.» Que faire? Comme tout le monde! Ah parce que tout le monde... Ben voyons!

Que voulez-vous, les scrupules, ça existe. Parce que le client, lui, quand il voit swiss made sur un cadran, est convaincu que sa montre a été fabriquée en Suisse. Toute sa montre et totalement en Suisse. Ce label est un sésame dans le monde entier, un atout considérable, une garantie de qualité, du moins c'est ainsi qu'il est perçu. Les marques ont beau dire quelles s'en fichent et que leur signature suffit... C'est parfois vrai, mais pas à n'importe quel prix et pour n'importe quelle marque.

Mais que signifie réellement le swiss made? Une montre a droit au label si son mouvement est suisse, s'il a été emboîté en Suisse et si son contrôle final a été réalisé en Suisse. Et si on enlève une couche: un mouvement est considéré comme suisse s'il a été assemblé et contrôlé en Suisse et si la valeur de ses composants fabriqués en Suisse représente le 50% au minimum de l'ensemble de ses pièces, sans compter le coût de l'assemblage.

Après, ça se complique. Rien n'étant dit au sujet des boîtiers et des bracelets, inutile d'en parler. A moins de vouloir préciser qu'ils sont faits en Suisse. C'est possible de le graver sur ces composants: «swiss case» ou boîte suisse, bracelet suisse... pour autant que 50% de la valeur soit suisse. Mais le dire pourrait laisser supposer que le reste n'est pas suisse. Et ne pas le dire pour une montre swiss made signifierait que le boîtier ou le bracelet serait d'origine étrangère... On a compris, il y a un malaise dès lors qu'on se pose la question, et la communication est délicate sur le sujet. Les intérêts en jeu sont considérables. Du coup, mis à part les fournisseurs suisses de l'habillage, personne ne souhaite vraiment clarifier les choses. Touche pas à mon swiss made!

Philippe Stern: «Ce qui m'agace...» D'une manière plus générale, l'image d'Epinal que véhicule la communication horlogère arrange beaucoup de monde: mais elle en fait réagir aussi. Philippe Stern, propriétaire et PDG de Patek Philippe, est tranchant: «Ce qui m'agace le plus, ce sont ces marques incapables de produire un mouvement et qui clament: "Toutes nos montres sont faites à la main!" Non seulement c'est faux, puisque les mouvements qu'ils achètent ont été faits industriellement, mais c'est surtout ridicule. Pour certains composants, le recours aux machines à commandes numériques est incontestablement le meilleur choix, car elles produisent des éléments d'une qualité optimale.»

Qui peut le plus peut le moins, avec la liberté de choisir. Le patron de la marque qui occupe depuis longtemps le sommet de la pyramide est particulièrement bien placé pour faire le tri entre la poésie de la communication, l'imposture et la réalité de la production horlogère. Patek entend vivre avec son temps. Sans renier la tradition qui est un peu son fonds de commerce et auquel elle rend de réguliers et brillants hommages, l'entreprise a fait de gros investissements dans un outil de production très moderne, tandis que son département de recherche et développement guerroie aux avant-postes de la technologie. Le discours et la pratique sont les mêmes au sein de Swatch Group, «la» manufacture suisse, aussi bien dans les ateliers de Breguet que dans les salles blanches d'EM Marin. Rolex ne dit rien, mais n'en pense pas moins de manière identique et, très concrètement, certains de ses «ateliers» évoquent davantage la clinique universitaire que les cabinotiers genevois.

La bonne combinaison La visite de l'outil industriel horloger suisse peut se faire aujourd'hui à deux niveaux. Le circuit touristique privilégie la mise en évidence de l'horloger au travail à son établi, en train de remonter une pièce intéressante, pour une série spéciale ou le service après-vente. Les ateliers d'assemblage seront traversés pour donner le sentiment d'un certain volume de production, avant de s'attarder au gravage, au perlage et au polissage, là où la main de l'homme ne saurait être remplacée.

Un autre parcours pourrait être fait, là où se poursuivent les recherches et les développements de pointe, à l'abri des regards, pour d'évidentes raisons de confidentialité, mais aussi parce que l'image est moins conforme à l'attente du profane, plus difficile à comprendre. C'est pourtant bien là que l'avenir de la branche se joue, dans l'élaboration d'une roue d'ancre en silicium chez Patek ou la réalisation d'un échappement en diamant synthétique chez Ulysse Nardin, pas pour se distinguer absolument ou pour la beauté du geste, mais parce que les qualités intrinsèques de ces matériaux offrent de réelles perspectives à l'horlogerie mécanique.

Dans cette voie, les horlogers disposent de complices dans un environnement helvétique très favorable et prometteur, avec des partenaires tels que l'Institut de microtechnique de l'Université de Neuchâtel, le CSEM (Centre suisse d'électronique et de microtechnique) également à Neuchâtel ou l'EPFL à Lausanne.

Cette visite du deuxième type, jalonnée d'observations au binoculaire qui vous propulsent dans un autre monde est déconcertante, mais vous donne à penser que l'horlogerie suisse est loin d'avoir dit son dernier mot. Enchaînez avec une tournée des ateliers des créateurs indépendants, ces êtres de chair, d'os, d'invention et de doigté, qui continuent à inventer des mécanismes dans le prolongement naturel de la tradition horlogère. Ces horlogers-là font l'admiration des connaisseurs asiatiques et du potentiel de clientèle qu'ils représentent. Votre sentiment se mue alors en conviction. L'avenir de l'horlogerie suisse passe par la combinaison de ces deux démarches . | J.-Ph.A

Tradition L'assemblage et le réglage des pièces compliquées se font

encore à la main,

le «micros» vissé à l'oeil.

Dynamisme Vacheron Constantin a investi 35 millions dans son nouveau siège genevois.

Foire Bâle, vitrine d'une industrie qui jouit d'une euphorique croissance en valeur.

High tech Les créateurs de mouvements travaillent aujourd'hui sur ordinateur et en 3D.

tribu des entrepreneurs Efraim Grinberg

47 ans

PDG de Movado Group

Né à Cuba, il vit à New York, où sa famille a immigré en 1960. Efraim Grinberg est président et directeur exécutif depuis 1990 du Movado Group, qui comprend aussi les marques Concord, acquise par son père en 1970, et Ebel depuis l'an dernier. Dans une gamme différente, les marques ESQ, Coach Watches et Tommy Hilfiger font également partie du groupe. Il est secondé par Philippe Dubois, vice-président international des ventes et marketing. Autre personnalité du groupe: le designer Florian Strasser, qui insuffle des lignes fortes aux garde-temps de Movado et Concord.

Luigi Macaluso

57 ans

PDG de Girard-Perregaux

Ce Turinois, ancien pilote de voiture, a une formation d'architecte. Très jeune, il a été directeur de la filiale italienne de la SSIH. Il se rapproche de Girard-Perregaux en 1987, et l'acquiert en 1992. Il y a six ans, son fils cadet l'a rejoint chez GP, devenant en 2003 le responsable de JeanRichard, la deuxième marque de la famille. Son fils aîné, Stefano, est à son tour entré chez GP en 2003. Figure incontournable de La Chaux-de-Fonds et de l'aventure GP depuis 1992, Sylvie Rumo, directrice, a été durant douze ans la proche collabo- ratrice du boss.

Chef de file Rolf Schnyder

70 ans

PDG d'Ulysse Nardin

Rolf Schnyder restera sûrement dans les annales de l'histoire horlogère comme le Zorro d'Ulysse Nardin: en 1983, quand il rachète la marque à l'agonie depuis plusieurs années, il n'y a plus que deux employés! Aujourd'hui, Ulysse Nardin emploie 170 personnes entre La Chaux-de-Fonds et Le Locle pour un chiffre d'affaires de 77 millions en 2004, ce qui représente environ 14 000 garde-temps. Mais, avant de rendre son âme à une marque connue jadis pour ses chronomètres de marine et lui offrir un nom ces quinze dernières années dans la belle horlogerie mécanique, Rolf Schnyder a réalisé sa carrière en Thaïlande et en Malaisie. Il vit d'ailleurs avec sa famille à Kuala Lumpur, d'où il exerce son rôle de patron à plein temps. Dans les années 60, il a été le premier Suisse à fabriquer dans le s ud-est asiatique des composants pour l'horlogerie suisse, devenant ainsi un partenaire important des cadraniers. Sa rencontre avec Ludwig Oechslin a permis à Ulysse Nardin de réaliser des merveilles d'horlogerie compliquée. Rolf Schnyder est aussi un fervent adepte de la technologie d'avant-garde qui protège les garde-temps de la copie. A ses côtés, Suzanne Hurni, son bras droit, est présente depuis 1983.

Michel Parmigiani

55 ans

Patron de Parmigiani

Constatant avec regret, en 1975, que la montre a perdu sa valeur de patrimoine, Michel Parmigiani se lance dans la restauration, pour redonner vie à quatre cent cinquante ans de chefs-d'oeuvre. Il travaille alors seul, à Fleurier. Vingt ans plus tard, lorsque la Fondation Sandoz prend la majorité de son capital, sa petite entreprise occupe une trentaine de personnes. Aujourd'hui, la marque Parmigiani Fleurier compte plus de 230 employés, pour une production de quelque 2000 montres par an, sans compter les milliers de mouvements produits pour d'autres.

Cinette Robert

60 ans

CEO de Dubey & Schaldenbrand

Cinette Robert est unique. Elle a imposé son savoir-faire dans un milieu très réfractaire aux femmes. Elle crée de belles montres mécaniques sous le label de Dubey & Schaldenbrand, marque fondée en 1946 qu'elle acquiert en 1995 pour lui rendre ses lettres de noblesse. Spécialiste en montres anciennes, respectueuse de la haute tradition horlogère, cette femme discrète installée aux Ponts-de-Martel (NE) a reçu la flatteuse Distinction IIPP (Institut international de promotion et de prestige) à fin 2004.

Carlos Dias

51 ans

PDG de Roger Dubuis

La rencontre du financier Carlos Dias, enrichi dans le meuble et la mode, et du créateur horloger Roger Dubuis a débouché sur une formidable aventure industrielle. De trois sur la ligne de départ en 1995, le personnel de l'entreprise se multiplie par cent en dix ans. Lorsqu'il prend sa retraite, en automne 2003, Roger Dubuis laisse à son ami portugais une manufacture ultramoderne, installée à Meyrin, dont la production - bien implantée dans le haut de gamme et faite de modèles produits à 28 exemplaires seulement - double, ou presque, chaque année.

Vartan Franck Sirmakes Muller

60 ans 47 ans

CEO de créateur

Franck et

Muller actionnaire

L'association de Vartan Sirmakes, homme d'affaires d'origine arménienne, avec l'horloger suisse Franck Muller a duré douze ans (1991-2003) et conduit au dévelop-pement fulgurant de Franck Muller WatchLand, à Genthod. Dernier épisode en date: l'intégration du bureau de design et de la marque Rodolphe. Désormais, le groupe repart donc sur de nouvelles bases, oubliant les graves litiges qui ont opposé les deux hommes. Vartan Sirmakes conserve le contrôle opérationnel et Franck Muller reste actionnaire et, officiellement, collaborateur extérieur.

tribu des managers Norbert Platt

58 ans

CEO de Richemont

Dans la constellation Richemont (17 griffes), les têtes changent beaucoup, depuis quelques années. En septembre dernier, Johann Rupert, qui occupait les fauteuils de président du conseil et de CEO, a cédé le second à Norbert Platt. Ingénieur en mécanique de précision, cet Allemand est notamment passé chez Leica et Rollei, avant de prendre, en 1987, la direction de Montblanc International, dont il a fait la deuxième marque de la famille Richemont, derrière Cartier. Norbert Platt a été rejoint au comité directeur par Richard Lepeu, responsable financier.

Jean-Christophe Babin

46 ans

PDG de TAG Heuer

Le Français Jean-Christophe Babin a rapidement su s'imposer au sein d'une des principales marques du groupe LVMH. Etabli à Morges, où ce fou de voile possède un bateau, il dirige depuis novembre 2000 le numéro quatre du marché mondial de l'horlo-gerie de luxe. Il a tout compris du marketing: formé au sein des grands noms de la consommation tout public (Procter & Gamble, Henkel), il s'est adapté au monde de l'horlogerie en associant la marque au champion de golf Tiger Woods ou à des pilotes de Formule 1.

Georges-Henri Meylan

60 ans

CEO du groupe Audemars Piguet

Enfant du pays, Georges-Henri Meylan a des responsabilités

à la vallée de Joux, chez Audemars Piguet depuis vingt ans. Il les a partagées avec Steve Urquhart durant dix ans avant de devenir administrateur délégué en 1997. Passionné de golf, il est marié et père de trois grands enfants. Autre figure d'AP, l'arrière-petite-fille de Jules Louis Audemars, Jasmine Audemars, est depuis plus de dix ans présidente du conseil d'administration. Sa carrière, elle l'a accomplie dans le journalisme: rédactrice dès 1968 au Journal de Genève, elle en fut la rédactrice en chef de 1980 à 1992.

Roland Streule

59 ans

CEO de Rado

Roland Streule appartient à la vieille garde des dirigeants des marques historiques de Swatch Group. Mais ce Bâlois qui a complété des études en management et en marketing à Lausanne, Saint-Gall et Zurich est aussi, au sein de la direction générale du groupe biennois, à la tête des divisions belge et hollandaise ainsi que de la marque Hamilton. C'est en 1978 que Roland Streule entre chez Rado. Dix ans plus tard, il en devient le boss.

Walter von Känel

64 ans

Directeur général de Longines

Né en Allemagne, Walter von Känel a passé son enfance dans le Jura bernois. Après un apprentis-sage de commerce, il travaille pour l'administration fédérale, puis pour la fabrique de cadrans et de boîtes de montres Jean Singer SA à La Chaux-de-Fonds. Il est engagé en 1969 par la marque de Saint-Imier. Cet ancien officier de l'armée, passionné de tir, de ski de fond et d'histoire se dit toujours «fasciné par l'horlogerie». Membre de la direction élargie de Swatch Group, il supervise les marchés de l'Europe de l'Est et de la Russie.

Chef de file François Thiébaud

58 ans

Président de Tissot

François Thiébaud préside Tissot, supervise Certina et Mido, trois marques de Swatch Group. Né à Besançon, où il a fait des études de droit, il a passé ensuite par l'ICG (Institut de contrôle de gestion) à Paris, avant d'entrer dans le monde de l'horlogerie, dont il n'est plus sorti. Il travaille d'abord chez Rectius-Hora (société française spécialisée dans la production des montres de volume Roskopf). A la sortie de la crise des années 70, il est manager chez Breitling, puis relance la marque Juvenia, avant de reprendre en 1996 la direction de Tissot. Passionné d'aviation, il est aussi curieux de la micro- électronique appliquée à l'horlogerie. Raison pour laquelle, en 1998, il n'hésite pas à se lancer dans l'aventure de la T-Touch, la montre tactile de l'an 2000: par simple pression sur la glace, altimètre, chronographe, alarme, boussole, baromètre ou encore thermomètre sont alors actionnés: «C'était innovant et ludique, il n'y a aucune difficulté de fonctionnement», admire encore aujourd'hui celui qui compare les directeurs d'entreprise à des «chefs d'orchestre», et qui exerce bon nombre d'autres responsabilités dans le milieu horloger. Tissot, a fêté ses 150 ans en 2003.

Philippe Pascal

51 ans

Président du pôle horloger de LVMH

Philippe Pascal succède à Christian Viros en 2001. Si Bernard Arnault nomme cet expert en construction des marques à ce poste, c'est dans l'objectif de donner une cohérence à la kyrielle de marques, telles que Zenith, Tag Heuer, Dior ou Chaumet, en commençant par vendre Ebel. Philippe Pascal rejoint LVMH en 1994, en tant que PDG de Veuve Clicquot Ponsardin, pour devenir président de la division Vins et spiritueux du groupe. Ingénieur en agriculture, le Français a fourbi ses armes à la direction des champagnes Mumm et au sein du géant américain Seagram.

Claude-Daniel Proellochs

62 ans

Directeur général de Vacheron Constantin

C'est l'un des rares qui soient restés au commandement d'un navire de la flotte Richemont malgré les vents et tempêtes qui l'ont secouée ces dernières années. Après de longs passages chez Omega et Eterna, qu'il dirige de 1982 à 1988, le Neuchâtelois Claude-Daniel Proellochs, prend les rênes de Vacheron Constantin. Résultat: entre 1989 et 2001, les ventes de la marque quadruplent (plus de 13 000 pièces par an). Du coup, Vacheron Constantin s'offre une superbe manufacture à Plan-les-Ouates fête brillament cette année son 250e anniversaire.

Stephen Urquhart

59 ans

Directeur général d'Omega

Cet Ecossais né à Trinidad, formé dans les écoles anglo-saxonnes et à l'Université de Neuchâtel, a consacré toute sa carrière au service de l'horlogerie. A l'âge de 22 ans, il décroche son premier poste chez Omega. Et chez Audemars Piguet, il gravira les échelons jusqu'au sommet pour codiriger la manu- facture en duo avec Georges-Henry Meylan. Eminence grise de l'industrie membre du directoire élargi de Swatch Group, à la rescousse de Jean-Claude Biver, il dirigera Blancpain. Mais en 1999, le stratège reprend la barre d'Omega.

Arlette Emch

55 ans

Membre de la direction du Groupe Swatch

Dans le cadre de son activité de journaliste, Arlette Emch croise le chemin de Nicolas Hayek. Une rencontre déterminante pour cette femme de défi qui reprend la direction de la communication du groupe biennois en 1992. Cinq ans après, elle lancera avec succès la marque Calvin Klein Watch. En moins de sept ans, elle se hisse à la direction générale du Groupe Swatch. A la tête de Dress Your Body, pôle joaillier des marques maison, Arlette Emch prévoit de lancer mille projets dont un centre de production à Cormondrèche.

Jérôme Lambert

36 ans

CEO de Jaeger-LeCoultre

Lorsqu'il s'assied dans le fauteuil de directeur général de Jaeger-LeCoultre, en novembre 2001, Jérôme Lambert a tout juste 33 ans. Et c'est une marque au blason redoré qu'il reçoit des mains de l'auteur de ce renouveau, Henry-John Belmont, alors appelé à reprendre la tête de la division horlogère du groupe Richemont, à la suite du décès prématuré de son directeur, Günter Blümlein. Jérôme Lambert poursuivra l'oeuvre de son ex-patron, confirmant à son tour la renaissance de la manufacture du Sentier.

Philippe Léopold-Metzger

51 ans

CEO de Piaget

Voilà près d'un quart de siècle que Philippe Léopold-Metzger est entré dans la famille Cartier-Vendôme-Richemont. Il y a occupé divers postes à responsabilités, en Amérique du Nord, en Europe et en Asie, avant d'être nommé, à fin 1999, admi- nistrateur délégué de Piaget. Avec le «gardien du temple» Yves G. Piaget, lui-même resté président, il va tenter de donner un coup de jeune à la marque, sans égarer son aura. Tournant le dos à la Côte aux Fées, Piaget s'installe comme tout le monde dans un nouveau bâtiment à Plan-les-Ouates, près de Genève.

Chef de file Bernard Fornas

58 ans

CEO de Cartier

Est-ce parce qu'il a grandi au Maroc que la première boutique africaine de Cartier a été ouverte l'an dernier à Casablanca ? C'était la surprise du chef et les premiers résultats indiquent qu'elle a été appréciée. La famille de Bernard Fornas était dans la viticulture, la banque et la presse. Lui a entamé sa carrière chez Procter & Gamble, après un MBA en management à Chicago. Il l'a poursuivie dans l'International Gold Corporation, puis chez Guerlain. Il devient en 1994 directeur du marketing international de Cartier, dirigées alors par Alain-Dominique Perrin. Il va dès lors occuper différents postes en vue au sein du groupe Richemont. En automne 2002, il cède son fauteuil de directeur-général de Baume & Mercier à Michel Nieto, arrivé en début d'année de Swatch, via LVMH. Bernard Fornas est propulsé à la tête de la marque-phare du groupe qu'il connaît bien, en succédant à Guy Leymarie qui, lui, n'a fait que passer. Fornas a-t-il une bonne étoile ? Tout indique que Cartier est en train de reprendre des couleurs, que son premier ambassadeur, de Genève à Saint-Moritz en passant par Gstaad, le directeur du marché suisse Horst Edenhofer, n'a jamais perdues, ni son sourire d'ailleurs.

georges kern

40 ans

CEO d'IWC

Né à Düsseldorf, la ville chic de la Ruhr allemande, fils de joaillier, Georges Kern a fait ses classes en Allemagne et en France où il a passé son bac, avant de bifurquer vers la Hochschule de Saint-Gall. Comme beaucoup de dirigeants de l'horlogerie, il a fait ses armes dans une multinationale: Kraft Jacobs Suchard, avant de rejoindre LVMH en 1992. En 2000, il passe chez Richemont et reprend, en janvier 2002, les rênes d'IWC, dont il est en passe de faire l'un des piliers du groupe. Il s'apprête d'ailleurs à construire de nouvelles usines à Schaffhouse.

Thierry Nataf

39 ans

CEO et directeur de la création de Zenith

Ingénieur en télécommunications, docteur en marketing, ancien de Thomson, Delsey et ex-PDG de Veuve Clicquot Ponsardin, Thierry Nataf a plus d'une corde à son arc. Lorsque LVMH rachète Zenith en 2001, Bernard Arnault nomme ce communicateur-né à sa tête. Si certains s'amusent de son attitude de showman, aussi exubérante que son prédécesseur François Manfredini était discret, Thierry Nataf a su néanmoins rendre son panache d'antan à la Grande Maison. Cumulant les fonctions, ce patron zélé garde un oeil sur toutes les opérations de la manufacture.

Ulrich W. Herzog

62 ans

Président d'Oris SA

Ulrich Herzog a fait ses écoles à Bâle, puis un apprentissage d'employé de banque. Il a été directeur de production chez Union Trading Co., puis chef des ventes chez Chevron Oil AG à Bâle également. En 1978, il entre en tant que directeur marketing chez Oris à Hölstein et, en 1982, il est partenaire dans le cadre du rachat de la marque par ses cadres. Décentrée par rapport à l'horlogerie suisse, Oris a basé sa renaissance il y a une vingtaine d'années sur ses anciennes ébauches, restant fidèle dès lors à l'horlogerie mécanique.

Franco Cologni

71 ans

Senior Executive Director de Richemont

La carte de visite du milanais Franco Cologni est trop petite pour contenir tous les titres accumulés par cette éminence grise, dont le poids n'a cessé de croître au sein du groupe Richemont, depuis sa nomination, en 1981, à la tête de Cartier International. Mais il fut aussi et surtout grand stratège de la division horlogère du groupe. En été 2004, à l'âge de 70 ans, Franco Cologni a abandonné la plupart de ses fonctions, conservant toutefois la présidence de Vacheron Constantin et de Panerai, sa marque fétiche confiée à son ami et protégé Angelo Bonati.

jean-claude biver

54 ans

CEO de Hublot

Cela a du bon, les années sabbatiques: après avoir dynamisé la marque Blancpain, avant de la revendre à Swatch Group en 1992 tout en continuant à la diriger, Jean-Claude Biver prend du recul à fin 2003. Ce Luxembourgeois qui a travaillé pour Audemars Piguet et Omega retrouve alors Carlo Crocco, fondateur de Hublot. Ce dernier le persuade rapidement de rejoindre, en mai 2004, la direction générale de Hublot. Du Vendée Globe à Bâle, il lui donne une impulsion immédiatement perceptible.

Maximilan Büsser

38 ans

Directeur général de Harry Winston Rare Timepieces

C'est à 31 ans que cet ingénieur en microtechnique formé à l'EPFL, prend les commandes de Harry Winston Timepieces. Leader exigeant, Max Büsser a propulsé la maison de joaillerie américaine dans les hautes sphères de la belle horlogerie technique, multipliant son chiffre d'affaires par sept en sept ans. Le coup de génie de ce prodige formé par Henry-John Belmont chez Jaeger-LeCoultre? La collection Opus. Des garde-temps d'exception réalisés en collaboration avec des créateurs indépendants tel que Journe, Preziuso ou Halter.

tribu des dynasties Theodore Schneider

49 ans

PDG de Breitling

En 1979, Ernest Schneider, ingénieur

éléctronicien et pilote rachète l'entreprise de la famille Breitling, au bord de la faillite. Aujourd'hui, son fils Théodore, aussi discret qu'efficace, a pris le relais. Référence horlogère des pilotes, l'histoire de Breitling est jalonnée de modèles utiles et prestigieux qui leur sont dédiés, comme le Chronomat dans les années 40 ou plus tard la Navitimer, tous deux munis d'une règle à calcul. L'image de la marque a été rafraîchie et dopée par le tour du monde en ballon réussi en 1999 par Bertrand Piccard et Brian Jones à bord du Breitling Orbiter.

Philippe Thierry Stern Stern

66 ans 35 ans

Propriétaire Membre du et président directoire de de Patek Philippe Patek Philippe et responsable de la création

Au début des années 30, Charles Stern rachetait Patek Philippe, marque réputée fondée en 1839, mais qui se trouvait en difficulté, comme tant d'autres. Depuis lors, la dynastie Stern règne, de père en fils, sur la prestigieuse maison, dont aussi bien les montres de poche que les montres-bracelets ont pulvérisé ces dernières années tous les records dans les ventes aux enchères. Après Charles, ce fut Henri, auquel succéda, en 1977, Philippe. Sportif émérite, qui s'est notamment illustré dans la voile sur le lac Léman, l'actuel président et stratège a réunifié la manufacture sur un seul site, à Plan-les-Ouates, et réalisé le musée de la marque, à Plainpalais, qui abrite une fabuleuse collection de montres genevoises et la plus grande bibliothèque horlogère du monde. Il s'apprête à remettre bientôt les clés à Thierry, déjà membre du directoire, après lui avoir transmis les valeurs de l'entreprise familiale, farouchement indépendante.

patrick heiniger

55 ans

CEO de Rolex

Patrick Heiniger est à la tête d'une des plus mythiques et des plus secrètes entreprises horlogères de Suisse. Né en Argentine, il succède en 1992 à son père André Heiniger, qui avait lui-même dirigé la marque pendant près de trente ans. Entre Genève et Bienne, le groupe occupe environ 5000 personnes. Cette année, ce groupe qui est le plus gros contribuable du canton de Genève devient centenaire et prépare l'inauguration de ses nouveaux sites genevois qui ont représenté un investissement d'environ 2 milliards de francs sur dix ans.

Francesco Trapani

48 ans

CEO du groupe Bulgari

Descendant de la dynastie d'orfèvres grecs Bulgari, Francesco Trappani reprend les rênes de la maison familiale en 1984, dans le sillon de ses oncles Paolo et Nicola Bulgari respectivement président et vice-président. Grâce au rachat de Gérald Genta et Daniel Roth en 2002, ce fin stratège a consolidé le profil horloger du groupe. Fort des ces deux marques fondues en une nouvelle société baptisée Daniel Roth et Gérald Genta Haute Horlogerie SA, que Gérald Roden dirige à la vallée de Joux. Le groupe basé à Neuchâtel emploie dorénavant plus de 500 personnes.

Karl-friedrich caroline gruosi scheufele scheufele

47 ans 43 ans

Vice-président vice-présidente de Chopard de Chopard

Frère et soeur, ils dirigent la maison Chopard, même si leurs parents, Karl et Karin Scheufele, ont encore un oeil sur l'entreprise, qui occupe 1100 salariés. Caroline s'est illustrée en créant des modèles féminins à succès, tels que la Happy Diamonds et ses pierres baladeuses entre la glace et le cadran. Chaque année, elle rejoint les stars du Festival de Cannes, dont la palme a été redessinée par Chopard, un coup de maître. Moins médiatisé, Karl-Friedrich s'est acquis le respect de ses pairs en créant une vraie manufacture à Fleurier pour y développer et produire des mouvements mécaniques maison. Deux modèles dotés d'un calibre L.U.C ont été sacrés Montres de l'année par Montres Passion. Côté paillettes, côté pignon, l'objectif est atteint: l'image de la marque est au plus haut. Le mari de Caroline, Fawaz Gruosi, est lui aussi à la tête d'une marque de joaillerie, De Grisogono qui, depuis cinq ans, s'illustre dans la haute horlogerie. Elle a fait sensation ce printemps avec un modèle très original, une répétition minutes dont le cadran s'ouvre comme le diaphragme d'un appareil photographique.

Severin Wunderman

67 ans

Président de Corum

Un personnage fascinant. Né à Bruxelles, émigré durant la guerre en Californie, il y fourbit ses armes commerciales. Dès la fin des années 60, à partir d'une petite entreprise de «private label» suisse, il va faire le succès mondial des montres Gucci, qu'il dessine, fabrique et vend à des millions d'exemplaires durant vingt-cinq ans. Quand Gucci rachète sa licence en 1997, il prépare en douce un spectaculaire come- back. Ce sera en 2000 sous le pavillon de Corum, dont il a cédé la barre à son fils Michael l'an dernier, tout en restant à bord.

tribu des grands propriétaires johann rupert

54 ans

PDG du groupe Richemont

Représentant d'une richissime famille sud-africaine qui possède Richemont, Johann Rupert a participé en 1999 à la décision la plus stratégique du groupe: lâcher le tabac pour se concentrer sur la joaillerie, l'horlogerie de luxe et les instruments d'écriture. Avant, la holding possédait deux pôles: le luxe (regroupé au sein de Vendôme), et le tabac (groupe Rothmans), qui a rejoint le géant British American Tobacco. Depuis, Richemont, dont la direction générale est présidée par Johann Rupert, ne cesse de réduire sa participation au sein de BAT.

Bernard Arnault

56 ans

CEO de LVMH

Sorti de Polytechnique, Bernard Arnault fait de l'entreprise familiale de travaux publics une société de promotion immobilière, Ferinel. En 1984, il rachète l'empire Boussac, qu'il recentre autour de Dior, avant de s'attaquer à LVMH, dont il prend le contrôle en 1989. Dix ans plus tard il rachète Ebel, Zenith et Chaumet, puis Tag Heuer, constituant un pôle horloger significatif. Même Louis Vuitton se mettra à l'horlogerie. En 2003, Ebel est cédée à Movado Group, tandis que les montres Louis Vuitton font un malheur dans les boutiques.

Chef de file Nicolas Hayek

77 ans

Président de Swatch Group

Nicolas Hayek est incontestablement la figure de proue de l'horlogerie suisse ainsi qu'un des chefs d'entreprise les plus influents du pays. Bienne, sa ville de coeur, vient de lui témoigner sa reconnaissance en le gratifiant du titre de citoyen d'honneur. Après avoir repris en 1985, avec des investisseurs suisses, la majorité du capital de la société issue de la fusion entre les deux géants endormis de l'horlogerie helvétique (Asuag et SSIH), l'habile Biennois l'a transformée en machine de guerre pour riposter aux groupes japonais misant sur le quartz. Son atout, ce fut la Swatch rigolote, bon marché et fonctionnant, précisément, au quartz. Vingt ans plus tard, le Swatch Group réunit 18 marques (dont Omega, Tissot et Longines), emploie près de 20 000 collaborateurs et réalise un chiffre d'affaires d'environ 4 milliards de francs. Son fils et son petit-fils sont désormais aussi aux commandes du groupe. Nick Hayek en préside la direction générale depuis 2003, et s'occupe également de trois pays: l'Italie, l'Allemagne et l'Autriche. Quant à Marc Alexander Hayek, il est en charge, depuis 2001, de la prestigieuse marque Blancpain, ainsi que de la région Moyen-Orient.

tribu des créateurs Rodolphe Cattin

47 ans

Patron de Rodolphe

Formé à l'Ecole d'art appliqué de La Chaux-de-Fonds, puis chez Omega comme prototypiste, Rodolphe Cattin a oeuvré pour Longines avant d'ouvrir un bureau de design. Constatant que «nul n'est prophète en son pays», il s'est imposé ailleurs. Aujourd'hui, son équipe d'une quinzaine de personnes signe le design de quelque 6 millions de montres vendues annuellement dans le monde sous les marques Esprit, Cerruti, Breil, Carrera, Wyler Vitta, entre autres. Ajoutez à cela sa propre marque, Rodolphe bien sûr. Il vient de céder la majorité au groupe Franck Muller.

Ludwig Oechslin

53 ans

Conservateur du Musée international de l'horlogerie

Né en Italie, le conservateur du MIH de La Chaux-de-Fonds a une licence en archéologie, grec et histoire ancienne, un doctorat en physique théorique. Cette encyclopédie vivante devient maître horloger et professeur associé à l'Université de Fribourg. Auteur de nombreuses publications, il a reçu plusieurs récompenses pour ses recherches. Pour Ulysse Nardin, marque à la renaissance de laquelle il est lié, il a créé une série de modèles prestigieux et complexes, dont la trilogie Astralobium, Planetarium, Tellurium, et la Freak révolutionnaire.

François-Paul Journe

48 ans

Patron de Montres Journe

Né à Marseille, où il est tombé dans la potion en fréquentant l'Ecole d'horlogerie, ce Francais émigre en Suisse, en 1989. A Sainte-Croix d'abord, où il fonde, avec quelques partenaires, une petite manufacture de calibres exclusifs pour les grandes griffes. A Genève ensuite, où il crée, dès 1996, sa propre entreprise, puis ses propres créations et collections, sous la marque FP Journe - Invenit et Fecit (Inventé et Fait). Véritable artiste horloger, mais aussi féru de haute technologie, François-Paul Journe marie avec talent tradition et innovation.

Marco et Renato Scarinzi

47 ans, 43 ans

Designers et patrons de Scarinzi SA

En mai 1999, les deux frères Scarinzi, Renato et Marco, fondent à Bienne une entreprise de design de l'habillement horloger. L'un et l'autre sont issus du Technicum de Bienne puis du milieu horloger (Rado, Sector, Longines). Ils modélisent en 3 D de futurs produits horlogers, en anticipant les inévitables problèmes de faisabilité des projets. Parmi leurs clients actuels: Certina, Ebel, Juvenia, Louis Erard, Milleret, Tag Heuer, Victorinox, Swiss Army, Vogard, entre autres.

Chef de file Philippe Dufour

57 ans

Horloger indépendant

Le maître incontesté de la haute horlogerie traditionnelle. Horloger-rhabilleur EHS avec mention à 19 ans, il a travaillé pour des grandes marques de la vallée de Joux, sa terre natale, avant de partir aux Caraïbes et dans le Pacifique, pour General Watch et Bulova. A son retour, dans les années 70, il restaure des montres anciennes et compliquées de grande valeur, puis se met à son compte malgré la mauvaise conjoncture. Au début des années 80, il réalise en montre de poche une répétition minutes à grande et petite sonneries, ce qui représente 2000 heures de travail. Il en fera trois exemplaires et remporte en 1992 à Bâle la Médaille d'or de l'innovation technique pour la version bracelet. Rien dès lors n'arrêtera cet horloger, devenu entre-temps le héros d'une bande dessinée japonaise! Il sort en 1996 sa fameuse Duality, la première montre-bracelet à double régulateur. Chacune de ses montres est un hommage à la technique. Loin des sentiers battus, Philippe Dufour a toujours une mesure d'avance: à l'heure où chaque marque concocte un tourbillon, Dufour réalise une montre mécanique toute simple, Simplicity. D'ailleurs, son carnet de commandes est plein jusqu'en 2008.

Jörg Hysek

52 ans

Patron de Jörg Hysek SA et Teamstyling

D'origine Berlinoise, réfugié politique en suisse, Jörg Hysek a étudié la micromécanique au Technicum de Bienne, la bijouterie à Pforzheim puis les beaux-arts à Londres. Le jeune créateur fait ses armes au sein du département de design horloger de Rolex. Indépendant plébiscité, il dessinera des modèles pour Ebel, Cartier, Tag Heuer ou Breguet. Ce designer avant- gardiste finira par lancer sa propre marque en 1996. Aujourd'hui, sa compagne, Valérie Ursenbacher, dirige Teamstyling, son atelier de design.

Vincent Calabrese

61 ans

Créateur de Nouvelle Horlogerie Calabrese

Né en 1944 à Naples, émigré en Suisse à l'âge de 17 ans, il est horloger autodidacte, indépendant depuis 1977. Grand sorcier de l'horlogerie ludique, il a créé des mouvements aériens, dont l'un est à l'origine de la Golden Bridge de Corum. Son credo est de révéler le travail de l'artisan d'ordinaire caché par le cadran. Le Tourbillon Volant (1985) fait partie d'une collection qui compte d'innombrables complications. Cofondateur de l'Académie horlogère des créateurs indépendants, il a reçu plusieurs prix. La marque Nouvelle Horlogerie Calabrese, a vu le jour en 2004.

Svend Andersen

61 ans

Patron d'Andersen Genève SA

Après un apprentissage d'horloger au Danemark, Svend Andersen revêt la fameuse blouse blanche pour Gübelin, puis pour Patek- Philippe. Il monte son propre atelier en 1979. Baptisé l'horloger de l'impossible, le danois a inventé et construit la première montre à calendrier perpétuel, programmé pour quatre siècles ainsi que la plus petite montre à calendrier du monde. Son violon d'Ingres? Les montres érotiques. S'il a créé l'automate horloger grivois le plus animé jamais conçu, sa pièce représentant Monica et Bill reste celle qui a le plus attiré l'attention.

tribu des promoteurs Sylvie Ritter

34 ans

Directrice de Baselword

C'est elle, une dame, et Française de surcroît, même si elle est née sur la frontière bâloise, côté Hexagone, qui est à la tête de la plus grande manifestation horlogère mondiale, Baselword. Après des études d'économie à Strasbourg puis Fribourg en Brisgau, elle entre dans la grande bastringue de Bâle en 1994 pour une étude de délocalisation. Soutenant l'idée d'un salon vivant au coeur de la cité, cette pragmatique y a fait sa place, et la voici au sommet. Elle a succédé à René Kamm.

Jean-Daniel Pasche

49 ans

PDG de la Fédération de l'industrie horlogère suisse (FH)

Ambassadeur de l'industrie horlogère, Jean-Daniel Pasche a succédé à François Habersaat en 2002. A coups de restructurations et de modernisations, ce Vaudois a su donner un nouveau souffle à l'association qui défend les intérêts de plus de 500 horlogers suisses. L'une de ses grandes victoires? La destruction de 400 000 contrefaçons à Dubaï en 2003. Rien d'étonnant à ce que ce docteur en droit, ancien vice-directeur de l'Office fédéral de la propriété intellectuelle ait fait de la lutte contre la contrefaçon son cheval de bataille.

oswaldo patrizzi

59 ans

Président d'Antiquorum

Sans lui, le monde de l'horlogerie ne serait pas ponctué de ces rendez-vous uniques, où une montre, à une heure, à une minute précise, bascule dans l'histoire. C'est au cours d'une vente aux enchères mise sur pied en avril 2002 par Antiquorum qu'une Patek Philippe de 1939 a trouvé un autre poignet pour la somme record de 6 603 500 francs. Cela n'empêche pas ce cordial Milanais installé à Genève depuis 1974 de garder la tête sur ses épaules. Son prochain défi: une vente unique pour les 250 ans de Vacheron Constantin, dimanche 3 avril à Genève.

renÉ beyer

64 ans

Patron de Beyer

Chronométrie

Au coeur de Zurich - sur la Bahnhofstrasse, of course - la maison Beyer est considérée comme le plus ancien magasin de montres du pays. Derrière le comptoir, René Beyer appartient à la septième génération de cette dynastie de commerçants passionnés par l'horlogerie. A tel point que l'arcade abrite, dans son sous-sol, un musée garni de 500 pièces de 1400 à nos jours. Une exceptionnelle exposition consacrée à Breguet y a été présentée l'an dernier.

tribu des fournisseurs jean-f. et muriel ruchonnet

39 ans et 38 ans

CEO de DMC Group

Jean-François Ruchonnet a été plongé tout gamin dans le monde de l'horlogerie. Son grand-père a enseigné à l'Ecole d'horlogerie française de Cluses. Après avoir dirigé le département R&D de Chopard, il décide, en 2000, de voler de ses propres ailes. Il fonde DMC, une société d'avant-garde dans le secteur de l'imagerie virtuelle. Et le révolutionnaire concept V4 de Tag Heuer, c'est lui. Descendant du conseiller fédéral vaudois Louis Ruchonnet, ce bouillant Français à la créativité débordante peut aussi compter sur l'appui de sa femme Muriel, artiste peintre.

Christophe claret

42 ans

Patron de Christophe Claret sa

Aussi doué pour la gestion que la haute horlogerie, Christophe Claret, dirige la manufacture dont il est actionnaire unique. Formé à l'Ecole d'horlogerie de Genève, ce Lyonnais crée sa société de mouvements à complications en 1989. Installée dans un magnifique manoir du Locle, elle emploie aujourd'hui 80 collaborateurs et fournit des marques réputées, telles que Girard- Perregaux , Parmigiani ou De Grisogono. Le calibre dont l'orfèvre est le plus fier? Une montre musicale à 20 lames extrêmement sophistiquées.

Le chef de file Mougahed Darwish

61 ans

Directeur général de Swatch Group

Né au Caire, venu en Suisse pour faire des études d'ingénieur à l'EPFL, il est resté dans ce pays dont il a acquis la nationalité. Voici vingt-cinq ans qu'il est entré comme chef de projet chez EM Marin, dont il assume la direction depuis 1985. Sa récente nomination à la direction générale de Swatch Group symbolise l'importance accordée par le numéro un de l'horlogerie suisse au secteur électronique, qui emploie quelque 2000 personnes dans une demi-douzaine de sociétés. Mougahed Darwish y représente toute cette mouvance technique et particulièrement ces sociétés qui fournissent à ETA les composants lui permettant de produire, en les assemblant, ses mouvements à quartz. Seul fabricant suisse de circuits intégrés, EM Microelectronic Marin en produit un demi-milliard par an, exclusivement destinés à ETA. Elle réalise également les affichages à cristal liquide, toujours pour son client préféré, mais qu'elle vend également à l'extérieur du groupe. Les sociétés soeurs fournissent le quartz (Oscilloquartz) et la batterie (Renata), et c'est grâce à ces fournisseurs qu'ETA devient à son tour le principal fournisseur de l'horlogerie suisse. Il faut noter qu'une minorité des produits d'EM Marin sont destinés au secteur des montres, et qu'on les retrouve dans les téléphones portables ou les brosses à dents.

jean-philippe dubois

48 ans

CEO de Dubois Dépraz

Les Dubois ne jurent qu'à travers un seul mot: l'indépendance. En plus de cent ans d'existence, la maison Dubois Dépraz SA, fabricant de chronographes et de montres mécaniques compliquées, est parvenue à rester en mains familiales, alors que bon nombre de ses concurrents tombaient dans l'escarcelle d'un grand groupe. Entré dans la société en 1987, Jean-Philippe Dubois dirige cette entreprise qui emploie 170 collaborateurs, épaulé par son frère cadet Pascal Dubois, 41 ans. Des usines du Lieu sortent chaque année entre 70 000 et 80 000 mouvements.

Giulio Papi

39 ans

Directeur technique de l'atelier Audemars Piguet (Renaud et Papi) SA

Formé au Technicum de Genève, Guilio Papi s'aguerrit au sein de la manufacture Audemars Piguet, où il rencontre son compère Dominique Renaud. Ensemble, ils fondent un atelier de complication en 1986. Ces jeunes maîtres de la précision ne tardent pas à s'imposer comme les leaders du mouvement. En 1992, AP, leur principal client, acquiert la majorité des parts de la société. Dominique Renaud retiré dans le sud de la France, Giulio Papi, reste le seul maître du nouveau site de production loclois.

Faire le tri entre la poésie de la communication, l'imposture et la réalité de la fabrication.

En termes de volumes de production, les jeux sont faits, ailleurs et par d'autres.

Les plus grandes réussites ont souvent été le fruit d'une collaboration féconde entre un brillant horloger et un excellent vendeur.





Partager: Partager sur Facebook Partager sur Delicious Ajouter aux favoris Google Ajouter aux favoris Yahoo! Partager sur Twitter Partager sur Yahoo Buzz Partager sur Myspace   Aller en haut de page Haut de page




Inscrivez-vous à notre newsletter afin de recevoir en primeur le sommaire de la semaine ainsi que nos offres spéciales.