Page n°2
|
Dans la même veine, Sergio Rossi estime que «la tradition helvétique du fédéralisme fiscal pourrait servir de modèle de gouvernance économique qui fait cruellement défaut à la zone euro. Laquelle a une politique monétaire centralisée à Francfort, des politiques budgétaires et fiscales aux mains des Etats entre lesquels il n’y a aucune coordination.» Et le professeur de suggérer que «les responsables de la Commission européenne envoient une délégation en Suisse pour voir comment fonctionne notre système afin de s’en inspirer».
Construction artificielle. Quand, aujourd’hui, Paul Volcker, conseiller économique du président américain Barack Obama, évoque l’éventualité d’une «désintégration» de la zone euro, quand la chancelière allemande Angela Merkel constate que le problème de fond que constitue l’écart croissant entre les économies les plus fortes et les plus faibles restait à résoudre, force est d’admettre que la mission de l’euro a échoué. Juste avant sa création au seuil de l’an 2000, les partisans de la monnaie unique tenaient grosso modo le langage suivant: «La construction européenne piétine. Créons l’euro. Elle forcera les pays de la zone à unifier leurs politiques budgétaires et fiscales.» Hélas, le pari n’a pas encore été gagné. Après dix années d’euphorie et d’enrichissement à la faveur de taux d’intérêt qui se sont artificiellement rapprochés, déficits publics et endettement de certains pays comme la Grèce, dans l’impossibilité de dévaluer leurs monnaies, se sont dangereusement creusés.
Nicolas G. Hayek se souvient qu’à la faveur de l’écroulement du mur de Berlin, Helmut Kohl avait décidé d’unifier les monnaies des deux Allemagnes, «contre l’avis de la Bundesbank et de certaines personnalités qui considéraient cette entreprise comme une folie», eu égard au fossé économique séparant les ex-RFA et RDA. «Le même schéma a été appliqué avec les pays de la zone euro. Mais ce qui a pu être imposé au sein d’un seul pays, l’Allemagne, n’a pu l’être par des dirigeants européens qui ne souhaitaient pas qu’on touche à leurs prérogatives.»
Quant au pacte de stabilité et de croissance, qui impose aux pays membres de maintenir leur déficit et leur dette publics au-dessous des seuils fixés respectivement à 3% et à 60% de leur PIB, il n’a généralement pas été appliqué. Ce pacte, aujourd’hui à l’état de rouille, ne tenait économiquement pas la rampe, constate Sergio Rossi. «Les 3% du PIB ont été calculés tout simplement sur une base statistique. Ce chiffre correspond à la moyenne des dépenses d’investissement en infrastructures publiques des pays de l’ancienne Communauté européenne entre 1971 et 1991.»
Ces critiques formulées, comment avancer? «Les Européens devraient commencer par se demander quelle Europe ils veulent fonder», insiste Nicolas Hayek, qui n’a jamais caché ses plus grandes réticences au sujet d’une «intégration corps et âme de la Suisse au sein de l’Union européenne, telle qu’elle s’est développée ces dernières années». Au lieu de cela, les gouvernants européens «qu’il ne faut pas confondre avec les populations» ont préféré miser sur un maximum d’élargissement, invitant différents pays à se joindre à l’UE. «La possible adhésion de la Turquie signifierait que l’UE s’étend jusqu’aux frontières de la Syrie, de l’Irak, de l’Iran. Est-ce le but de l’UE que d’ouvrir ses portes à une future Union européomoyenne- orientale, qui peutêtre serait beaucoup plus puissante et fonctionnerait mieux? L’UE ne souhaiterait-elle pas plutôt se focaliser sur une réelle intégration de ses Etats comme l’ont fait la Suisse et les Etats-Unis?»
| Dossier 'Canton de Fribourg' | | |
Tags: Union européenne, Système suisse, Nicolas Hayek, Sergio Rossi,
|
|
|
 |
POLITIQUE | Le nouveau président du groupe espagnol Bankia, Jose ignacio Goirigolzarri, qui a sollicité vendredi une aide record de 19 milliards... | |
|
POLITIQUE | L'Azerbaïdjan se préparait samedi pour la finale de l'Eurovision dans la capitale. Bakou a mis les bouchées doubles pour montrer... | |
|
POLITIQUE | Une pluie battante n'a pas réfréné la motivation des opposants à la hausse des frais de scolarité et à la... | |
|
POLITIQUE | L'armée syrienne libre (ASL, formée de soldats déserteurs) a appelé samedi les "pays amis" de l'opposition à lancer des "raids... | |
|
POLITIQUE | Pilatus va fournir 55 avions d'entraînements à l'Arabie Saoudite. La firme a signé vendredi un contrat avec le groupe de... | |
|


POLITIQUE | Une bombe dans le petit monde ferroviaire helvétique. Dans une interview à Sonntag, il y a dix jours, le président... | |
|
POLITIQUE | A l’avenir, la mondialisation va affaiblir encore davantage l’Etatnation. La longue phase de transition vers une gouvernance mondiale sera, comme... | |
|
POLITIQUE | Depuis 2008, ce pays traditionnellement placide et discret enchaîne les crises: la débâcle d’UBS, l’affaire libyenne, le courroux fiscal des... | |
|
POLITIQUE | «Crise, quelle crise?» En ce printemps 2010, la question revient plus souvent qu’à son tour en Suisse romande. La débandade... | |
|
POLITIQUE | Vice-présidente de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, Adrienne Corboud Fumagalli est, depuis 2008, chargée de la valorisation et de l'innovation.... | |
|
POLITIQUE | ESPOIR. Après une année 2009 difficile, marquée par la chute des volumes de production, les entreprises suisses romandes voient de... | |
|
POLITIQUE | Il nous reçoit dans ses bureaux qui jouxtent la place des Nations, à Genève, où s’activent une cinquantaine de collaborateurs.... | |
|
POLITIQUE | Ils parlent, ils discourent, ils promettent, ils montent sur leurs grands chevaux: les dirigeants politiques ont voulu convaincre: rien ne... | |
|
POLITIQUE | Que faire des 2000 gardesfrontière? «Il faut les transformer en une réserve fédérale intégrée dans les polices cantonales», répond Pierre... | |
|
POLITIQUE | «Pour éviter que la minorité sunnite revienne au pouvoir, on va nous voler notre victoire, voilà, c’est ça la politique…»,... | |
|
|
|
|
 |
|
|