L'Hebdo;
2002-06-27 cinéma Lilo & Stitch
Après le consternant «Atlantide», Disney renoue avec une veine de dessin animé plus humoristique et vise délibérément un public jeune gavé de cartoons de science-fiction. Sur une planète lointaine, un savant fou a créé par génie génétique le guerrier parfait. Vu de l'extérieur, il a l'air moins redoutable que Terminator: c'est une petite créature bleue, nantie de six membres pour laquelle les dessinateurs se sont méchamment inspirés du Fourreux de Pélisse, dans «La quête de l'oiseau du temps». Condamné à la déportation galactique, ce schtroumf supergrognon s'évade et trouve refuge sur un îlot du Pacifique. La petite Lilo l'adopte et s'ingénie à lui inculquer les bonnes manières. Rarement Disney a déliré aussi fort: extraterrestres en pagaille, gags tordants (la Terre est la planète protégée où les aliens ont recréé l'espèce menacée du moustique...), bagarres à grands coups de fulgur... Traitée de façon sensuelle à l'aquarelle, cette débauche d'action absurde est toutefois au service d'une classique morale: Stitch le diablotin vient à résipiscence et aide Lilo à recomposer une famille. A. D.
« De Dean Deblois, Chris Sanders. Etats-Unis, 1 h 30.
Femme fatale §
Brian De Palma aime les belles femmes et Paris. On trouve des deux dans «Femme fatale», sans beaucoup de subtilité: les femmes sont très belles et Paris cliché. Laura est une voleuse de diamants blonde, méchante et donc sexy dont la dernière action, lors du Festival de Cannes, tourne mal. La voilà obligée de changer de vie Mais la garce est manipulatrice et le ténébreux Nicolas en fera les frais. C'est sophistiqué, jouissif et divertissant mais agaçant: Antonio Banderas joue mal et le scénario est incohérent.
« De Brian De Palma. Avec Antonio Banderas, Rebecca Romijn-Stamos. France, 1 h 55.
n La maison sur l'océan §
George est viré de son travail d'architecte. Divorcé, au bout du rouleau, il décide de reconstruire enfin la maison de son père, projet sans cesse remis, et de se réconcilier avec son adolescent révolté de fils. Sa vie reprend ainsi un sens au fur et à mesure que s'élèvent les murs. Kevin Kline et Kristin Scott Thomas sont parfaits dans ce mélo familial qui est lui un tantinet larmoyant et use jusqu'à la corde la métaphore angélique de la vie comme une maison façonnable à volonté.
« D'Irwin Winkler. Avec Kristin Scott Thomas, Kevin Kline. USA, 2 h 05.
scènes
The Sisters of Mercy §
Festival spécialisé dans le revival des anciennes gloires (Toto, Silencers, Johnny Clegg), le Bex Rock Festival réanime cette fois Alphaville et The Sisters of Mercy, formation majeure de la scène gothique. Dirigé de main de fer par Andrew Eldritch, bellâtre au look de Dracula viking, le groupe anglais a composé au début des années 80 des ballades métalliques hantées, dynamisées par le beat cinglant d'une boîte à rythmes métronomique. Les incantations d'outre-tombe d'Andrew Eldritch, le psychédélisme noir des accords de guitare ont influencé toute une génération de musiciens qui ont cloné jusqu'au jeu de lumière théâtral des Sisters of Mercy. Groupe d'un seul univers sonore, ample et grandiloquent, The Sisters of Mercy a progressivement poli son vocabulaire, collaborant notamment avec Jim Steinman, le producteur de «Total eclipse of the heart», tube loukoum de Bonnie Tyler. Mais depuis le succès planétaire de «Vision thing» en 1990, le groupe collectionne les disputes avec sa maison de disques plutôt que les enregistrements ou les concerts. Leur concert de vendredi est à cet égard un événement. Mi. M.
« Bex Rock Festival. Ve 28 et sa 29. Rens. 024 472 98 61. Programme complet sur www.bexrock.ch
n Black Tell §§
Expo.02 se révèle un lieu ouvert, affranchi de tout volontarisme identitaire, lieu de vie, d'observation et d'émotion humaine plutôt qu'helvétique. Mais les mythes fondateurs n'en sont pas moins présents. Morat a ainsi suspendu plusieurs générations de drapeaux suisses tissés de mémoire, tannés par le soleil, les pluies et les hymnes des fanfares. Et Guillaume Tell réapparaît grâce à l'Opera Savone Suisso qui, réunissant des compositeurs des différentes régions linguistiques, monte les aventures d'un Africain au pays des Helvètes.
« Morat. Arteplage, Tente centenaire. Sa 29, di 30, ma 2 juillet, 18 h. Rens. 0848 800 800.
n Michel Bühler §§§
On lui souhaite des centaines d'auditeurs reconnaissants de toutes les belles et fortes histoires qu'il leur invente et leur chante depuis des années. Michel Bühler présente son nouveau spectacle, «Voisins», déclarations d'amour ciselées dans une écriture à la fois fine, précise et généreuse, de jubilation et de révolte. L'espoir ne s'accroche pas qu'à son nombril et à son porte-monnaie. D'une voix chaude et vraie, Michel Bühler nous le rappelle en racontant, en horloger méticuleux, le cortège humble, digne et poignant de nos vies, de celles de nos voisins.
« Yverdon-les-Bains. Arteplage, Scènes des collines. Sa 29, 20 h.
expositions
New York après New York §§§
Il y eut le choc, vient la réflexion. Insupportables, pathétiques et - on doit bien l'admettre - très photogéniques, les images du 11 septembre font leur entrée au musée. Plus que de se souvenir, il s'agit ici de revenir avec un autre regard sur un phénomène unique et révélateur. Dans cette catastrophe vécue en direct sur tous les écrans du monde, la photographie se redécouvre de multiples usages et fonctions. Après avoir passé en revue quelques documents prémonitoires comme la pochette du groupe hip-hop The Coup, l'exposition rend compte de l'événement lui-même, la destruction spectaculaire des tours jumelles. Aux visages médusés des passants, aux débris encore fumants succèdent, plus académiques, les portraits de groupe des sauveteurs, des nouveaux héros. A travers les portraits des disparus placardés sur les murs, la photographie devient ensuite mémorial, chapelle du souvenir et.... sujet de la photographie elle-même. Les mois passant, une nouvelle esthétique, plus formelle, fait son apparition, entre abstraction et nature morte. Mais là, peu à peu on décroche. Le parcours - bien fait - se révèle éprouvant. M. D.
« Lausanne. Musée de l'Elysée. Jusqu'au 16 septembre, tous les jours 11-18 h. En parallèle, «Observations» du Québécois Charles Gagnon.
Jaques Berger §
Ses silhouettes dansantes et stylisées se reconnaissent au premier regard. Comme usées par le temps, ses teintes passées sont la plus efficace des signatures. Poète de la ligne et du tracé juste, passeur des frontières entre figure et abstraction, le Vaudois Jaques Berger naissait il y a cent ans. Nourrie de collections publiques et privées, cette exposition retraverse toute sa création.
« Pully. Musée de Pully. Jusqu'au 3 novembre, ma-di 14-18 h.
Les artistes §§ singuliers d'Essaouira
Après le Mexique, le Maroc. Entrelacs décoratifs et baroques, pointillisme sinueux, giclures à la Pollock ou pittoresques animaux colorés animent, le temps d'un été, les espaces sages et cossus du Manoir de Martigny. Tous autodidactes et de styles très différents, ces quinze créateurs illustrent la vitalité artistique de la ville d'Essaouira, située dans la région méridionale et atlantique du Maroc. Réalisée avec la complicité du galeriste Frédéric Damgaard, l'exposition révèle notamment l'univers dense et complexe de Mohamed Tabal, «le peintre de l'errance et de la transe» dont les motifs stylisés s'emboîtent et s'organisent comme les mots d'un récit.
« Martigny. Manoir. Jusqu'au 15 septembre, tous les jours 14-18 h.
disques
DJ Shadow & Blackalicious §§§
Deux bonnes nouvelles de San Francisco, ville réputée depuis les années 60 pour son goût des expériences musicales. D'abord de l'extraordinaire DJ, producteur et compositeur Shadow, alias Josh Davis, à qui l'on doit peu ou prou l'évolution du hip-hop vers les sphères plus aventureuses et complexes du trip-hop. Ensuite du duo Blackalicious, ses copains noirs de fac, dont le rap très mélodique et jazzy invite le jazzman Gil Scott-Heron ou le rocker Ben Harper. Deux projets où transpercent l'amour de la musique et une connaissance approfondie de tout ce qui a pu s'enregistrer depuis l'après-guerre, jazz, funk, dub, pop, soul et autres musiques concrètes. Un régal. T. S.
« «The private press». DJ Shadow. Island/EMI. «Blazing Arrow». Blackalicious. Universal.
Seelenluft §§
Le Zurichois Beat Solèr sait allier vacances et travail. Hanté par un récent séjour à Los Angeles, son deuxième album bourdonnant de sonorités jazz et latinos réunit des enregistrements effectués sur place. La voix d'un enfant des rues, celle d'un prêtre, un choeur de femmes asiatiques peuplent ce bric à brac sonore, surfant entre hip hop, drum&bass et électro bidouillée.
« «Out of the woods». Klein records. Disctrade.
n Kei Koïto §§§
Suite de chorals pour orgue ponctuée de quelques chorals chantés (entre autres avec Agnès Mellon ou Andreas Scholl...), le Clavier Übung - ou Messe luthérienne pour orgue - de Bach sonne ombré, dynamique et riche en relief sous les doigts de l'organiste installée à l'orgue historique de Kampen, aux Pays-Bas.
« «Clavier Übung III» de Bach. Harmonic classics/Musicora, 2 CD.
Et encore...
chanson
Stephan Eicher
Un concert surprise de l'auteur d'un dernier single en bernois, «Zwärgeland».
Genève. Parc Lagrange. Scène Ella Fitzgerald. Avec Small Fry. Sa 29, 20 h. Entrée libre.
Paris Combo
Chanson avec un petit air de swing et d'avant-guerre.
Genève. Parc Lagrange. Scène Ella Fitzgerald. Me 3, 20 h. Entrée libre.
classique
L'histoire du soldat
Fable tonique de Ramuz et Stravinski par des étudiants des conservatoires. Parfaite illustration de l'instant et de l'éternité.
Morat. Monolithe. Ve 28, 21 h.
Piano Seven
Ou «Treize à table»: les compères pianistes associés à un quintette de cuivres.
Yverdon. Arteplage. Ve 28, sa 29, di 30, 19 h 30. Invitations à retirer sur place aux points d'information.
La ménagerie de Tristan
Une création pour pianos et cordes de Claude Berset, sur des poèmes de Desnos, interprétée par de jeunes musiciens.
Genève. Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Di 30, 12 h 30. Entrée libre.
Les Vêpres de Monteverdi
Par l'Ensemble Orlando, sous la direction de Laurent Gendre.
Planfayon. Eglise. Je 4, 20 h. Entrée libre.
expositions
Urs Lüthi
«Art is the better life»: tableaux 1970-2002.
Genève. Musée Rath. Jusqu'au 1er septembre, ma-di 10-17 h, me 12-21 h.
L'impressionnisme américain (1880-1915)
Comment la révolution picturale de la fin du XIXe siècle se poursuit sur le Nouveau Continent.
Lausanne. Fondation de l'Hermitage. Jusqu'au 20 octobre, ma-di 10-18 h (je 21 h).
Léon Spilliaert
Un créateur atypique, visionnaire et méconnu. Des oeuvres de 1900 à 1917.
Gingins. Fondation Neumann. Jusqu'au 15 septembre, ma-ve 14-17 h, sa-di 10 h 30 -17 h.
Balthus
A travers influences et amitiés, de Piero della Francesca à Alberto Giacometti.
Vevey. Musée Jenisch. Jusqu'au 25 août, ma-di 11-17 h 30.
festivals
Bad Bonn Kilbi
Un petit festival fribourgeois astucieux à la programmation oscillant entre rock et musiques électroniques.
Guin/Düdingen. Je 27 dès 18 h. Avec Favez, Rival Schools, mclusky... Ve 28 dès 18 h. Avec Knut, Kurger, Cat Power, Rosebud, Züri West... Sa 29 dès 15 h 30. Avec Golden Boy, Laub, Rechenzentrum, Gustav, Niels Jensen... Rens. 026 493 11 15 ou www.badbonn.ch
La croisée des cultures
Un festival pas comme les autres où l'on apprend et pratique plutôt que l'on regarde. Du flamenco au chant des Indes, stages de danse et de musique.
Genève. En divers lieux. Du di 30 juin au di 7 juillet. Rens. 022 919 04 94 ou www.adem.ch
théâtre
Le cercle de craie caucasien
Reprise de la mise en scène magistrale par Benno Besson d'une pièce maîtresse de Bertolt Brecht.
Neuchâtel. Théâtre du Passage, du 23 juin au 4 juillet. Rens. 032 717 79 07.
world
Beenie Man
Raggamuffin' de Jamaïque.
Neuchâtel. Cargo. Di 30, 20 h. Rens. 058 726 31 40.
Al Kindî
Musiques syriennes d'Alep et présence du derviche Cheikh Hamza Chazour.
Yverdon. Arteplage. Le Mondial. Jusqu'au ve 5. Rens. 058 726 61 27 ou www.mondialmusic.ch
réservez vos billets
Notre-Dame de Paris
Neuchâtel. Patinoire du Littoral. Du 25 au 29 sept. Rens. 0848 800 800.
Genève. Arena. Les 6 et 7 oct. Rens. 0848 800 800.
Korn
Zurich. Hallenstadion. 3 sept. Rens. 0848 800 800.
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