Monaie unique
L'Euro, ce tueur de croissance ?
Par Matthieu Ruf, Yves Steiner - Mis en ligne le 22.10.2009 à 09:53
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LES FAITSDepuis février, la monnaie unique européenne s’est renchérie de 18% par rapport au dollar. Surtout en raison de la faiblesse persistante du billet vert. Malgré cela, les observateurs louent la résistance de la devise européenne en temps de crise, mais notent qu’il pourrait aussi devenir un boulet pour les industries d’exportation du continent. Le 16 octobre, Jean-Claude Juncker, le premier ministre et ministre des Finances luxembourgeois a glissé que «si le cours de l’euro devait continuer à persister dans la ligne qui fut la sienne ces dernières semaines, nous risquons, via les taux de change, de ralentir la reprise économique en Europe».
De quoi alimenter les spéculations sur une réaction des dirigeants de la zone euro. Lundi, les ministres des Finances de l’Eurogroupe se réunissaient avec, entre autres, à l’ordre du jour une discussion sur le niveau actuel de la monnaie européenne. LES COMMENTAIRESPour The Economist, les propos de Jean-Claude Juncker reflètent, dans l’immédiat, le déclin des exportations européennes en juillet (-5,8%), le pire résultat depuis janvier. Sur le blog des journalistes de l’hebdomadaire (FreeXchange), on relève l’intensification d’une «rhétorique européenne sur le besoin pour un dollar fort». C’est le sens des mots de Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne (BCE), au Financial Times: «Un dollar fort est dans l’intérêt des Etats-Unis.» Et celui-ci de songer à des interventions de la BCE «nécessaires pour pousser vers le haut le billet vert». Repris par Bloomberg, les analystes de Goldman Sachs estiment, eux, que «le dollar déclinera ces six prochains mois face à l’euro».
De là à péjorer les exportations de l’Europe vers son deuxième marché en taille, les Etats-Unis? Pas sûr, signale toujours Bloomberg. Car certains carnets de commandes affichent des hausses. Comme l’allemand Bayerische Motoren Werke (BMW) ou, dans le luxe, le français Hermès International. À SUIVREAutomne 2007, les politiques français – dont le président Nicolas Sarkozy – avaient vertement critiqué l’euro fort de la BCE. La devise européenne valait alors 1.43 dollar. Aujourd’hui, l’euro flirtant avec 1.50 dollar, les dirigeants français restent bien muets. Jusqu’à quand?
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