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Les Suisses lâchent leur armée
Par Patrick Vallélian - Mis en ligne le 14.04.2010 à 18:30
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RÉVOLUTION. Ras-le-bol de l’obligation de servir! Si les Suisses ne souhaitent pas une disparition de leur armée, ils exigent un nouveau modèle. Professionnel? Encore taboue il y a quelques années, l’idée fait son chemin.
Une révolution au pays du citoyen-soldat? Alors que notre armée vit une crise identitaire profonde et qu’elle peine à se trouver des ennemis, voilà que les Suisses la lâchent. Sèchement. Selon un sondage M.I.S Trend réalisé pour L’Hebdo, seuls 43,5% des Helvètes soutiennent encore l’obligation de servir. Soit moins que la dernière enquête du Centre de recherche sur la politique de sécurité de l’Ecole polytechnique de Zurich (51%). Une référence en la matière.
Pire, pour la «meilleure armée du monde» voulue par le conseiller fédéral Ueli Maurer, chef du Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS): il n’y a plus de röstigraben dans ce domaine. Le système militaire actuel ne récolte que 32,3% d’avis favorables en Suisse romande et 47% de l’autre côté de la Sarine.
«C’est un moment historique», confirme Marie-Hélène Miauton, directrice de M.I.S Trend et ancienne membre de la Commission consultative fédérale en matière de sécurité intérieure. «Avec 43,5% pour le statu quo, les Suisses indiquent qu’ils veulent un nouveau système. Mais ce n’est pas la milice qu’ils renient. C’est le sens actuel de l’armée.»
Et cette tendance au changement ne connaît pas la barrière des sexes. Les femmes (40% pour le statu quo) montrent leur envie de changement. Comme les hommes (46,6%) d’ailleurs. Idem pour les 18-34 ans et les 35-49 ans où l’armée actuelle ne récolte que 37,6% d’avis favorables. Un taux spécialement bas. Seuls les 50 ans et plus y restent attachés avec 53,5% d’opinions pour la conscription. Nostalgie quand tu nous tiens...
Tags: Armée suisse, André Blattmann, Ueli Maurer,
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