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L’armée des scandales. Pour l’élu neuchâtelois, les résultats de notre sondage s’inscrivent clairement dans un contexte difficile pour l’armée. Depuis quelques années, elle multiplie les gaffes alors que l’ennemi communiste a disparu dans les livres d’histoire. N’a-t-elle pas dû se séparer de son dernier chef, Roland Nef, à la suite d’un scandale dans sa vie privée?
Il y a eu aussi des accidents mortels à répétition alors que l’image même de l’institution est écornée: cours de répétition où les hommes se tournent les pouces, manque de munitions et d’essence, matériel en mauvais état au point que Dominique Andrey, commandant des Forces terrestres, craint une hausse des accidents, avions de chasse incapables de voler en cas de mauvais temps, système informatique pléthorique et inopérant…
Et comme si cela ne suffisait pas, les patrons de l’armée ont réussi à mettre de l’huile sur le feu. Parfois volontairement. Parfois non. Ils ont par exemple affirmé à plusieurs reprises que l’institution manquait d’argent, plus de 500 millions de francs par an, pour remplir son mandat. «Sans cela, nous ne serons plus en mesure d’accomplir nos missions légales et constitutionnelles», a même lâché Ueli Maurer en septembre 2009.
Les Suisses sanctionnent. Dernièrement, André Blattmann a encore plus brouillé les pistes en expliquant que des Grecs fuyant la banqueroute de leur pays pourraient menacer la Suisse. Mais la cerise sur le gâteau est bel et bien la polémique autour du Rapport politique de sécurité, le fameux Rapolsec qui doit donner les grandes lignes directrices à notre armée. Préparé par Ueli Maurer, mais recalé deux fois par ses collègues du Conseil fédéral, il a été représenté mercredi 14 avril.
Bref: les Suisses ne comprennent plus rien à cette mélasse politico-militaire. Alors ils sanctionnent. «Ils n’ont pas tort, reconnaît Yvan Perrin avant d’ajouter que si l’armée est en crise, c’est en grande partie à cause des politiciens de droite comme de gauche. Elle a surtout servi de gisements inépuisables d’économies budgétaires ces dernières années», résume l’UDC neuchâtelois.
«Ce n’est pas l’armée en tant que telle qui est remise en cause, mais sa structure et son mode de fonctionnement, analyse pour sa part le radical Pierre Maudet, capitaine à l’armée et conseiller administratif de la Ville de Genève en charge du Département de l’environnement urbain et de la sécurité. «Ueli Maurer l’a prise en otage. En la privant de lignes directrices, il la maintient dans une sorte de coma artificiel.»
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