Grèce
Les racines de la tragédie

Par NICOLAS VERDAN - Mis en ligne le 13.07.2011 à 11:30

Comment le pays dont la mythologie a nourri l’histoire continentale a-t-il pu en arriver là? Du viol d’Europe, au philhellénisme des élites européennes, en passant par l’Empire ottoman et la dictature, autopsie d’un malentendu.

La Grèce, dites-vous? La crise, le chaos: deux mots aux racines grecques pour évoquer la… tragédie qui frappe aujourd’hui ce pays. Encore un nom d’origine grecque quand il s’agit de qualifier la situation actuelle de cet Etat membre de l’Union européenne. La Grèce et l’Europe, une vieille histoire de mœurs.

«NOUS AVONS DONNÉ LA CITOYENNETÉ AMÉRICAINE À CE FILS DE PUTE, N’EST-CE PAS? IL ÉTAIT AMÉRICAIN AVEC TOUS LES DROITS, IL A JURÉ ALLÉGEANCE AU DRAPEAU. ET IL A ABANDONNÉ LA CITOYENNETÉ AMÉRICAINE, IL A CHOISI DE N’ÊTRE QU’UN GREC.» Le président Johnson à propos d’Andréas Papandréou (père de l’actuel premier ministre)

Selon la version la plus répandue, tout aurait commencé ce jour où Zeus enleva la princesse phénicienne Europe pour la déposer en Crète. Terre ferme où eut lieu le viol de celle qui donna ainsi son prénom au continent.

Premier malentendu? A travers les âges, Hérodote nous fait remarquer qu’Europe est asiatique et qu’elle n’a «jamais mis les pieds dans le pays que les Grecs appellent aujourd’hui Europe.» Le commentaire de l’historien du Ve siècle avant J.-C. n’a pas empêché cette histoire de parvenir jusqu’à nous.

De nos jours encore, comme en témoignent les nombreuses références ponctuant les analyses de la crise, la mythologie est au cœur de cette relation unissant les Occidentaux à la Grèce. Que n’entend-on et ne lit-on pas?

«Angela Merkel ne veut pas jouer les Danaïdes condamnées à remplir sans fin un tonneau percé.» Et, bien sûr, «les Grecs sont condamnés aux travaux d’Hercule». La tâche du Gouvernement grec est souvent comparée à la punition de Sisyphe condamné à faire rouler éternellement un rocher jusqu’en haut d’une colline dont il redescend chaque fois.

Loin d’être innocentes, ces références témoignent d’un inconscient collectif caractérisant la relation des Occidentaux à la Grèce qu’ils considèrent comme le berceau des arts et des idées et le creuset des valeurs de leur société.

Les récits des voyageurs ont toujours été révélateurs de cette quête de l’Antiquité. Daniel Baud-Bovy (1870-1958), directeur de l’Ecole des beaux-arts de Genève, était un alpiniste chevronné. Tout au début du XXe siècle, il a gravi de nombreux sommets grecs.

Le lyrisme imprégnant les récits de Baud-Bovy est symptomatique de ce regard nostalgique porté sur la Grèce: «Tout ce peuple, celui des côtes, de l’intérieur, le pêcheur d’Egine, le laboureur d’Argolide, le berger du Chelmos ou du Parnasse, tout ce peuple a tant d’esprit, d’amabilité, une passion si forte de la liberté, un tel culte de son passé, un tel attachement aux antiques usages. Il exerce l’hospitalité avec la simplicité des héros de l’Odyssée. Mentor et Télémaque ne furent pas mieux accueillis à Pylos que nous à Zéménon.»

Le malaise de Sartre et Beauvoir

Or, pétris de culture classique, en quête des figures mythiques, combien d’écrivains n’ont-ils pas été frappés par la réalité toute différente d’une Grèce pauvre, orientale, découvrant ses habitants épuisés par des occupations successives et par des dirigeants peu en phase avec cette démocratie qui est plus une vue de l’esprit qu’une réalité dans la Grèce du siècle passé.

Simone de Beauvoir accompagnée de Jean-Paul Sartre, en touristes qu’ils étaient en 1937, témoigne de ce désenchantement, exprimé en termes pour le moins crus: «Depuis 1936, Metaxas était dictateur. De temps en temps, on voyait parader sur les places des soldats en jupes plissées; mais Athènes ne semblait pas la capitale d’un Etat militaire; elle était désordonnée, morne et extraordinairement misérable. (…)

Nous éprouvâmes quelque malaise, dans certains quartiers du Pirée, plantés de baraques gaiement peinturlurées, mais dont la pouillerie était affreuse. Les gens parqués dans ces zones ne se sentaient pas au chaud dans la crasse de leur ville comme les Napolitains dans celle de Naples: c’étaient des espèces de bohémiens, des émigrants, des métèques, des épaves, des sous-hommes.»

Les émeutes qui ont dévasté le centre d’Athènes ces trois dernières années suscitent de semblables malaises chez ceux qui n’ont voulu voir de la Grèce que soleil, temples antiques et plages de rêve. Et le trouble n’en est que plus profond quand, face au naufrage de ce pays, le sens commun le perçoit moins comme un Etat membre de l’UE en perdition que comme un héritage qu’il faudrait préserver.

D’où cette question, telle qu’on se la poserait à propos d’un proche parent que l’on croyait connaître et qui nous aurait déçu: comment la Grèce a-t-elle pu en arriver là? Avec du recul, il apparaît que la crise actuelle n’est pas étrangère à l’idée que l’on se fait de ce pays.

Pire, si l’on considère la construction nationale de la Grèce dite moderne, on s’aperçoit que c’est précisément au nom de son illustre passé que son peuple fut trop souvent empêché de sceller lui-même son propre destin.

Pour bien apercevoir la Grèce il faut donc commencer par se débarrasser des clichés, comme le fit Martin Heidegger arrivant en bateau au Pirée en 1962: «Une lumière maussade empêchait de bien voir. Le halo recouvrant la grande ville moderne voilait tout ce qu’il pouvait y avoir de grec. Dans la rade mouillaient des unités de la flotte américaine.

Par-dessus et au-delà de la confusion de la ville portuaire se voyaient tant bien que mal le Lycabette et l’Acropole. Il ne faisait plus le moindre doute que pour permettre au monde grec, à la recherche duquel nous étions, d’affleurer encore à Athènes même, il allait falloir percer à jour tout ce qui n’en était que la façade, mettre de côté tout ce qui ferait diversion, laisser tomber beaucoup d’idées toutes faites.»

Palais allemand

Arrêtons-nous un instant sur l’image télévisée de ce bâtiment jaune, le Parlement devant lequel ont campé ces jours les «Indignés», ces Grecs fatigués de l’alternance des grandes familles politiques au pouvoir. Cette place de la Constitution n’est autre que le parvis de l’ancien palais du roi Otton de Grèce, construit entre 1836 et 1840 et financé par son père Louis Ier de Bavière.

Et cette grande avenue du Stade, bordée de bâtiments néoclassiques où défile la foule en colère? L’œuvre d’architectes allemands et français au service d’une nation que ses nouveaux protecteurs célébraient d’une main sur les encorbellements de façades mais pillaient allégrement de l’autre.

La Grèce moderne s’est construite sur cette dépendance envers des puissances étrangères. En 1930, Fred Boissonnas, photographe genevois, signe un petit opuscule intitulé Le tourisme en Grèce. Il s’y livre à la description de ce qu’il nomme «La Grèce économique».

Où l’on découvre un modèle rappelant celui mis en cause dans la faillite actuelle du pays: «Par son initiative et ses opérations d’escompte, la Banque nationale de Grèce a contribué au développement du commerce et de l’industrie. Elle a fondé l’année dernière [en 1929], en coopération avec des banques anglaises et américaines, une organisation spéciale, disposant de capitaux importants et ayant exclusivement pour but de fournir les fonds nécessaires à l’industrie hellénique.»

Collecteurs d'impôts des Ottomans

La Grèce a aussi toujours souffert de l’absence d’une société civile. La classe dirigeante issue des guerres d’indépendance, qui fut souvent composée de collecteurs d’impôts des Ottomans, voyait l’Etat comme une source de revenus et non comme un instrument de protection et de redistribution des biens. Un système clanique qui a traversé guerres, dictatures, sans varier d’un iota.

Et que d’erreurs ont été commises au nom de cette nation grecque. Célébré comme un héros «fondateur de la Grèce moderne», Eleuthérios Vénizélos (1864-1936) a conduit son pays dans une aventure catastrophique. Soutenu par Paris, celui qui a donné son nom au nouvel aéroport d’Athènes a tenté la reconquête des terres perdues, mythiques d’Asie Mineure.

Résultat: une défaite militaire en 1922 face aux troupes des Jeunes Turcs avec, pour conséquence, un exode monstrueux des populations grecques des territoires turcs. Un million et demi de réfugiés, contraints en quelques jours d’abandonner leurs maisons et de fuir dans une Grèce exsangue qui les parquera sous tente dans ce qui deviendra les nouvelles banlieues d’Athènes et de Salonique.

D’une catastrophe à l’autre, les Grecs vont subir dès 1936 une première dictature, sous la férule du général Metaxas. Proche des démocraties occidentales, mais inspiré par le fascisme italien, ce despote fait une nouvelle fois appel aux fameuses valeurs antiques en créant la «Troisième Civilisation hellénique», mâtinée d’orthodoxie byzantine.

Or, quatre ans plus tard, quand Rome déclare la guerre à Athènes, la Grèce est toujours un pays rural, à la solde de la Grande-Bretagne qui y joue un rôle déterminant sur les plans économique, financier et politique. Et si les années 30 ont vu l’émergence d’une classe de lettrés, écrivains et poètes fameux, un tiers de la population est encore analphabète.

Mais surtout, et l’histoire se répète aujourd’hui, la Grèce est endettée jusqu’au cou. Depuis 1898, le budget national est contrôlé par une commission internationale. En 1932, face à la chute de ses exportations, Athènes s’est déclarée incapable de rembourser les intérêts de sa dette, détenue à 70% par Londres.

En 1936, 40% seront remboursés, ce qui absorbe 34% des ressources étatiques. Et avant d’envoyer ses chars et ses parachutistes, le Reich est déjà à pied d’œuvre en Grèce, important du tabac en Allemagne, qu’il paie en produits industriels, au grand dam des Anglais.

Croix gammée sur l'Acropole

Mussolini voit ainsi dans la Grèce une proie facile, mais mal lui en a pris. La résistance est acharnée. Et les troupes de la Wehrmacht qui suivront les Italiens en feront aussi les frais.

Parmi les «Indignés», l’autre jour à Syntagma, on pouvait voir un certain Manolis Glezos, 89 ans, parlementaire de gauche et écrivain, celui-là même qui déroba le 30 mai 1941 le drapeau à croix gammée flottant sur l’Acropole.

Sous l’Occupation, la famine a tué des milliers d’habitants à Athènes. La répression de la résistance est féroce, en Crète notamment, et tous les juifs de Salonique seront déportés et finiront dans les camps de la mort en Pologne.

Mais dès 1944, la lutte n’oppose plus seulement les Grecs aux Allemands. Elle a vu les Grecs s’entretuer pour l’avenir du pays libéré. Composé essentiellement de communistes, le Front national de libération (EAM), créé en 1941 pour résister à l’occupation nazie, fonde une armée, l’ELAS (Armée populaire grecque de libération). Elle lutte contre le gouvernement de Georges Papandréou, mis en place à la Libération.

La guerre civile, qui oppose en gros communistes et royalistes, commence en 1946. En 1947, un gouvernement provisoire sera créé par les membres communistes de l’EAM. Mais Londres et Washington ont l’oeil sur la carte de l’Europe et ne l’entendent pas de cette oreille. Les troupes anglaises interviennent, soutiennent les royalistes qui défont les communistes. La perspective de voir le berceau de la civilisation occidentale passer dans ce qui se constitue comme le bloc de l’Est inquiète les Alliés.

La chasse aux communistes

En 1949, la Grèce dépend entièrement des Etats-Unis qui l’intègrent avec force dollars dans le capitalisme occidental. Le recours aux fonds étrangers relève petit à petit le pays à bout de souffle. Mais l’aide financière a une contrepartie politique perverse: la chasse aux communistes est impitoyable et les héros de la résistance aux Allemands sont internés dans les camps de concentration des sèches Cyclades qui ne font pas encore rêver les touristes.

L’état de guerre civile dure officiellement jusqu’en 1962 afin de justifier une aide militaire américaine motivée par la guerre froide dont la Grèce est l’otage. Le pays, sous perfusion, se modernise de manière brutale. Athènes en est l’illustration spectaculaire, avec son urbanisation à marche forcée, marquée par un formidable exode rural.

Les troupes allemandes ont détruit plus de 2000 localités et presque un million de villageois ont longtemps dormi dans des abris de fortune. Les autorités, en quête de maind’œuvre bon marché et de fonctionnaires, ne font rien pour les encourager à demeurer dans les campagnes.

C’est aussi l’époque bénie des armateurs, exemptés d’impôts (aujourd’hui encore, alors même que leurs bateaux ne battent plus pavillon grec et que leur fortune fructifie en dehors de Grèce) et qui bâtissent des empires financiers.

Leurs deux figures emblématiques, Onassis et Niarchos, fascinent des Occidentaux avides de soleil et de rêve. Et justement, une nouvelle industrie voit le jour: le tourisme, cette «industrie lourde» de la Grèce, selon les mots de Melina Mercouri, la chanteuse et ministre de la Culture qui rendit populaire les Enfants du Pirée dans les années 60.

Mais aussi belle que soit la carte postale d’Athènes, avec son Acropole dominant désormais des avenues où brillent des calandres de grosses américaines, les tensions restent vives dans le pays.

L'empressement et l'aveuglement

Et déjà, du côté de Paris, l’idée d’une intégration de la Grèce au marché commun agite des esprits marqués par des études classiques. André Malraux rédige alors le texte du premier spectacle «son et lumière» de l’Acropole en 1961. Sur fond de célébration de l’héritage antique, une fois de plus, un accord d’association est signé avec la Commission européenne en 1962.

Acclamé lors de sa visite en Grèce en 1963, Charles de Gaulle, qui étudia lui aussi le grec ancien, sert la main de Constantin Karamanlis, un avocat inconnu venu de Salonique et qui parvient à s’imposer comme premier ministre à la vieille classe politique athénienne.

Mais l’empressement de ces esprits éclairés, qui jugent impensable une intégration européenne sans la Grèce, est aussi un aveuglement face aux réalités de ce pays en proie aux luttes claniques et où la gauche et la droite sont à couteaux tirés.

A Washington, le président Johnson qui n’a rien d’un lettré, s’inquiète en termes peu diplomatiques de la montée en puissance d’un certain Andréas Papandréou (père de l’actuel premier ministre), formé dans les universités américaines et vétéran de la guerre de Corée: «Nous avons donné la citoyenneté américaine à ce fils de pute, n’est-ce pas? Il était américain avec tous les droits, il a juré allégeance au drapeau. Et il a abandonné la citoyenneté américaine, il a choisi de n’être qu’un Grec.»

Cette diatribe, avec le recul, en dit long sur le rôle que va jouer Washington dans le coup d’Etat fomenté par une poignée de colonels avec l’appui de la CIA. Dans la nuit du 20 au 21 avril 1967, des blindés prennent position dans tout Athènes.

La dictature durera sept ans et se terminera avec l’affaire de Chypre. Barbes, cheveux longs et Beatles sont interdits. Mais ces mesures sont le prélude absurde aux tortures et aux camps d’internement.

Le compositeur Mikis Theodorakis, après un passage chez les bourreaux de la rue Bouboulinas et l’emprisonnement, prend le chemin de l’exil en 1970. A Paris, il devient le porte-voix des résistants à la junte. Sa révolte résonne toujours dans les porte-voix de Syntagma où il a parlé ces jours derniers.

Ces années sombres atteignent le comble de l’horreur dans le bain de sang du Polytechnique en 1973, où des chars sont envoyés pour mater la révolte estudiantine.

Une nouvelle génération de politiciens est née. La gauche prépare sa revanche. Six ans séparent la chute de la junte de l’adhésion de la Grèce à la Communauté économique européenne. Une intégration au pas de charge, trop rapide de l’aveu de nombreux économistes qui souhaitaient voir la Grèce réformer son système de clientélisme et moderniser ses institutions.

Mais une fois de plus, le philhellénisme a joué de son influence. Féru de culture classique, le président Valéry Giscard d’Estaing a pesé de tout son poids pour favoriser l’entrée de la Grèce dans le club européen.

Et lorsque Andréas Papandréou devient premier ministre, un nouveau cycle commence. Lui qui fut un adversaire résolu de l’intégration de la Grèce dans la CEE découvre la manne formidable que représentent les aides de Bruxelles. L’Etat grec engraisse et redistribue suivant ses intérêts partisans. L’alternance au pouvoir n’y changera rien.

Un système de dépendance est né, il commence par profiter à tous. L’argent coule à flots. Les Grecs consomment, consomment comme jamais, après des décennies de privations. Problème: le pays dépense plus qu’il ne produit. Les banques créent la culture du crédit et les établissements financiers étrangers jouent gros dans ce nouveau marché. Et c’est l’euro qui relègue la drachme en 2001. Les prix s’envolent, les salaires stagnent.

La prophétie de Zorba

Point culminant de cette folie dépensière: les Jeux olympiques de 2004. Tout le monde sait que la Grèce ne peut pas se les payer. Mais l’irrationnel triomphe. Comment? La Grèce, pays fondateur des Olympiades, ne pourrait pas accueillir les athlètes du monde entier?

Et c’est peut-être un même optimisme qui conduit la France et l’Allemagne à se battre pour vendre un maximum d’armes à un pays endetté. C’est toujours cet aveuglement occidental qui ne veut pas voir les centaines de milliers de migrants échoués à Athènes, otages de cette Europe de Schengen-Dublin, dans une cité qui menace d’exploser.

La Grèce demeure la Grèce, non? Cette crise ne serait, au fond, qu’une mauvaise passe. A elle, maintenant, pour la première fois, de se débrouiller toute seule, semblent dire les nouveaux dirigeants européens qui sont de moins en moins nombreux à avoir étudié le grec ancien.

Reste qu’aujourd’hui, à l’heure des comptes, Zorba le Grec a mauvaise mine et l’Europe avec. Mais c’est encore une illusion que de confondre les Grecs avec cette figure galvaudée, créée par Nikos Kazantzakis.

Ce grand écrivain, de portée universelle, aimait à citer Bouddha: «Celui qui possède un champ, pense champ, rêve champ devient champ. Celui qui possède une maison, pense maison, rêve maison, devient maison… Seul celui qui ne possède rien est un homme libre.» Dans la Grèce d’aujourd’hui, endettée jusqu’au cou, ces paroles ont quelque chose de prophétique.


La Grèce à travers les âges

- 3200 Civilisation cycladique

- 2700 Civilisation minoenne

- 1550 Civilisation mycénienne

- 510 Epoque classique

- 447 à - 432 Construction du Parthénon d’Athènes, sous Périclès

- 323 Epoque hellénistique

- 146 Grèce romaine

330 Empire byzantin

1453 Chute de Constantinople, une grande partie de la Grèce devient ottomane

1821 Sous l’influence de l’esprit des Lumières, le sentiment national renaît en Grèce. Dans le reste de l’Europe, les intellectuels philhellènes soutiennent le mouvement

1821 Guerre d’indépendance

1830 Reconnaissance officielle de l’indépendance de la Grèce

1832 Les puissances européennes imposent la monarchie à la Grèce. Le premier roi est Othon Ier de Bavière. La Russie, l’Angleterre et la France sont aux commandes

1896 Premières olympiades des temps modernes

1919 Début de la guerre gréco-turque en Asie Mineure

1922 Défaite de l’armée grecque et entrée des troupes turques à Smyrne. Les populations grecques d’Anatolie sont condamnées à l’exil

1936 Dictature de Metaxas

1941-1944 Occupation italo-allemande suivie de la victoire de la Résistance grecque

1946-1949 Guerre civile avec intervention des Britanniques et défaite des communistes

1967 Dictature des colonels

1974 République hellénique

1981 Entrée de la Grèce dans la CEE

2001 La drachme cède la place à l’euro

2004 Les JO reviennent en Grèce

2009 Le déficit des comptes publics atteint 12,7% du PIB et non pas 6%, le chiffre officiel fourni par le gouvernement précédent

2010 Athènes annonce une réduction de son déficit public de 30 milliards d’euros à l’horizon 2014, en contrepartie d’une aide financière de 110 milliards sur trois ans de la part de l’Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI)

2011 Malgré l’aide, la Grèce ne parvient toujours pas à convaincre qu’elle est sur la voie du rétablissement budgétaire. Le FMI exige notamment comme préalable à une nouvelle tranche de prêt de 12 milliards d’euros qu’Athènes adopte de nouvelles mesures d’austérité (privatisation à hauteur de 50 milliards d’euros d’ici à 2015)

Le 2 juillet, les ministres des Finances de la zone euro donnent leur feu vert pour débloquer d’ici au 15 juillet, 8,7 milliards d’euros de prêt

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