Samedi 19 février 2011, 14 h 30, à la Maison des compagnons au Grand-Saconnex (GE): la loge mixte indépendante Les Enfants d’Isis, qui compte une douzaine de francs-maçons, tient une tenue blanche ouverte, cérémonie accessible aux profanes et à la presse. La vénérable, vêtue d’une longue robe blanche ornée d’un décor couleur turquoise, brodée de symboles argentés et dorés, prend la parole:
– «Frère premier Surveillant, pouvons-nous ouvrir les travaux?
– Nous ne le pouvons, Vénérable Maître, le Temple n’est pas couvert, les parvis ne sont pas déserts, les profanes ne sont pas écartés. Nous ne sommes pas en sûreté.
– Frère deuxième Surveillant, ne pouvons- nous pas, ainsi qu’il en était dans les mystères antiques, faire entrevoir à nos visiteurs profanes la Lumière qui est l’âme même de notre séculaire fraternité?
– Nous le pouvons certainement, Vénérable Maître, avec prudence mais aussi avec générosité car c’est la mission de notre ordre de le faire rayonner dans le monde profane (…).
Trois bougies sont allumées, représentant la sagesse, la force et la beauté. Au milieu de l’atelier trône le Volume de la Loi sacrée. Ici, comme dans la plupart des loges, c’est la Bible, ouverte sur le prologue de saint Jean et sur laquelle repose «l’épée flamboyante au pouvoir de création». La franc-maçonnerie est profondément tissée de rites, ceux de l’une des rares sociétés traditionnelles initiatiques qui perdurent en Occident.
01. "Frangins" et "frangines" en quête de spiritualité.
A lire les hebdomadaires français, on pourrait croire que la franc-maçonnerie n’est qu’un panier de crabes où tous les coups bas sont permis pour la conquête du pouvoir et la réalisation de juteuses et sombres affaires. Si les dérapages dans certaines loges, notamment celles de l’Hexagone, sont incontestables et donnent bien du souci aux francs-maçons suisses, ces derniers ont dans la grande majorité une approche authentique de la maçonnerie.
«Les symboles de la construction agissent sur notre inconscient», souligne le journaliste et écrivain Jean-Noël Cuénod, membre de La Constance à Aubonne, l’une des plus anciennes loges fédérées par la Grande Loge suisse Alpina (GLSA) qui est l’obédience la plus importante en Suisse. «Le rituel est porteur d’énergie», confirme une maçonne lausannoise qui a expérimenté plusieurs rites, français, écossais et égyptien.
«LA FRANC-MAÇONNERIE EST DÉPOSITAIRE DE LA DÉMOCRATIE ET DE LA LAÏCITÉ.» André Moser, président de Dialogue & démocratie suisse
Quant aux outils tels que l’équerre, le compas ou le fil à plomb, considérés comme des instruments allégoriques du «temple intérieur» de chaque être humain, «ils façonnent ma morale», relève François-Dominique Lilli, un retraité qui voue tout son temps aux activités de la GLSA.
Et puis il y a cette fraternité qui rappelle à Louis Guerrero, président pour la Suisse de l’obédience du Droit Humain, le pain que son père, réfugié politique espagnol sous Franco, partageait avec d’autres maçons à la maison. «On ne laisse pas tomber un frangin en difficulté et que l’on connaît depuis dix ans», martèle Jean-Noël Cuénod, comme une évidence.
Les «chaînes d’union» au cours desquelles les maçons, le bûcheron côtoyant le banquier, se recueillent et se tiennent la main d’une certaine manière, demeurent un moment fort du rituel et renforce encore l’esprit de corps.
02. Entre maçons, on se comprend mieux.
Dans le monde entier, les maçons membres du Groupement international de tourisme et d’entraide (GITE) disposent d’un annuaire où figurent noms et adresses des frères et sœurs. Un hôtel tenu par un franc-maçon ne sera jamais vraiment complet pour un frère ou une sœur en voyage.
En dehors des loges, les rencontres fraternelles se font tout naturellement. «A égalité de devis, j’irai voir un plombier maçon plutôt qu’un autre car les principes de vie qu’il défend sont les mêmes que les miens», reconnaît Jean-Michel Mascherpa, grand maître de la GLSA et ancien haut fonctionnaire genevois.
Peut-on entrer en maçonnerie avec pour seule motivation de se construire un réseau ou de se forger une carrière? Il faudrait sans doute être un excellent comédien et plutôt patient.
Attendre entre six mois et une année avant d’être admis dans une loge; passer seul de longs moments dans une pièce quasi obscure à rédiger son testament spirituel avant l’initiation; apprendre à se taire pendant une à trois années d’apprentissage sauf pour présenter sa «planche», un travail de réflexion sur un thème déterminé à l’avance; participer généralement une à deux fois par mois à une tenue en respectant scrupuleusement le rituel: la franc-maçonnerie n’est pas vraiment un club pour dilettantes.
Il n’empêche que malgré ces exigences, certains initiés maçons passent de l’état d’apprenti à celui de compagnon puis à celui de maître sans avoir vraiment évolué spirituellement. Ce qui fait dire à une maçonne un brin rebelle: «Dans la francmaçonnerie, l’initiation consiste également à découvrir qu’il y a un certain nombre de crétins, et la fraternité à ne pas dire qui ils sont».
La tentation de l’orgueil n’épargne personne sur notre planète, même pas les francs-maçons. Et tous n’ont apparemment pas intériorisé cette parole de sagesse exprimée cette fois par Gisèle Di Marzio, grande maîtresse de la Grande Loge Féminine de Suisse: «Plus on avance, plus on est conscient qu’on ne sait rien.»
Au sein des loges, politique et commerce sont rigoureusement exclus (lire l’encadré: «Au-delà des fantasmes»). Mais à l’extérieur fleurissent des associations où se rassemblent des maçons de toutes obédiences et qui ont des intérêts professionnels communs: les fraternelles.
Ces dernières «sont à la maçonnerie ce que le PMU est au cheval», écrit Patrick Lelong, journaliste à France Info et maçon, qui plaide en faveur de leur suppression dans son Petit dictionnaire énervé de la franc-maçonnerie. C’est en leur sein qu’ont germé en France de retentissants scandales immobiliers impliquant des maçons en Ile-de-France et sur la Côte d’Azur.
En Suisse, il existe aussi quelques fraternelles comme Delta à Lausanne, ou La Truelle à Genève qui regroupe une trentaine de patrons de petites entreprises dans le secteur de la construction. D’une influence très réduite et non reconnues par la GLSA, elles n’ont pas grand-chose à voir avec les fraternelles françaises.
03. Un fonctionnement à l'image de la Suisse.
Chaque franc-maçonnerie s’identifie, dans son organisation et son fonc-tionnement, au pays dans lequel elle vit. Au Royaume-Uni, Edward Windsor, duc de Kent, demeure le grand maître de la Grande Loge Unie d’Angleterre. Fort longtemps, un membre de la famille royale était à la tête de la Grande Loge de France d’où sont issues les obédiences actuelles. Aujourd’hui, un grand maître d’une fédération de loges peut exclure un frère ou une sœur qui ne remplit pas ses obligations.
«Impensable en Suisse. C’est à chaque loge, libre et indépendante, de faire de l’ordre chez elle», souligne Jean-Michel Mascherpa. Et ce dernier de rappeler qu’à l’image des cantons, les loges suisses de l’Alpina se sont fédérées en 1844 en adhérant à un traité d’alliance.
Cette non-soumission à une autorité supérieure se retrouve dans le protestantisme. Et ce n’est pas un hasard si la franc-maçonnerie s’est principalement implantée dans les cantons réformés. Les rédacteurs des constitutions de la franc-maçonnerie spéculative, dès 1721, sont précisément le pasteur presbytérien James Anderson et le physicien huguenot Jean-Théophile Désaguliers, fils de pasteur.
Avant d’être spéculative, la maçonnerie a en effet été opérative: une telle tradition perdure avec les compagnons du Tour de France qui doivent réaliser un chef-d’œuvre en s’initiant dans les chantiers de France et de Navarre.
Aujourd’hui, francs-maçons et francmaçonnes suisses, qui majoritairement appartiennent à des loges exclusivement masculines ou féminines, sont généralement des hommes ou des femmes de plus de 40 ans, au bénéfice d’une situation professionnelle ou sociale satisfaisante voire confortable, capables de payer une cotisation annuelle comprise entre 300 et 1000 francs, et surtout de trouver du temps libre pour leurs activités en loge.
Ils exercent les métiers les plus divers. Globalement, les effectifs des loges augmentent légèrement d’année en année. On compte plus de 5000 maçons en Suisse. Les vénérables (les big boss des ateliers) que nous avons rencontrés préfèrent recruter moins de gens et les garder plus longtemps. En France, les adhésions ont explosé mais les démissions après deux à trois ans se sont également multipliées.
Les loges de la GLSA sont pour la plupart propriétaires de leur Temple, comme par exemple celui de la rue de la Scie à Genève. Celles qui en ont l’occasion louent parfois leur Temple à des loges d’autres obédiences. L’entretien de ces biens immobiliers peut coûter une fortune, comme celui qui abrite la loge L’Amitié à La Chaux-de-Fonds.
La restauration de ce bijou architectural, classé monument historique, a coûté un million de francs, couverts à 52% par des subventions fédérale, cantonale et municipale. Malgré une cotisation annuelle de 625 francs payée par chacun de ses 52 frères, la loge neuchâteloise essuie un déficit de quelques milliers de francs compensé par les revenus de la cave à vins. Voilà au moins un point commun entre les loges maçonniques et les monastères catholiques!
04. Invisible présence en politique.
Les francs-maçons influencent-ils la vie politique et sociale suisse? Dans le passé, sans aucun doute. Dès la fin du XVIIIe siècle, imprégnés des idées de Rousseau et Voltaire, les francs-maçons genevois, pour ne citer qu’eux, se tournent vers la vie publique.
Comme le relève Michel Cugnet, vénérable de la loge L’Amitié, Georges Favon, alors rédacteur en chef du Genevois (organe officiel du Parti radical), conseiller national et conseiller d’Etat et aussi vénérable de la loge Fidélité et Prudence oriente la maçonnerie genevoise vers des thèmes tels que l’assurance obligatoire, la politique des salaires et la situation des ouvriers, le protectionnisme, les lacunes de l’assistance publique et sociale, etc.
Quant à la loge lausannoise Liberté, elle voit notamment l’un de ses frères nommé président de la Confédération le 14 décembre 1882: Louis Ruchonnet.
De nos jours, les francs-maçons suisses se font nettement plus discrets aux niveaux cantonal et fédéral. A Berne, au dire du conseiller national et président du Parti socialiste suisse Christian Levrat, «ils ne jouent aucun rôle». Selon le franc-maçon Michel Cugnet, un exconseiller d’Etat neuchâtelois et un conseiller national du même canton ont préféré démissionner de leur loge pour éviter l’amalgame franc-maçonnerie et parti politique.
«Celui qui se présente aux élections en affichant son appartenance à une loge maçonnique est à peu près certain de ne pas être élu.» La prudence est de mise, même dans le canton de Neuchâtel pourtant historiquement bienveillant envers la franc-maçonnerie. Il n’est pas question d’y associer tel ou tel parti. A Genève, Jean-Michel Mascherpa ne voit pas de maçons ni au Grand Conseil ni au Conseil d’Etat.
En revanche, ces derniers sont bien présents dans les communes. Ils y distillent, à titre personnel, les valeurs de la franc-maçonnerie. Les Vieux-Grenadiers de Genève y seraient également très sensibles.
A voir les règlements de comptes qui secouent la Grande Loge Nationale Française (GNLF), dont le grand maître François Stifani accusé notamment de connivence avec le pouvoir et d’affairisme est contesté jusque dans ses propres rangs, les maçons suisses sont désolés.
Jean-Michel Mascherpa ainsi que ses alter ego belge et luxembourgeois ont demandé par écrit à ce dernier de s’expliquer. Les maçons helvétiques craignent non seulement que l’image de la maçonnerie ne soit ternie par cette sombre affaire mais aussi qu’une vague de maçons membres de la GNLF en France voisine ne quittent cette dernière pour se réfugier en Suisse!
Loin de cette tourmente, certains Genevois cherchent à traduire en dehors des loges l’esprit de la maçonnerie. Le laboratoire d’idées Dialogue & démocratie suisse (DDS) créé il y a deux ans et présidé par André Moser, ex-collaborateur de Firmenich, planche en ce moment sur la rédaction d’une déclaration des droits et des devoirs des élus en démocratie. Laquelle pourrait être proposée par Genève à tous les Etats.
Aux yeux d’André Moser, cette initiative s’inscrit naturellement dans la mission des francs-maçons «qui ont fait la Constitution fédérale de 1848» en y insufflant leurs valeurs, notamment dans le préambule.
Dialogue & démocratie française, liée à DDS et présidée par Patrice Hernu, fils de l’ex-ministre Charles sous la présidence de François Mitterrand, serait très intéressée par cette démarche. DDS entend également agir sur le terrain en proposant à la chancellerie genevoise de nouveaux visiteurs de prison pour les détenus qui souhaitent rencontrer des laïcs, et pas seulement des hommes d’Eglise.
Invité en juin prochain à donner une conférence devant les maçons de DDS, le conseiller administratif radical genevois Pierre Maudet, qui n’est pas maçon, apprécie «la forte émulation intellectuelle que l’on trouve chez les francs-maçons et qu’on n’observe pas forcément dans les partis».
05. De l'excommunication à je t'aime moi non plus.
Depuis une première bulle de Clément XII, la papauté condamne la francmaçonnerie. Aujourd’hui, un catholique qui devient maçon n’est plus excommunié mais en état de péché grave. C’est tout de même moins sérieux. Dans les faits, certains maçons qui ont la foi catholique continuent à aller à la messe et à participer à l’Eucharistie sans avoir le sentiment de pactiser avec le Diable.
Ils mettent en pratique les recommandations de saint Thomas d’Aquin que nous résume le père jésuite Etienne Perrot à Genève: «Entre l’autorité et la conscience, c’est la conscience qui a le dernier mot.» Il n’empêche que les francs-maçons valaisans de Martigny et de Saint-Maurice vont à Bex (VD) pour tenir leurs assemblées, à l’abri d’éventuels intégristes dont les actes pourraient ne pas être très «catholiques».
Viendra peut-être le temps où, se plaçant non plus sur le registre du pouvoir mais sur celui de la connaissance pure, les francs-maçons et l’Eglise catholique feront l’apprentissage de la fraternité.
Symboles clés

L’ÉQUERRE Suspendue au sautoir (décor vestimentaire) du vénérable, maître maçon élu par ses pairs pour diriger un atelier durant le temps de son mandat, l’équerre représente le monde matériel. La place du compas par rapport à l’équerre détermine les différents degrés de travaux selon les grades d’apprenti, de compagnon ou de maître.
LE COMPAS Symbole du maître maçon, le compas représente le monde spirituel. Si l’équerre est posée sur le compas, cela signifie que les travaux se déroulent au grade d’apprenti et que la matière domine toujours l’esprit. Esprit et matière sont en équilibre chez le compagnon quand l’équerre et le compas sont entrecroisés. L’esprit a pris le dessus sur la matière chez le maître lorsque le compas est posé sur l’équerre.
LE VOLUME DE LA LOI SACRÉE Placé au centre de la loge durant les travaux, c’est le livre sur lequel le maçon prend ses obligations: la Bible ou un autre livre sacré, un livre aux pages blanches ou les Constitutions de l’obédience.
Les origines de la Franc-maçonnerie
Des cathédrales au Conseil fédéral
Jusqu’au 24 juin 1717, ce jour de la Saint-Jean-Baptiste où de l’autre côté de la Manche quatre loges décident de se constituer en Grande Loge de Londres, l’histoire de la franc-maçonnerie s’identifie à celle d’associations corporatives ou à des confréries de métiers du bâtiment, véhiculée par la tradition orale.
Sur la face nord de la cathédrale en construction s’adosse une petite baraque en bois, la loge, au sein de laquelle le soir venu le maître d’œuvre prépare le travail du lendemain et enseigne les secrets du métier aux apprentis. Comme l’explique Michel Cugnet, auteur de quelques ouvrages de référence sur la franc-maçonnerie, des bourgeois, des nobles et des savants, qui ne sont pas du métier de la construction, sont progressivement introduits dans ces loges, notamment écossaises et anglaises.
Ces gens souvent fortunés offrent une aide matérielle aux compagnons bâtisseurs quand le travail vient à manquer, tout en participant activement aux travaux initiatiques et symboliques des loges. Ainsi, la maçonnerie opérative se mue au fil des ans en maçonnerie spéculative.
Le jésuite Etienne Perrot, à Genève, estime que ces loges britanniques sont nées lorsque nobles catholiques et protestants, las de se taper dessus chaque fois que le roi change de religion, ont décidé de se rencontrer librement dans un lieu neutre. Ensuite, la francmaçonnerie s’est développée parallèlement à l’essor commercial de l’Empire britannique.
En Suisse, c’est à Genève que l’Anglais Georges Hamilton introduit pour la première fois la franc-maçonnerie en 1736. Trois ans après, ce sont encore des Anglais qui créent la première loge maçonnique à Lausanne. Porteurs des idées révolutionnaires et de réformes sociales, les francs-maçons essaiment dans tout le pays malgré des interdictions renouvelées.
Au XIXe siècle, ils se tournent résolument vers la vie publique et gravent des noms célèbres dans l’histoire helvétique tels que Marc-Antoine Miéville, héros de l’Indépendance vaudoise et fondateur de la Gazette de Lausanne, Georges Favon, conseiller national et conseiller d’Etat genevois ou encore Louis Ruchonnet, conseiller fédéral et vénérable de la loge lausannoise Liberté.

Les différents courants de la Franc-maçonnerie en Suisse

Le faux et le vrai
Au-delà des fantasmes
Le secret qui entoure les activités des maçons en loge, dicté par la nature même de l’initiation, personnelle et intime, et aussi par un souci de sécurité, suscite encore de nombreuses questions. Qu’est-ce que la franc-maçonnerie?
UNE SECTE? FAUX
Il est aisé d’entrer dans une secte et difficile d’en sortir. Il est en revanche relativement difficile de devenir franc-maçon et simple de quitter une loge, par l’envoi d’une lettre de démission.
UNE RELIGION? FAUX
Les francsmaçons sont allergiques à tout dogme religieux. Ce qui ne les empêche pas, pour la plupart, de mettre la Bible ou un autre livre sacré au centre de leurs travaux.
UN LIEU PROPICE AUX AFFAIRES ET À LA POLITIQUE? FAUX ET VRAI
La règle est claire: tous les francsmaçons laissent leurs métaux à l’entrée du Temple, c’est-à-dire leurs avoirs et leurs illusions. Pas de business ni de politique dans les loges qui ne sont ni des partis ni des clubs de service. Toutes les obédiences, notamment en France, ne se montrent pas aussi rigoureuses. Quant aux fraternelles, où se regroupent des maçons de toutes obédiences, elles permettent un large échange de cartes de visite.
UNE ÉCOLE DE VIE? VRAI
«Connaistoi, toi-même.» L’injonction de Socrate s’applique à tout maçon qui, par l’apprentissage des rites et des symboles, est supposé s’améliorer progressivement et, de ce fait, améliorer l’état du monde.
UN ORDRE TRÈS DISCRET? VRAI
Les francs-maçons se reconnaissent par des mots de passe bien précis. Est exclu des travaux d’une loge à l’entrée d’un Temple celui ou celle qui est incapable de décliner correctement son identité maçonnique.
L'art de la Franc-maçonnerie

Exposition unique en son genre au prochain Salon du livre et de la presse de Genève (du 29 avril au 3 mai) puisque, pour la première fois en Suisse, grâce à la patience et l’opiniâtreté de l’historien d’art et commissaire d’exposition Frédéric Künzi, Genevois installé en Valais depuis 1972, des loges suisses ont accepté de révéler une partie de leur patrimoine artistique.
«La francmaçonnerie est un art en soi, par le mystère dont elle a su s’entourer, le faste dont elle a su faire preuve, l’ornementation fastueuse des objets maçonniques en tout genre, depuis les plus simples certificats de compagnon jusqu’à la canne du maître de cérémonie. La francmaçonnerie a ceci de particulier que ses objets, qu’ils soient rituels ou usuels, sont inondés de symboles et d’ornements nombreux et variés, allant des végétaux aux outils en passant par l’architecture.»
Frédéric Künzi a rassemblé quelque 330 objets et œuvres uniques en Europe qui révèlent une franc-maçonnerie philosophique, mais aussi quotidienne, rituelle et purement artistique. Trois musées maçonniques parisiens ainsi que les Musées des beaux-arts de Brest, Rouan et Pontarlier sont présents à Genève.
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