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Armée pro! Chez les électeurs de gauche, c’est même un razde- marée contre l’armée de grand-papa (27,5% d’avis favorables). Le centre – comme souvent – est plus timoré (48,2%), à la différence des partisans de droite (62,2%), clairement pour l’état actuel. En revanche, les Suisses ne souhaitent pas la suppression d’une force de défense classique. Seuls 14,6% des sondés vivraient mieux sans aucune force militaire. Et même à gauche (27,1%), cette option a du mal à passer.
Mais alors, quelle armée pour notre pays? Clairement, les Suisses penchent de plus en plus pour une armée de métier. Selon notre sondage, 39,7% d’entre eux y sont favorables, une proportion comparable à l’enquête annuelle du Centre de recherche sur la politique de sécurité de l’EPFZ (42%).
C’est la preuve qu’un tabou est en train de tomber dans la patrie de l’armée populaire. Et une nouvelle fois, les Romands mènent la marche (47%) devant les Alémaniques (38%), plus respectueux des institutions semble-t-il, alors que les hommes et les femmes sont quasiment sur la même longueur d’onde (39% et 41% d’opinions favorables). L’idée séduit également les 18-34 ans (42,6%) et les 35-49 ans (48,7%) alors que les 50 ans et plus (29,2%) sont beaucoup plus réticents. Sacrée nostalgie... A gauche (43%), logiquement, l’armée de métier convainc plus qu’à droite (32,3%).
André Blattmann inquiet. Interrogé par L’Hebdo au sujet des résultats de notre sondage, le chef de l’armée n’a pas caché sa surprise. «C’est même inquiétant. Pour moi, c’est la preuve qu’il faut mieux informer nos concitoyens sur le sens de la milice», a déclaré André Blattmann en marge des cérémonies du 50e anniversaire des obsèques du général Henri Guisan. Elles ont eu lieu lundi 12 avril en présence d’un millier de personnes, notamment à la cathédrale de Lausanne et au cimetière de Pully, où est enterré Guisan.
Reste que, pour le chef de l’armée, «la question de l’avenir de l’armée ne concerne pas que l’institution. Elle est avant tout politique», a-t-il relevé au moment où nous lui faisions remarquer que l’idée d’une armée professionnelle fait son petit bonhomme de chemin dans l’opinion publique. «De nouveau, il faut expliquer aux gens qu’il sera plus difficile de changer de système qu’ils ne le pensent. Et que cela représentera des coûts supplémentaires.»
Peut-être, mais il n’est pas certain que les Suisses entendront ces arguments, eux qui sont déjà déboussolés par les multiples réformes qui ont amaigri notre armée sans en renforcer la crédibilité. «Jusque dans les années 90, il y avait des militaires en cours de répétition dans tous les coins du pays», remarque le conseiller national Yvan Perrin (UDC/NE), membre de la Commission de la politique de sécurité du National. «Aujourd’hui, ce trait d’union avec la population a disparu. En même temps que la menace extérieure, il faut bien l’avouer.»
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