ÉCONOMIE & FINANCE
BON POUR LA TÊTE

ACTUALITÉ

ÉCONOMIE & FINANCE

SOCIÉTÉ

POLITIQUE

ÉCOLOGIE

RÉACTIONS

CULTURE

DOSSIERS

PERSONNALITÉS

ENTREPRISES

MIX & REMIX

GUIDES

FORMATION

INTERVIEWS

BLOGS

TV

IPAD

HOME > ÉCONOMIE & FINANCE >  Réduire la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer l'article

CONFLIT
L'île solaire dans la tempête

Par Patrick Oberli, Florence Perret - Mis en ligne le 21.10.2009 à 18:10

La belle histoire connaît un brusque arrêt. Selon Claude Nicollier, président du CSEM, le projet a désormais peu de chances d’aboutir avec Rak Investment Authority (RAKIA).

L’île solaire développée par le Centre Suisse d’électronique et de microtechnique (CSEM) vit sa première tempête, sans avoir flotté sur la mer. Depuis trois mois, la construction du prototype à Ras al-Khaimah (RAK) est stoppée, faute de financement. Et aujourd’hui, on peut même se demander si le projet aboutira. Des négociations sont en cours entre Neuchâtel et RAK pour essayer, d’une part, de relancer le projet et, d’autre part, de redonner un second souffle à l’antenne que le CSEM a implantée dans l’émirat il y a cinq ans. Selon Claude Nicollier, président du centre de recherche neuchâtelois, une décision devrait être prise par le conseil d’administration avant la fin novembre. «Toutes les options sont ouvertes. La technologie est intéressante et son développement va se poursuivre », explique l’astronaute.

Conflit de personnes.

A l’origine de cette mise en veilleuse, un conflit violent entre Kather Massaad, CEO de RAKIA (RAK Investment Authority), et Thomas Hinderling, inventeur du concept et futur ancien directeur du CSEM. Pourtant durant cinq ans, depuis l’arrivée du CSEM à RAK, les deux hommes étaient sur la même longueur d’onde. Cet été toutefois, la confiance s’est rompue.

«Je me suis fait rouler», n’hésite pas à affirmer Kather Massaad, bras droit du cheik Saud Saqr al-Qasim en matière économique. Selon lui, ni les promesses faites par Thomas Hinderling sur les apports du CSEM (lire son interview ci-dessous), ni celles concernant l’île solaire n’ont été tenues. A cela s’ajoutent des tensions liées à un «doublement de budget» et la structure de commercialisation de l’île solaire, au travers de la start-up Nolaris, à Neuchâtel, dans laquelle le CSEM et Thomas Hinderling sont tous deux actionnaires. Cette structure, selon Kather Massaad, ne laisse que des miettes à RAK.

Pris à partie, le directeur du CSE, jusqu’à la fin du mois, hésite entre déception et révolte. «Je suis la cible, regrette-t-il. Monsieur Massaad ne me considère plus comme son ami. C’est dommage. » Puis sur les éléments plus précis: «Pour les budgets, je n’ai jamais demandé 10 millions de dollars. Mais une fois, 8,5 mio que Khater Massaad a acceptés avant de revenir sur sa décision deux mois plus tard. Nouvelle demande à 7,1 mio et le même scénario s’est répété.» A RAK, la version diffère sensiblement. Kather Massaad: «J’ai dit: “Quand vous aurez quelque chose, vous me rappelez. Au revoir!” Je pouvais payer. Mais je ne pouvais pas accepter de le faire sans avoir de garantie.»

Démission indépendante.

Un point de non-retour qui a poussé Khater Massaad à écrire au conseil d’administration du CSEM. Qui a commandé un audit sur place. Sont-ce les résultats de cet audit qui ont poussé Thomas Hinderling à la démission? L’intéressé s’en défend avant de lancer, désabusé: «A vous de choisir qui vous voulez croire.»

Claude Nicollier est quant à lui plus tranchant: «C’est faux. Monsieur Hinderling avait l’intention de quitter son poste de CEO depuis le début 2009. Cela n’a rien à voir avec l’île solaire.»

Au-delà des personnes, reste l’essentiel: la technologie, seul point de convergence entre les parties. Khater Massaad, débarrassé de Thomas Hinderling, souhaite que le prototype soit terminé par le CSEM. Son adversaire espère la même issue, plusieurs pays ayant exprimé leur intérêt au travers de Nolaris.

Hors conflit, Claude Nicollier ne veut pas préjuger de la décision du conseil d’administration: «Le CSEM va continuer l’aventure, c’est certain. Néanmoins, il y a aujourd’hui peu de chance que ce soit avec RAKIA. Il y a plusieurs autres endroits intéressants pour développer une île solaire, comme l’Espagne, la Turquie ou le lac de Neuchâtel.»

LE CEO DE RAKIA EXPLIQUE CE QUI L’A MENÉ À ROMPRE AVEC THOMAS HINDERLING.

Kather Massaad: «Il n’y a eu aucun résultat!»

Vous confirmez qu’il y a un problème avec le CSEM?

Oui. Récemment, Thomas Hinderling a fait des déclarations dans les journaux (L’Express, ndlr) affirmant que nous avions des problèmes financiers. Ce qui est malhonnête. Je vais prendre un avocat pour l’attaquer en justice. Je l’ai rencontré il y a six ans. Il était venu me voir pour amener le CSEM à RAK. On a fait un accord: le gouvernement de RAK finance 50% et lui 50%. Il a proposé de faire certaines recherches (matériaux de construction, purificateurs d’eau,...). Nous étions charmés. Dans l’accord qu’il a rédigé, il a écrit qu’il allait créer 17 start-up en cinq ans. Nous lui avons donné tout ce qu’il voulait, des locaux, de l’argent. Cinq ans plus tard, il n’y a toujours rien.

Et le projet d’île solaire?

Il a débuté il y a deux ans et demi. Monsieur Hinderling est venu et nous a dit: «Ecoutez, j’ai un projet extraordinaire: produire une île solaire.» Nous étions enthousiastes. Nous nous sommes mis d’accord sur un budget de cinq millions de dollars. Toutes les sociétés dont je suis directeur se sont impliquées: béton, structures métalliques, etc. Nous avons fait le travail et payé. Il a présenté un concept de sociétés pour l’île solaire qui appartient à Nolaris Suisse (dont il est actionnaire, ainsi que le CSEM). En parallèle, il créait Nolaris Middle East dans laquelle nous aurions 30%. Nous serions seulement responsables du marketing de l’île dans les pays du Golfe. Ce qui fait que nous n’aurions même pas 5% du projet que nous avons financé.

Quand l’avez-vous su?

Il y a trois ou quatre mois, quand le problème est apparu entre nous et lui. J’ai commencé à me poser des questions. Je l’ai convoqué pour un board meeting. Avant de venir, il m’a demandé par mail 10 millions de dollars. Le double. Je n’ai pas voulu payer. Parce que le projet est en route depuis deux ans, que je n’ai toujours rien et qu’il ne pouvait pas me donner de garanties.

Etes-vous à l’origine de sa démission?

Je ne sais pas. J’ai écrit, il y a trois mois, au Conseil d’administration du CSEM en lui présentant la situation. Il a envoyé quelqu’un pour faire un audit et a découvert que ce monsieur a utilisé les ressources du CSEM pour l’île solaire.

Le projet est-il compromis?

Non! Moi je veux quelqu’un qui me donne un programme de travail et me fasse un budget. J’aimerais bien que le CSEM continue. Je ne l’ai pas fait venir pour l’étouffer.




Partager: Partager sur Facebook Partager sur Delicious Ajouter aux favoris Google Ajouter aux favoris Yahoo! Partager sur Twitter Partager sur Yahoo Buzz Partager sur Myspace   Aller en haut de page Haut de page




Inscrivez-vous à notre newsletter afin de recevoir en primeur le sommaire de la semaine ainsi que nos offres spéciales.


ÉCONOMIE & FINANCE
Bankia: le nouveau président défend l'équipe qui l'a précédé
La banque espagnole Bankia, a demandé un pr^et de 19 milliards d'euros (archives)  Keystone
Le nouveau président du groupe espagnol Bankia, Jose ignacio Goirigolzarri, qui a sollicité vendredi une aide record de 19 milliards...
ÉCONOMIE & FINANCE
Nombreux ralentissements sur les routes suisses
Des personnes téléphonent dans un institut (image symbolique/archives) Keystone
Le réseau autoroutier suisse et certaines routes cantonales supportent un important trafic en ce samedi de Pentecôte. L'axe du Gothard...
ÉCONOMIE & FINANCE
L'Espagne poussée au sauvetage public le plus cher de son histoire
Bankia a besoin de 19 milliards d'euros d'argent public (archives). Keystone
La situation est pire que prévue chez Bankia, quatrième banque espagnole, qui croule sous les actifs immobiliers risqués. Elle a...
ÉCONOMIE & FINANCE
Avions militaires: Pilatus signe avec l'Arabie Saoudite
Des Pilatus PC-7 en démonstration (archives) Keystone
Pilatus va fournir 55 avions d'entraînements à l'Arabie Saoudite. La firme a signé vendredi un contrat avec le groupe de...
ÉCONOMIE & FINANCE
Le personnel de Merck Serono va protester mercredi à Darmstadt
Des employés de Merck Serono manifestent à Genève (archives). Keystone
Le personnel genevois de Merck Serono menacé de licenciement ou de transfert va protester mercredi devant le siège du groupe...


ÉCONOMIE & FINANCE
 Kiev et Moscou se ruinent en gz avant la présidentielle
L’un possède la came, l’autre détient la mule. La Russie et l’Ukraine se tiennent par la barbichette, mais s’obstinent à...
ÉCONOMIE & FINANCE
 Villa "LOW-COST", vraiment ?
Avec seulement 38% de propriétaires, la Suisse reste le pays d’Europe qui compte le plus de locataires. La situation va-t-elle...
ÉCONOMIE & FINANCE
 Kalachnikov
Alors que le fabricant de sabots en plastique, menacé de faillite, a réussi à passer l’été grâce à un apport...
ÉCONOMIE & FINANCE
 Aux racines du néolibéralisme
Le moment ne pouvait être mieux choisi pour la parution d’un ouvrage remontant aux sources du néolibéralisme. Dans The road...
ÉCONOMIE & FINANCE
 Bilinguisme à Bienne
La nouvelle a provoqué une levée de boucliers dans la capitale de la communication et du bilinguisme: le Conseil municipal...
ÉCONOMIE & FINANCE
 Bourde
Alors que l’accord signé entre la Suisse et les Etats-Unis prévoyait un droit de recours pour les clients américains d’UBS,...
ÉCONOMIE & FINANCE
 Devenir UCITS IV compatibles
Marchés volatils, changes turbulents et pressions sur le secret bancaire mettent déjà les banquiers suisses à rude épreuve. Un autre...
ÉCONOMIE & FINANCE
 Il faudra résoudre le problème de la taille des grandes banques
Quelle est votre appréciation de la situation économique?Il faut se réjouir de la multiplication d’indices moins négatifs du côté des...
ÉCONOMIE & FINANCE
 L'Euro, ce tueur de croissance ?
LES FAITSDepuis février, la monnaie unique européenne s’est renchérie de 18% par rapport au dollar. Surtout en raison de la...
ÉCONOMIE & FINANCE
 La santé en question
LES FAITSLes temps sont durs pour Actimel, Aktifit et autres LC1. Malgré un chiffre d’affaires en hausse, les produits probiotiques...