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L'Etat, ce nouveau héros

Mis en ligne le 07.11.2002 à 00:00

L'Hebdo; 2002-11-07

L'Etat, ce nouveau héros

Entreprises Il revient en force, quitte à dévaliser les contribuables, forcés de payer la note. Et quand il pourrait faire autrement, il n'intervient que tardivement.

Une odeur d'hospice flottait autour de lui. On l'accusait d'avoir pris du poil, du ventre, des rides, du rhumatisme articulaire. L'Etat avait bien mérité de la patrie, il était temps qu'il songe à la retraite. L'Etat lui-même ne croyait plus en lui, il s'était mis au chômage technique, il était prêt à «abdiquer», selon le mot de l'économiste genevois Beat Bürgenmeier. Le salut, s'il existait, ne pouvait plus venir que de l'économie, dernière spiritualité du monde développé. Et puis, en quelques mois, tout a changé. L'Etat revient, l'Etat est partout, dans les faits et dans les têtes, on ne s'en lasse plus, on en redemande.

Que serait devenue la compagnie aérienne Swiss sans l'Etat, que seraient devenus Expo.02, la Banque Cantonale Genevoise, la Banque Cantonale Vaudoise, ou même le Lausanne-Sports, à qui l'exécutif de la ville de Lausanne vient de verser 250 000 francs? Alors, quand l'Etat menace de se mutiler lui-même en concentrant les centres de tri postaux sur le moyen pays, on ne comprend plus, on crie à la trahison. La Poste, l'Etat, c'est la même chose. «Le service administratif dispensé par La Poste donne un corps à l'idée abstraite de l'Etat», dit Beat Bürgenmeier. Pour Peter Bodenmann, ancien président du Parti socialiste suisse et ancien conseiller d'Etat valaisan, c'est simple: «La population ne veut plus entendre parler de privatisation et d'autorégulation.» La population est fatiguée. On ne lui fera pas deux fois le coup du libéralisme salvateur. Elle n'adhère plus aux fables dont il enveloppait sa marche en avant. Et surtout, elle n'admet plus que la «logique marchande», pour reprendre l'expression de l'économiste français Elie Cohen, «s'impose jusqu'au coeur de l'Etat».

Président-directeur général du Credit Suisse Group, Lukas Mühlemann demandait en 1999 l'établissement d'un calendrier des privatisations. Pour lui, tout devait y passer: «L'assurance immobilière, les banques cantonales, les sociétés énergétiques, les transports, les médias publics, les écoles.» Lukas Mühlemann a disparu, emportant avec lui ses espoirs de réforme et ses millions de dédommagement. Le peuple suisse n'a même pas voulu d'une libéralisation du marché de l'électricité. Et si l'on parle faillite, on pense surtout à celle qui menacerait l'entreprise d'où Mühlemann prétendait reconstruire la Suisse.

«Actuellement, l'intervention de l'Etat est un moindre mal, dit le socialiste vaudois Pierre-Yves Maillard. Même les idéologues les plus bornés doivent l'admettre, y compris Christoph Blocher qui demande au Conseil fédéral de réfléchir à une éventuelle faillite du Credit Suisse Group.» L'économie, et plus encore la finance apparaissent comme des risques de carambolages en série sur une autoroute en plein brouillard. Au lieu qu'elles permettent à tous de relativiser le souci matériel, elles en deviennent l'obsession, nous laissant, jour et nuit, pauvres et riches, le nez sur les chiffres, sur les courbes du chômage. Au lieu de nous soustraire au besoin, elles nous y enfoncent.

Il fallait dire oui

L'Etat donc revient, mais quel Etat? «J'avais l'illusion que je pourrais être architecte; or, j'ai été seulement pompier», dit Michel Camdessus, ancien directeur du Fonds monétaire international. On pourrait appliquer la même réflexion à l'Etat. Celui que l'on voit intervenir, ce n'est pas celui de la vision globale, du projet commun, c'est l'Etat qui se ruine en remorquage, renflouage, sauvetage pour tenter de remonter le navire à la surface et dédommager les naufragés. C'est l'Etat-pompier, qui n'intervient jamais qu'au dernier moment, comme «ultime recours, dit Jean-François Cavin, directeur de la Fédération patronale vaudoise, quand sont atteints l'infrastructure d'un pays et ses services collectifs», mais aussi l'Etat-infirmier, qui ramasse les blessés et panse les plaies. Encore faut-il savoir ce qu'on entend par infrastructure et services collectifs.

Pour Jean-François Cavin, une banque cantonale «en fait partie intégrante». On ne se pose même pas la question de savoir si l'Etat doit sauver ou non sa banque cantonale. En tout cas, le gouvernement ne se l'est pas posée. Amorcer une discussion là-dessus? L'idée ne l'a pas effleuré, comme le reconnaît Anne-Catherine Lyon, chef du Département de l'instruction publique. Il fallait dire oui, le Conseil d'Etat a dit oui. Et personne ne proteste. Même la droite, même les patrons applaudissent. «Qui aurait pu reprendre la BCV?», demande Hubert Barde, président de la Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie, et vice-président de l'Union patronale suisse. «Le Credit Suisse Group se débat dans ses propres difficultés et l'UBS est déjà largement équipée. L'Etat ne pouvait pas abandonner sa banque.»

Hubert Barde est de ceux, désavoués par le peuple, qui voulaient réduire la participation de l'Etat à un tiers du capital de la BCV, mais cela, c'est de la vieille histoire, presque de la préhistoire. Aujourd'hui, on n'en parle plus. Aujourd'hui, on est tous derrière le Conseil d'Etat, et tous derrière la Banque cantonale. Les exemples d'Appenzell Rhodes-Extérieures et de Soleure? C'est comme s'ils n'existaient pas. De toute façon, comment peut-on comparer les minuscules Rhodes-Extérieures et Soleure, banlieue de Berne, avec le grand et prestigieux canton de Vaud? Ils se sont débarrassés de leurs banques cantonales, fort bien, mais nous, nos ambitions sont autres, à la mesure de notre histoire. Commentaire de l'économiste et ex-syndicaliste Beat Kappeler: «Vaud est plus grand, ce qui signifie que le désastre d'une intervention étatique sera encore plus grand.»

«Vendre à bon prix»

Par essence, par vocation, même si parfois elles ont voulu voir plus loin et plus haut, «les banques cantonales encouragent souvent des entreprises non viables», parce que si ces entreprises étaient viables, elles obtiendraient des crédits d'autres banques. «Les banques cantonales sont donc économiquement nocives, affirme Beat Kappeler. Elles ne favorisent pas, elles retiennent.» Le dernier rapport de l'OCDE sur la Suisse dit à peu près la même chose, quoique en termes plus prudents. Et plus courtois. «Les arguments fréquemment avancés à l'encontre de la privatisation des banques cantonales insistent sur le fait que si elles devenaient des établissements privés, elles cesseraient d'accorder des conditions spéciales aux sociétés locales et aux ménages.» Mais de telles pratiques, poursuit le rapport, «ne sont pas le meilleur moyen de promouvoir les objectifs de la politique sociale ou de la politique régionale. Ces objectifs seraient servis de manière plus transparente par d'autres moyens, qui permettraient une évaluation de leur coût.»

Ah! Si Vaud et tous les autres, Genève, Berne, Zurich... avaient su profiter de «l'énorme bulle financière» des années 90, soupire Beat Kappeler, «ils auraient pu vendre leur banque cantonale à bon prix». Pour Vaud, l'économiste bernois parle de «trois milliards de francs». Ajoutez à cette somme les deux milliards que le canton a déjà versés ou s'apprête à verser pour soutenir sa banque, c'est cinq milliards qu'il aurait ainsi économisés. Et sa dette, aujourd'hui de 8,7 milliards, serait retombée à 3,7 milliards. A quoi les partisans du sauvetage rétorquent volontiers que les grandes banques sont peu sensibles aux besoins des petites et moyennes entreprises régionales. «Ce qui s'est passé ces dernières années montre qu'elles n'ont pas la même attitude qu'une banque cantonale», dit pudiquement Jean-François Cavin. En réalité, les choses ont déjà changé, les grandes banques, qui ne s'intéressaient plus vraiment à la Suisse, y reviennent résolument. Et puis, relève Beat Kappeler, «il y a les banques régionales, regroupées en cinq grandes entités, elles répondent mieux que les banques cantonales aux réalités économiques d'aujourd'hui». Et ces réalités n'ont plus grand-chose à voir avec le découpage territorial de la Suisse opéré il y a cent cinquante ans.

Editorialiste à la «Neue Zürcher Zeitung» et chroniqueur au «Temps», Beat Kappeler se défend d'être un néo-libéral. Ce qu'il veut, c'est que la Suisse se débarbouille l'âme de son moralisme et de ses tabous. «La Suisse romande surtout, où l'on entretient une idée très ecclésiastique de l'Etat», où l'on croit encore «naïvement» que l'Etat serait pur et propre, dépositaire et garant de l'intérêt général, donc très au-dessus des sordides calculs et des égoïsmes de l'économie privée. «Mais quand 20 000 fonctionnaires défilent sur la place Fédérale, que défendent-ils d'autre que leurs propres intérêts?» Ils veulent gagner davantage, ou à tout le moins conserver leur emploi. «En quoi leur morale est-elle supérieure à celle des partisans d'un budget équilibré?»

Bien sûr, il y a le service public. Mais, insiste-t-il, «ce n'est pas une structure, c'est une fonction». Ce qui signifie qu'il peut être assuré par «différents concurrents», avec pour chacun le même cahier des charges. L'ennui est que les syndicats considèrent d'abord le service public comme une «structure». Avec ce résultat que la défense dudit service devient en grande partie la défense des agents des monopoles d'Etat, ou des anciens monopoles, des anciennes régies, et non des citoyens que des régies sont censées servir. «La structure, résume Beat Kappeler, c'est l'intérêt immédiat du personnel touché par une rationalisation.» Pour preuve, l'épisode de La Poste. A quoi Ulrich Gygi, le directeur, s'est-il attaqué? Aux offices postaux, non, aux centres de tri, autrement dit à quelque chose dont la clientèle ne remarque même pas l'existence. La distribution n'est en rien affectée. Quant aux offices postaux, dont le nombre, il est vrai, a déjà diminué, la péréquation financière offre aux cantons périphériques la possibilité de continuer à les financer, pour autant qu'ils le veulent. «Si les Genevois souhaitent préserver la poste de Saint-Jean, qu'ils la paient eux-mêmes, rien ne l'interdit», déclare Beat Kappeler.

Pour Matthias Finger, professeur de management des industries de réseau à l'EPFL, «tout le drame vient qu'on a donné à La Poste des objectifs à la fois politiques et commerciaux». La même erreur vaut pour la Banque Cantonale Vaudoise. «C'est une illusion de croire que l'on peut faire de la politique sociale ou de développement régional avec une entreprise qui évolue dans un contexte économique libéralisé.» Pour le conseiller national radical Claude Frey, le recours à l'Etat «constitue toujours une fuite en avant». Reculer pour mieux sauter. «Le recours à l'Etat ne fait que reporter les échéances.» En attendant, les entreprises en difficulté ne se gênent pas pour quêter la manne étatique, tendre leurs sébiles à la puissance publique; foin alors de l'orthodoxie libérale, on réclame crédits et subventions, on s'empresse, selon la formule consacrée, de «privatiser les profits et de socialiser les pertes». Mais l'Etat, lui, n'est jamais pressé. L'Etat se tâte et n'intervient qu'au bord de la catastrophe, ou juste après. L'Etat en Suisse est pudique, il n'ose pas y aller, il n'ose pas foncer, il dit que ça ne le regarde pas, comme pour Swissair, mais quand enfin il se décide, c'est la grosse artillerie, comme s'il devait rattraper le temps perdu. Le temps, justement, lui manque alors pour demander l'avis du Parlement, ou du peuple. L'Etat devient autoritaire: c'est la politique du fait accompli. L'Etat n'agit que le dos au mur. Mais c'est lui qui se met délibérément dans cette situation.

Pourquoi le Conseil fédéral n'a-t-il pas «régulé» Swissair, et le Conseil d'Etat vaudois la Banque cantonale, au lieu de les laisser pourrir à force de pertes et d'incompétences, pour ensuite dévaliser les contribuables, contraints de payer la note? Si le contribuable veut réagir, on lui en donnera la possibilité plus tard, quand son opinion n'aura plus la moindre importance. Si l'on en est arrivé là, «c'est que la Suisse n'a pas d'objectifs, dit Beat Bürgenmeier. Elle n'a que des instruments.» L'avantage, c'est que l'on n'a plus besoin de s'entendre sur les objectifs, «il suffit de gérer». L'Etat revient, «il revient même en force», selon Hubert Barde, mais cette force soudaine, intempestive, autoritaire, est d'abord un aveu de faiblesse.

«Minimal et omniprésent»

«S'il est une intelligence du capitalisme, c'est que, chaque fois qu'il chasse l'Etat par la porte, il crée en même temps de grandes baies vitrées pour lui permettre de rentrer à nouveau», affirme l'économiste français Jean-Paul Fitoussi. Se protéger de l'Etat, oui, pourvu qu'il continue à nous protéger. C'est toute l'ambivalence du libéralisme et en même temps toute l'ambivalence du citoyen moderne. «Nous voudrons toujours l'Etat minimal et omniprésent, modeste et efficace, magnanime et intraitable», dit le philosophe français Pascal Bruckner. Surtout, qu'il ne se régule pas trop lui-même comme il a tenté de le faire avec La Poste. En Suisse, plus de la moitié des ménages reçoivent de l'argent public par voie directe ou indirecte, versé par la Confédération ou les cantons. Pour la moitié du pays, l'Etat est devenu un bien trop précieux pour qu'on tente de l'ébrécher, même sous couvert de rationalisation.

Pierre-André Stauffer

Swissair/Swiss: 2,4 milliards La situation

Le 2 octobre 2001, les avions de Swissair sont cloués au sol. Pour éviter la faillite, la compagnie doit solliciter l'octroi d'un sursis concordataire.

La solution

La Suisse sans compagnie aérienne: c'est impensable. Les banques et le Conseil fédéral interviennent. Dans un premier temps, la Confédération injecte 1,45 milliard de francs pour permettre à Swissair de voler jusqu'à la fin mars de cette année. Puis elle donne son aval à la création d'un nouveau transporteur national. Ce sera Swiss. La participation à l'augmentation de capital de cette société s'élève à 600 millions de francs. Après un débat au cours duquel plusieurs députés s'opposent à l'intervention étatique, le Parlement donne son feu vert à la mi-novembre 2001. Plusieurs cantons décident aussi de souscrire à cette opération financière pour environ 400 millions. La Confédération contrôle finalement 20,5% de Swiss, les cantons et les communes 12,1%, les investisseurs institutionnels 64,7% et privés 2,7%. Au total, les pouvoirs publics déboursent quelque 2,4 milliards de francs pour résoudre la crise. Pour tenter d'équilibrer son budget 2003, Swiss passe actuellement au crible toutes ses dépenses. Ses dirigeants viennent de décréter le gel de l'emploi.

«Le drame vient qu'on

a donné à La Poste

des objectifs politiques

et commerciaux.»

Mathias Finger

«La population ne veut

plus entendre parler

de privatisation

et d'autorégulation.»

Peter Bodenmann

«L'Etat ne pouvait

pas abandonner

sa banque.»

Hubert Barde

«Actuellement

l'intervention de l'Etat

est un moindre mal.»

Pierre-Yves Maillard

Swiss Dairy Food: 70 millions La situation

Swiss Dairy Food ou SDF, le numéro un du marché du lait, ne parvient plus à faire face à ses obligations financières. Le 22 septembre 2002, la société obtient un sursis concordataire. Les paysans qui livrent leur matière première à l'entreprise bernoise devront-ils jeter leur lait?

La solution

Pour la première fois dans l'histoire récente, 7000 agriculteurs helvétiques ne sont plus certains de toucher la paie du lait. Un séisme pour la profession. Pour éviter un «grounding» à la Swissair, la Confédération et les banques s'entendent rapidement. Un consortium de treize instituts débloque un crédit de 89 millions de francs pour assurer les livraisons et les salaires. Parallèlement, le Conseil fédéral accepte de prendre en charge entre 80% et 90% du paiement du lait du mois d'août ainsi qu'entre le 1er et le 22 septembre. Soit quelque 70 millions de francs. Le solde est perdu pour les producteurs. Depuis le 23 septembre, la collecte et la paie du lait sont garanties, mais seulement au jour le jour. Plusieurs repreneurs s'intéressent aux nombreux sites de production de SDF. Le 4 novembre, les Laiteries Réunies de Genève sont choisies pour racheter trois entreprises situées au Mont-sur-Lausanne, à Ostermundigen et à Zurich.

La Rentenanstalt: un taux de 3,25% La situation

Les assureurs vie, et surtout la Renten- anstalt, sont aux abois en raison de l'effondrement des Bourses mondiales qui dure depuis plus de deux ans. Pour toutes les prestations obligatoires du deuxième pilier, une partie non négligeable de leurs activités, ils doivent verser un taux d'intérêt minimal de 4% l'an. Selon les compagnies, ce pourcentage est trop élevé. Il se répercute négativement sur leurs comptes.

La solution

Inquiets, les assureurs vie alertent le Conseil fédéral sur les risques de faillite d'un des leurs. La Rentenanstalt serait au bord du gouffre. Ils exigent un abaissement du taux d'intérêt minimal à 3%. Le 3 juillet, le gouvernement envisage de suivre les recommandations des compagnies. Les syndicats crient au scandale. Un débat souvent houleux s'engage alors. Finalement, les assureurs gagnent la partie. Dès le 1er janvier 2003, le taux minimal s'élèvera à 3,25%. Le 1er novembre, les Suisses découvrent avec effarement que six dirigeants de la Rentenanstalt ont empoché 7,7 millions en spéculant via une société créée par l'assureur.

Jean-Philippe Buchs

«La Suisse n'a pas

d'objectifs. Elle n'a que

des instruments.»

Beat Bürgenmeier

«Les banques cantonales

sont économiquement

nocives.»

Beat Kappeler

La Banque Cantonale Vaudoise: 1,8 milliard La situation

A la fin de l'an dernier, la Banque Cantonale Vaudoise (BCV) doit massivement augmenter ses provisions pour couvrir ses crédits douteux. Cependant, elle ne possède pas les fonds propres suffisants pour y parvenir. Seule une recapitalisation peut permettre d'éviter la faillite.

La solution

Avec 51% du capital de la BCV, l'Etat de Vaud détient la clé du sauvetage. Dans un premier temps, il décide d'acheter la moitié des nouvelles actions émises pour remettre à flot sa banque. Le montant à débourser s'élève à 300 millions de francs. Or, en raison de la chute des marchés financiers et parce que de nouvelles provisions s'avèrent nécessaires, le Conseil d'Etat se résout, cet été, à souscrire la totalité de l'augmentation de capital qui se monte à 600 millions de francs. Nouvelle tuile le 29 octobre. Ce jour-là, le gouvernement annonce que la BCV doit, une nouvelle fois, augmenter ses provisions. Il faut aussi améliorer durablement les fonds propres. Conséquence: l'Etat injectera encore 1,25 milliard. Au total, c'est 1,8 milliard que le canton de Vaud, déjà surendetté, débourse pour sauver sa banque et lui permettre de soutenir l'économie régionale.




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