L'essor de la «CATHÉDRALE» EPFL
Un ouvrage retrace l’histoire récente de la haute école.
Les bâtiments ont poussé comme des champignons sur le campus d’Ecublens, de nouvelles disciplines sont apparues, le corps enseignant s’est quelque peu féminisé, le nombre d’étudiants a plus que doublé, passant de 2000 à 5000. En vingt-deux ans, l’EPFL a connu un grand essor. Faisant suite à deux ouvrages qui retraçaient l’évolution de l’établissement jusqu’en 1978, Chronique de l’EPFL 1978-2000. L’âge d’or de l’ingénierie qui vient de paraître poursuit cette œuvre de «mémoire». Une notion chère à Jean-Claude Badoux, ancien président de l’institution, qui a initié ce livre. «Je l’ai imaginé, voulu et je me suis battu pour l’avoir», dit-il. Sous la plume de Michel Pont, ancien journaliste au Temps et à 24 heures et ancien collaborateur du service de communication de l’école, l’ouvrage abondamment illustré revient sur ces années cruciales. Certes, c’est en 1969 que l’institution a véritablement pris son envol en passant dans le giron de la Confédération. Mais ce n’est qu’à partir de 1978, sous les présidences de Bernard Vittoz puis de Jean-Claude Badoux, qu’elle a progressivement déménagé à la périphérie de Lausanne. C’est aussi dans ces années qu’elle a pris le tournant de la microtechnique et des systèmes de communication, en créant des départements et des diplômes qui étaient alors «les premiers en Europe dans ces domaines», souligne l’ancien président. Ou encore qu’elle s’est ouverte à la Chine, l’Inde, la Russie et la Corée. Un parcours marqué, sur le plan technique, par de belles réussites comme les cellules solaires de Michael Graetzel ou le premier robot de chirurgie Minerva, mais aussi par quelques échecs, tel celui du cœur artificiel. Par des moments d’expansion et par de fréquentes «tempêtes» sur le plan financier. Il y eut aussi, peu avant 2000, les «tensions» provoquées par la nomination d’un nouveau président, Patrick Aebischer. «La transition a été difficile» et l’EPFL a même connu «quelques semaines de chaos», car entre l’ancienne et la future équipe de direction «la divergence était totale» sur de nombreux points. Michel Pont revient en détail sur cet événement très médiatisé à l’époque – Jean-Claude Badoux «y tenait absolument», souligne-t-il. Toutefois, pour l’ancien président, «c’est une péripétie, qui n’a duré que quelques mois sur les vingt-deux ans de l’histoire de l’école que retrace cet ouvrage». Il en aurait fallu beaucoup plus en effet pour que les murs de l’EPFL qu’il qualifie de «cathédrale» en soient ébranlés. Chronique de l’EPFL 1978-2000. L’âge d’or de l’ingénierie. De Michel Pont. PPUR, 250 p.
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