Les sorties ciné de la semaine
Par Stéphane Gobbo - Mis en ligne le 05.10.2012 à 08:36
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| Cette semaine, pas de critiques dans L'Hebdo pour cause de numéro «spécial Etats-Unis» - une édition par ailleurs fortement conseillée, avec notamment un essai inédit de Douglas Kennedy, que l'écrivain a spécialement rédigé pour nous. Comme l'actu cinématographique est ces temps trps intense, je vous propose donc ci-dessous cinq critiques de films - par ordre croissant de préférence (avec notes de 1 à 5) - sortis mercredi dernier dans les salles romandes. Des critiques également disponsibles sur l'apllication iPhone, gratuite, de L'Hebdo.«Savages» (1/5)Archétypes du Californien de cinéma, Ben et Chon sont jeunes et beaux. L'un est botaniste, l'autre vient de quitter la marine. Ils sont les meilleurs potes du monde, se partagent la même fille et vivent des revenus colossaux que leur procure leur production de cannabis. Mais voilà qu'un cartel mexicain, qui n'aime guère cette concurrence, va tenter de leur proposer un partenariat... Qu'y a-t-il de plus écœurant dans ce nouveau film d'Oliver Stone? La façon dont le cinéaste regarde tous ses personnages de haut, avec une fascination morbide teintée de cynisme et de mépris? Sa mise en scène prétentieuse qui lorgne un peu trop du côté de Tarantino (on n'est dès lors guère surpris de trouver là au milieu un flic ripou joué par un John Travolta en mode Pulp Fiction...)? Savages est en tous les cas un bien mauvais film. Franchement, on aurait carrément préféré que Stone nous propose un Wall Street 3, c'est dire...D'Oliver Stone. Avec Taylor Kitsch, Aaron Taylor-Johnson, Blake Lively, Benicio Del Toro, Salma Hayek et John Travolta. Etats-Unis, 2h10.«Do Not Disturb» (2/5)Deux potes 100% hétéros font le pari de coucher ensemble dans le cadre d'un projet artistique. Remake par Yvan Attal du film américain indé Humpday, Do Not Disturb ne parvient guère à dépasser le stade de comédie bobo gentillette mais fadasse, et ne dit finalement pas grand chose sur l'amitié virile ou les fantasmes masculins. Une preuve de plus qu'un bon argument de départ ne fait pas un bon film.De et avec Yvan Attal. Avec François Cluzet, Laetitia Casta, Asia Argento, Charlotte Gainsbourg et JoeyStarr. France, 1h28.«Elle s'appelle Ruby» (2,5/5)Calvin, un jeune écrivain qui sort d'un succès colossal, sèche sur son deuxième roman. L'inspiration reviendra grâce à une jeune fille qui hante ses rêves. Et voilà que celle-ci, qui s'appelle Ruby, devient soudainement réel... On avait beaucoup aimé Little Miss Sunshine, une comédie grinçante et jouissive mettant joliment à mal la sacro-sainte structure familiale à l'américaine. Las, le deuxième film de Jonathan Dayton et Valerie Faris a beau être amusant et bien rythmé dans sa première partie, il ne tient pas la distance. Se voulant une réflexion sur le couple et la relation entre l'artiste et ses créations, il est certes agréablement léger, mais un peu court alors qu'il aurait pu, probablement pour le meilleur, basculer vers le drame, à l'image de la séquence réussie qui verra Ruby apprendre qu'elle est sortie du cerveau de Calvin.De Jonathan Dayton et Valerie Faris. Avec Paul Dano, Zoe Kazan, Annette Bening et Antonio Banderas. Etats-Unis, 1h43.«Le sommeil d'or» (4/5)La sanglante dictature des Khmers rouges qui a ravagé le Cambodge entre 1975 et 1979 a fait disparaître près de deux millions d'hommes et de femmes, mais aussi la mémoire d'un pays. Le cinéma khmer, alors florissant, a ainsi été réduit à néant. Ont survécu quelques affiches, un peu de musique et une poignée de films aujourd'hui inmontrables. C'est sur les traces de ce passé glorieux, d'une cinématographie florissante et populaire sur ses terres, qu'est parti Davy Chou. En résulte un film poignant dans lequel se succèdent, à défaut d'extraits de films, les témoins directs d'un âge d'or disparu à jamais. Ou comment parler d'un effroyable génocide et du devoir de mémoire tout en célébrant le 7e art. De Davy Chou. France/Cambodge, 1h40«Laurence Anyways» (4,5/5)Le moins que l'on puisse dire, c'est que Xavier Dolan n'a peur de rien et ne manque pas d'ambition. Dans son troisième film, qui aurait mérité de figurer en compétition officielle à Cannes plutôt que de devoir se contenter d'une sélection à Un certain regard, le jeune cinéaste montréalais de 23 raconte sur plus de deux heures trente l'histoire d'amour entre la volcanique Fred et le flamboyant Laurence, une fille née dans un corps de garçon - Melvil Poupaud excelle dans ce rôle qui lui permet d'explorer toutes les facettes de son jeu d'acteur. Inutile de résumer plus en avant ce film singulier qui ne ressemble à rien de connu et que Xavier Dolan a envisagé comme une sorte de laboratoire lui permettant de jouer de manière audacieuse avec la musique, les couleurs, le montage et la narration. Laurence Anyways est certes parfois un peu foutraque, mais quel bien cela fait de voir un film qui déborde de vie, d'amour et d'inventions visuelles. Le film est certes long mais parfaitement rythmé, le sujet certes difficile mais traité sur un mode mélodramatique que ne renierait pas Douglas Sirk. Voici sans conteste l'une des œuvres les plus originales de l'année, qui fait définitivement de Xavier Dolan l'un des cinéastes les plus prometteurs du XXIe siècle.De Xavier Dolan. Avec Melvil Poupaud, Suzanne Clément et Nathalie Bye. Canada/France, 2h39.
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