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L'INSTINCT ET LA COMPASSION

Mis en ligne le 17.07.2008 à 00:00

«Il y aura toujours des exercices inutiles à l'armée, ce qui n'enlève rien à sa légitimité politique. si l'armée n'était composée que de professionnels, serions-nous moins émus par les accidents militaires? Répondre oui relèverait d'une rare forme de cruauté. » Stéphane Arlt, Lausanne

L'Hebdo; 2008-07-17

L'INSTINCT ET LA COMPASSION

«Il y aura toujours des exercices inutiles à l'armée, ce qui n'enlève rien à sa légitimité politique. si l'armée n'était composée que de professionnels, serions-nous moins émus par les accidents militaires? Répondre oui relèverait d'une rare forme de cruauté.»

Stéphane Arlt, Lausanne

Nous mangeons beaucoup trop de viande; le surélevage, la surchasse et la surpêche sont de dangereuses aberrations, nous devons le respect aux animaux: ces affirmations sont incontestables et il est légitime de se battre pour les faire admettre. Malheureusement, les extrémistes de la cause animale les appuient sur des concepts plus discutables. On nous dit, par exemple, que le «spécisme» est comparable au racisme; c'est inexact sur au moins deux points essentiels: il ne se construit pas sur le déni de la parole de l'autre, car tout «dialogue» de l'homme avec les animaux ne sera jamais que métaphorique (les antispécistes eux-mêmes sont obligés de parler à la place des animaux), et il n'est pas réversible: on imagine mal des animaux «spécistes», alors qu'il existe des Noirs et des Juifs racistes.

Passons à l'affirmation que «l'homme est un animal comme un autre»: elle lie les mains de ceux qui la professent car, si tel est le cas, il devient absurde de demander à l'homme de se comporter autrement qu'un animal, à savoir, en particulier, de lui imposer un régime alimentaire différent de celui vers lequel le pousse son instinct. Les animaux ne songent guère à se respecter les uns les autres; affirmer la nécessité de ce respect, c'est déjà échapper à l'animalité.

«Antispécisme» et «véganisme» sont donc contradictoires, mais, dans leur certitude d'être meilleurs que ceux qui ne les professent pas, ceux qui les défendent nous donnent la meilleure preuve possible que le propre de l'homme n'est pas tant l'intelligence (certes toute relative), mais la propension (tout à son honneur!) à la compassion… humaine.

Ce qu'il ne fallait peut-être pas démontrer...

Alain Corbellari, Hauterive

DES SOURIS ET DES HOMMES

Mère Nature et l'évolution ont fait de nous des omnivores, comme le démontrent notre dentition et l'anatomie de notre système digestif. Nos ancêtres chasseurs-cueilleurs ne s'y sont pas trompés, profitant des protéines et des graisses de leurs proies pour développer leur cerveau… M. Petrus est encore un extrémiste illuminé qui veut faire notre bonheur malgré nous. Oui, il faut diminuer fortement notre ration de viande pour des raisons écologiques. Oui, il faut interdire les élevage en batterie quels qu'ils soient. Oui, il faut drastiquement raccourcir les trajets «commerciaux» des animaux vivants qu'il faut traiter avec respect en les abattant proprement et sans stress. Mais de grâce qu'on nous laisse de temps en temps savourer un poulet de Bresse bien doré, élevé librement en plein air et «sacrifié» lege artis. M. Petrus veut-il aussi interdire aux orques de manger du saumon, aux lions de déguster une gazelle, aux chats de croquer une souris? J'aimerais lui rappeler que, lorsque qu'il déguste ses germes de blé à son petit-déjeuner, il mange des embryons: encore un problème de conscience quasi insoluble!

Dr Antoine de Torrenté, La Chaux-de-Fonds

L'IDÉOLOGIE PLUS FORTE QUE LA VIE?

A plusieurs reprises, j'ai dû secouer la tête en découvrant l'interview de Klaus Petrus. Ce professeur de philosophie du langage à l'Université de Berne y exprime son opposition totale à l'engagement d'animaux pour les hommes, ce qui signifie concrètement: pas de consommation de viande, de poisson, d'Å“ufs ou de produits laitiers, pas de fourrure, pas de cuir, pas de laine, pas d'animaux domestiques, pas de chiens d'aveugle, pas d'animaux de cirque, pas de balades à dos de poney, etc.

Cette énumération pourrait être allongée à volonté, puisque l'utilisation de l'animal au profit de l'homme revêt une importance capitale depuis la nuit des temps. A notre époque aussi, la société moderne reste dépendante des animaux. Entre autres en ce qui concerne la recherché médicale. Est-il condamnable, lorsqu'il n'est pas possible de faire autrement, de mener des expérimentations sur des animaux pour soigner des humains? Des maladies comme le cancer, alzheimer ou le sida doivent-elles rester incurables pour toujours, juste parce que nous ne devons pas recourir à des animaux pour les essais en laboratoire? Je me demande si, au moment décisif, M. Petrus renoncerait à un médicament efficace parce que, lors de son développement, ce dernier a dû être testé sur des animaux?

Il faut soumettre les recherches sur et avec des animaux à des règles très strictes. L'animal ne doit pas être mis à contribution de façon inutile et les essais sur des animaux ne devraient être permis que lorsqu'il n'est vraiment pas possible de procéder autrement. Il est toutefois inacceptable que les recherches sur les animaux essentielles à la vie humaine soient mise en danger en raison de n'importe quelle idéologie radicale et déconnectée de toute réalité.

Ruedi Noser, vice-président du Parti radical suisse

PRÉCISIONS

UBS aux Etats-Unis

L'Hebdo No 27

Comme nous l'a fait remarquer un lecteur très attentif, la Suisse et les Etats-Unis sont liés par un traité d'entraide en matière fiscale depuis 1996. C'est sur cette base (article 26) que les seconds ont demandé l'entraide à la première dans le cadre de l'affaire Birkenfeld, cet ancien employé d'UBS qui met en cause son ex-employeur devant la justice américaine. Une précision qui valait bien ces quelques lignes.

CONFUSION

A propos des Roms

L'Hebdo no 28

Concernant notre récent dossier consacré aux Roms, un lecteur souligne à bon escient une erreur «classique», à savoir qu'une période de dix ans est un décennie et non une décade qui, elle, est une période de dix jours. L'intitulé provenant d'un document officiel de la Banque mondiale et de l'Union européenne, nous ne l'avons pas corrigé, même s'il s'agit, à l'évidence, d'une erreur de traduction.

Abolir le droit de propriété sur les animaux

L'Hebdo No 27

Parcours.

Parfois, je regarde en arrière et je me rends compte que 75 ans après cette naissance misérable, je me retrouve célébré à Montreux. Quel voyage!

Quincy Jones, au Festival de Montreux, dans Le Temps.

INTERDICTION DES MINARETS EN SUISSE

AU NOM DE LA PAIX CONFESSIONNELLE?

Ainsi 115 000 inconscients demandent l'interdiction de construire des minarets en suisse. Des «inconscients», car les 310 000 musulmans qui vivent chez nous le font paisiblement. Ils n'ont jamais empêché personne de célébrer Dieu dans son lieu de culte et nous les avons laissés libres de prier Allah. Que veulent les auteurs de cette initiative dangereuse pour la paix confessionnelle? Une paix instituée à la suite de la guerre du Sonderbund. Il n'y a pas si longtemps encore, le Valais refusait l'inhumation de défunts protestants, un mariage mixte ne pouvait être béni par un curé que si le conjoint protestant garantissait que les enfants seraient élevés dans la foi catholique. Les temples réformés avaient l'interdiction de clochers, donc de cloches. Vivre ensemble, avec des confessions différentes, n'a jamais été simple. Alors, pourquoi susciter de nouvelles querelles?

Claude Louis Gonthier, Rennaz

LES COULISSES DE LA RÉDACTION

BLOGTROTTERS: PREMIÈRE PUBLICATION

Les cinq blogueurs-voyageurs de L'Hébdo ont débuté leur périple de six semaines lundi 7 juillet. Rapidement accaparés par le jeu du blog, de la prise de vue et du tournage vidéo, leurs débuts sont très prometteurs et l'enthousiasme de la découverte a rapidement fait place aux hésitations des premiers jours. Mais l'instant de vérité reste toujours l'exercice hebdomadaire de rédaction d'un sujet pour publication dans nos colonnes (lire en pages 28 et 29). Des cinq propositions envoyées, une seule est retenue par le jury de la rédaction. Cette semaine, Sophie Simon a été choisie quasi unanimement. Son article sur l'entreprise Astra, pionnier luxembourgeois de la télé par satellite, a séduit par son côté insolite et un traitement déjà très professionnel, où l'on s'informe sans s'ennuyer. MSA

L'Hebdo

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