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Les Suisses en sont fous

Par Julie Zaugg - Mis en ligne le 16.04.2009 à 06:00

Votation. Le 17 mai, la population dira sans doute «oui» à la réintroduction des médecines alternatives dans l’assurance de base. Un engouement qui cache mal le débat sur leur efficacité.

L''ESSENTIEL EN TROIS POINTS
VOTE En 2005, Pascal Couchepin sortait cinq médecines complémentaires de l’assurance de base, revenant sur une décision prise en 1999 par Ruth Dreifuss. Le 17 mai, les Suisses voteront pour les y réintroduire.

ENGOUEMENT Ces thérapies sont unanimement plébiscitées par la population, qui voit en elles une alternative à la prise en charge standardisée de la médecine académique.

POLEMIQUE La question de leur efficacité reste très disputée. Elle oppose les tenants de la rigueur scientifique à ceux qui ne jurent que par les constats empiriques.
La messe est presque dite. Une écrasante majorité de la population (67% selon le récent sondage SSR/SRG) souhaite voir les médecines complémentaires réintroduites dans l’assurance de base. Elle se prononcera à ce sujet le 17 mai. Cette passion pour les méthodes de guérison alternatives ne s’exprime pas que dans les urnes.

Une enquête réalisée en 2007 par l’Université de Berne auprès de 750 praticiens montre que 30% d’entre eux sont sollicités plus d’une fois par semaine par leurs patients pour ce type de prestations. L’homéopathie et la phytothérapie sont les plus demandées, suivies de la médecine chinoise.

En 2002, l’Office fédéral de la statistique concluait qu’un tiers des Suisses avait recours à la médecine complémentaire (12% l’homéopathie, 10,5% la médecine chinoise, 5,1% la phytothérapie, 2% l’anthroposophie et 1,2% la thérapie neurale). Les assureurs confirment cet engouement: 1,7 million de personnes ont contracté une assurance complémentaire garantissant le remboursement de soins alternatifs auprès des trois principales caisses du pays (Helsana, CSS, Groupe Mutuel).

Les adeptes de ces méthodes sont surtout les femmes, les jeunes, les malades chroniques et les habitants des villes, précise le Programme d’évaluation des médecines complémentaires (PEK), mené entre 1998 et 2005 pour l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). On en trouve davantage côté alémanique, même si l’homéopathie est particulièrement bien implantée en Suisse romande. La médecine anthroposophique et la thérapie neurale y sont en revanche pratiquement inconnues.

Du côté de l’offre, 75% des médecins interrogés par l’Université de Berne dispensent ce type de prestations – soit eux-mêmes (dans 30% des cas), soit en confiant leur patient à un thérapeute. «Environ 4500 médecins pratiquent ces méthodes», confirme le président de la Fédération suisse des médecins, Jacques de Haller. A cela, il faut ajouter 20000 à 30000 thérapeutes. Le PEK a en outre recensé 181 hôpitaux qui proposent de la médecine complémentaire. Sans compter les nombreuses cliniques privées qui ont investi ce créneau porteur, à l’image du groupe Hirslanden qui a créé des centres de médecine chinoise dans quatre villes (Lausanne, Berne, Zurich, Weinfelden).

Dr Bircher & Co. Pourquoi les Suisses raffolent-ils autant de ces méthodes de guérison parallèles? Le pays a une longue tradition en la matière. De nombreuses thérapies alternatives y ont d’ailleurs vu le jour, comme celle du Dr Maximilian Bircher, inventeur du muesli mais aussi adepte de la guérison par les aliments crus, ou la médecine anthroposophique.

«La Suisse a pris part très tôt au mouvement de la Naturheil kunde, né en Allemagne à la fin du XIXe siècle dans le sillage du romantisme, qui a débouché sur de nombreuses méthodes de médecine complémentaire», indique Vincent Barras, professeur d’histoire de la médecine à l’Université de Lausanne (Unil). La tradition suisse des sanatoriums, où de nombreuses méthodes parallèles étaient exercées, a contribué à leur développement.

L’engouement actuel s’explique en outre par une forme d’insatisfaction envers la médecine classique. «Une partie de la population ne se reconnaît plus dans une médecine obnubilée par la problématique de la hausse des coûts de la santé, la fuite en avant dans la technologie et la standardisation, note Ilario Rossi, anthropologue de la santé à l’Unil. Elle va donc se tourner vers les méthodes complémentaires, qui proposent une approche globale – ou holistique – de l’individu.» Au lieu de fractionner le patient en diverses affections, elles le prennent comme un tout, s’intéressant aussi bien aux maux du corps que de l’esprit.

«Beaucoup de personnes vont chez le médecin car elles souffrent d’un malaise généralisé: il leur faut un contact plus approfondi que celui que peut offrir la tarification minutée du Tarmed», souligne la conseillère aux Etats Gisèle Ory (PS/NE), qui défend le oui le 17 mai. «Autrefois, le généraliste remplissait ce rôle. Aujourd’hui, ce sont les médecines complémentaires.»

Enfin, le succès de ces disciplines s’explique par l’évolution du «panorama épidémiologique», selon Ilario Rossi: avec le vieillissement de la population, on a vu apparaître toute une série de maladies chroniques ou dégénératives pour lesquelles la médecine classique n’a que peu de réponses, mais que les méthodes alternatives permettent de soulager. Résultat, «le patient fait appel simultanément à différentes thérapies, se bricolant une prise en charge individualisée, mêlant la rigueur de la science et l’efficacité empirique des médecines alternatives.»

Vincent Barras rappelle que «la notion même de médecine parallèle est une construction récente. Elle date de la fin du XIXe siècle (1877 en Suisse), lorsque les pays occidentaux se dotent de lois pour réglementer l’accès à la profession de médecin, attribuant le monopole de l’art de guérir à la médecine académique.» L’inscription des thérapies alternatives dans la Constitution représenterait à cet égard un véritable changement de paradigme.

Des considérations qui sont singulièrement absentes du débat politique. Les rares voix discordantes qui prônent le «non» le 17 mai – l’UDC, le Parti de la liberté, les Jeunes libéraux et radicaux et l’Union démocratique fédérale – s’inquiètent plutôt des effets d’un «oui» sur les coûts de la santé, sans que personne ne soit en mesure de les chiffrer. Les défenseurs du contre-projet évoquent 25 millions, Santésuisse 36 millions, l’OFSP 60 à 80 millions et le chef du Département fédéral de l’intérieur (DFI) Pascal Couchepin 80 à 100 millions.

D’aucuns parlent même d’économies: une étude effectuée par Helsana et la CSS a montré qu’une personne traitée par la médecine complémentaire coûte 707 francs par an en moyenne, contre 931 francs pour un patient qui n’y a pas recours. «L’enfant qui est soigné avec l’homéopathie permet d’économiser les coûts d’une opération des amygdales, des antibiotiques lorsqu’il a des otites et de nombreuses visites chez le médecin», détaille Gisèle Ory. Un calcul qui présuppose que le malade utilise les thérapies alternatives à la place et non en sus de la médecine académique, ce qui est loin d’être prouvé.
 
Formulation floue. Mais au-delà de cette bataille de chiffres, l’article constitutionnel soumis au vote pose la question des prestations qu’on veut inclure dans l’assurance de base. Sa formulation floue laisse tout ouvert pour le Parlement, chargé de le traduire dans la loi.

Les promoteurs du «oui» jurent qu’ils ne visent que les cinq thérapies déjà remboursées par l’assurance de base entre 1999 et 2005 (lire ci-contre), et cela uniquement lorsqu’elles sont pratiquées par des médecins FMH. Les autres méthodes resteront du ressort de l’assurance complémentaire. Cela ne suffira pas à apaiser les esprits: Pascal Couchepin a d’ores et déjà fait savoir qu’il ne réhabiliterait pas les cinq médecines concernées tant qu’elles n’auront pas démontré leur efficacité scientifiquement. Il s’appuie sur la Loi sur l’assurance maladie (Lamal) qui prévoit d’inclure dans l’assurance de base uniquement les prestations dont «l’efficacité, l’adéquation et l’économicité» ont été démontrées.
 
L’avis du patient. Une conception cartésienne de la médecine qui hérisse les partisans des méthodes alternatives. Ce sont des disciplines empiriques, qui ne se fondent pas sur le concept du «vrai» et du «faux» mais sur leur utilité pratique pour le malade, font-ils valoir. L’homéopathie, par exemple, ne peut pas être testée en la comparant à un placebo, puisque ses préparations ne contiennent pas de molécules actives et que chaque patient reçoit un traitement individualisé. «Les évaluer selon les mêmes critères que la médecine académique n’a donc aucun sens», souligne la conseillère aux Etats Simonetta Sommaruga (PS/BE), ardente partisane du «oui».

Que faire alors? «On a bien d’autres méthodes à disposition», répond Reinhard Saller, directeur de l’Institut de médecine naturelle à l’Université de Zurich. Il cite la recherche orientée sur les résultats (Outcomes Research), qui consiste à examiner l’efficacité d’un traitement sur la base de l’expérience des praticiens et du ressenti du patient.
La Société suisse des médecins homéopathes recommande les Health Technology Assessments (HTA), qui investiguent l’efficacité, l’utilité, la sécurité et l’économicité d’une intervention à partir d’études de cas isolés.

Ce type d’assertions fait bondir Beda Stadler, le directeur de l’Institut d’immunologie à l’Université de Berne: «Comment peut-on brandir l’argument de la satisfaction du patient? Cela n’a aucune valeur scientifique. Après une visite au bordel, on est aussi “satisfait”.» Pour lui, il n’y a qu’une seule méthode valable: les études randomisées en double aveugle (RCT), effectuées auprès de groupes homogènes répartis au hasard dont certains reçoivent – à leur insu et à l’insu de celui qui l’administre – un traitement placebo. Si on y renonce, n’importe qui pourra réclamer son inscription dans l’assurance de base: «Les fabricants de yaourt invoqueront les vertus préventives de leur produit.»
 
Comme un placebo. Edzard Ernst est du même avis: «On ne peut pas utiliser deux standards différents pour mesurer l’efficacité de la médecine conventionnelle et alternative.» En quinze ans, ce professeur à l’Université d’Exeter, en Grande-Bretagne, a passé la plupart des médecines complémentaires au peigne fin. Son verdict est sévère: «L’homéopathie n’a pas la moindre efficacité qui aille au-delà d’un effet placebo.» La phytothérapie et l’acupuncture trouvent grâce à ses yeux, contrairement à la médecine anthroposophique. Pour la thérapie neurale, «on manque tout simplement de données».

Cette position trouve un soutien jusque dans les rangs des partisans du «oui». «L’efficacité des médecines complémentaires est admise par la population, sans être validée scientifiquement, reconnaît Gisèle Ory. En les réintroduisant dans l’assurance de base, on fait un choix politique plus que médical.» De son côté, Jacques de Haller juge que «si on croit à ces méthodes, il n’y a aucune raison de ne pas les faire passer par les procédures de contrôle normales utilisées pour la médecine classique.» Et de rappeler que la Commission fédérale des prestations, chargée de mener ces évaluations, vient de se doter d’un nouveau questionnaire, adapté aux psychothérapies, qui pourrait servir de base pour les thérapies alternatives.

Quelques essais allant dans ce sens ont été menés. En 2001, deux chercheurs français ont testé l’acupuncture en utilisant alternativement de «vraies» et de «fausses» aiguilles: ils ont démontré que les zones du cerveau responsables de la douleur n’étaient activées que lorsque la technique chinoise était appliquée dans les règles de l’art. Aux Etats-Unis, un Centre national sur les médecines complémentaires, doté d’un budget annuel de 120 millions de dollars, multiplie les études sur des sujets aussi divers que l’efficacité de l’acupuncture face aux douleurs de genou ou celle du millepertuis pour la dépression.

En Suisse, on manque en revanche d’études sérieuses. Le cafouillage du PEK, en 2005, l’illustre. Arrivé à la conclusion que trois méthodes étaient efficaces (homéopathie, phytothérapie et médecine anthroposophique) et devaient donc être maintenues dans l’assurance de base, le rapport a été modifié à la dernière minute par le DFI, qui en a supprimé toutes les recommandations. Résultat, les autorités ne disposent toujours pas d’une base incontestée pour mener une évaluation sereine.

«Il faudra bien un jour que les universités se penchent sur ces questions, note le conseiller d’Etat vaudois et président de la Conférence des directeurs de la santé (CDS), Pierre-Yves Maillard. A terme, je ne vois pas d’alternative à une validation scientifique de toutes les prestations remboursées par l’assurance de base.»

La question est brûlante. Si les Facultés de médecine de Zurich et de Berne disposent d’Instituts pour l’étude des médecines parallèles, Genève et Lausanne n’ont que quelques professeurs spécialisés en phytothérapie. Résultat, les thérapies alternatives sont pratiquement absentes du cursus universitaire des futurs médecins, qui seront pourtant nombreux à les pratiquer. Ils devront alors obtenir une spécialisation en médecine chinoise, homéopathie, anthroposophie ou thérapie neurale. Pour la phytothérapie, il n’y en a pas.
 
Pas de formation reconnue. Hors des universités, la situation est encore pire: il n’existe pas de formation ni de diplôme fédéral reconnus pour les thérapeutes. Deux registres (RME et ASCA) – répertoriant 32000 praticiens selon un certain nombre de critères de qualité – ont certes vu le jour, mais dans six cantons (GE, VD, FR, VS, NE, LU), les thérapeutes n’ont même pas besoin d’autorisation pour s’installer. «C’est un peu la jungle, admet Gisèle Ory. On trouve de tout, du spécialiste reconnu en homéopathie au charlatan qui mélange du jus de citron et de la camomille dans sa cuisine.»

Un «oui» le 17 mai pourrait obliger l’Etat à intervenir. L’initiative sur laquelle se fonde le contre-projet soumis au vote exigeait en effet une meilleure réglementation de ces professions, notamment par l’introduction d’un diplôme fédéral. Pour l’heure, Pascal Couchepin ne veut pas en entendre parler. Tout ce qui relève du cursus académique de ces praticiens est du ressort des cantons, selon lui.

 

 

Cinq méthodes de médecine complémentaire sous la loupe
 
HOMEOPATHIE

Origines
L’homéopathie a été mise au point par le médecin allemand Samuel Hahnemann (1755-1843) au début du XIXe siècle, prenant pied en Suisse dès 1830 sous l’impulsion du médecin bâlois Franz Joseph Siegrist et avec la fondation de la Société gallicane d’homéopathie à Genève. Elle postule qu’une substance qui cause certains symptômes chez un sujet sain peut les guérir chez un malade.

Applications
On cherche pour chaque individu un remède personnalisé, qui prend la forme de globules de sucre ou de gouttes contenant d’infimes quantités d’une décoction à base de plantes, de minéraux ou de substances animales. Plus la concentration de produit actif diminue, plus le remède est puissant. La dilution peut aller si loin que le médicament ne contient plus la moindre molécule active. Pour les adeptes de l’homéopathie, il conserve cependant la «mémoire» de cette molécule. L’homéopathie est utilisée pour les migraines, les rhumatismes, les allergies, les otites, les cystites, les problèmes digestifs ou pour atténuer les effets secondaires d’un traitement lourd comme une chimiothérapie.

Nombre de praticiens
Cette thérapie est pratiquée par 277 médecins FMH, dont 73 en Suisse romande.
 
MEDECINE CHINOISE

Origines
La médecine chinoise est née il y a plus de 3000 ans. Selon elle, le corps est traversé par une énergie vitale (le Qi), dont il s’agit de rétablir les flux le long des lignes de force, appelées méridiens.

Applications
La médecine chinoise regroupe un ensemble de pratiques, telles que l’acupuncture, la pose de ventouses, la moxibustion (chauffage des points d’acupuncture avec des bâtons d’armoise) ou le massage traditionnel Tui Na/An Mo. Elle possède aussi plus de 10000 préparations à base de plantes ou de substances animales. Elle est utilisée pour lutter contre le mal de dos, les insomnies, le stress, la dépression, les migraines, les problèmes de tension, les douleurs menstruelles, l’acné, l’obésité ou les allergies. Les exercices de gymnastique Qi Gong peuvent également avoir un effet préventif.

Nombre de praticiens
Cette forme de médecine est pratiquée soit par des médecins chinois – formés sur place à la médecine occidentale et traditionnelle – dont les diplômes ne sont souvent pas reconnus en Suisse, soit par les 537 praticiens helvétiques (88 en Suisse romande) qui ont une spécialisation en médecine chinoise, mais qui ne pratiquent généralement que l’acupuncture. Cette dernière est remboursée par l’assurance de base.
 
PHYTOTHERAPIE

Origines
La phytothérapie se fonde sur les remèdes à base de plantes. La tradition de cette thérapie est très vivace en Suisse centrale, notamment en Appenzell qui compte une septantaine d’entreprises fabriquant des remèdes à base de végétaux. L’un des pionniers de cette méthode, Alfred Vogel, y a notamment introduit dans les années 50 l’échinacée, une plante connue pour ses effets stimulants sur le système immunitaire, après l’avoir ramenée des Etats-Unis suite à un séjour chez les Sioux.

Applications
A l’inverse de la médecine classique qui extrait le principe actif d’un végétal ou le synthétise en laboratoire, la phytothérapie utilise la plante tout entière, jouant sur les interactions et les synergies entre les différentes molécules qui la composent. Ces remèdes sont particulièrement indiqués contre le stress (millepertuis, valériane, passiflore ou aubépine), les maux de tête (camomille ou aubépine), le mal de dos (harpagophyton) ou les insomnies (valériane, passiflore, aubépine).

Nombre de praticiens
Il n’existe pas de spécialisation FMH pour cette discipline, mais une cinquantaine de médecins la pratiquent en Suisse, dont moins de dix en Suisse romande. Quelque 80 préparations de phytothérapie sont déjà remboursées par l’assurance de base.
 
MEDECINE ANTHROPOSOPHIQUE

Origines
Née en 1920, lorsque l’inventeur de l’anthroposophie Rudolf Steiner (1861-1925) vient donner une série de conférences en Suisse, cette médecine s’inspire du système de pensée anthroposophe, qui inclut des préceptes en matière d’éducation (écoles Steiner), d’alimentation (diète lactovégétarienne), d’agriculture, et d’architecture. Elle part du principe que la maladie est causée par un déséquilibre entre les quatre «corps» de l’être humain: le physique, l’éthérique, l’astral et l’égotique.

Applications
Pour guérir le patient, on fait appel à une thérapie du mouvement (l’eurythmie), consistant à effectuer des figures avec son corps en prononçant des voyelles ou des consonnes, ou à la thérapie par l’art et la musique. Les remèdes (de la marque Weleda ou Wala) sont à base de plantes, de substances animales ou de minéraux. La médecine anthroposophique déconseille les vaccins et les antibiotiques. Ses adeptes s’en servent pour soigner les maladies chroniques, les otites, les infections du système respiratoire ou les conjonctivites. L’Iscador, un médicament à base de gui, est utilisé contre le cancer, en complément d’une chimiothérapie.

Nombre de praticiens
En Suisse, 67 médecins FMH pratiquent cette méthode, dont 7 en Suisse romande.
 
THERAPIE NEURALE

Origines
La thérapie neurale a vu le jour, un peu par hasard, en 1925 lorsque le chirurgien allemand Ferdinand Huneke tente d’apaiser la migraine de sa sœur en lui injectant par voie intraveineuse un antidouleur contenant de la Procaine (un anesthésiant local). Convaincu du résultat, il élabore une théorie: la maladie est causée par un champ perturbateur, soit un foyer d’irritation chronique, situé le plus souvent au niveau de la bouche ou d’une cicatrice. Les influx qui en partent dérangent l’équilibre général du corps, ce qui provoque des dérèglements ailleurs.

Applications
Le traitement consiste à injecter des anesthésiques locaux à des endroits précis du corps (nerfs, ganglions, en intraveineuse ou en sous-cutané) pour «casser» les effets du champ perturbateur. Cette méthode est surtout utilisée pour le traitement de la douleur, mais peut aussi servir à soulager migraines, maladies inflammatoires, arthrose, sciatiques, problèmes digestifs, gynécologiques, urologiques et maladies des reins. La thérapie neurale est surtout pratiquée dans les pays germanophones.

Nombre de praticiens
En Suisse, on trouve 118 médecins FMH avec une spécialisation en thérapie neurale, dont 13 en Suisse romande.

MEDECIN ANTHROPOSOPHE
Un cabinet sans angles droits

Björn Riggenbach porte une attention particulière à l’environnement, physique et mental, dans lequel évolue son patient.

«Imaginez que vous avez une étoile au-dessus de la tête, qui envoie sa lumière à travers votre corps jusqu’au centre de la terre.» Sitôt ces instructions données, Björn Riggenbach entame une figure d’eurythmie, une thérapie du mouvement utilisée par la médecine anthroposophique. Son patient s’efforce de suivre. «Ces gestes permettent de soigner les problèmes articulaires, de digestion, de respiration ou de dos, un peu comme la physiothérapie», explique le praticien bâlois installé à Neuchâtel. Le patient apprend aussi à maîtriser ses angoisses et à s’affirmer.

Retour dans la salle de consultation. On n’y trouve presque pas d’angles droits. De la lampe octogonale au bureau en forme d’étoile, tout est pensé selon les principes de l’anthroposophie. «Notre santé est influencée par les formes et les couleurs qui nous entourent», dit le médecin généraliste de 51 ans. Les murs de la salle d’attente sont bleus, une teinte qui favorise la détente, alors que la pièce où il reçoit ses patients est jaune, couleur de la joie.

La consultation anthroposophique ne se distingue pas fondamentalement de celle effectuée par un autre médecin, si ce n’est que Björn Riggenbach encourage son patient à évoquer sa vie familiale ou son travail, persuadé que la santé dépend autant du bien-être général que d’une affection particulière. «Les protocoles de prévention des accidents aériens fonctionnent sur le même principe: le pilote est encouragé à rapporter ses soucis personnels car on sait que s’il ne va pas bien, il risque de mettre le vol en danger.»

Cette approche holistique lui cause quelques soucis au moment de la facturation, lorsqu’il s’agit de distinguer ce qui relève de la médecine classique et de l’anthroposophie. «Cette séparation est artificielle. Je n’ai qu’un seul patient devant moi, à qui je peux prescrire en même temps un antibiotique pour une cystite et une crème végétale contre l’eczéma.» Car l’autre particularité de cette médecine alternative, ce sont ses remèdes à base d’ingrédients qui stimulent l’imagination: venin de fourmi, feuille d’or ou poudre de soufre.
SPECIALISTE DE L''ACUPUNCTURE
Des ventouses et des aiguilles

Li Qiying perçoit la médecine chinoise, qui soulage plus qu’elle ne guérit, comme un complément utile aux prises en charge plus classiques.

Les gestes sont précis. La flamme est insérée, puis rapidement retirée de l’ampoule de verre qui est aussitôt posée sur le dos de la patiente. Quelques minutes plus tôt, celle-ci s’est fait poser une série de fines aiguilles sur la jambe. «Les ventouses servent à stimuler les points d’acupuncture pour augmenter les effets du traitement», explique Li Qiying. La doctoresse, qui a suivi une formation mêlant médecine occidentale et traditionnelle à l’Hôpital Chongwen de Pékin, officie dans son propre cabinet, au centre de Lausanne, depuis 2005.

En Suisse, elle ne pratique que la médecine chinoise. «Mes clients ne savent souvent même pas que j’ai une formation de docteur tout à fait classique», sourit-elle. Cette technique ancestrale n’exclut pas le recours à la médecine académique. Au contraire: «Elles se complètent. Dans chaque cas, il faut choisir la méthode qui convient le mieux au patient. Pour un cancer, il faut bien sûr entamer une chimiothérapie, sachant que l’acupuncture peut aider à en atténuer les effets secondaires.»

Science douce, plus lente que la médecine académique, cet ensemble de pratiques, qui perçoit le corps comme un tout interconnecté, permet bien souvent d’éviter des prises en charge plus lourdes, et donc plus coûteuses.

C’est pourquoi Lijun Zurbuchen, qui a monté le Centre Beijing Medical avec Li Qiying après une première expérience en Suisse alémanique, ne comprend pas que la médecine chinoise ne soit pas remboursée par l’assurance de base (à l’exception de l’acupuncture). «Récemment, nous avons soigné un patient qui souffrait d’une hernie discale. Il a dû payer les 600 francs de sa poche, car il n’avait pas d’assurance complémentaire. Ce n’est pas logique: s’il avait dû subir une opération, sa caisse maladie aurait dû débourser plusieurs milliers de francs.





Tags: Votations, 17 mai, médecines douces, santé, médecines alternatives,

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Réaction de yvesducret
le 24.05.2009 à 17:00
articles intéressants. Concernant les thérapies neurales, comment se procurer la...
 
Réaction de VIDS
le 17.04.2009 à 23:07
J’ai été je dois dire heureusement surpris de votre dossier...
 



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