Libération d’Ingrid Betancourt. La Suisse mise en cause
Crise Diplomatique. Accusée par les Colombiens d’être trop proche des FARC et de ne pas maîtriser sa radio publique, la Suisse est sur le point de perdre son rôle de médiatrice.
Les festivités du centenaire de l’amitié entre la Suisse et la Colombie auraient pu commencer sous de meilleurs auspices. En août, la ministre des Affaires étrangères Micheline Calmy-Rey risque de ne pas se faire accueillir aussi chaleureusement que prévu lors de sa visite diplomatique à Bogota. Planifié de longue date, ce déplacement, censé commémorer le «traité d’amitié perpétuelle» conclu entre les deux pays en 1908, a en effet pris un nouveau tour depuis la libération, le 2 juillet, d’Ingrid Betancourt et de 14 autres otages. Dans un premier temps, pourtant, tout s’était déroulé pour le mieux. Jeudi 3, dans l’après-midi, le président colombien Alvaro Uribe avait même appelé personnellement la conseillère fédérale pour remercier la Suisse de son engagements pour la libération des otages des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Seulement, les choses se sont corsées depuis. Vendredi, la Radio suisse romande diffusait une information selon laquelle 20 millions de dollars auraient été versés aux ravisseurs, contredisant ainsi la version officielle d’une opération commando de l’armée colombienne. Cette somme proviendrait d’un fonds spécial créé l’an dernier par le président Uribe pour les déserteurs qui se livreraient avec des otages.
Uribe, furieux, au téléphone. Cette lecture des faits, qui relativise quelque peu le scénario digne d’un film de guerre américain qu’a dressé l’armée colombienne face aux médias, a aussitôt violemment été remise en cause par Bogota. Samedi 5 juillet, Alvaro Uribe passe donc un nouveau coup de téléphone à Micheline Calmy-Rey. Mais cette fois-ci, les services de la conseillère fédérale ne s’en vanteront pas. «Nous ne dévoilons pas le contenu de ce genre de discussions», se contente d’expliquer Georg Farago, porte-parole du Département des affaires étrangères (DFAE), qui confirme, toutefois, que ce coup de fil a bel et bien eu lieu. De cet entretien, on sait seulement qu’il a été bref, probablement très sec, et qu’il a fallu un moment pour que le président colombien comprenne que la RSR – bien que radio publique – n’était pas une radio d’Etat. Et que par conséquent, la fuite à propos d’une transaction financière pour permettre la récupération des quinze otages n’avait pas forcément été téléguidée par Berne... •TP
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L’essentiel en trois points |
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Les circonstances de la libération d’Ingrid Betancourt et de 14 autres otages le 2 juillet restent discutées. Et l’opération militaire a des conséquences inattendues. •Refroidissement Suisse-Colombie: alors que les deux pays s’apprêtaient à fêter le centenaire de leur traité d’amitié, les relations se sont brusquement tendues. Récit. •Jean-Pierre Gontard: l’émissaire suisse est accusé de sympathie envers les FARC. Très secret, il se retrouve au cœur de l’actualité. Portrait. •Organisations non gouvernementales inquiètes: l’utilisation, par l’armée colombienne, d’un hélicoptère aux couleurs de la Croix-Rouge met les ONG en danger. Débat. |
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