Crise financière européenne
L'Europe joue son va-tout
Par Philippe Le Bé - Mis en ligne le 12.05.2010 à 12:18
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ZONE EURO. En un week-end, les pays membres de l’Union européenne ont mis sur pied un mécanisme de financement de la dette des Etats de la zone euro. Malgré les réticences de Berlin, le fédéralisme fiscal européen est en marche. Et des centaines de milliards d’euros seront levés sur les marchés.
Rien de moins que 750 milliards d’euros. Soit près de deux fois l’entier de la richesse produite en une seule année en Suisse. Voilà ce que les pays membres de l’Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI) vont débloquer pour tenter de stabiliser la zone euro et sa monnaie. En forte baisse la semaine passée, les marchés ont repris leur envol ce lundi. Avec des hausses fantastiques, entre 7 et 11%. Jusqu’à quand?
Craignant de voir la crise de la dette publique grecque se propager à d’autres pays comme l’Espagne, le Portugal ou l’Italie, l’UE a concocté ce week-end une réponse au mouvement de défiance des marchés financiers.
Mais que propose-t-elle? Premier élément de ce programme de soutien, la Commission européenne pourra désormais prêter jusqu’à 60 milliards d’euros aux pays membres de la zone euro en cas de difficultés. Une facilité de crédit qui était réservée à des Etats de l’UE non membres de la zone et dont la Commission avait usé pour la Lituanie, la Hongrie et la Roumanie en 2008.
Fédéralisme fiscal. Plus spectaculaire, l’UE complète cette première mesure par la création d’un Fonds de stabilisation européen doté de 440 milliards d’euros. D’où vient l’argent? Suggéré par Paris et Rome, il s’agit de lever des milliards sur les marchés de capitaux pour ensuite les prêter aux Etats incapables de financer leurs dettes. Et donc couper l’herbe sous le pied des spéculateurs qui parient sur la faillite d’un Etat plus que d’un autre.
Or, pour que cet arrangement tienne, il faut veiller à ce que les emprunts émis par ce nouveau Fonds de stabilisation soient garantis par tous les pays de l’euroland. A l’arraché, Berlin en a accepté le principe, non sans exiger des conditions drastiques pour les pays qui frapperaient à la porte de ce fonds, des conditions dignes de celles du FMI.
Surtout, cela signifie le premier pas vers une sorte de fédéralisme fiscal à l’échelle de l’Europe.
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