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Curiosité à 360°. Cette cinéphilie communicative, Olivier Père l’acquiert enfant, à Saint-Etienne, en s’adonnant à l’évasion pure que le cinéma américain procure avec des films comme Indiana Jones. Phantom of the Paradise, de Brian de Palma l’amène au nouveau cinéma hollywoodien, Scorsese, Coppola... Puis, de fil en aiguille, il découvre Godard, Pasolini, Renoir, Tarkovski, Straub…
Il parfait son initiation à Paris où il étudie les Lettres. De cet apprentissage en autodidacte, il conserve une curiosité à 360°, dépourvue de tout préjugé. Critique aux Inrockuptibles, il écrit aussi bien sur Takashi Miike que sur Philip K. Dick, James Bond ou Werner Herzog.
A Locarno, le prix Raimondo Rezzonico est remis au flamboyant Menahem Golan, «parce que quelqu’un qui a produit à la fois Godard et Chuck Norris ne peut pas tout à fait être mauvais». Olivier Père refuse d’établir des hiérarchies: «Je m’intéresse à tout le cinéma, c’est vrai. Le moteur de notre travail de critique, de programmateur, c’est la curiosité, l’éclectisme, la passion. Il s’agit surtout d’apporter ce qui se fait de plus original, de plus beau, de plus intéressant». A savoir du documentaire, de l’expérimental, des premières œuvres, des cinématographies émergeantes, mais aussi, en fin de soirée sur la Piazza Grande, des films de genre très originaux comme Monsters, Rubber ou Rammbock.
Pas de festival sans fête. Venu du Festival de Cannes, où il a passé six ans comme délégué général de la Quinzaine des réalisateurs, Olivier Père, au-delà de quelques légitimes étonnements vis-à-vis du schwyzerdütsch, s’est intégré facilement dans la politique culturelle suisse. Contrairement à certains fantasmes protectionnistes, il n’a jamais manifesté l’envie de «parisianiser» la manifestation locarnaise.
La taille de Locarno, «le plus petit des grands festivals et le plus grand des petits festivals», convient au nouveau directeur artistique. La dimension humaine lui paraît tout à fait adaptée à la mission: s’imposer comme un «rendez-vous incontournable pour tous ceux qui s’intéressent au cinéma indépendant, au cinéma d’auteur, aux nouveaux créateurs...».
Et comme dans «festival», il y a fête, il entend réveiller Locarno, qui ne s’est jamais pleinement remis de la fermeture du mythique Grand Hôtel, non seulement à travers la sélection, resserrée et plus exigeante, mais aussi en modifiant l’atmosphère. «Il y a beaucoup de films signés par de jeunes gens. Le jury est jeune aussi. Je pense que ça va susciter un désir de fête. C’est indissociable de tout festival.»
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