Depuis 2008, ce pays traditionnellement placide et discret enchaîne les crises: la débâcle d’UBS, l’affaire libyenne, le courroux fiscal des voisins allemands, français, italiens, et même les pressions des Etats-Unis. L’effet domino des crises ébranle le Conseil fédéral, ce garant de la stabilité helvétique.
L’enquête Sophia 2010, réalisée à l’occasion du Forum des 100 par l’institut M.I.S Trend (et reprise par nos confrères du Bund, du Tages-Anzeiger et de il caffè), a voulu saisir comment ces épisodes de tensions à répétition ont modifié les opinions.
Trois points forts. Tant la population que les leaders ont bien le sentiment d’avoir traversé des bourrasques, mais ils peinent à dramatiser la crise. Bien informés, ils savent que la situation est pire ailleurs. Les Suisses pourraient dire avec le prince de Talleyrand, ce grand pragmatique devant l’Histoire: «Quand je m’examine, je m’inquiète. Quand je me compare, je me rassure.» L’écologie reste le problème N° 1, mais en Suisse romande et au Tessin, c’est bien l’emploi et la situation économique qui préoccupent. Dans l’ensemble du pays, la tentation de contingenter la maind’œuvre étrangère fait une percée remarquable.
Enfin, bien qu’aucun responsable politique n’ose en parler publiquement, la nécessité d’ouvrir le débat sur l’adhésion de la Suisse à l’Union européenne est soutenue par une majorité de leaders romands.
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