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Christoph Burgdorfer
Entrepreneur, directeur de coANDco Christoph Burgdorfer est convaincu du potentiel de sa ville d’adoption: «Londres pourrait bien devenir la Silicon Valley d’Europe, grâce au mélange inédit de créativité, de capitaux et de talents qu’on trouve ici.» Pas étonnant alors que cet entrepreneur bernois ait choisi Shoreditch, un nouveau hub numérique à l’est de la capitale, pour lancer l’antenne britannique de coANDco, une start-up zurichoise qui fournit des services de marketing en ligne à des firmes comme Roche, Sony ou Ikea. «Londres est une porte d’entrée vers le reste du continent. Les firmes asiatiques ou américaines qui veulent accéder à ce marché installent toutes leur siège ici.» Seul bémol, «il y a peu d’espace et les bureaux coûtent très cher». - - - - - - - - - - - -
Claudio von Planta
Documentariste Le documentariste Claudio von Planta est arrivé en Grande-Bretagne en 1990 après avoir vendu un film sur les guérillas de Papouasie orientale à la chaîne Channel 4. Il n’en est plus reparti. «Je me suis vite rendu compte qu’il y avait ici de bien meilleures opportunités de free-lance qu’en France – où j’ai vécu de 1985 à 1989. Quant à la Suisse, il n’y avait rien à en tirer.» Depuis, il a suivi et filmé l’acteur écossais Ewan McGregor lors d’un périple de 31000 kilomètres en moto (Long Way Round, 2004) et réalisé des documentaires sur l’Iran, le Pakistan, la RDC ou l’Irak. Mais tout n’est pas rose: «Les budgets sont souvent très serrés. Cela fait vingt-six ans que je fais ce métier et je continue à vivre une vie précaire», note le Grison de 49 ans. - - - - - - - - - - - -
Anton Mosimann
Cuisinier Anton Mosimann est une véritable star en Grande-Bretagne. En avril dernier, il a même été choisi pour réaliser le banquet donné lors du mariage du prince William et de Kate Middleton. Mais il est également l’inventeur de la cuisine naturelle, qui se passe de beurre, de crème et d’alcool pour privilégier le goût réel des aliments. «Londres est un environnement dynamique où tout est possible, relève le chef installé dans la capitale britannique depuis 1975. J’ai eu le privilège de cuisiner pour quatre générations de famille royale, six premiers ministres et cinq présidents des Etats-Unis.» Il dit apprécier tout particulièrement «la variété des produits britanniques, les fruits de mer des Cornouailles, le bœuf Angus d’Ecosse ou les pommes de terre Jersey Royal: chaque région a sa spécialité.» - - - - - - - - - - - -
Salomé Voegelin
Artiste du son Salomé Voegelin se trouve à la pointe d’une discipline encore largement méconnue en Suisse: l’art par le son. Arrivée à Londres à 21 ans, la Bâloise de 39 ans s’est vu confier la mise sur pied et l’enseignement d’un master en «Sound Art» en 2007 par le London College of Communication, une branche de l’University of the Arts. «Une opportunité unique, je ne pense pas que j’aurais pu faire cela en Suisse, où cette forme d’art n’est pas encore représentée dans les hautes écoles. Londres me donne l’occasion d’être à l’avant-garde du discours et de la pratique dans ce domaine.» Les universités britanniques traversent toutefois une période de turbulences actuellement, «avec de nombreuses coupes dans les budgets, particulièrement dans le domaine de l’art et des sciences humaines». - - - - - - - - - - - -
Reto Frei
Créateur de la chaîne Tibits Ce n’est pas tous les jours qu’une chaîne helvétique s’impose outre-Manche. Le fast-food végétarien Tibits y est pourtant parvenu, ouvrant son premier restaurant à l’étranger dans la capitale britannique en 2008, à deux pas de Regent Street. «Londres est LA métropole européenne par excellence, une fenêtre sur le reste du monde, la ville où naissent les tendances», détaille Reto Frei, l’un des trois frères à l’origine de la marque avec Rolf Hiltl, qui partage son temps entre le Royaume-Uni et la Suisse. Mais il s’agit aussi d’un milieu extrêmement compétitif, «un vrai nid à requins», sourit-il. Plutôt modeste et peu porté sur l’exagération comme la plupart de ses compatriotes, le Suisse a dû apprendre «à crier plus fort que les autres» à Londres. - - - - - - - - - - - -
Mario Furer
Fondateur de A Day in the Market Avant de s’installer à Londres, Mario Furer y venait déjà quatre à cinq fois par an. Cela lui a permis de constater «les énormes opportunités pour les entreprises suisses sur ce marché innovant et compétitif, où les produits sont souvent commercialisés jusqu’à deux ans avant d’arriver chez nous». Lorsqu’il fonde A Day in the Market, cet ancien manager pour le chocolatier Frey se spécialise donc tout naturellement dans le conseil aux firmes helvétiques souhaitant pénétrer le marché britannique. La récente crise économique et la force du franc ont toutefois rendu les produits suisses moins compétitifs. «Le salaire minimum avant la crise était de 13 fr. 80 de l’heure. Avec le taux de change actuel, il est tombé à 8 fr. 70», détaille-t-il. - - - - - - - - - - - -
Hans Ulrich Obrist
Curateur et critique d’art Le curateur et critique d’art Hans Ulrich Obrist est arrivé à Londres en 2006 pour prendre une place de codirecteur de la Serpentine Gallery, l’une des plus prestigieuses de la capitale. «J’y ai trouvé une ville globale et polyphonique, proche de ce qu’Edouard Glissant appellerait la mondialité», détaille le Zurichois de 43 ans qui s’est aussi distingué ces dernières années en réalisant et publiant une série de longs entretiens avec des dizaines d’artistes, écrivains, cinéastes, philosophes ou scientifiques (The Interview Project), dont Zaha Hadid, Yoko Ono ou Rem Koolhaas. Et comment les Londoniens perçoivent-ils la Suisse? «Comme un pays avec beaucoup de merveilleux artistes, tels que Giacometti ou Fischli/Weiss.» - - - - - - - - - - - -
Thomas Syburra
Médecin, spécialiste en chirurgie cardiaque Le Dr Thomas Syburra n’a pas choisi le Royal Brompton Hospital par hasard. «Cet établissement était réputé pour la qualité de sa formation», explique ce médecin qui achève sa spécialisation en chirurgie cardiaque. Arrivé en mars dernier, il n’a pas déchanté. «On cherche à nous amener au plus haut niveau possible, relève le Sédunois de 41 ans. Il y a un instructeur pour chaque élève.» Cet hôpital, spécialisé dans la chirurgie du cœur et du poumon, possède en outre l’avantage de pratiquer plus de 1000 opérations cardiaques par an. «En Suisse, on ne retrouve ce nombre de cas que dans les grands établissements, comme l’Hôpital de l’Ile à Berne.» Il doit bien y avoir quelques désavantages? «Les vols directs entre Londres et Sion sont suspendus de mai à novembre!» - - - - - - - - - - - -
Fabrice Filliez
Chef de la section économique de l’ambassade de Londres En tant que chef de la section économique de l’ambassade de Londres, Fabrice Filliez est la cheville ouvrière de l’accord Rubik, signé cet automne entre la Suisse et le Royaume-Uni pour régler la question des avoirs britanniques déposés dans les banques helvétiques. «J’ai rencontré beaucoup de respect pour le savoir-faire et le professionnalisme des Suisses dans le domaine de la finance, note-t-il. Les deux pays ont des intérêts communs à coopérer à la redéfinition des règles encadrant les services financiers, afin de contribuer à la solidité des institutions financières et d’assurer de saines bases pour l’avenir.» Sur un plan plus personnel, le Valaisan dit apprécier cette «ville cosmopolite, d’une rare diversité socioculturelle». - - - - - - - - - - - -
Denis Oswald
Président de la commission de coordination des JO de Londres Né à Neuchâtel en 1947, Denis Oswald est le Monsieur Jeux olympiques d’été du CIO. Dès son arrivée au Comité international olympique en 2000, cet avocat est nommé à la présidence de la commission de coordination des JO d’Athènes de 2004, avant de prendre à l’issue de ceux-ci la tête de la commission des JO qui se tiendront à Londres du 27 juillet au 12 août prochain. Il faut dire que l’ambiance des Jeux d’été, Denis Oswald la connaît bien: membre de l’équipe suisse d’aviron de 1968 à 1976, il a participé à trois olympiades et remporté une médaille de bronze, à Mexico en 68. La capitale britannique peut compter, avec le Neuchâtelois, sur un partenaire d’une extrême compétence.
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